mardi 22 décembre 2009

L'eau en Algérie 2 – Perspectives

L'Algérie est un exemple quasiment unique en Afrique d'un pays qui est parvenu à accomplir sa révolution de l'eau. Partie d'une situation post-coloniale extrêmement défavorable, prisonnière d'une guerre civile qui a longtemps mobilisé tous les efforts que les gouvernements successifs auraient pu faire en matière de développement, l'Algérie est en train de se doter des infrastructures et des technologies qui lui permettront de faire de sa situation une richesse. Ces efforts ont été rendus possibles par une politique volontariste, qui a commencé, en 1995, par la tenue d’Assises Nationales de l’Eau, au cours desquelles ont été adoptés les principes d'une Nouvelle Politique de l’Eau, introduisant notamment la possibilité pour les maître d’ouvrages de concéder leurs installations d’eau potable ou d’assainissement à des opérateurs privés. Ainsi les transferts de compétences depuis des experts (français notamment) ont-ils pu se mettre en place. Le gouvernement algérien a également su faire comprendre à son opinion publique que la hausse du prix de l'eau, en particulier courant 2005, permettrait de dégager les sommes nécessaires aux investissements : l'Etat a d'ailleurs montré l'exemple en payant pour la première fois de manière régulière ses propres factures d'eau.

L’Algérie se prépare à aborder un autre plan quinquennal extrêmement dense, après une décennie de développement rapide de ses équipements. On se fera une bonne idée de l'émulation du secteur algérien de l'eau au SIEE Pollutec, Salon international des équipements, des technologies, et des services de l’Eau, qui, après cinq éditions à Alger, se tiendra pour la première fois à Oran du 17 au 20 mai 2010, réunissant tous les grands acteurs algériens de l'eau et les principaux opérateurs internationaux, fournisseurs d'équipements et prestataires de services.

lundi 21 décembre 2009

L'eau en Algérie 1 – Des handicaps aux atouts

L'Algérie, en matière d'accès et de traitement de l'eau, revient de très loin. Géographiquement, tout d'abord, avec une hauteur moyenne annuelle des précipitations de l'ordre de 423 mm, le pays fait partie de ce croissant nord-africain où le manque et la rareté des pluies ont considérablement pénalisé la politique hydraulique depuis l'indépendance, du moins tant que celle-ci est restée axée sur la mobilisation de ces ressources naturelles par voie de captage (barrages, retenues, etc). L'Algérie présente en effet un climat semi-aride qui se caractérise par une forte irrégularité pluviométrique, ce qui donne sur le plan des régimes hydrologiques une extrême irrégularité saisonnière et interannuelle des écoulements qui est accentuée par de longues périodes de sécheresse, des crues violentes et rapides, et une érosion intense avec des transports solides importants.
Par ailleurs, la prise de conscience politique du caractère nodal de la question de l'eau pour le développement a été relativement tardive, faute de moyens d'une part, et du fait des troubles qui accaparaient l'attention d'autre part. Jusque dans les année 90, 50% de l’eau potable se perdait dans un réseau archaïque voire en état de délabrement, tant les fuites étaient considérables. Il y a eu des moments où les Algériens ne disposaient d’eau qu’une fois par semaine. Paradoxalement, les rues étaient inondées par les fuites de conduites. Les robinets défectueux dans les institutions publiques (écoles, administration, hôpitaux...) étaient monnaie courante. Et même si le robinet était en bon état, l’eau coulait à perte... Cette négligence a amené le pays à ne disposer que de quelques mois de réserve d’eau potable, et à se retrouver au bord d'une crise hydrique paralysant l'ensemble de l'économie.
Pourtant, l'Algérie dispose de deux ressources décisives, l'une en eau douce, l'autre en eau salée. La première est constituée par la nappe albienne, très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), et qui semble presque inépuisable – de fait, la nappe albienne est l’une des plus grandes sources d’eau potable de la planète. La juste utilisation de cette nappe, qui n'est pas renouvelable, pour l'irrigation et les besoins industriels (nucléaires notamment), sera un facteur déterminant du développement de l'intérieur du pays. La seconde est constituée par le front de mer de centaines de kilomètres, où se concentre la majeure partie des agglomérations : dès le courant des années 1990, l'Algérie a compris que le salut lui viendrait des infrastructures de dessalement qu'elle saurait mettre en place, et a engagé un programme massif d'équipement.
Des milliards de dollars ont donc été injecté dans la technologie du dessalement, avec des résultats déjà parlants : jusqu'à cette année, la plus grosse usine de dessalement du monde était par exemple construite dans la région d’Oran. Avec une capacité de 500.000 mètres cubes par jour, elle fournit de l’eau potable à près de 5 millions d’habitants. 15 autres stations de dessalement doivent être achevées en 2010 pour l'approvisionnement en eau potable des agglomérations urbaines, couvrant ainsi près de 10% des besoins en eau potable de l'ensemble du pays. Et l’Algérie entend construire au moins 33 stations d’ici à 2019, selon les prévisions officielles.
Par ailleurs, même si un travail considérable reste à faire, le réseau est en voie de rénovation à un rythme accéléré, et les principales agglomérations ne souffrent désormais plus que de coupures intermittentes.

jeudi 17 décembre 2009

La sécheresse en Australie rend fous les chameaux

Ca ressemble à une mauvaise plaisanterie, mais ce n'en n'est malheureusement pas une : le journal allemand Bild rapporte que 6000 chameaux sauvages vont être abattus en Australie pour protéger les routes et les villages du nord du pays. Poussés par la sécheresse, ces troupeaux de chameaux se rapprochent en effet dangereusement des zones d'habitations, causant des accidents et manifestant un comportement aggressif. Un village nommé Docker River, comptant 350 habitants, a ainsi été entièrement dévasté par les chameaux.
L'Australie, mieux connue pour ses kangourous, compte près d'un million de chameaux sauvages, dont les migrations sont un indicateur flagrant de l'évolution à la baisse des ressources en eau.

mercredi 16 décembre 2009

Zoom sur la désinfection de l'eau par UV

Plusieurs technologies cohabitent dans le traitement de l'eau, selon la qualité des eaux à traiter et les infrastructures mises en place : traitement chimique (chlore...), filtration, photocatalyse... mais les acteurs majeurs du secteur tels que Veolia ou Suez, s'intéressent de plus en plus à une technique nouvelle : la désinfection par UV, qui pourrait représenter un marché de plus de 2 milliards de dollars en 2011 et entre 7 et 8 milliards en 2012.
La principale motivation est écologique : hormis le recyclage des lampes, cette solution ne pose pas de problématique d'effluents ou de déchets. Le développement de la fibre optique, qui potentialise considérablement cette technologie, est également moteur. Enfin, les applications débordent largement la seule question du traitement de l'eau, puisque cette technique est également à l'étude dans les domaines de la stérilisation des aliments, de la chimie, des équipements type piscines ou encore de la santé.
Le traitement UV est efficace contre la plupart des microbes; il est même plus efficace que le chlore contre certains organismes comme le Cryptosporidium. Par contre, la désinfection par rayonnement UV requiert une faible turbidité de la ressource, son fonctionnement nécessite une surveillance étroite, et sa mise en place nécessite évidemment des infrastructures importantes. Dernier écueil, le traitement UV fonctionne à l'instant T, mais ses effets ne se poursuivent pas pendant l’acheminement de l’eau, contrairement aux désinfectants classiques tel que le chlore . Cette technologie serait-elle finalement davantage adaptée à des équipements individuels ? Certainement pas, si l'on renonce à l'idée de la solution-miracle unique qui permettrait de résoudre l'ensemble des contraintes sanitaires, écologiques et économiques du traitement de l'eau. Le traitement UV deviendra certainement un complément notable, en synergie avec les autres modes de traitement, du panel de solutions dont nous disposerons pour purifier efficacement et « proprement » notre eau dans les années à venir.

mardi 15 décembre 2009

Les journées de l'eau de l'ONG allemande Viva con Agua


Outre-Rhin, l'ONG Viva con Agua a réédité ses journées de l'eau du 23 novembre au 9 décembre. Autour de manifestations multiples (conférences, événements sportifs, spectacles, pièces de théâtre), l'objectif était de collecter des fonds pour permettre d'approvisionner en eau potable des habitants du Burundi.
L'ONG, qui se définit comme la première « All-Profit-Organization » du monde, car elle considère que l'eau doit être la préoccupation de tous, était parvenue en 2007 à collecter, sur la seule ville d'Hambourg, plus de 30.000 euros lors de cette manifestation, fonds qui avaient permis de construire 5 fontaines au Bénin. En 2008 avait été tentée une expérience d'un genre un peu différent, avec une marche de plus de 850 kms d'Hambourg à Bâle, qui se proposait de participer à la prise conscience des conséquences du réchauffement climatique sur l'approvisionnement en eau. Cette année, plusieurs grandes villes allemandes, de Berlin à Cologne, se sont associées à Hambourg pour un festival d'une ampleur inédite, mais aussi Vancouver et New-York, où se dérouleront notamment des concerts. Vivement les premiers événements à Paris !

Toutes les infos:

lundi 14 décembre 2009

Le traitement des eaux usées défaillant dans 64 agglomérations

"Les eaux urbaines résiduaires non traitées peuvent présenter un danger pour la santé des citoyens européens et pour l'environnement. Nous devons garantir le même niveau de traitement des eaux urbaines résiduaires dans toute l'Union européenne, a rappelé Stavros Dimas, commissaire européen chargé de l'environnement. Il est inacceptable que les Etats membres ne se conforment pas à la législation. Je leur demande instamment de prendre des mesures pour remédier à cette situation."
Bruxelles a assigné la France en justice, vendredi 20 novembre, devant la Cour européenne de justice au sujet de défaillances dans le traitement des eaux usées dans 64 agglomérations, dont Bordeaux, Lyon, Avignon et Arles.
La Commission souligne qu'elle est préoccupée "depuis plusieurs années" par les lacunes de la France en la matière. Une première lettre d'avertissement avait été envoyée à Paris en juillet 2004 et une seconde en décembre 2008. Aux termes de la législation européenne, la France aurait dû mettre en place, avant le 31 décembre 2000, des systèmes de collecte et de traitement des eaux usées dans les zones urbaines de plus de 15 000 habitants (qui ne les rejettent pas dans des zones sensibles).
Les eaux résiduaires non traitées peuvent être contaminées par des bactéries et des virus dangereux, rappelle la Commission. Elles contiennent également des nutriments tels que l'azote et le phosphore, susceptibles de nuire aux réserves d'eau douce et au milieu marin, en favorisant la prolifération d'algues qui étouffent les autres formes de vie.

source AFP

jeudi 10 décembre 2009

Le Texas a soif

La population du Texas connaît une croissance importante sous la double pression de l'immigration et du développement économique à long terme de la Sun Belt : le gouvernement s'attend à la voir presque doubler d'ici 50 ans, passant de 24 à 46 millions d'habitants. Mais un problème massif de ressource hydrique se pose à court terme : le Texas peine déjà à approvisionner sa population actuelle, et on évalue d'ores et déjà à 90 milliards de dollars par an les pertes économiques annuelles liées au manque d'eau si l'on en reste aux infrastructures actuelles.
19 nouveaux réservoirs sont déjà prévus, ainsi que des programmes de recyclage des eaux usées, de dessalement et d'optimisation du réseau. Des investissements nécessaires, mais peu populaires auprès des contribuables de l'état, généralement peu enclin à payer des taxes « écologiques ». Mais une sécheresse sévère, cette année, pourrait ramener l'opinion à la raison : près de 4 milliards de dollars ont été perdus par les agriculteurs, et les restrictions générales ont rappelé le fameux été torride de 1950. Une prise de conscience semble avoir eu lieu, accompagnée par un nouveau site gouvernemental : http://www.h2o4texas.org/
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