dimanche 15 novembre 2009

La capacité mondiale de dessalement atteint les 60 millions de mètres cube / jour

Selon le 22ème GWI/IDA Worldwide Desalting Plant Inventory, grâce aux 700 unités de dessalement construites à travers le monde au cours de cette année, la capacité mondiale atteint pour la première fois les 60 millions de mètres cubes par jour. Signe de l'accélération, les capacités de production ont augmenté de + de 10% sur la seule année 2009, et de presque 30% depuis 2007, affirme un rapport présenté au congrès mondial de l'International Desalination Association, le 8 novembre à Dubai.
La demande, traditionnellement tirée par les pays du Moyen-Orient, mais aussi le pourtour méditerranéen, trouve un second souffle dans les mégapoles de Chine et d'Inde. 250 usines sont en construction actuellement, pour un potentiel de traitement journalier supérieur à 9 millions de mètres cubes.

vendredi 13 novembre 2009

L'eau en France moins chère qu'en Europe

L'édition 2009 du Baromètre Nus Consulting sur le prix de l'eau en Europe réalisé à la demande de la FP2E (Fédération Professionnelle des Entreprises de l'Eau) montre une relative stabilité de la France au sein de ce classement.
Pour la 7ème fois consécutive, le cabinet d'études NUS Consulting a réalisé son étude comparative annuelle sur le prix de l'eau des plus grandes villes européennes pour les consommateurs particuliers.
Cette étude compare, à euros constants au 1er janvier 2009, le prix de l'eau et de l'assainissement dans les cinq plus grandes villes de dix pays de l'Union Européenne : Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède. Les prix se basent sur une facture type de 120 m3 correspondant à la consommation annuelle habituellement constatée pour une famille de 4 personnes, intégrant les taxes et redevances applicables dans chaque pays.
Avec une moyenne de 3,09 € par mètre cube, le prix de l'eau en France est inférieur de plus de 10% à la moyenne européenne qui s'établit à 3,44 €/m3.
En France, le prix de l'eau progresse de 2,7% en 2009, correspondant à la hausse moyenne observée en Europe.
Cette progression est en revanche nettement plus forte dans les pays présentant un prix de l'eau moyen inférieur à la France (entre + 5 et + 10%), à l'exception de la Suède (+2,2%). D'un pays à l'autre, ces augmentations traduisent un rattrapage des retards d'investissements, la progression du recouvrement de la totalité des coûts par le prix de l'eau, ou encore des évolutions dans les redevances pratiquées, ces différents facteurs se répercutant sur le prix de l'eau.
Du côté de la FP2E, on estime que « La France fait partie des pays européens qui maîtrisent le mieux le prix de l'eau : un prix inférieur à la moyenne européenne de 10%, et une augmentation mesurée de la facture. Ces résultats montrent l'équilibre français entre les efforts réalisés depuis de nombreuses années sur les infrastructures, la poursuite nécessaire des investissements sur le patrimoine, tout en garantissant la maîtrise de la facture pour le consommateur ». Reste à savoir si cette modération des prix peut aller de pair avec une authentique responsabilisation écologique.

jeudi 12 novembre 2009

Des vertus de l'eau

Voici un beau documentaire qui donne la parole à d'éminents spécialistes évoquant les propriétés encore méconnues de l'eau... Les germanistes apprendront où en sont les recherches sur la fameuse "mémoire de l'eau", les autres se contenteront d'admirer les merveilleuses images de molécules d'eau vues au microscope électronique !

mercredi 11 novembre 2009

105 millions de dollars d'amende pour avoir pollué l'eau de New York

Le géant pétrolier américain ExxonMobil va devoir payer une amende de 105 millions de dollars pour avoir pollué l'eau de New York, d'après un communiqué de Sher Leff, un cabinet d'avocats spécialisé dans les cas de contamination d'eau.

"Un jury fédéral vient de juger à l'unanimité ExxonMobil responsable d'une pollution de l'eau potable de la ville de New York par le biais d'un additif d'essence, le MTBE" (éther méthyl-tertiobutylique), un carburant de substitution, explique l'un des avocats de la ville de New York.
"Le jury a octroyé 105 millions de dollars de dommages et intérêts à la ville à l'issue d'un procès de 11 semaines", ajoute-t-il.
"Le jury a estimé que l'essence contenant du MTBE n'était pas suffisamment sûre" en tant que carburant de substitution à l'essence traditionnelle, "vu les dégâts potentiels qu'elle crée pour l'environnement", et a condamné le fait qu'ExxonMobil n'ait "donné aucun avertissement sur les dangers de ce produit pour les nappes phréatiques", poursuit le communiqué du cabinet.
La ville de New York a porté plainte en 2003 contre 25 grandes compagnies pétrolières, dénonçant leur contamination de puits d'eau potable dans le quartier du Queens, poursuit le communiqué, notant que plusieurs sociétés avaient préalablement conclu des accords à l'amiable pour mettre fin à ces poursuites avant le début du procès le 3 août.
Le MTBE est classé par l'agence américaine de protection de l'environnement comme une substance cancérigène, souligne le texte de Sher Leff.
"Nous sommes déçus de cette décision et nous étudions nos options juridiques", a commenté un porte-parole d'ExxonMobil dans un courrier électronique à l'AFP.
"Comme nous l'avons répété tout au long de cette affaire, nos stations service n'étaient pas à l'origine de la contamination au MTBE de 6 puits d'eau et le principal expert de la Ville a lui-même identifié trois sources extérieures à ExxonMobil comme source de la contamination", poursuit-il.
"Nous estimons que nous n'avons pas à indemniser New York pour une pollution causée par d'autres que nous", conclut le porte-parole".

Source AFP

lundi 9 novembre 2009

L'ÉNERGIE OSMOTIQUE : Eau douce + eau salée = électricité

Issue de la rencontre entre eau douce et eau salée, l'énergie osmotique connue depuis les années 1970 revient sur le devant de la scène avec le lancement d'un premier prototype industriel en Norvège.
« L'énergie osmotique peut être mise en œuvre partout où un fleuve se jette à la mer », résume Stein Erik Skilhagen, responsable du projet énergie osmotique chez Statkraft. Cette société norvégienne spécialisée dans les énergies renouvelables inaugurera fin novembre le premier prototype au monde de centrale osmotique, à une soixantaine de kilomètres d'Oslo. Sa puissance initiale sera entre 2 et 4 kilowatts. D'ici deux ou trois ans, avec des composants plus performants, Statkraft espère bien atteindre 10 kilowatts, soit l'équivalent de la consommation électrique d'un foyer. Une installation certes modeste, mais une étape indispensable pour valider cette nouvelle technologie, connue depuis plus de trente ans, mais encore jamais testée à cette échelle.
« Nous finançons des recherches sur l'énergie osmotique depuis 1997, raconte Stein Erik Skilhagen. Ce prototype nous permettra de tester les solutions retenues et de poursuivre les développements. Notre objectif est de construire en 2015 une première centrale pilote commerciale de 25 MW », soit la consommation électrique d'environ 10.000 foyers.
L'industriel mise sur le développement de cette énergie renouvelable, dont le potentiel, selon ses estimations, n'est pas négligeable : 1.700 térawattheure par an (TWh/an) dans le monde, 200 TWh/an en Europe soit environ 6 % de la consommation annuelle européenne. En Norvège, Statkraft espère pouvoir produire 10 % de la consommation d'énergie nationale. L'énergie osmotique est même une des énergies marines les plus concentrées, avec l'énergie des vagues. Et, contrairement à d'autres énergies renouvelables, comme le solaire ou l'éolien, sa production est constante, tant que la mer est salée et que des fleuves s'y jettent.
Comment est produite l'électricité osmotique ? Tout simplement en exploitant le fait que la nature aime l'équilibre, en l'occurrence ici de salinité. L'astuce découverte en 1973 par un chercheur américain, Sydney Loeb, est de séparer deux réservoirs distincts, l'un d'eau douce, l'autre d'eau salée, par une membrane semi-perméable, qui laisse passer l'eau mais pas les molécules de sel. Résultat : pour équilibrer les concentrations salines, la solution salée « pompe » naturellement l'eau douce par osmose. Presque toute l'eau douce traverse ainsi la membrane. « Le réservoir d'eau salée étant maintenu plein et à pression constante, explique Stein Erik Skilhagen, ce flux d'eau y augmente la pression. »Selon les ingénieurs de Statkraft, la pression optimale serait de 13 bars, l'équivalent de la pression exercée par une colonne d'eau de 120 mètres de haut. Cette pression crée un courant régulier permettant de faire tourner une turbine et de produire de l'électricité. « Environ un tiers de cette eau part vers la turbine, puis est rejeté en mer, le reste est utilisé pouréquilibrer la pression du réservoir d'eau salée », ajoute Stein Erik Skilhagen.
Sur le papier, la technologie est convaincante. D'ailleurs le phénomène inverse (osmose inverse) est devenu la règle pour les dernières générations d'usines de dessalement : en mettant l'eau salée sous pression (ce qui consomme beaucoup d'énergie), on la force à traverser la membrane. L'eau passe, le sel reste. Pourquoi le dessalement par osmose inverse s'est-il développé et pas l'énergie osmotique ? « Les besoins en eau ont toujours été plus sensibles que les besoins en énergie », répond Gérard Pourcelly, directeur de l'Institut européen des membranes (IEM).
Depuis une dizaine d'années, la donne énergétique a changé. Il reste néanmoins deux verrous technologiques de taille pour que l'énergie osmotique soit rentable. En premier lieu, les membranes. Inspirées de celles utilisées pour le dessalement de l'eau de mer, dont les coûts ont diminué d'un facteur 5 en vingt ans, elles sont agencées sous forme de mille-feuilles cylindriques. Ces parois compactes nanoperforées sont en acétate de cellulose ou en polyamide composite. « La membrane idéale doit empêcher le sel de passer, mais permettre un flux d'eau conséquent, sans toutefois se déchirer », résume Gérard Pourcelly. Un compromis difficile à atteindre. Le second verrou concerne l'épuration des eaux prélevées, pour éviter le colmatage des membranes : limon, plancton et micro-organismes doivent être filtrés au préalable. « Notre prototype actuel comporte 2.000 m2 de membranes spiralées dont on devrait récupérer 3 watts par mètre carré (W/m2), précise Stein Erik Skilhagen. Pour être rentable, il faudrait atteindre 5W/m2. » Cette énergie serait alors à portée de main, aux embouchures de fleuve.

SOURCE : Les Echos

dimanche 8 novembre 2009

Une vie dédiée au traitement de l'eau

Ken Ives est mort le 27 octobre. Né en 1926, il était une autorité reconnue au niveau international sur le traitement de l'eau potable, et avait une grande influence sur les principes et la pratique de la filtration de l'eau. De 1966 à 1992, il a été consultant auprès de l'Organisation mondiale de la santé, rendant de nombreuses visites aux pays en développement afin de contribuer à l'amélioration de l'hygiène publique.
Il avait commencé ses recherches sur la filtration de l'eau au University College de Londres dans les années 1950 et a continué, avec Gordon Fair, pendant un an à la Harvard School of Public Health en 1958-59. Il a été parmi les pionniers de l'utilisation des ordinateurs pour modéliser le comportement des filtres à sable, qui demeurent une partie importante du traitement conventionnel de l'eau potable.
Il a également réalisé des études détaillées qui ont permis d'améliorer l'étude des procédés de filtration. Plus tard, il a utilisé des techniques avancées de fibres optiques et d'enregistrement vidéo haute vitesse pour observer les mouvements des particules dans les pores d'un lit filtrant.
Ken Ives a également travaillé sur des aspects plus pratiques de la filtration de l'eau. Ses colonnes expérimentales spécialement conçues ont été utilisées dans les enquêtes à grande échelle pour évaluer les usines de traitement de l'eau, et il a également développé un équipement simple pour les laboratoires d'essais évaluant les filtres.
Il était également intéressé au développement de méthodes de filtration à faible coût pour une utilisation dans les pays en développement. L'une s'appuyait sur une roche filtrante pour les eaux très boueuses, courantes dans les régions de mousson. Cela agit comme un préalable très efficace à l'unité de traitement et réduit considérablement les étapes ultérieures. Ce procédé est utilisé avec succès au Sri Lanka.
Ives a également dirigé une série d'études à Cambridge entre 1973 et 1982. Très influentes, elles constituent les bases scientifiques de la filtration moderne.

vendredi 6 novembre 2009

Trois personnalités américaines alertent sur la crise de l'eau

Lors d'une réunion publique organisée par l'ONG Liveearth, 37 ans après le Clean Water Act qui a mis en place la structure de base pour réglementer les polluants dans l'eau et l'établissement d'une qualité standard aux Etats-Unis, des stars se sont engagées pour une prise de conscience de la gravité de la question de l'eau. L'actrice Jessica Bielt a déclaré : «Comme la plupart d'entre nous, l'eau n'est pas quelque chose auquel j'ai pensé pendant la majeure partie de ma vie - c'est juste un élément normal d'une journée ordinaire. Vous tournez le robinet de la cuisine ou de la douche et ça coule. Ensuite, la gravité de la crise mondiale de l'eau est devenue pour moi évidente, et cette réalité m'a saisi. Je change ma façon de vivre parce que ce n'est pas un problème pour «ceux qui habitent là-bas». C'est un problème pour nous, c'est notre problème.
Le musicien Pete Wentz a poursuivi : “Il est pour moi intolérable que dans le monde entier, des gens meurent simplement parce qu'ils n'ont pas accès à l'eau potable. Et ce sont souvent des gamins ordinaires, tout comme mon fils. "
La petite-fille du commandant Cousteau et militante écologique Alexandra Cousteau (en photo) a enfin attiré l'attention sur une conséquence trop méconnue du manque d'eau : « L'accès à l'eau potable est l'un des problèmes déterminants dans la question de l'émancipations des femmes et des filles. Dans un nombre important de pays à travers le monde, les femmes assument le rôle de porteuses d'eau, ce qui signifie que si un membre de la famille doit faire l'école buissonnière ou ne pas aller à l'école du tout, il s'agit généralement des filles ».
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