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vendredi 19 mars 2010

Les enjeux de l'eau par Gérard Payen

Un expert de l’eau Gérard Payen, conseiller pour l'eau du secrétaire général de l'ONU et président d'Aquafed, a répondu aux internautes lors d’un tchat Green Business de La Tribune sur les principaux enjeux de l’eau.

Bonjour et bienvenue sur le "tchat". Aujourd'hui nous avons le plaisir d'accueillir Gérard Payen, Conseiller pour l'eau du Secrétaire général de l'ONU et président d'Aquafed, qui répondra à toutes vos questions.
Bonjour, je suis très content de pouvoir discuter des nombreux enjeux liés à la gestion de l'eau avec les internautes de La Tribune.

Eric : Toutes les ressources rares ont un prix de marché (pétrole, ...). L'air a également un prix, via la tonne de CO2, fixé sur un marché. Chacun réfléchit désormais à donner un prix à la biodiversité. Faut-il alors, demain, donner un prix à l'eau, fixé sur un marché international, comme n'importe quel matière première, pour éviter les gaspillages ?
L'eau est disponible en quantité à peu près fixe chaque année en un endroit donné. L'agriculture, l'industrie, les populations en sont les principaux utilisateurs. Ce qui est important, c'est de répartir la ressource de façon équitable entre ces différents usages. C'est typiquement le rôle des autorités politiques. Elles peuvent utiliser des incitations économiques dans certains secteurs mais la gestion d'ensemble relève du politique et ne peut pas être traitée par le marché.

Histoire : Est-il exact que depuis la création de la terre, la quantité d'eau n'a pas bougé (l'univers ne nous envoie pas et la terre n'en envoie pas vers l'espace). Dans ce cas, le problème est-il celui de la démographie - bientôt, il n'y aura plus assez d'eau pour tout le monde - ou de sa mauvais utilisation (manque de dépollution...) ?
Je crois effectivement que la quantité de molécules H2O sur la Terre est stable. Vous avez tout à fait raison de mentionner l'impact de la croissance démographique. Ceci étant, la Terre contient énormément d'eau dans les océans. Seule une petite partie est transformée en eau douce et seule une petite partie de cette eau douce est utilisée par l'homme. Il est donc possible de mobiliser davantage les quantités d'eau disponibles, par exemple en construisant des barrages qui permettent de stocker l'eau de la saison humide pour l'utiliser en saison sèche. Autre exemple, les eaux usées sont une ressource très importante à même d'être réutilisée de nombreuses fois. La croissance démographique génère une croissance des consommations mais les populations, les villes en général, n'utilisent que 10 à 15 % de l'eau douce utilisée par l'homme. L'essentiel, 70 %, est utilisé par l'agriculture en irrigation. Par conséquent, dans les endroits où l'eau devient rare, c'est l'agriculture qui est en première ligne.

Germain : Ne va-t-on pas se trouver de plus en plus confrontés à des conflits d'usage de l'eau, y compris concernant l'énergie ?
Tout à fait. L'eau douce est en quantité renouvelée chaque année mais les usages agricoles, industriels et citadins augmentent partout dans le monde. De ce fait, les tensions sur la ressource en eau augmentent ; on parle de croissance des pénuries hydriques et cela occasionne des concurrences entre les différents utilisateurs. L'énergie est un très gros consommateur. Près de 60 % de l'eau douce pompée en France sert à la production d'énergie électrique. Mais cette eau est réutilisable en aval et en pratique largement réutilisée.

Almir : L'eau va-t-elle devenir un bien aussi précieux que le pétrole ?
L'eau est essentielle à la vie. Nous avons tous besoin d'eau chaque jour. Elle a donc une grande valeur pour chacun d'entre nous.
Par contre, il n'y a aucune similitude entre l'eau et le pétrole. Le pétrole existe en quantité limitée, épuisable. L'eau douce est renouvelée chaque année. Par ailleurs, l'eau douce est réutilisable après usage, ce qui se fait de plus en plus dans le monde. Le pétrole a une valeur économique élevée, ce qui permet de le transporter sur de longues distances et il y a un marché du pétrole. L'eau a une valeur économique faible. C'est d'ailleurs probablement le produit le moins cher à la tonne, ce qui fait qu'il est économiquement très coûteux de le transporter. L'eau est un produit local réutilisable qui ne se vend pas sur un marché.

Janice : Pourquoi ne parle-t-on pas plus de cette question dans les médias et les instances internationales ?
L'existence de ce tchat montre qu'on en parle un peu dans les medias, mais sans doute pas en traitant tous les enjeux de l'eau en fonction de leur importance respective. Par exemple, en France, on parle beaucoup des questions de ressource en eau, alors que la France est un pays qui n'en manque pas. A l'inverse, on parle très peu de la problématique de l'accès à l'eau potable qui concerne des milliards d'individus et qui est un sujet bien différent. Au niveau international, le progrès est notable. Il y a maintenant régulièrement des conférences interministérielles sur l'eau et même les chefs d'Etats commencent à discuter des problèmes liés à l'eau. Il y a 2 ans, tous les chefs d'Etats asiatiques se sont réunis au Japon puis pour la première fois l'ensemble des chefs d'Etats africains a travaillé sur la question de l'eau et adopté une déclaration politique au niveau de l'Union africaine. En avril prochain, de nombreux gouvernements se réunissent à Washington pour discuter des modalités de l'aide internationale en matière d'eau. Sur le fond, la nouveauté c'est que les Etats au niveau des Nations Unies ne se préoccupent plus uniquement de ressource en eau et d'accès à l'eau mais commencent à vouloir travailler ensemble sur la gestion des eaux usées. Ils ont fait une déclaration en ce sens à Istanbul en mars de l'année dernière.

Alo : Y a t-il déjà eu des guerres de l'eau ? Si oui lesquelles et où ?
L'histoire ne fournit pas d'exemple de guerres pour l'eau, même si les conflits liés à l'eau ont été nombreux. Pour l'avenir, ce qui me paraît important c'est comme on l'a vu tout à l'heure la croissance des tensions liées à l'augmentation des consommations de l'eau. Ces tensions créent des conflits locaux nombreux qui peuvent dans certains cas atteindre l'ensemble d'un bassin géographique, c'est-à-dire l'ensemble des utilisateurs de la même ressource en eau. Il y aura probablement dans l'avenir de nombreux conflits locaux. il est peu probable qu'ils dépassent les frontières.

Valdec : Quelle est la position de l'ONU sur cette question ?
Les Nations Unies travaillent avec leurs membres, les Etats, sur tous les enjeux liés à l'eau. En matière de gestion des ressources partagées entre plusieurs Etats, ce qu'on appelle aussi les eaux transfrontalières, une convention internationale a été discutée et adoptée depuis de nombreuses années. L'enjeu est sa ratification par un nombre suffisant d'états pour qu'elle entre en vigueur. La France souhaite la ratifier, le processus est en cours au niveau du Parlement.

Saxon : Comment réguler ce marché de l'eau ?
Comme dit précédemment, l'eau est un bien utilisé, réutilisé, qui sauf exception, ne se vend pas sur un marché. Il y a des marchés liés à l'eau. Par exemple, les eaux minérales ou encore celui des pompes hydrauliques ou des services de distribution d'eau potable. Mais l'eau elle-même, est un bien commun qui ne se vend pas sur un marché.

Moïse : Pourquoi dépense-t-on autant pour rendre l'eau qui coule au robinet à la fois potable et d'un goût agréable alors qu'on en boit très peu ? Ne pourrait-on pas faire des économies en distinguant eau de boisson et de cuisine et eau destinées à des usages non alimentaire ?
Le service public de l'eau consiste à satisfaire les différents besoins par le moyen d'une organisation optimisée permettant de bénéficier d'effets d'échelle pour un coût collectif minimal. Les usages domestiques sont nombreux: boisson, lessive, hygiène, cuisine, arrosage, etc. Avoir un système de distribution pour chaque usage serait très coûteux. La réponse la plus courante dans les pays comme la France est d'avoir des réseaux qui distribuent de l'eau pour tous les besoins de la population et pour les activités économiques peu exigeantes et d'avoir des installations spécialisées pour les fabrications industrielles qui ont des besoins particuliers (eau ultra pure pour la fabrication de microprocesseurs). Avoir deux réseaux de distribution en ville serait très coûteux car dans le coût de l'eau les infrastructures ont une place plus importante que le coût de purification. A Paris, il y a deux réseaux. L'un distribue l'eau de la Seine après filtration pour des usages non domestiques. Son intérêt économique est en débat, les budgets nécessaires à son entretien sont difficiles à mobiliser.

Louis-Armand : Trouvez-vous logique de payer deux fois le recyclage de l'eau : station d'épuration et usine de traitement de l'eau potable. Ne pourrait-on pas imaginer des sites qui traitent les eaux usées et les réintègrent directement dans le circuit d'eau potable ?
Cela existe, ou presque. A Singapour, des usines dépolluent les eaux usées avec de nombreux étages de traitement de ces eaux. L'eau purifiée est envoyée d'une part à des utilisateurs industriels et d'autre part au réseau d'eau potable. C'est techniquement possible et c'est certainement quelque chose qui va se développer, même si la réutilisation des eaux usées, pour des raisons économiques, cible en priorité l'irrigation agricole, comme cela se fait dans une grande partie du Moyen Orient. Ceci étant, on ne paye pas une fois ou deux fois. Le coût du traitement de l'eau correspond à celui de la succession de plusieurs étages de traitement. Il en faut plusieurs pour enlever la pollution des eaux usées de façon à rejeter une eau acceptable par les écosystèmes. Il en faut d'autres pour passer de cette eau à une eau désinfectée propre à la consommation humaine. Les coûts de traitement s'ajoutent donc. Le progrès est dans l'innovation technologique qui permet de réduire les coûts unitaires.

Colbat : Pensez-vous que l'eau sera la prochaine source de tensions géopolitiques après l'énergie? Redoutez-vous de futures guerres de l'eau ? Est-il possible de mettre en place une juridiction internationale pour empêcher l'exploitation abusive des fleuves en amont qui pourrait nuire à des pays voisins situés en aval ? Autrement dit, peut-on envisager une juridiction proche de celle des détroits pour les fleuves ?
L'eau douce étant par nature une ressource locale partagée au niveau du bassin géographique, c'est d'abord entre les pays qui partagent une même ressource qu'il faut trouver des voies de coopération et de partage équitable. En France, nous avons une expérience très réussie de gestion des ressources en eau par bassin hydrographique. Au niveau international, c'est une voie de progrès manifeste. De plus en plus d'organisations interétatiques existent pour gérer les ressources communes. Je pourrais citer par exemple des organisations des pays riverains du Niger, du Sénégal, du Nil, du Mékong etc. Pour le Niger par exemple, le dialogue qu'a permis la création de l'organisation de coopération a été perçue comme bénéfique aussi bien aux pays amont qu'aux pays aval.

Sandrine : Doit-on plus compter sur la réutilisation des eaux usées ou le dessalement de l'eau e mer ? A-t-on espoir de faire baisser la consommation d'énergie de ces solutions (notamment la désalinisation) ?
Réutilisation des eaux usées, dessalement d'eau de mer sont deux ressources en eau importantes. Leur coût respectif et leur intérêt dépendent des situations locales. De façon générale, la réutilisation des eaux usées est moins chère mais elle nécessite de pouvoir contrôler la qualité des eaux usées pour éviter des toxiques gênants. Le dessalement d'eau de mer est en forte croissance dans le monde mais bien sûr à proximité des côtes. Dessaler l'eau de mer a un coût qui baisse régulièrement grâce au progrès technologique mais ce coût serait plus que doublé s'il fallait pomper l'eau dessalée dans des territoires situés loin du niveau de la mer. Les deux cas montrent qu'il n'y a pas de fatalité avec les ressources en eau. Les tensions liées à la croissance des consommations peuvent être résolues dans le cadre de politiques de gestion de l'eau.

Ernesto : Comment le secteur privé pour aider à atteindre les Objectifs du Millénaire et le manque d'eau dans les pays sous-développés ?
Les entreprises privées agissent sur demande et suivant les instructions des autorités publiques. Elles participent au développement de l'accès à l'eau potable dans de nombreux pays en développement. Ces entreprises sont de toutes tailles, locales ou étrangères. Bien qu'elles n'alimentent en eau qu'environ 3 à 4 % de la population des pays en développement, elles y contribuent de façon significative aux objectifs du Millénaire. Ainsi, en moins de 10 ans ont-elles apporté l'eau potable à 25 millions de personnes, majoritairement pauvres, dans des villes où la population qui bénéficiait auparavant du service public était de 50 millions de personnes. Un tel développement de 50 % est spectaculaire. Développer l'accès à l'eau potable pour tous est un enjeu qui concerne environ 4 milliards de personnes. Personnellement, je crois que c'est possible et que cela vaut la peine d'associer tous ceux et celles qui peuvent y contribuer dans des projets ambitieux.

Merci Gérard Payen. Le mot de la fin ?
Merci pour ces questions. Il y a 4 enjeux principaux pour l'eau dans le monde : les tensions croissantes sur les ressources en eau, l'accès universel à l'eau potable et à l'assainissement, la gestion des eaux usées et les catastrophes liées à l'eau. Chacun perçoit cela avec des sensibilités différentes. Il est important que l'opinion publique et les politiques publiques prennent en considération ces 4 sujets de façon équilibrée.
Source : latribune.fr

lundi 29 juin 2009

World Water Week in Stockholm


L’édition 2009 de la World Water Week se tiendra du 16 au 22 août sur le theme “Accès à l’Eau pour le Bien Commun” avec pour theme central la gestion des eau transfrontalières. Cette Edition sera la première étape d’une période de trois ans intitulée ”Eau: Répondre aux Changements Mondiaux”.

Á propos du Prix de l’eau de Stockholm

Présenté pour la première fois en 1991, le Prix de l’eau de Stockholm est le prix le plus prestigieux du monde récompensant les réalisations les plus remarquables dans le domaine de l’eau.
Le prix annuel comprend une récompense de 150 000 $ ainsi qu’une sculpture en cristal.

Un Comité international chargé des nominations a été désigné par l’Académie Royale des Sciences de Suède qui étudie ces nominations et propose un candidat. Les fondateurs du Prix sont des sociétés suédoises ou internationales ainsi que la ville de Stockholm. Le programme du Prix est administré par l’Institut international de l'eau de Stockholm.

Le parrain du Prix de l’eau de Stockholm est Sa Majesté le Roi Carl XVI Gustaf de Suède.

Pour aller plus loin : http://www.worldwaterweek.org/sa/node.asp?node=495

vendredi 26 juin 2009

Le promoteur de l’assainissement décent reçoit le Prix de l’eau de Stockholm 2009

Le Dr. Bindeshwar Pathak, fondateur du mouvement sanitaire Sulabh en Inde, a été désigné Lauréat du Prix de l’eau de Stockholm 2009.

En tant que fondateur de l’Organisation du service social international Sulabh, le Dr. Pathak est connu dans le monde entier pour ses nombreux travaux dans le domaine sanitaire visant à améliorer la santé publique, à accéler les progrès sociaux et à oeuvrer pour les droits de l’Homme en Inde ainsi que dans les autres pays. Ses réalisations couvrent les domaines de la technologie sanitaire, de l’entreprise sociale et de l’éducation sanitaire de millions de personnes dans son pays natal, servant ainsi de modèle pour les ONG et les initiatives de santé publique dans le monde entier.

Depuis qu’il a créé le Mouvement sanitaire Sulabh en 1970, le Dr. Pathak a travaillé pour faire évoluer les comportements sociaux par rapport aux latrines traditionnelles peu hygiéniques dans les quartiers pauvres, les villages et les zones urbaines à forte densité de population. Il a également développé des systèmes de toilettes rentables qui ont amélioré la vie quotidienne et la santé de millions de personnes. Le Dr. Pathak mène continuellement une campagne pour abolir une pratique habituelle en Inde qui consite à faire les poubelles et à récupérer les déchets dans des seaux tout en défendant les droits des anciens fouilleurs d’ordures et de leurs familles en leur offrant des opportunités économiques, des niveaux de vie décents ainsi qu’une dignité sociale.

« Les résultats des efforts du Dr. Pathak constituent l’un des exemples les plus surprenants de la façon dont un seul être humain peut influencer le bien être de millions d’autres, » a remarqué le Comité d’attribution des nominations du Prix de l’eau de Stockholm. « La capacité du Dr. Pathak à atteindre ces résultats socio-environnementaux remarquables a été universellement reconnue, notamment par ceux qui ont sécurisé la liberté de la dignité humaine à la suite de ses efforts.»

Le Dr. Pathak recevra officiellement le Prix de l’eau de Stockholm 2009 lors de la Cérémonie Royale des Récompenses qui sera suivie d’un Banquet. Ces évènements auront lieu lors de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm en août prochain.


vendredi 1 mai 2009

Le prix de la gestion de l’eau

En pleine crise financière, les investisseurs cherchent d'abord à se maintenir à flot. Ils fuient un secteur qui nécessite d'importantes mises de fonds initiales, de longs délais de retour sur investissement, et qui est peu rentable. Si l'on ajoute à cela l'utilisation peu efficiente des ressources, une réglementation insuffisante et un manque d'informations récentes, le secteur de l'eau pourrait bientôt être mis au régime sec.
Les États-Unis et la Chine ont intégré la gestion de l'eau dans leurs plans de relance. Aux États-Unis, l'association Alliance for Water Efficiency estime que chaque million de dollars investi dans ce domaine entraîne la création de 15 à 22 emplois, un gain de production de 2,5 à 2,8 millions de dollars et un gain de PIB de 1,3 à 1,5 million de dollars. Pour redorer leur blason, les investisseurs peuvent difficilement rêver mieux. Mais ils hésitent, car les risques demeurent importants, et les pouvoirs publics auront fort à faire pour les rassurer.
Ces hésitations sont compréhensibles. Pour l'eau et l'assainissement, les recettes proviennent essentiellement des redevances des usagers et des subventions publiques. Ces recettes sont libellées dans la monnaie du pays, ce qui crée un important risque de change si l'investissement est réalisé en monnaie étrangère. De même, la distribution d'eau et l'assainissement sont gérés localement. La faible coordination et la volonté des élus locaux de satisfaire leurs administrés peuvent nuire aux projets de faire passer les tarifs artificiellement bas à des niveaux viables. Cela dit, les pouvoirs publics devraient mieux faire passer ce message : en dépit des risques financiers et malgré une rentabilité potentiellement faible, l'investissement dans l'eau et l'assainissement procure d'importants avantages économiques et sociaux. Une bonne affaire à long terme, donc. Selon l'OMS, chaque dollar investi dans l'approvisionnement en eau et l'assainissement rapporte entre 4 et 12 dollars sur le seul plan sanitaire. Et le rendement est sans doute supérieur sur d'autres plans, comme la scolarisation d'enfants n'ayant plus à aller au puits (surtout les filles), ou la productivité accrue dans l'industrie et dans d'autres secteurs tributaires de l'eau.
Cependant, la crise a remis sur la table les débats philosophiques et pratiques sur les investisseurs privés dans le secteur de l'eau. Ont-ils les moyens nécessaires à long terme et peuvent-ils œuvrer sans faillir pour l'intérêt général ? Des questions qui reflètent certaines réputations ternies dans le secteur financier, et des déceptions causées par plusieurs désengagements, ou un simple désintérêt pour le secteur de l'eau.
Et le retour sur investissement n'était pas le problème principal. Les difficultés rencontrées dans le passé par le secteur privé étaient généralement liées non aux projets eux-mêmes, mais à une mauvaise gestion des risques, à un manque de capacités des pays hôtes et à un climat peu propice aux investissements en général. Les gouvernements devraient agir sur ces facteurs. Que les investissements soient publics ou privés, c'est aux pouvoirs publics de mettre en place les cadres institutionnels, répartir les rôles, responsabiliser les fournisseurs et garantir la production d'un bien public.
Les enjeux dans le secteur de l'eau sont désormais tels que le débat doit dépasser l'opposition public-privé pour aborder les conditions permettant des services de l'eau sûrs, efficients, abordables et durables. Ce qui compte, c'est que cela fonctionne. La majorité des fournisseurs de services de l'eau sont publics, mais il existe bon nombre de fournisseurs privés, dont l'expérience peut s'avérer précieuse pour toutes sortes de situations locales. Par ailleurs, si jadis les grandes entreprises internationales menaient le jeu, une « nouvelle génération » de fournisseurs privés est apparue, dont un nombre croissant d'acteurs locaux et régionaux et de structures « hybrides ». Ces dernières peuvent être des joint ventures, voire des entreprises publiques ayant statut d'entreprises privées à l'étranger.
Le choix de l'opérateur - public ou privé - devrait donc être fait localement, mais de quelle manière ? L'OCDE a élaboré un guide pour aider les gouvernements, en particulier des pays en développement, à répondre à cette question. Si l'option privée est envisagée, ce guide peut aider les décideurs à s'assurer que les relations mises en place répondent à la fois aux objectifs d'investissement à long terme et à l'intérêt général.
Au-delà des principes énoncés dans le guide, un constat s'impose : l'eau attirerait plus d'investisseurs si son prix était juste. Pour de nombreux usagers, payer l'eau est inconcevable. Au Mexique, une loi va jusqu'à exonérer de larges pans du secteur public de tout paiement pour l'eau. Dans beaucoup de pays, on estime que l'eau doit être gratuite car elle constitue un bien essentiel et un droit. Malheureusement, l'assainissement et la distribution de l'eau ont un coût. Persuader les usagers que ces services seraient améliorés si l'on parvenait à mobiliser des investissements privés reste difficile, surtout en pleine débâcle financière. Les prix bas créent une illusion réconfortante, mais à moins d'être accompagnés d'importants investissements publics, ils peuvent être synonymes de service médiocre, de risques sanitaires accrus, et de recours massif à l'eau en bouteille. L'argument n'est pas toujours admis par les fournisseurs, alors même qu'une tarification adéquate améliorerait leur solvabilité. En Amérique latine, par exemple, les banques n'acceptent pas les recettes des opérateurs de l'eau comme garantie de prêt, exigeant souvent des garanties de l'État.
Pour être accepté, le montant des tarifs doit être adapté, et réparti équitablement entre riches et pauvres. Les citoyens doutent de la capacité des gouvernements de redresser une économie à la dérive, craignant de devoir au bout du compte payer la note. Certains évoquent l'impossibilité de faire accepter toute hausse aux ménages les plus pauvres, parfois bénéficiaires de tarifs artificiellement bas. Mais il n'est pas rare que les plus démunis paient beaucoup plus que les classes moyennes, tout simplement parce qu'ils ne sont pas raccordés au réseau de distribution, et doivent s'approvisionner auprès de marchands qui leur vendent une eau souvent de moins bonne qualité. Néanmoins, toute augmentation sera politiquement délicate si elle ne s'accompagne pas d'une amélioration rapide des services. Bien souvent, la classe moyenne profite du maintien de tarifs artificiellement bas, alors que la couverture des services stagne. Faire payer l'eau est juste, car cela peut permettre aux fournisseurs d'élargir leur couverture et l'accès des populations démunies. En résumé, les fournisseurs doivent trouver le bon équilibre entre le niveau des prix et la répartition des coûts entre différents consommateurs.
Certains exemples sont encourageants. Au Portugal, une réforme tarifaire menaçait d'élever la facture des ménages à 10,5 % au-delà du seuil national d'accessibilité financière, suscitant l'inquiétude des ménages. La plupart des ménages concernés étaient concentrés dans seulement 60 des 309 communes. On a donc cherché des solutions adaptées à chacune d'elle, en tenant compte des problématiques locales, et notamment en aidant les fournisseurs locaux. Cette flexibilité a apaisé les craintes des clients et des autorités régionales, les mieux placées pour identifier les besoins et les capacités des populations locales. Une expérience édifiante, y compris pour des pays plus pauvres.
Malheureusement, certains paient beaucoup plus que ce qui est considéré comme « abordable » aux niveaux national et international (en règle générale, entre 3 % et 5 % du revenu des ménages), comme ceux qui, faute de raccordement au réseau, achètent leur eau à des prix parfois exorbitants. Par ailleurs, les critères internationaux ne tiennent pas compte de la volonté et de la capacité des populations locales de s'offrir des services améliorés. Beaucoup de collectivités des pays en développement sont prêtes à payer pour obtenir un meilleur assainissement. Ainsi à Mumbai, l'une des villes indiennes les plus riches, une personne sur vingt fait ses besoins dans la rue, faute de toilettes. Avec le Projet d'assainissement du bidonville de Mumbai, les usagers ont accepté de participer aux coûts de construction de 330 blocs sanitaires publics et de financer leur entretien par des abonnements et des redevances. Quelque 400 000 personnes ont bénéficié de ce projet, qui a servi de modèle à d'autres initiatives dans le cadre de la politique nationale d'assainissement urbain en Inde. Lorsque les plus démunis ne peuvent pas payer, maintenir des prix bas pour tous n'est pas la meilleure solution. On peut instituer une péréquation tarifaire entre consommateurs aisés et pauvres. On peut aussi aider financièrement les seconds à régler leur facture d'eau. Au Chili, les ménages pauvres peuvent bénéficier de coupons qui permettent d'alléger la facture. Dans beaucoup de pays en développement, il est préférable de subventionner l'accès plutôt que la consommation. Cette approche s'est révélée efficace dans les pays où le réseau de canalisations est peu développé et les points d'eau éloignés des habitations. Le raccordement au réseau est gratuit ou peu cher, et les consommateurs paient uniquement l'eau qu'ils consomment.
Mais les ajustements tarifaires ne suffisent pas forcément à rassurer les investisseurs, ce qui se comprend puisqu'une très grande partie de leurs fonds va se retrouver dans un trou noir.
L'essentiel des réseaux de distribution et d'assainissement est souterrain. La détérioration de ces infrastructures et les fuites coûtent cher. Même dans les réseaux bien gérés des pays de l'OCDE, les fuites représentent 10 % à 30 % des pertes d'eau ; dans les pays en développement, cette part est souvent supérieure à 40 % et peut atteindre parfois 70 %.
Dans la zone OCDE, où la plupart des gens ont accès aux infrastructures de distribution d'eau et d'assainissement, celles-ci n'en doivent pas moins être entretenues et respecter les normes sanitaires. Ainsi, le Royaume-Uni et la France devront accroître d'environ 20 % leurs dépenses consacrées à l'eau en proportion du PIB, seulement pour maintenir le niveau actuel des services, tandis que la Corée et le Japon devront augmenter les leurs de 40 %. Dans les pays en développement, si la situation n'est pas forcément effroyable, on est très loin des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment annoncé que l'extension à venir des infrastructures existantes nécessitera 18 milliards de dollars par an, soit environ le double des dépenses actuelles, sans compter les coûts d'entretien, de rénovation et de modernisation.
L'insuffisance des infrastructures ne nuit pas seulement aux ménages, mais aussi aux entreprises. Les enquêtes auprès des entreprises de la Banque mondiale montrent qu'elles n'avaient pas suffisamment d'eau pour assurer leur production une demi-journée par an en moyenne dans les pays de l'OCDE, mais entre 85 et 105 jours par an, soit environ trois mois ou plus, au Kenya, en Tanzanie et en Mauritanie.
Assurer à chacun l'accès à des services d'eau et d'assainissement sûrs et abordables sera difficile, notamment dans les pays en développement. Pour encourager l'investissement, il est indispensable que les gouvernements mettent en place des cadres réglementaires sains, avec des dispositions assurant un recouvrement durable des coûts. Les investisseurs peuvent être rassurés au moins sur un point : s'il n'égalera jamais certains secteurs ultra-rentables qui ont fait florès jusqu'à la crise, le secteur de l'eau offre l'avantage de la stabilité, ainsi que l'assurance d'œuvrer dans l'intérêt général.


Références
OCDE (2009), De l'eau pour tous : Perspectives de l'OCDE sur la tarification et le financement, et De l'eau pour tous : Messages clés pour les décideurs, disponibles sur www.oecd.org/eau
OCDE (2009), Infrastructures en eau et secteur privé: Guide de l'OCDE pour l'action publique, OCDE, Paris, www.oecd.org/daf/investment/water
OCDE (2009), Strategic Financial Planning for Water Supply and Sanitation, document interne, www.oecd.org/eau.
OCDE (2009), Pricing Water Resources and Water and Sanitation Services, document interne, www.oecd.org/eau.
OCDE (2009), Alternative Ways of Providing Water and Sanitation: Emerging Options and their Policy Implications, document interne, www.oecd.org/eau.
OCDE/WWC (2008), Systme de notification des pays créanciers sur les activités d'aide 2008 : Activités d'aide dans le secteur de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement, 2001-2006, OCDE, Paris.

mardi 2 décembre 2008

L’eau plus précieuse que le pétrole ?


Lors d’une récente réunion à Dubai, Horst Enzelmüller - directeur de Techem AG, fournisseur de services de mesure de consommation d’énergie - s’est dit « convaincu que le coût de l’eau dans la région du Golfe Persique dépassera celui du pétrole dans les années à venir. »
« Alors que l’eau est une ressource non renouvelable de plus en plus rare, une grande partie des populations occidentales la consomment sans limite du fait d’une tarification de la ressource qui ne reflète pas sa vraie valeur. » M. Enzelmüller a expliqué qu’une des manières les plus efficaces d’économiser de l’énergie et de l’eau est d’utiliser des systèmes de mesure de consommation individuelle (c-à-d des compteurs)
Si le diagnostic tarifaire proposé pointe incontestablement une problématique essentielle, à savoir la juste tarification d’un bien précieux que des organisations motivés par des idéologies politiques improbables présentent de manière irresponsable comme gratuit, on peut toutefois nuancer le propos de M. Enzelmüller par le fait que la quantité d’eau présente sur notre planète reste constante. En effet, l’eau à la grande différence des ressources énergétiques telles que le gaz et le pétrole est une ressource sans cesse renouvelable.

jeudi 6 novembre 2008

L'eau, pétrole du 21ème siècle

Dans un article consacré à la question de l’eau, le site argentin d'informations en ligne Urgente24.com affirme que l’eau va devenir le « nouveau pétrole du 21ème siècle, tout comme semblent le penser plusieurs économistes, hommes d’affaires, scientifiques et stratèges politiques » qui estiment que ce « nouveau pétrole » pourrait être à l’origine d’une nouvelle guerre.
D’après Witold Henisz - professeur de gestion à l’Université de Wharton aux Etats-Unis -, « le prix de l’eau va augmenter fortement et les rivalités entre pays pour l’accès à l’eau vont s’accentuer. » Cet article affirme également qu’« 1,5 million de personnes pourraient être sauvées chaque année si elles avaient accès à une eau potable et saine. » De plus, le fait qu’en 2050 « nous serons 9 milliards d’habitants sur la Terre » amplifierait l’idée selon laquelle l’« eau est une substance chère qui sera à l’origine de nombreux conflits. » Les faits n'ont pas tardé à lui donner raison puisque le 14 octobre dernier, le président pakistanais, Asif Zardari, a prévenu que « toute action de son voisin indien qui viserait à bloquer l’approvisionnement en eau du fleuve Chenab vers le Pakistan détériorerait les relations bilatérales » entre les deux pays.
Consciente de ces enjeux, la Fondation Jacques Chirac organise à Paris le jeudi 13 novembre une conférence sur l’eau, en partenariat avec l’UNESCO et l’AFD : « L’Eau pour la Paix - la Paix pour l’Eau ». Par ses travaux, la conférence contribuera à la préparation du Cinquième Forum Mondial de l’Eau. Trois objectifs ont été définis. Il s’agira :
1. d’encourager l’application et l’adoption des instruments juridiques internationaux et régionaux favorisant la coopération
2. de participer, par des recommandations, au processus politique du Forum d’Istanbul
3. d’alerter le public sur les tensions, politiques ou armées, liées à l’eau, et sur l’accès à l’eau dans les Etats fragiles ou situation de conflit

L'Australie, à la pointe de la gestion de l'eau

Dans notre article du 26 septembre , nous évoquions la démarche de « marchandisation raisonnée » de l'eau dans laquelle s'engageaient la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Ainsi, le site Aguanomics.com estime que les australiens ont pris « une avance considérable sur les Etats-Unis en matière de mise en place de politique essentielle de gestion de l’eau. » Il est fait notamment référence à une fixation du prix de l’eau sur la rareté de la ressource pour freiner la demande tout en intégrant une « allocation d’eau minimale » à faible coût pour les personnes à bas revenu.


mercredi 5 novembre 2008

Les Emirats mettent en place les moyens de gérer leur eau

Selon le quotidien The National, Ahmed Murad - directeur du département Géologie de l’Université d’Al Ain (Emirats Arabes Unis) - a conseillé aux autorités émiraties d’augmenter le prix d’eau afin de diminuer la consommation dans le pays. Selon M. Murad, l’indexation du prix de l’eau sur les quantités consommées telle qu’elle est appliquée par l’Autorité de l’eau et de l’électricité de Dubaï devrait être généralisée dans tous le pays. Le pays détient le record mondial de consommation journalière d’eau avec 550 litres par tête.
Parallèlement, les Emirats investissent dans la formation : le Khaleej Times rapporte qu’une Académie arabe de l’eau (AWA) vient d’ouvrir à Abu Dhabi, « preuve des efforts du pays pour lutter contre la pénurie d’eau régionale. » Cette université sera la première du genre dans le Golfe Arabique et elle aura pour vocation de former des professionnels de la gestion de l’eau.

jeudi 30 octobre 2008

Débat dans The economist sur la valeur marchande de l'eau

Le 30 septembre dernier, l’hebdomadaire britannique The Economist a lancé le débat en ligne « la valeur de l’eau » sur la proposition « le prix de l’eau, en tant que ressource rare, doit être fixé selon sa valeur marchande. » Le débat s’étend jusqu’au 10 octobre 2008. L’hebdomadaire invite les internautes ainsi que des personnalités à prendre position. On consultera avec intérêt le programme des débats et les « discours » des intervenants.

Les deux camps qui s’opposent sur la question de la fixation du prix de l’eau en fonction de sa valeur marchande sont représentés par d’un côté, Vandana Shiva - activiste environnementaliste opposée à la fluctuation du prix de l’eau par le marché -et Steve J. Hoffmann - directeur de WaterTech Capital et en faveur de l’indexation du prix de l’eau sur le marché. Edward McBride - responsable du département environnement à The Economist et le « modérateur du débat. »

Vandana Shiva ne croit pas qu’il peut y avoir un « prix de marché sûr » dans la société actuelle qu’elle voit comme un monde volatile non-régulé et mené par l’avidité et le profit. Par conséquent, elle trouve « absurde et irresponsable » de confier l’accès, la gestion et la distribution d’une ressource vitale rare telle que l’eau aux marchés économiques.

Steve J. Hoffmann défend sa position en affirmant que « les déséquilibres spatio-temporels de la demande et de l’approvisionnement en eau potable impose le fait que la valeur de l’eau soit dictée par le marché dans le but de relever les défis mondiaux de l’eau. »


mardi 30 septembre 2008

L'eau à l'horizon 2025

En août, l’association des entreprises pour l’environnement a publié un rapport proposant une vision de l’état de la question de l’eau à l’horizon 2025. Ce rapport est une mine de données et graphiques, cartes, etc., tant pour l’état des ressources que pour leurs utilisations ou leur répartition.

A l’horizon 2025, la croissance démographique (8 milliards d’êtres humains), l’augmentation du niveau de vie et donc de la consommation domestique, le développement des activités industrielles, l’urbanisation feront peser sur la ressource une pression inédite. La grande inconnue est liée au changement climatique, qui pourrait affecter les ressources de centaines de millions d’individus : de sorte qu’un tiers de la population mondiale pourrait se trouver en état de stress hydrique, avec les impacts en termes de santé publique que cela emporte (selon l’OMS, 80% des maladies dans le monde sont dues à une eau impropre ou à de mauvaises conditions sanitaires) et avec les tensions géopolitiques dont le Moyen-Orient frémit déjà comme l’illustre les accusations d’une partie de la population palestinienne qui reproche au gouvernement israélien d’exploiter les ressources en eau de la Cisjordanie pour satisfaire les besoins de ses citoyens, de bloquer les voies de communications par des barrages et d’empêcher la distribution d’eau des camions citerne.



Il est certain que pour répondre à la demande, les modes conventionnels d’exploitation et de stockage de la ressource ne seront pas suffisants, outre qu’ils génèrent des impacts environnementaux lourds, comme l’exemple du barrage des Trois Gorges en Chine l’a manifesté au grand public. Il est donc indispensable d’une part de développer les technologies de dessalement, de récupération et de recyclage dont nous parlons régulièrement, d’autre part d’assurer le transfert de ces technologies vers les pays les plus affectés par les pénuries à venir, et enfin d’optimiser l’utilisation de l’eau du niveau agricole (70% de la demande) au niveau industriel (22%), et également domestique (8%).


Ce dernier volet sera celui qui touchera le plus violemment notre vie quotidienne. On en prend la mesure par les récentes déclarations du Commissaire Européen à l’Environnement, Stavros Dimas, qui a prononcé un discours le 9 septembre dernier à l’Exposition Internationale de Saragosse annonçant que l’Union européenne compte demander aux « Etats membres de donner à l’eau un prix à sa juste valeur. » afin de « faire prendre conscience aux populations de l’importance de l’eau et à diminuer leur consommation » au moment où l’Europe est de « plus en plus touchée par le réchauffement climatique et par les pénuries d’eau », en particulier sur le pourtour méditerranéen mais aussi en Allemagne et au Royaume Uni. Le Ministre a précisé que les « gros consommateurs que sont l’agriculture et l’industrie paieront la part de l’eau qu’elles utilisent », mais que l’UE ambitionne en outre de « baisser la consommation d’eau moyenne par jour par habitant de 300 litres à 80 litres. »

dimanche 28 septembre 2008

La question de la rentabilité de la récupération de l’eau de pluie


Le coût de la récupération des eaux de pluie est variable, en fonction du taux de pluviométrie de la région d’installation, du climat, de l’exposition de la maison, du type de toit, etc. Il est d’environ 1.500 euros pour un dispositif minimal. Pour un dispositif complet, posé par un pro, il faut compter entre 6.000 et 9.000 euros.

Compte tenu du prix modéré de l’eau en France, il n’est pas toujours certain que l’on s’y retrouve. Patrick Philipon, dans son petit livre pédagogique La crise de l’eau ? (Perrin) propose le calcul du tableau ci-dessous :


D’après Joël Graindorge, ingénieur diplômé de l'Institut agronomique Paris-Grignon et spécialiste des problématiques de l’eau sur le site internet de l’administration territoriale, « dans toutes ces conditions, il n'est pas certain que l'usager y retrouve une rentabilité. En effet, l'OIEau a fait une étude économique à ce sujet. Sachant que l'ensemble des usages dans une habitation est d'environ 150 litres par jour et par habitant, les usages autorisés correspondraient à 40 à 70 litres/j/habitant. En prenant en compte la pluviométrie, en optimisant le dimensionnement, en estimant les coûts d'exploitation à 100 €/an, le retour sur investissement serait de 50 à 80 ans selon les volumes ! Si les usages ne sont pas étendus (lave-linge par exemple), il apparaît donc que le plus souvent, l'économie du projet ne soit pas avérée. »

En comparaison, selon les agences de l’eau, le prix moyen de l’eau en France s’élève aux alentours de 2 euros par mètre cube, variable suivant les lieux (type de captage, degré de pollution des eaux captées, taux de fuite, etc.).

Pour ceux qui surveillent leur pouvoir d’achat, il y aurait, toujours selon Patrick Philipon, d’autres moyens plus efficaces : chasse d’eau deux temps, vigilance contre le gaspillage et les fuites, réducteur de pression, etc.

Afin d’inciter les particuliers à installer des dispositifs de récupération d’eau de pluie, le gouvernement a mis en place une réduction d’impôts en mai 2007 pour l'achat d'un système de récupération d’eau de pluie pour usages extérieurs :

  • Une TVA à 5,5% sur les équipements (si l'habitation a plus de deux ans) ;

  • Une crédit d'impôts égal à 25% des dépenses en équipements (dans la limite de 8000€ pour une personne seule, 16000€ pour un couple).

Encore faut-il payer suffisament d'impôts...

Certaines collectivités locales encouragent aussi l'installation de système de récupération des eaux de pluie. La Lorraine subventionne ces installations jusqu'à 750€. A Lille, on attribue une prime à l'installation d'équipements de récupération d'eau pluviale de 100 € par m3 d'installation.


vendredi 26 septembre 2008

D'une marchandisation raisonnée de l'eau

Dans de nombreux pays, une opposition assez idéologique se dessine entre partisans de la « marchandisation » de l'eau, qui font valoir une possible régulation de la consommation par la valorisation de la ressource, et tenants de l'eau définie comme bien commun : dernier exemple en date, le Canada où une polémique s'amplifie suite à l'idée émise par Marcel Boyer, vice-président de L’Institut Economique de Montréal, selon lequel les ventes à l'étranger d’eau potable (c'est-à-dire tirée des ressources canadiennes en eau douce) pourraient rapporter « 5 milliards de dollars par an au pays »,

De l'autre côté du Pacifique, en Nouvelle-Zélande, on s'inquiète dans une perspective proche de la « ruée vers l’or » pour les droits de l’eau qui est en cours dans le pays, de sorte que « tous les droits seront alloués d’ici quatre ans si la tendance continue. » Mais le Conseil commercial pour le développement durable de Nouvelle Zélande a ouvert une sorte de troisième voie« pour éviter la distribution d’eau rare et polluée désastreuse d’un point de vue économique et environnemental », avec quatre propositions dont celle de déterminer quelle part des réserves nationales d’eau peut être allouée au commerce privé. Ainsi, « un système de droits de l’eau basé sur un marché peut être une bonne façon d’assurer une utilisation efficace de l’eau et de réduire significativement la pollution de l’eau. »


samedi 13 septembre 2008

Pour un juste prix de l'eau


Le Professeur Louis Job - professeur en Sciences Economiques à l’Université de Versailles et spécialiste de l’environnement et des ressources naturelles - explique la nécessité d’une tarification « juste » de l’eau, comme outil de gestion de ce secteur économique : « entre bien public et valeur marchande il n’y a pas forcément d’incompatibilité. »

Selon lui, « il faut bien comprendre qu’entre la ressource naturelle et l’eau qui sort du robinet, après avoir été collectée, traitée, et distribuée, il y a une grande différence. Et cette transformation, forcément, se paie. C’est là qu’interviennent les firmes spécialisées, comme Veolia Environnement, Suez-Lyonnaise, ou encore Saur, qui se partagent le marché national. »

Lien vers l'interview complète de Louis Job : http://ensemble.blogs.letelegramme.com/archive/2008/09/07/le-prix-de-l-eau.html


lundi 8 septembre 2008

Pragmatisme anglais


Et si la solution à la raréfaction de l'eau passait d'abord par des solutions de bons sens ? En Angleterre, le groupe Thames Water - qui distribue l’eau à près de 13 millions d’habitants autour de Londres - a annoncé son intention d’augmenter ses tarifs de 3% au-dessus de l’inflation entre 2010 et 2015. Thames Water justifie cette augmentation à venir de ses tarifs par la mise en place d'un vaste programme d'investissements de près de 6,3 milliards de livres. Il s'agira notamment de construire un réservoir d'eau de plus de 10 km² permettant d'alimenter en eau toute la région d'Oxfordshire. Mais par ailleurs, dans l'optique d'inciter les consommateurs à réduire leur consommation d'eau, la compagnie britannique adopte une stratégie dont on aimerait qu'elle soit généralisée outre-manche : Thames Water va en effet procéder à l'installation d'un million de compteurs chez les particuliers afin de pouvoir facturer la consommation réelle des foyers équipés.

Il est évident que la hausse du prix de l'eau, si vertueuse soit-elle d'un point de vue macro-économique pour éduquer les consommateurs, n'aura d'effet sur la consommation que si le consommateur est le payeur. Pourtant, en France, cette conclusion a été contestée par une étude réalisée en avril 2008 par Bernard Barraqué , chercheur au CNRS, à la demande de la mairie de Paris. En effet, selon cette étude, la pose de compteurs d’eau individuels dans les immeubles collectifs est une solution onéreuse qui n’entraîne pas de diminution des consommations.

Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) de 2005 évoquait déjà les obstacles à la généralisation de ce mode de tarification, par exemple la modification de la «répartition des responsabilités dans le recouvrement des factures d’eau, entre gestionnaires de l’habitat, syndicats des eaux et distributeurs d’eau». Mais selon Bernard Barraqué, les bailleurs sociaux étaient séduits par ce système, pensant que les impayés seraient désormais gérés par les compagnies d’eau. Le chercheur a donc mené des comparaisons avant/après la pose de compteurs individuels chez des personnes vivant en immeuble.

A Paris, la consommation de trois immeubles étudiés n’a pas diminué. A Toulon, les consommations d’un HLM de 51 logements n’ont pas baissé significativement. Le montant des factures a progressé de 30% avant et après la pose de compteurs individuels et le pourcentage d’impayés s’est avéré très élevé, les abonnements étant considérés comme trop chers par certains abonnés.

Bien que les contextes soient chaque fois différents, l’étude souligne qu’à l’étranger, des changements tarifaires se sont souvent soldés par des échecs. Selon Bernard Barraqué, en Flandres belges, une tarification par blocs croissants (volume initial gratuit de 15 m3/personne/an) a eu des «effets nettement régressifs» car les ménages les plus riches sont dans cette zone géographique ceux qui ont le plus d’enfants. Ils sont donc avantagés par rapport aux catégories sociales fragiles.

Finalement, le chercheur estime que l’aide sociale liée aux services d’eau, qui ne peut être introduite dans le cas d’un comptage collectif, doit être apportée en France dans le cadre d’une aide générale non spécifique à l’eau (diminution de loyer, augmentation des aides au logement…).


dimanche 7 septembre 2008

Etude internationale sur le prix de l'eau

Une étude internationale portant sur le prix de l’eau dans quinze pays industrialisés, réalisée par le cabinet NUS Consulting, place l’Allemagne en tête du classement avec 3,01$ par m3.

Les Français sont eux facturés 1,99$ par m3 et les américains 0,74$par m3. Il eut été intéressant de recouper ces résultats avec les différentes options de politiques de gestion de l'eau, des indicateurs de performance, etc.

Car si l'idée répandue, mais jamais, à notre connaissance, scientifiquement attestée, veut que la municipalisation de l'eau signifie un prix plus bas, il faut s'intéresser à cette remarque d'un internaute américain, qui conteste l’article publié par la journaliste Erica Gies le 12 août dernier, dans lequel elle affirmait que la privatisation de l’eau dans certaines villes avait détérioré la situation et amené à une augmentation du prix, ce qui expliquerait que de plus en plus de villes annulaient leurs contrats avec les compagnies.

Il réplique en retour que la journaliste a « confondu la privatisation et les partenariats public-privé » et que les villes qu’elle cite sont sous ce dernier type de contrat, et proportionnellement en forte augmentation, donc quoi qu'il en soit « propriétaires de leurs systèmes de l’eau. » Il en conclut que ces communes sont « elles-seules responsables de l’augmentation des taxes. »

D'où les deux questions suivantes : d'une part, est-il pertinent d'utiliser ces études comparatives de prix pour les communiquer au grand public dans la mesure où elles ne prennent pas en compte les modes de financement du traitement de l'eau (et notamment les subventions, comme c'est le cas en Espagne par exemple)? D'autre part, si les partenariats publics-privés explosent dans le pays où l'eau est la moins chère, faut-il cristalliser la discussion sur le mode de gestion de l'eau à adopter plutôt que sur celle de juste prix ?

samedi 6 septembre 2008

Distribution de prix de la semaine de l'eau

Durant la Semaine Mondiale de l’Eau ont été remis plusieurs prix afin de récompenser les travaux de professionnels et de scientifiques dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

Les prix Wash Media ont été remis à quatre journalistes africaines et brésiliennes pour leurs reportages sur les sujets de l’eau, de l’assainissement et des problèmes liés à l’hygiène. Le Stockholm Junior Water Prize 2008 a été attribué à l’américain Joyce Chai pour son projet de « modélisation des effets toxiques des nanoparticules d’argent dans le cadre de la variation des conditions environnementales. » Et comme nous le rapportions précédement, le chercheur britannique, John Anthony Allan, a quand à lui reçu le Prix de l’Eau pour son concept d’ « eau virtuelle », une quantification de l’eau consommée dans le processus de production des denrées alimentaires – on parle également d'empreinte en eau d’un produit (installation, bien ou service), ce qui correspond au volume d’eau utilisée à tous les stades de sa chaîne de production. Par exemple, pour produire une tasse de café, il faut au total 140 litres d’eau ; pour un kilo de bœuf, il en faut 16 m³ (16.000 litres).



samedi 30 août 2008

L'eau que nous buvons et l'air que nous respirons...

La question de la délégation du service public de l’eau ou de la gestion directe par la collectivité de ce service déchaîne, comme on l'a vu encore dernièrement à Paris, des passions surprenantes et des discours frisant parfois l'irrationnel, symptômes d'enjeux symboliques forts et rarement nommés. L'eau, que l'usage associe souvent à l'air comme un autre élément nécessaire à la vie, est par là-même investie d'une trompeuse image d'abondance et de gratuité, comme s'il nous restait de lointains et bien fictifs ancêtres la nostalgie d'un état de nature où toutes les ressources auraient été immédiatement et largement disponibles : notre imaginaire n'a pas intégré que le transport de l'eau, son conditionnement pour l'usage humain, l'assainissement de nos rejets nécessitent une infrastructure considérable, génèrent des coûts, et que la ressource se raréfiant, il faudra à terme mettre en oeuvre des procédés de traitement de plus en plus complexes. Pour l'heure, il est encore possible, avec beaucoup d'irréalisme, de se réfugier dans des mythes collectivistes et d'attribuer les difficultés à quelques boucs émissaires (le Grand Capital, le Chinois, le Réchauffement, voire la collusion maligne des trois...) Mais l'heure vient où il faudra, selon un vocable cher aux apôtres de la socialisation tous azimuts, « faire l'analyse concrète de la situation concrète » (Lénine). Il n'est pas à exclure qu'une telle prise de conscience, à laquelle certains de nos compatriotes répugnent violemment, suscite des réactions dont les paniques ayant suivi les chocs pétroliers dans les années 70 ne donnent qu'une faible idée. Quelques repères me semblent alors devoir être gardés à l'esprit lorsqu'on aborde la question de l'eau, tant d'un point de vue quantitatif que qualitatif :

- Les tensions, du plan international au niveau local, proviennent principalement d'une raréfaction attendue de la ressource ; d'un point de vue macro-économique, si l'on admet le rapport basique de corrélation inverse entre le facteur prix et la consommation, c'est la hausse du prix de l'eau qui est la plus à même d'en garantir la préservation et la disponibilité. Partant, l'augmentation substantielle de la facture des usagers, contre laquelle se cristallisent pourtant nombre de revendications, apparaît comme la nécessité première d'une gestion éco-responsable (nous attendons toujours de voir un mouvement écologiste réclamer le passage à un tarif de 5 euros le mètre-cube, comme ce fut le cas pour le litre d'essence). Bien entendu, tout un système de solidarité entre les usagers démunis et les usagers aisés reste à penser pour que ce tarif reste socialement acceptable : là-dessus, l'exemple de nombreux pays en voie de développement, qui ont mis en place une politique de tarification favorable aux petits consommateurs, pourrait être suivi. Reste qu'une eau chère (qui n'est pas, contrairement à l'idée reçue, l'apanage d'un système de délégation de service public plus que d'une régie) devient pour tous ce qu'elle doit être, ce qu'elle est dans la nature, c'est-à-dire un bien précieux.

- La qualité de l'eau doit être, partout, la priorité non négociable de toute organisation régissant l'accès à la ressource. La question politique n'est donc pas de savoir s'il faut remettre les clés de la gestion de l'eau à des entreprises privées, ou s'il faut collectiviser telle ou telle partie de l'activité. L'enjeu est de mettre en place un système de gouvernance permettant la transparence et l'audit extérieur nécessaires à une gestion parfaitement fiable, ce qui implique la distinction entre l'opérateur et le contrôleur d'une part, la possibilité de mettre en concurrence l'opérateur d'autre part.

Nous ne sommes pas, on l'aura compris, de ceux qui promeuvent une gestion purement libérale de l'eau (il y aurait d'ailleurs à dire sur le mésusage du terme de privatisation, qui ne correspond à aucune réalité dans la distribution d'eau en France) : en tant que cette question s'articule aux préoccupations de santé publique, elle demeure ordonnée de plein droit au politique. Mais il importe de reconnaître, au sein d'un débat dépassionné, les avantages objectifs des différents modèles économiques, en renonçant à agiter les fantoches éculés d'une extrême gauche qui se cherchent de nouveaux spéculateurs empoisonneurs, et à motiver des comportements de consommation irresponsables.

mercredi 20 août 2008

L’inventeur de l’eau virtuelle primé à Stockholm

Le Professeur Anthony John Allan recevra le Prix de l’eau demain à l’occasion de la Semaine mondiale de l'eau - qui a lieu en ce moment à Stockholm - pour son concept d’ « eau virtuelle » - une quantification de la ressource utilisée dans la conception de produits de consommation -. Le Professeur enseigne au du King’s College de Londres et de l’Institut des Etudes Orientales et Africaines.

Selon Courrier International, « l'expression "eau virtuelle" a été créée au milieu des années 80 par des économistes israéliens qui s'étaient aperçus que l'exportation de l'eau - rare - israélienne était totalement absurde du point de vue économique. Pourtant, c'était bien ce qui se passait, affirmaient-ils, chaque fois que leur pays semi-aride exportait des oranges ou des avocats, dont la culture demande beaucoup d'eau. L'idée fut développée par l'économiste Tony Allan, de l'Ecole d'études orientales et africaines de l'université de Londres. Elle est définie comme "l'eau contenue dans les marchandises" mais, selon les propres mots du chercheur, l'idée "n'avait pas attiré l'attention des spécialistes de la gestion de l'eau". »

L’idée est extrêmement simple. Il faut de l’eau pour des aliments tels que les céréales, les légumes, la viande et les produits laitiers. L'eau virtuelle est ce volume d'eau utilisé pour produire ces aliments. On la dit « virtuelle », car elle n’est plus présente en tant que telle dans le produit. Ceci explique pourquoi la production de nourriture utilise environ 70% de l’eau et que le régime alimentaire est un élément essentiel.

Mais le concept est encore plus intéressant, dans un monde globalisé, car il permet d’analyser l’empreinte en eau de toutes les marchandises.

Selon le Conseil mondial de l’eau, qui a établi un rapport téléchargeable ici, les grandes zones exportatrices d’eau virtuelle sont l’Amérique et l’Océanie.

Ce genre de calcul des matériaux inscrits ou rejetés dans une marchandise ou un service sont vraiment dans l’air du temps. On connaît par exemple l’empreinte CO2 de WWF, qui permet de calculer les émissions de CO2 de chaque individu. Les grands supermarchés (Casino, Leclerc, Les Mousquetaires) sont en train de lancer des étiquettes pour connaître le poids carbone des produits vendus en grande surface.

Bref, l’eau virtuelle est un concept dans l’air du temps, qui pourrait être particulièrement utile pour maîtriser la crise de l’eau actuelle et à venir.




vendredi 6 juin 2008

Les autorités chinoises cherchent à stabiliser les prix des denrées alimentaires, dont l'eau

Les autorités chinoises ont décidé de stabiliser le prix des denrées, dont l’eau, dans les zones touchées par le tremblement de terre.
Les départements de gestion des prix de Suining dans la province du Sichuan et de Longnan dans la province du Gansu ont adopté des mesures pour entraver les pratiques illégales, susceptibles d'augmenter les prix.
En effet, entre les 14 et 16 mai derniers, le département des prix de Suining a relevé trois cas de marchés illégaux, affectant la stabilité du prix de l'eau potable.
Parmi ces mesures figurent la création de comités de suivi du prix de l’eau.
A Longnan, le département de gestion des prix s'est joint à l'administration locale responsable de l'industrie et du commerce.
Ce comité mixte est mandaté pour veiller en permanence à la stabilité des prix du marché.
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