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vendredi 8 avril 2011

Des souches de la "super-bactérie" retrouvées dans l'eau à New Delhi

Des souches de bactérie de type NDM-1 résistante aux antibiotiques, considérées comme une bombe à retardement par les experts, ont été retrouvées dans de l'eau à New Delhi, révèlent dans une étude publiée jeudi des médecins de l'université britannique de Cardiff. Selon cette étude publiée dans la revue britannique The Lancet, ces agents pathogènes connus comme le "New Delhi métallo-beta-lactamase" (NDM-1) ont été retrouvés dans 51 échantillons d'eau sur 171 prélevés dans des rigoles et dans deux échantillons sur 50 issus de l'eau du robinet. Ces échantillons positifs, identifiés pour la première fois en 2009, ont été prélevés dans le quartier administratif et commercial de Connaught Place ainsi que dans la zone touristique et populaire du Fort rouge, à Delhi.


"Une surveillance internationale sur la résistance, incorporant des prélèvements de l'environnement et un examen clinique doit être mise en place en priorité", estime dans son étude l'équipe de médecins. L'équipe plaide aussi pour des mesures urgentes pour empêcher la propagation de ces germes rebaptisés "super-bactéries" dans les médias, car le gène NDM-1 qui leur confère cette super-capacité à résister aux antibiotiques a été repéré dans plusieurs espèces de bactéries totalement différentes. Selon Mohammed Shahid, de l'hôpital Jawaharlal Nehru dans l'État indien de l'Uttar Pradesh (nord), cité dans l'étude, l'hypothèse d'une large propagation sur le plan mondial de la "super-bactérie" est "réelle et ne devrait pas être ignorée". Les chercheurs ont mené cette étude en septembre et octobre 2010, peu après des mises en garde lancées par des chercheurs, inquiets de voir le NDM-1 s'étendre rapidement via des étrangers venant se faire opérer à moindre coût dans des hôpitaux indiens.


Selon les chercheurs, la présence de NDM-1 a "des implications importantes" pour les habitants de New Delhi qui dépendent uniquement de l'eau publique. Elle représente plus largement une menace pour les 650 millions d'Indiens qui n'ont pas accès à une eau propre. "De façon préoccupante", ce gène de résistance NDM-1 s'est diffusé à des espèces de bactéries pathogènes responsables non seulement de la dysenterie, mais aussi du choléra, selon l'étude. L'étude montre que ces souches résistantes ne sont pas uniquement présentes dans les hôpitaux indiens, mais également répandues dans l'environnement.

mercredi 8 décembre 2010

De l'eau de plus en plus écolo ?

Depuis le début de l'année, une drôle de petite camionnette rose sillonne les rues du XVe arrondissement de Paris. Evian, géant mondial de l'eau en bouteille, y teste sa nouvelle stratégie marketing : la livraison gratuite à domicile.
La campagne de promotion Evian chez vous arrive au moment où l'entreprise tente de retrouver le terrain perdu au moment de la crise. Et pour cause : les Français, grands consommateurs d'eau en bouteille (plus de 100 litres par personne et par an), modèrent leur consommation.
Avec la baisse du pouvoir d'achat, l'or bleu en bouteille a perdu de son lustre. La chute des ventes -près de 20% entre 2006 et 2009- a fait mal aux grands joueurs de cette industrie comme Danone (Evian, Badoit, Volvic), Neptune (Cristaline, Saint-Yorre, Thonon) et Nestlé Waters (Vittel, Perrier).
Ce n'est pas d'hier que les embouteilleurs se drapent de vert. Mais cette fois, ils en remettent une couche. Le nouveau service d'Evian ne veut pas seulement vous faciliter la vie. Il se veut aussi « plus écologique ».
L'entreprise fait valoir que l'eau, acheminée en train jusqu'à Paris, est ensuite transportée vers l'entrepôt par un camion hybride ou fonctionnant au gaz. De petits véhicules électriques prennent ensuite le relais, jusqu'à chez vous.
Si ce service se limite pour l'instant au seul arrondissement parisien, Evian compte étendre ce service au reste de la capitale, puis à la France entière.
Cette nouvelle initiative « verte » ne convainc pas du tout les écologistes, dont Nathalie Villermet de France nature environnement, qui souligne que l'eau du robinet est déjà acheminée jusqu'au domicile :
« Même si c'est transporté par camion ou par train, c'est évident que l'absence de transport est plus écologique. »

Elle applique cette même logique à la production des bouteilles :
« Une bouteille qui n'est pas produite aura toujours moins d'impact. Le recyclage, c'est intéressant parce que l'on récupère de la matière, mais cela a un coût pour l'environnement, car ça consomme de l'énergie.
Nous, ce que nous demandons, c'est de réduire la production de déchets. Et pour cela, le mieux c'est de boire de l'eau du robinet. »

Pour des raisons similaires, le gouvernement milite aussi pour une plus grande consommation d'eau du robinet. Dans l'une de ses brochures de prévention de la pollution, le ministère de l'Ecologie note :
« L'eau du robinet est disponible sans emballage. Par rapport à l'eau embouteillée, cela permet d'économiser environ 10 kg de déchets par an et par personne. »

La carte de la santé
Les embouteilleurs jouent aussi la carte de la santé. Depuis un an, Evian et Vittel ont lancé des campagnes publicitaires vantant les saines propriétés de leur produit.
Avec son slogan « Evian. Vivons jeune », l'entreprise associe son produit à la jeunesse éternelle, véritable fontaine de Jouvence.

« On agit sur tout ce que l'on peut agir pour consolider notre légitimité dans l'esprit des consommateurs », explique M. Manichon. « Il s'agit de remettre l'église au centre du village et de dire ce qu'on est ».
Pour Vittel, cela veut dire une eau de source naturelle aux propriétés médicales reconnues et qui ne subit aucun traitement chimique. Un liquide, presque magique.

France nature environnement, qui a porté plainte contre Cristaline (Neptune) devant l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) pour qu'elle cesse de « dénigrer » l'eau du robinet dans un jeu pour enfant, estime que l'eau des villes est de bonne qualité :
« C'est vrai que nos cours d'eau sont mis à mal à cause de l'activité agricole et industrielle. Par contre, des sommes gigantesques sont dépensées pour avoir de l'eau potable au robinet. Une eau qui est beaucoup plus contrôlée que l'eau en bouteille. »

En plus des écologistes, des grandes villes comme Paris et Lyon font campagne pour l'eau municipale. Une eau publique qui coûte de « 100 à 300 fois moins cher que l'eau en bouteille », rappelle le ministère de l'Ecologie.

Source : ecorue89

jeudi 14 octobre 2010

De l’eau gazeuse municipale gratuite à Paris et à Milan

La lutte contre les bouteilles d’eau et leur pollution de déchets en plastique prend plusieurs formes pour les municipalités en charge de l’évacuation de ces déchets. A Paris et à Milan, les équipes de la mairie ont mis en place de quoi convaincre leurs habitants que l’eau du robinet est de qualité (Treehugger).

A Paris, la régie locale « Eau de Paris » propose « La fontaine pétillante » située dans le jardin de Reuilly dans l’Est de la capitale et qui distribue de l’eau gazeuse ou plate gratuite. L’adjointe au maire de Paris, Anne Le Strat, présente à l’inauguration, avait expliqué vouloir développer les points d’eau gratuits dans la capitale. Peut-être une façon de consoler les parisiens de ne pas avoir de répercussion à la baisse sur le prix de l’eau, une promesse au moment du passage en régie de la gestion de l’eau.

A Milan, la municipalité construit plusieurs « Maisons de l’eau », où l’on peut boire de l’eau fraiche ou tempérée, plate ou gazeuse, une expérience qui a convaincu 24 municipalités plus petites. Les autorités estiment que ces Maisons de l’eau peuvent éviter le jet de près de 5,5 millions de bouteilles en plastique (seules 10% des bouteilles sont recyclées).

Les Italiens sont les plus grands consommateurs d’eau en bouteille au monde, avec pour 2006 près d’un demi-litre bu en bouteille chaque jour, un chiffre qui continue d’augmenter.


Source : Treehugger

mardi 27 avril 2010

Une tasse à café coûte 160 litres d’eau

L ‘eau, c'est la vie. Malheureusement, ses ressources sont limitées et la pénurie croissante et la pollution de l'eau appartiennent déjà aux problèmes mondiaux de l'humanité.
‘L’eau, source de conflit potentiel’ est le sujet actuel de réflexion du Professeur John Pinnekamp, directeur de l'Institut de génie de l'environnement d’Aix la Chapelle.
"Il ya beaucoup d'eau sur la Terre, mais seule une petite proportion est disponible" a-t-il déclaré. Environ 97% des ressources en eau se trouve dans la mer, et seulement 2,5 % est de l'eau douce. Parmi ces 2,5%, 70% sont dans les nappes souterraines et dans des glaciers. Seulement 0,4 % est en surface dont seulement 1,6 % dans les fleuves et les rivières.
Le Dr Pinnekamp observe que, bien qu'il soit possible d’utiliser l’eau salée, la dépense énergétique pour la rendre potable reste assez élevée. Les prévisions en termes de croissance estiment que la population mondiale, en 2050, sera d’environ 9 milliards d'habitants. Le problème de la pénurie d'eau risque donc de s'aggraver de façon spectaculaire.
Ce qui va être crucial n'est pas tant la consommation d'eau potable, même si elle reste primordiale, mais l’accès à l’eau à usage agricole. «L'irrigation des terres agricoles représente 70 % des besoins en eau », a déclaré Pinnekamp. Bien que la superficie mondiale de culture agricole va demeurer sensiblement la même, mais l’irrigation va augmenter de plus en plus en lien avec l’intensification des cultures intensives.
De plus, le partage de l’eau est très inégal. Les personnes dans les pays d'Afrique ne consomment que 5 litres par jour quand la moyenne d’un résident américain se situe aux environs de 300 litres. Sans compter que la quantité, la qualité et l’accessibilité à l’eau dans les pays du tiers monde est un problème majeur.
L’OMS estime à 1,7 millions par an les décès dus à l'eau insalubre et les objectifs du millénaire pour 2015 concernant l’accès et l’assainissement de l’eau ne seront vraisemblablement pas atteints.
A côté de cela, une quantité inimaginable d’eau est consommée dans la fabrication de produits, qui n’ont pas de rapport direct avec l’eau. C’est ainsi qu’une tasse de café demande environ 160 litres, une paire de chaussures, 8000 litres, et un camion : 450.000 litres.
La rareté d’une telle ressource apporte naturellement une potentialité de conflit. Comme l’explique le professeur Pinnekamp : « D’autant plus lorsque un fleuve traverse plusieurs pays, comme par exemple le Jourdain qui a, dans la région, une grande signification dans les relations entre palestiniens et israëliens. ». On retrouve une situation similaire avec le fleuve Mékong qui est vital pour le peuple de Chine, du Laos, de Myanmar, de Thaïlande, du Cambodge et du Vietnam.
Pinnekamp voit néanmoins une lueur d’espoir : « Les conflits pour l’eau ont rarement fait l’objet d’interventions militaires. Il semble que jusqu'à présent, du moins, il existe un seuil pour résoudre les conflits. La priorité est donc désormais de favoriser les accords pour la paix», a conclu le Professeur Pinnekamp.
Source : Az-web

vendredi 23 avril 2010

Près de 50% des populations urbaines souffrent d’une maladie liée au manque d’eau et d’assainissement

Près de la moitié de la population urbaine en Afrique souffre au moins d’une maladie imputable au manque d’eau potable et de service approprié d’assainissement, affirme Dr Malang Coly, expert de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
‘Les gouvernements sont confrontés à l’énorme défi de veiller à ce que les services essentiels tels que les soins de santé, l’approvisionnement en eau l’habitat et la gestion des déchets solides soient adéquatement assurés pour répondre aux besoins croissants de la population’’, a dit docteur Coly.
Il s’exprimait mercredi au grand terrain des Parcelles Assainies à l’occasion des festivités marquant la Journée mondiale de la santé sous le thème : ‘’Urbanisation et Santé’’.
Ce thème retenu par l’OMS vise, selon l’organisme onusien, à prendre en compte les conséquences de l’urbanisation sur la santé collective à l’échelle mondiale et pour chacun des individus de la planète.
Il s’agit de sensibiliser les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et la société civile sur les enjeux de la santé liés à l’urbanisation et sur la nécessité d’y faire face par le biais de politique urbaines, l’aménagement urbain et de l’action intersectorielle, précise un document remis à la presse.
L’OMS veut aussi engager des actions portant sur les risques sanitaires liés à l’urbanisation, notamment, les risques environnementaux, l’exposition aux facteurs de risque entraînant des maladies transmissibles et maladies non transmissibles, la violence, les accidents de la route et les situations d’urgence sanitaire.
Le document relève en outre qu’il faut démontrer que des actions et mesures efficaces peuvent être entreprises par les administrations locales pour promouvoir la santé en milieu urbain, et ainsi, créer un meilleur cadre de vie pour les citoyens, un meilleur environnement pour attirer les investissements.
Le Dr Malang Coly a constaté l’accroissement rapide et la prolifération des bidonvilles dans nombre de villes. Il a aussi relevé que le surpeuplement et l’état général de l’habitat dans ces bidonvilles où vivent la majorité des populations constituent une source de préoccupation majeure.
‘’Les pauvres qui vivent dans les zones urbanisés non planifiées souffrent de manière disproportionnée d’un large éventail de maladies’’, adit l’expert de l’OMS.
Selon lui, le régime alimentaire par soin et l’inactivité physique parmi les pauvres en milieu urbain contribuent à accroître le risque de développer des maladies non transmissibles, telles que l’obésité, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.
Source : APS

lundi 5 avril 2010

Une ONG suisse développe un système de chloration à domicile

Antenna Technologies, une ONG suisse, a développé un électro-chlorateur qui permet de produire de manière autonome et locale une solution de chlore actif à partir d’eau claire et de sel de cuisine. Le chlore actif permet d’assainir l’eau et de prévenir les maladies hydriques ainsi que la mortalité infantile.

Antenna Technologies travaille plus particulièrement en Afrique et en Asie du Sud pour promouvoir l’utilisation du chlore actif lorsque les habitants n’ont pas d’autres moyens d’avoir accès à de l’eau potable.

Au-delà ce cet outil de potabilisation, l’ONG propose une approche sociale et pédagogique de la problématique de l’accès à l’eau potable en mettant l’accent sur l’information et l’éducation aux comportements adéquats en matière d’hygiène personnelle et domestique.

lundi 22 février 2010

Assainissement et accès à l’eau potable : Le Pepam va désaltérer la Casamance

«L’eau, c’est la vie», a-t-on coutume de dire. Pourtant au Sénégal, les conditions d’approvisionnement en eau potable ne sont pas les meilleures, entraînant une forte prévalence des maladies diarrhéiques, qui sont la deuxième cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Cette situation est aggravée par les mauvaises conditions d’assainissement, dont le taux d’accès en milieu rural reste, d’après M. Adama Sall, le ministre de l’Assainissement et de l’Hygiène publique, en dessous de 30%, au moment où le taux de défécation à l’air libre atteint presque 40% dans ces zones. C’est pourquoi, le Programme d’eau potable et d’assainissement pour le millénaire (Pepam) vient de lancer son sous-programme dénommé Usaid / Pepam.
Il s’agit, selon M. Kevin Mullaly, le directeur de l’Usaid au Sénégal, d’un programme d’un montant de près de 10 milliards de francs Cfa, par lequel son institution appuie les initiatives du gouvernement dans le domaine de l’approvisionnement en eau, en milieu rural. Ce programme cherche à faciliter l’accès à l’eau potable à 179 000 personnes, tout en permettant à 93 000 autres d’accéder à l’assainissement amélioré. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, de la Construction et de l’Hydraulique justifie l’accent mis sur le milieu rural par «la nécessité de lutter contre la pauvreté et l’exode rural».
Le Pepam, a été défini par le gouvernement du Sénégal pour recherche de financements lui permettant d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) dans le domaine de l’accès à l’eau potable et l’assainissement. La première phase de ce sous-programme, va être mise en œuvre dans les trois régions de la Casamance. Les populations les plus défavorisées de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, vont ainsi disposer des services améliorés d’eau potable et d’assainissement. M. Sall explique : «L’option d’intervenir dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, témoigne d’une option résolue de s’engager avec le gouvernement dans l’effort de reconstruction et de relance dans la zone sud.»
Aussi M. Mullally, voit en ce projet l’occasion d’atténuer certaines contraintes imposées aux femmes et aux filles en raison de leurs responsabilités dans l’approvisionnement en eau. Depuis sa création en 2005, le Pepam a contribué à l’accroissement du taux d’accès à l’eau potable en milieu rural, qui est passé de 64% en 2004 à 75,5% en 2008, soit une population additionnelle de 1 470 000 personnes. Par ailleurs, Adama Sall a signalé que le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé, il y a deux jours, un crédit de 26 milliards de francs Cfa pour le financement d’un sous-programme du Pepam dans les régions de Saint-Louis, Matam et dans le département de Bakel.
Toutefois, le Pepam a des défis majeurs à relever, tels que son coût, estimé à 617 milliards de francs Cfa, son délai d’exécution et la pérennisation des infrastructures. Sur ce dernier point, son coordonnateur assure que des efforts de sensibilisation à l’endroit des populations seront faits. Ce qui explique d’ailleurs, selon lui, la création et la formation des associations d’usagers des forages pour la gestion des ressources. Cela permettrait à la population d’ici la fin du programme, prévue en 2015, de disposer d’assez de ressources pour ne plus dépendre des partenaires et encore moins du gouvernement.

Source : Le Quotidien sénégalais

mercredi 27 janvier 2010

Des unités de dessalement mobiles au secours d’Haïti

Nous en avons parlé dès les jours qui on suivi la catastrophe en Haïti sur ce blog : après la recherche des disparus dans les décombres, la première urgence était l'approvisionnement en eau des rescapés, faute de quoi une autre catastrophe, sanitaire, était à craindre. Il y a une semaine, un premier hélicoptère chargé d'environ 700 litres d'eau dessalée a décollé à destination de Haïti.
Une manne providentielle près de six jours après le tremblement de terre qui a ravagé la région de Port-au-Prince et provoqué une terrible pénurie d'eau et de nourriture pour des centaines de milliers de personnes.
L'immense navire est équipé de quatre unités de dessalement. A bord, l'eau de mer est séparée de son sel par distillation. Grâce à l'énergie produite par ses réacteurs nucléaires, l'eau est chauffée jusqu'à évaporation et la vapeur d'eau condensée est récupérée en refroidissant.
Selon le capitaine Bill McKinley, officier responsable du réacteur nucléaire du navire, "nos quatre unités de distillation peuvent produire chacune 100.000 gallons (378.000 litres) d'eau douce par jour. Nous en avons besoin pour le navire", parfois en mer pendant des semaines, entre autres pour l'alimenter en eau potable.
D'après le capitaine, "actuellement nous produisons un excédent quotidien de 100.000 à 150.000 gallons par rapport à nos besoins", qui pourraient être distribués aux sinistrés de Port-au-Prince souffrant de la soif, de la faim et menacés de catastrophe sanitaire.
La production ne pose pas de problème, c'est le conditionnement de l'eau qui a retardé son acheminement. Sur le pont du Carl Vinson lundi finalement, l'équipage a commencé à remplir des centaines de bidons à l'aide d'une rangée de robinets installés spécialement.
Quelque 84.000 bidons de 5 gallons (d'une capacité totale de près de 1,6 million de litres) ont été commandés sur la base navale américaine de Guantanamo, à Cuba, pour être envoyés par avion sur le navire de guerre.
Le porte-avion américain ne sera pas seul à mobiliser ses capacités de production pour fournir Haïti en eau douce. Attendu lundi à Port-au-Prince, le navire-amphibie Bataan, fort d'un équipage de 2.200 Marines, transporte à son bord quatre unités de purification de l'eau.
Le précieux liquide arrivera-t-il à se frayer un chemin jusqu'à la côte haïtienne ?
"Les limites résident dans le nombre de conteneurs disponibles et dans notre capacité à les transporter" sur la terre ferme à l'aide d'hélicoptères, prévient le capitaine McKinley.

Source AFP

dimanche 10 janvier 2010

Tegucigalpa, capitale du Honduras, en "état d'urgence" par manque d'eau

Le gouvernement putschiste du Honduras a décrété l'état d'urgence à Tegucigalpa en raison du manque d'eau potable engendré par la sécheresse qui frappe le pays déjà victime d'une crise politique depuis six mois, a annoncé mercredi une source officielle.
Dix puits doivent être creusés dans la capitale du petit pays, un des plus pauvres d'Amérique centrale, pour un coût de 1,2 million de dollar, a déclaré à la presse le ministre de la présidence du gouvernement, Rafael Pineda.
L'état d'urgence a été décidé mardi par le gouvernement de Roberto Micheletti, qui a pris le pouvoir le 28 juin à la suite d'un coup d'Etat ayant renversé le président Manuel Zelaya, actuellement réfugié à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa.
Les Etats-Unis, l'Union européenne et des organismes internationaux ont gelé des millions de dollars d'aide à la suite du coup d'Etat, condamné par la communauté internationale.
Un nouveau président élu doit prendre ses fonctions le 27 janvier prochain.
Selon le directeur du système des aqueducs, Jack Arevalo, la situation pourrait empirer en 2010 en raison des baisses du niveau d'eau dans les retenues des barrages de Los Laureles et La Concepcion, qui alimentent Tegucigalpa et ne contiendraient de l'eau que pour un trimestre.
Le Honduras est victime d'une sécheresse due au phénomène climatique cyclique "El Nino", qui a placé 250.000 Honduriens au bord de la famine dans l'ouest du pays avec la perte de cultures de maïs, de riz ou de haricots.
Le service de la météorologie national ne prévoit pas de pluies dans la région en janvier.

source AFP

lundi 28 décembre 2009

Best of Infos-eau n°4 : Ces eaux minérales qui nous veulent du bien

Infos-eau vous propose, à l'occasion des fêtes de fin d'année, de revivre les posts les plus chauds publiés en 2009 : ici un article sur le marketing des eaux minérales.

Nous avons tous à l'esprit les images du monde merveilleux que les vendeurs d’eau en bouteille nous promettent traditionnellement sur les packagings de leurs produits : la jeunesse de notre corps par l'élimination, une nature intacte, des nourrissons en patins à roulettes aux yeux pétillants (merci photoshop)...

Quand on y réfléchit deux secondes, on ne peut pas dénier un certain culot aux publicitaires : car la seule chose que les eaux en bouteille font maigrir, c'est notre portefeuille (elles sont en moyenne 200 fois plus chères que l'eau du robinet), quant à la nature, gageons qu'elle se passerait bien des 170 000 tonnes de plastiques d'emballages (rien que pour la France) appelés à encombrer nos poubelles ; le plus cynique, au vu du bilan écologique désastreux de cette industrie, c'est encore de montrer des bambins : on leur laissera déjà une planète bien chaude, c'est sûr, mais de là à leur remettre une louche de millions de tonnes de CO2 pour transporter des palettes de bouteilles à leur riante effigie, il fallait oser.

Seulement voilà: après s'être notoirement enrichis pendant des décennies, les vendeurs d’eau en bouteille voient depuis quelques années l'avenir sous un jour nettement plus sombre. Même si les pays émergents représentent un potentiel de croissance encore considérable, dans les économies occidentales, une prise de conscience a lieu, et des initiatives se multiplient pour dénoncer l'aberration économique et le scandale écologique que constitue l'eau en bouteille. Quelques exemples parmi tant d'autres, aux Etats-Unis, la Conférence des maires a voté une résolution appelant les municipalités à abandonner l'eau en bouteille et à promouvoir l'importance des réserves publiques d'eau potable, à Londres, la ville impose l’eau du robinet dans la restauration avec sa campagne « London on Tap », en Australie, les habitants de la ville de Bundanoon, un lieu touristique célèbre pour ses beaux paysages et se trouvant à 150 kilomètres au sud-ouest de Sydney, a même voté avec une écrasante majorité l’interdiction pure et simple des bouteilles d'eau en plastique. Ces campagnes ne sont pas forcément très coordonnées, mais elles traduisent une évolution des mentalités dont l'impact sur les ventes est indéniable. Un peu de crise financière par là-dessus, et les minéraliers boivent le bouillon (je sais, c'est facile) : car le consommateur, quand les temps sont durs et que c'est bon pour son budget, a tendance à devenir vite écolo.

Bilan des courses en France, le marché s'est retourné en 2007. Et les ventes en 2008 ont fini à -7,3% ! Evian, qui représente presque 10% du chiffre d'affaires de Danone, ne produit plus qu'1,5 milliards de litres, pour une capacité de 2 milliards. Et encore est-elle la marque qui s'en sort le mieux : Nestlé Waters tablait pour sa part, à la mi-année dernière, sur une production 2008 « pessimiste » d'1,6 milliards de bouteilles, et n'a pu en écouler qu'1,4 milliard (source Challenges). Ajoutez à cela qu'au sein même du rayon eaux en bouteille, les eaux de source, moins chères, commencent à sérieusement cannibaliser leurs grandes soeurs « minérales ».

Deux leviers s'imposaient pour redonner de l'attractivité à court terme aux grandes marques : la promotion et la communication. Sur le premier, elles ont fortement appuyé : la part de vente sous promotion a quasiment doublé en deux ans. Sur la communication, l'affaire est autrement épineuse : car l'heure ne semble plus à l'innovation (les eaux aromatisées, qui ont tiré la croissance du marché au début des années 2000, sont à -22%), et les fallacieuses promesses de jeunesse, santé, minceur, etc., qui ont fait les beaux jours du secteur, ont été battues en brèche par la communauté scientifique, et ne font plus recette. Restent donc les publicités choc de la marque cristalline, associant l'eau du robinet aux eaux usées des toilettes. Reste surtout à revenir aux fondamentaux, à la raison d'être de ce marché : la peur diffuse du robinet.

Aujourd'hui, l'eau du robinet est en France le produit alimentaire le plus surveillé ; 85% des français lui font d'ailleurs confiance (baromètre CIEau – TNS Sofres 2009). Sa qualité est presque partout équivalente, voire supérieure, à celle d'un bon nombre d'eaux en bouteille. Mais qu'importe ; qu'importe aussi que dans le monde, chaque année, 1,5 à 2 millions de personnes meurent faute de bénéficier d'une eau de la même qualité que celle qui coule dans nos cuisines. Il suffit d'instiller le doute. De parler de la santé des tout-petits. De sous-entendre, quand on n'a rien à montrer.

Dans ce registre, l'inflexion est très nette : voyez par exemple cette campagne réalisée par Danone dans le magazine « Côté Mômes », diffusé dans les maternités et les hôpitaux. Entre deux articles renforçant la caution médicale, un sur l'ostéopathie pour les tout-petits, et un sur la psychologie des mamans, se glisse un « comedito» (quelle dénomination pudique!) de 4 pages sobrement intitulé « Pour la santé des bébés et des mamans... Quelle eau choisir ? ». On conserve bien sûr la typographie et les codes du reste du magazine : il s'agit de nous informer, en toute objectivité, sur la question de l'eau pour les nourrissons. C'est même le rédacteur en chef qui se fend d'un petit chapeau pour expliquer : « l'eau est un aliment essentiel à la santé de votre enfant (…) Mais toutes les eaux ne conviennent pas aux besoins du bébé ». Seul le code-couleur est celui d'Evian, pour le reste, on s'intéresse surtout à l'eau du robinet.
Pas pour en dire du mal, bien entendu, juste quelques petites phrases : certes, l'eau du robinet est utilisable pour votre tout-petit, mais il suffit d'une fois... ne vous inquiétez pas, avec tout le chlore et les produits chimiques qu'on met dedans, il n'y a que le problème des canalisations en plomb... bien entendu, pas de risque, si vous pouvez par vous-même contrôler en continu sa qualité... Les escrocs qui font du porte-à-porte en terrorisant les petits vieux pour leur installer des alarmes à prix d’usure ont-ils d’autre technique de vente?

On n'allait pas s'arrêter en si bon chemin : il fallait quand même trouver une garantie pseudo-scientifique à tout cela. Et dans ce contexte, un rapport est miraculeusement sorti du chapeau du bon docteur Servan-Schreiber, qui justifiait récemment son existence médiatique en s’attaquant à la dangerosité des téléphones mobiles. Cette fois-ci, c’est avec l’aide de WWF-France qu’il déclencha sa tempête dans le verre d’eau, recommandant (au terme d’une « étude » qui consistait en fait en une compilation de données déjà parfaitement établies), je cite, « aux personnes malades du cancer ou qui sont passées par la maladie de ne boire quotidiennement de l’eau du robinet que si elles sont sûres de sa qualité »… Devant l’indignation des experts, du ministère et des écologistes (qui eurent beau jeu de rappeler que deux études scientifiques de mars 2006 et de novembre 2008 soulèvent également la question de la migration du plastique de la bouteille vers l’eau de substances nocives comme l’antimoine), Servan-Schreiber a affirmé ne pas avoir voulu critiquer l’eau du robinet, et s’en est tenu à cette position d’évidence :
La qualité de l’eau est globalement bonne en France, mais cela dépend un peu des régions et des dispositifs mis en place pour la traiter ; il est aussi très probable que boire une eau de mauvaise qualité est dangereux. En somme, rien de nouveau sous le soleil. Mais alors pourquoi lancer cette polémique ? Comme disent les Dupond et Dupont dans « Tintin au pays de l’or bleu », pardon de l’or noir, cherche à qui le crime profite.

Dernier volet du marketing anxiogène, bien sûr, la toile. La question mériterait une enquête à part entière, tant les inénarrables interventions des marketeux de tous poils sur les forums féminins sont à se taper sur les cuisses, mais limitons-nous à un anecdote : l'étude sus-mentionnée de notre bon docteur Servan Schreiber, sur l'eau et le cancer, a été diffusée le 23 juin 2009. Le même jour, à 14h17, l'info était relayée sous l'article « eau du robinet » de l’encyclopédie en ligne Wikipedia par un contributeur répondant au surnom de Wikiman75. Une telle réactivité est bien entendu exceptionnelle : par comparaison, l'article « eau minérale » annonce toujours tranquillement que le secteur est en pleine croissance, tiré par les eaux aromatisées, le tout se fondant sur des données de 2003. Réactivité exceptionnelle, donc, surtout pour un rédacteur qui n'était pas intervenu sur wikipedia depuis le 12 septembre 2008, et dont les contributions précédentes étaient de publier la liste des interdictions à la consommation d'eau du robinet... C’est curieux, non ? Vous n'auriez pas vu passer un nourrisson sur des patins à roulettes ?


Pour en savoir plus :


jeudi 10 décembre 2009

Le Texas a soif

La population du Texas connaît une croissance importante sous la double pression de l'immigration et du développement économique à long terme de la Sun Belt : le gouvernement s'attend à la voir presque doubler d'ici 50 ans, passant de 24 à 46 millions d'habitants. Mais un problème massif de ressource hydrique se pose à court terme : le Texas peine déjà à approvisionner sa population actuelle, et on évalue d'ores et déjà à 90 milliards de dollars par an les pertes économiques annuelles liées au manque d'eau si l'on en reste aux infrastructures actuelles.
19 nouveaux réservoirs sont déjà prévus, ainsi que des programmes de recyclage des eaux usées, de dessalement et d'optimisation du réseau. Des investissements nécessaires, mais peu populaires auprès des contribuables de l'état, généralement peu enclin à payer des taxes « écologiques ». Mais une sécheresse sévère, cette année, pourrait ramener l'opinion à la raison : près de 4 milliards de dollars ont été perdus par les agriculteurs, et les restrictions générales ont rappelé le fameux été torride de 1950. Une prise de conscience semble avoir eu lieu, accompagnée par un nouveau site gouvernemental : http://www.h2o4texas.org/

jeudi 19 novembre 2009

Le nucléaire algérien adossé à la plus grosse réserve d’eau douce du monde


On le sait trop peu, mais un réacteur nucléaire de 1300 Mwatts exige 43 mètres cube d'eau / seconde pour son refroidissement... il va sans dire que le potentiel hydrique d'une région est donc une condition sine qua non à toute nouvelle implantation. Surtout quand on pense à opter pour la technologie française de troisième génération qui utilise l’EPR, un système de réacteur à eau pressurisée, qui consomme jusqu'à 50 mètres cube / seconde.
En Algérie, la majorité des centrales nucléaires que compte construire le pays à l’horizon 2028, seront installées sur les zones d’affleurement de la nappe albienne, très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), et qui semblait être inépuisable.
La nappe albienne est l’une des plus grandes sources d’eau potable de la planète. Mais elle n'est pas renouvelable. Elle est actuellement exploitée dans la région de Touggourt pour l’irrigation des périmètres agricoles. Selon les études prospectives faites par les autorités algériennes, les dix réacteurs nucléaires en projet dans la zone des hauts plateaux vont en principe couvrir les besoins du pays en matière de consommation énergétique. Mais quel sera l'impact pour cette réserve d'eau douce ? Ce programme d'équipement n'aurait-il pas dû être pensé en articulation avec les grandes infrastructures de dessalement qui se construisent sur le littoral algérien ?

dimanche 1 novembre 2009

La diarrhée en Afrique et en Asie : 2,6 million de morts par an

Selon un nouveau rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les diarrhées tuent chaque année en Afrique et en Asie 3 fois plus que ce qu'on estimait jusqu'ici : l'OMS estime désormais à 1,1 million de personnes âgées de plus de cinq ans le nombre de décès annuels imputables à la diarrhée sur ces deux continents... auxquels viennent s'ajouter, selon les statistiques de l'ONU, 1,5 million d'enfants de moins de cinq ans ! Une précédente étude, débutée en 2002 et qui est actualisée régulièrement, avait conclu à une estimation de seulement 300.000 morts causées chaque année dans le monde par les maladies diarrhéiques parmi les personnes âgées de plus de cinq ans.

Ce fléau, qui trouve sa cause dans l'eau souillée et les aliments contaminés, ne peut être rapproché de la fameuse grippe H1N1 qui occupe tant les médias sans que l'on soit saisi de la disproportion des enjeux et des moyens consacrés. Faut-il rappeler que le conseil Mondial de l’eau a évalué le chiffre nécessaire à 100 milliards de dollars par an pendant vingt-cinq pour fournir l’eau et les services d’assainissement à ceux qui en ont besoin ? Quel investissement sanitaire peut paraître plus urgent ?




samedi 24 octobre 2009

L'Algérie investit 15 millards dans les infrastructures d'eau

L'Algérie investira plus de 15 milliards de dollars dans l'eau entre 2010 et 2014, notamment pour construire 19 nouveaux barrages, des stations de dessalement et des réseaux de transfert, a annoncé le 4 octobre le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal.
"Le secteur de l'hydraulique va bénéficier de 15 à 16 milliards de dollars" de 2010 à 2014 "afin d'assurer aux Algériens une bonne qualité de l'eau", a déclaré M. Sellal à la radio publique chaîne III (francophone).

Dix-neuf nouveaux barrages seront réalisés d'ici à 2014, a-t-il ajouté.

L'Algérie a entamé depuis 2004 un programme de construction de quinze stations de dessalement d'eau de mer d'une capacité totale de 2,3 millions de m3, pour "sécuriser de façon définitive l'alimentation des Algériens en eau potable", a dit M. Sellal.

L'Algérie a également lancé des études pour le transfert de 600 millions de m3 par an à partir du Nord Sahara vers les Hauts plateaux, notamment pour développer l'agriculture et améliorer la distribution d'eau potable, selon le ministre.

Ce projet sera lancé durant le prochain plan quinquennal 2010-2014, a-t-il ajouté.
Il a indiqué que seules les entreprises algériennes pourront répondre aux appels d'offre qui seront lancés pour la construction de certains de ces nouveaux barrages.
Source : AFP

samedi 10 octobre 2009

Le business des fontaines à eau

Selon un sondage réalisé par l'institut de sondages et d’études MV2, 37 % des interrogés indiquent que leur entreprise ne leur fournit pas d'eau. Le Code du travail est-il boudé ? Plutôt ignoré. Ce qui laisse croire en des perspectives aussi larges qu'un fleuve pour le commanditaire de cette étude, l'Afifae (l'Association française de l'industrie des fontaines à eau, qui comprend les représentants des principaux opérateurs de la profession).
Le marché, en l'état, représente déjà un beau bébé : 389 000 fontaines à eau sont installées dans tout le pays. Il s'est véritablement lancé en 1995 avec le décret stipulant que « les chefs d'établissement doivent mettre à la disposition du personnel de l'eau potable et fraîche pour la boisson, à raison de trois litres au moins par jour et par travailleur ». Il a connu un coup d'accélérateur post canicule 2003 : « Un véritable déclic s'est produit au sein des collectivités », explique Charles Guillot, directeur commercial de Waterlogic.
La ville de Bordeaux, par exemple, distribue pas moins de 13 500 litres d'eau à boire, chaque année, à ses 25 clubs seniors. Au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux (probablement l'établissement le plus fréquenté de la région), 239 fontaines sont réparties sur les quatre sites.
Le marché n'est pas réputé pour ses allures de long fleuve tranquille : « Quatre acteurs se partagent 90 % du marché. Il n'y a pas pire en matière de concurrence », relève une observatrice. Le quatuor se compose de Château d'eau, Culligan, Elis et Nestlé Waters : « Ces sociétés se sont emparées du marché et il est devenu extrêmement difficile d'y mettre un pied », relève le gérant de Drinkso, petit distributeur bordelais rencontrant plus de facilités pour installer dans les entreprises des machines à café que des points d'eau. Une partie de la bataille se joue actuellement sur la dualité entre les fontaines bonbonnes et les fontaines raccordées au réseau. Les premières dominent les débats, représentant 70 % des machines disposées. Mais elles perdent du terrain (- 3,5 %) quand les secondes enregistrent une progression à deux chiffres (+ 19 %).
« Le boom du développement durable a sérieusement amélioré nos ventes », relève le cadre de Waterlogic, un petit dans la cour des grands, uniquement sur les fontaines « réseau » et jouant de la corde « écolo ». Il faut croire que ça marche : « On ne connaît pas la crise. Depuis 2004, on a multiplié par dix notre chiffre d'affaires et notre volume. »
Si le produit ne se prête pas à l'innovation, les fabricants ne se gênent pas pour emprunter les chemins de traverse. Vous voulez du fun dans votre gobelet en plastique ? Depuis peu, sont apparus sur le marché des fontaines produisant de l'eau gazeuse. Vous voulez vous équiper à moindre coût ? On trouve sur le marché des fournisseurs se décrivant comme « low cost » Vous voulez une fontaine citoyenne ? Certains proposent de remettre 1 euro à une ONG par fontaine achetée. Reste que si les fontaines à eaux génèrent moins de déchets que l’eau en bouteille, on cherche toujours la valeur ajoutée de ces produits par rapport à un distributeur de gobelets installé près d’un classique robinet !

vendredi 2 octobre 2009

Ces eaux minérales qui nous veulent du bien

Nous avons tous à l'esprit les images du monde merveilleux que les vendeurs d’eau en bouteille nous promettent traditionnellement sur les packagings de leurs produits : la jeunesse de notre corps par l'élimination, une nature intacte, des nourrissons en patins à roulettes aux yeux pétillants (merci photoshop)...

Quand on y réfléchit deux secondes, on ne peut pas dénier un certain culot aux publicitaires : car la seule chose que les eaux en bouteille font maigrir, c'est notre portefeuille (elles sont en moyenne 200 fois plus chères que l'eau du robinet), quant à la nature, gageons qu'elle se passerait bien des 170 000 tonnes de plastiques d'emballages (rien que pour la France) appelés à encombrer nos poubelles ; le plus cynique, au vu du bilan écologique désastreux de cette industrie, c'est encore de montrer des bambins : on leur laissera déjà une planète bien chaude, c'est sûr, mais de là à leur remettre une louche de millions de tonnes de CO2 pour transporter des palettes de bouteilles à leur riante effigie, il fallait oser.

Seulement voilà: après s'être notoirement enrichis pendant des décennies, les vendeurs d’eau en bouteille voient depuis quelques années l'avenir sous un jour nettement plus sombre. Même si les pays émergents représentent un potentiel de croissance encore considérable, dans les économies occidentales, une prise de conscience a lieu, et des initiatives se multiplient pour dénoncer l'aberration économique et le scandale écologique que constitue l'eau en bouteille. Quelques exemples parmi tant d'autres, aux Etats-Unis, la Conférence des maires a voté une résolution appelant les municipalités à abandonner l'eau en bouteille et à promouvoir l'importance des réserves publiques d'eau potable, à Londres, la ville impose l’eau du robinet dans la restauration avec sa campagne « London on Tap », en Australie, les habitants de la ville de Bundanoon, un lieu touristique célèbre pour ses beaux paysages et se trouvant à 150 kilomètres au sud-ouest de Sydney, a même voté avec une écrasante majorité l’interdiction pure et simple des bouteilles d'eau en plastique. Ces campagnes ne sont pas forcément très coordonnées, mais elles traduisent une évolution des mentalités dont l'impact sur les ventes est indéniable. Un peu de crise financière par là-dessus, et les minéraliers boivent le bouillon (je sais, c'est facile) : car le consommateur, quand les temps sont durs et que c'est bon pour son budget, a tendance à devenir vite écolo.

Bilan des courses en France, le marché s'est retourné en 2007. Et les ventes en 2008 ont fini à -7,3% ! Evian, qui représente presque 10% du chiffre d'affaires de Danone, ne produit plus qu'1,5 milliards de litres, pour une capacité de 2 milliards. Et encore est-elle la marque qui s'en sort le mieux : Nestlé Waters tablait pour sa part, à la mi-année dernière, sur une production 2008 « pessimiste » d'1,6 milliards de bouteilles, et n'a pu en écouler qu'1,4 milliard (source Challenges). Ajoutez à cela qu'au sein même du rayon eaux en bouteille, les eaux de source, moins chères, commencent à sérieusement cannibaliser leurs grandes soeurs « minérales ».

Deux leviers s'imposaient pour redonner de l'attractivité à court terme aux grandes marques : la promotion et la communication. Sur le premier, elles ont fortement appuyé : la part de vente sous promotion a quasiment doublé en deux ans. Sur la communication, l'affaire est autrement épineuse : car l'heure ne semble plus à l'innovation (les eaux aromatisées, qui ont tiré la croissance du marché au début des années 2000, sont à -22%), et les fallacieuses promesses de jeunesse, santé, minceur, etc., qui ont fait les beaux jours du secteur, ont été battues en brèche par la communauté scientifique, et ne font plus recette. Restent donc les publicités choc de la marque cristalline, associant l'eau du robinet aux eaux usées des toilettes. Reste surtout à revenir aux fondamentaux, à la raison d'être de ce marché : la peur diffuse du robinet.

Aujourd'hui, l'eau du robinet est en France le produit alimentaire le plus surveillé ; 85% des français lui font d'ailleurs confiance (baromètre CIEau – TNS Sofres 2009). Sa qualité est presque partout équivalente, voire supérieure, à celle d'un bon nombre d'eaux en bouteille. Mais qu'importe ; qu'importe aussi que dans le monde, chaque année, 1,5 à 2 millions de personnes meurent faute de bénéficier d'une eau de la même qualité que celle qui coule dans nos cuisines. Il suffit d'instiller le doute. De parler de la santé des tout-petits. De sous-entendre, quand on n'a rien à montrer.

Dans ce registre, l'inflexion est très nette : voyez par exemple cette campagne réalisée par Danone dans le magazine « Côté Mômes », diffusé dans les maternités et les hôpitaux. Entre deux articles renforçant la caution médicale, un sur l'ostéopathie pour les tout-petits, et un sur la psychologie des mamans, se glisse un « comedito» (quelle dénomination pudique!) de 4 pages sobrement intitulé « Pour la santé des bébés et des mamans... Quelle eau choisir ? ». On conserve bien sûr la typographie et les codes du reste du magazine : il s'agit de nous informer, en toute objectivité, sur la question de l'eau pour les nourrissons. C'est même le rédacteur en chef qui se fend d'un petit chapeau pour expliquer : « l'eau est un aliment essentiel à la santé de votre enfant (…) Mais toutes les eaux ne conviennent pas aux besoins du bébé ». Seul le code-couleur est celui d'Evian, pour le reste, on s'intéresse surtout à l'eau du robinet.
Pas pour en dire du mal, bien entendu, juste quelques petites phrases : certes, l'eau du robinet est utilisable pour votre tout-petit, mais il suffit d'une fois... ne vous inquiétez pas, avec tout le chlore et les produits chimiques qu'on met dedans, il n'y a que le problème des canalisations en plomb... bien entendu, pas de risque, si vous pouvez par vous-même contrôler en continu sa qualité... Les escrocs qui font du porte-à-porte en terrorisant les petits vieux pour leur installer des alarmes à prix d’usure ont-ils d’autre technique de vente?

On n'allait pas s'arrêter en si bon chemin : il fallait quand même trouver une garantie pseudo-scientifique à tout cela. Et dans ce contexte, un rapport est miraculeusement sorti du chapeau du bon docteur Servan-Schreiber, qui justifiait récemment son existence médiatique en s’attaquant à la dangerosité des téléphones mobiles. Cette fois-ci, c’est avec l’aide de WWF-France qu’il déclencha sa tempête dans le verre d’eau, recommandant (au terme d’une « étude » qui consistait en fait en une compilation de données déjà parfaitement établies), je cite, « aux personnes malades du cancer ou qui sont passées par la maladie de ne boire quotidiennement de l’eau du robinet que si elles sont sûres de sa qualité »… Devant l’indignation des experts, du ministère et des écologistes (qui eurent beau jeu de rappeler que deux études scientifiques de mars 2006 et de novembre 2008 soulèvent également la question de la migration du plastique de la bouteille vers l’eau de substances nocives comme l’antimoine), Servan-Schreiber a affirmé ne pas avoir voulu critiquer l’eau du robinet, et s’en est tenu à cette position d’évidence :
La qualité de l’eau est globalement bonne en France, mais cela dépend un peu des régions et des dispositifs mis en place pour la traiter ; il est aussi très probable que boire une eau de mauvaise qualité est dangereux. En somme, rien de nouveau sous le soleil. Mais alors pourquoi lancer cette polémique ? Comme disent les Dupond et Dupont dans « Tintin au pays de l’or bleu », pardon de l’or noir, cherche à qui le crime profite.

Dernier volet du marketing anxiogène, bien sûr, la toile. La question mériterait une enquête à part entière, tant les inénarrables interventions des marketeux de tous poils sur les forums féminins sont à se taper sur les cuisses, mais limitons-nous à un anecdote : l'étude sus-mentionnée de notre bon docteur Servan Schreiber, sur l'eau et le cancer, a été diffusée le 23 juin 2009. Le même jour, à 14h17, l'info était relayée sous l'article « eau du robinet » de l’encyclopédie en ligne Wikipedia par un contributeur répondant au surnom de Wikiman75. Une telle réactivité est bien entendu exceptionnelle : par comparaison, l'article « eau minérale » annonce toujours tranquillement que le secteur est en pleine croissance, tiré par les eaux aromatisées, le tout se fondant sur des données de 2003. Réactivité exceptionnelle, donc, surtout pour un rédacteur qui n'était pas intervenu sur wikipedia depuis le 12 septembre 2008, et dont les contributions précédentes étaient de publier la liste des interdictions à la consommation d'eau du robinet... C’est curieux, non ? Vous n'auriez pas vu passer un nourrisson sur des patins à roulettes ?


Pour en savoir plus :

mercredi 2 septembre 2009

L'eau, première préoccupation écologique mondiale

Partout dans le monde, la conservation de l’eau constitue la plus grande préoccupation des citoyens, bien avant la pollution de l’air, les changements climatiques, l’appauvrissement des ressources naturelles ou la disparition des habitats.
Interrogés dans le cadre d’un sondage mené dans 15 pays, des personnes du monde entier ont affiché leur inquiétude quant à l’avenir de l’eau.
Pour 93% des gens, la pollution de l’eau constitue un problème très grave, suivi de la pénurie pour 91 % des répondants.
«Ce sondage montre que, partout dans le monde, les préoccupations liées à l’eau atteignent un niveau critique dans la conscience publique», déclare J. Carl Ganter, directeur de Circle of Blue, l’un des commanditaires du sondage.
Le sondage a également posé des questions ciblées à 500 personnes dans sept pays spécifiques: Canada, Chine, Inde, Mexique, Russie, Royaume-Uni, États-Unis.
L’ensemble des répondants considèrent que leur gouvernement est responsable de la préservation de l’eau.
Au moins 78% des répondants estiment que l’aide des entreprises est essentielle pour résoudre les problèmes liés à l’eau. Ils précisent même que la durabilité de l’eau dans le monde pourrait dépendre de leur implication.
Quant aux gestes personnels à poser pour préserver l’eau, plus des 3/4 des gens interrogés reconnaissent ne pas être suffisamment informés.
«D’un endroit à l’autre, les angles de perception peuvent varier, mais les préoccupations quant aux enjeux liées à l’eau revêtent un caractère urgent, et ce, presque partout», analyse Chris Coulter, le vice-président de l’autre commanditaire, GlobeScan.

jeudi 13 août 2009

L'eau au Mali


Au Mali, les conditions d’hygiène sont précaires et l’approvisionnement en eau potable reste préoccupante. Selon la quatrième Enquête démographique et de Santé (EDS IV), 70 % de la population utilise l’eau des puits et 4 % les eaux de surface comme source d’approvisionnement en eau. Selon la même source, 66,1 % de la population n’utilise aucun moyen de traitement de l’eau à domicile (javellisation, ébullition, filtration à travers un filtre...)
Ces différents facteurs couplés au déficit d’hygiène individuelle font que les maladies diarrhéiques restent une préoccupation majeure au Mali. En effet, les maladies diarrhéiques, toutes causes confondues, constituent la 3e cause de consultation après le paludisme et les infections respiratoires aiguës. Elles touchent particulièrement les enfants de zéro à cinq ans qui payent un lourd tribut en termes de morbidité et de mortalité.
D’après les données du système National d’information sanitaire (SIS), en 2008, il a été enregistré 185 027 cas de diarrhées avec 153 décès ; la tranche d’âge inférieure à 5 ans est la plus touchée. Ces cas enregistrés sont loin de refléter la réalité du fait de la faible couverture sanitaire et la sous fréquentation des services de santé au niveau communautaire.
Les maladies diarrhéiques font partie des pathologies sur lesquelles se focalise la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME). Le Mali est régulièrement touché par des épisodes de choléra, en 2008 il a été enregistré 904 cas de choléra dont 345 pour la tranche d’âge inférieure à 15 ans avec 67 décès, soit un taux de létalité de 7,66 %.
Les pathologies citées sont dues à la consommation de l’eau insalubre et aux mauvaises pratiques de l’hygiène, notamment la non observation du lavage des mains au savon aux moments décisifs ; elles ont des conséquences désastreuses sur l’état de santé des populations, surtout des groupes socio-économiques défavorisés.
Selon l’OMS, la désinfection de l’eau à domicile et sa conservation contribueraient à réduire de 39 % l’incidence des maladies diarrhéiques.
Compte tenu de la frange de la population s’approvisionnant au niveau des sources non traitées ou non protégées d’une part, et des comportements et pratiques à risque tout au long de la chaîne de l’eau (collecte, transport, stockage) d’autre part, la désinfection de l’eau à domicile et sa conservation constituent des moyens efficaces pour obtenir une eau potable et prévenir ainsi les diarrhées.
Dans le cadre de l’obtention d’une eau de qualité afin de réduire l’incidence des maladies liées à l’eau, et particulièrement les maladies diarrhéiques, plusieurs actions ont été mises en œuvre par différents acteurs. Il s’agit entre autres de la surveillance et le contrôle de la qualité de l’eau par la Direction Nationale de la Santé à travers ses services déconcentrés et avec l’appui des partenaires comme l’OMS, l’UNICEF ; l’organisation d’une journée d’information et de sensibilisation en 2008 avec l’appui financier de l’USAID ; la diffusion de messages audiovisuels sur le traitement de l’eau de boisson par le ministère de la Santé et l’ONG PSI ; la mise en œuvre de la DNS et ses partenaires (UNICEF, Water Aïd, ONG locales...) de l’approche d’auto approvisionnement en eau (Self Supply) ; l’initiative de promotion par PSI du produit de désinfection de l’au «AQUATAB», etc. Reste qu'une véritable amélioration passera nécéssairement par une politique d'investissement à grande échelle dans les infrastructures.

mardi 11 août 2009

Histoire belge d'eau

Deux communes du nord de la Meuse, Avioth et Thonne la Long, rencontrent des difficultés pour alimenter leur population en eau. Deux solutions s’offrent à elles : soit effectuer un forage important (80 m) pour capter une eau de qualité moyenne, nécessitant des traitements lourds et coûteux, soit aller acheter une eau d’excellente qualité dans la commune d’à côté… en Belgique !
Si la solution belge est la plus intéressante sur le plan technique, elle est moins évidente sur le plan administratif.
Les deux communes meusiennes ont néanmoins réussi à braver les écueils : l’eau Belge coulera dans les robinets des habitations d’Avioth et de Thonne la Long, d’ici 2 ans…
Reportage France 3 à voir ici !

lundi 10 août 2009

L’Or bleu tibétain


Château d’eau de l’Asie, le Tibet est le berceau de la plupart des grands fleuves qui irriguent les pays asiatiques. On compte notamment le Brahmapoutre (Chine, Inde, Bengladesh), le Mékong (Chine, Myanmar, Laos, Thaïlande, Cambodge, Viêt Nam), l’Indus (Inde, Pakistan) et enfin le Fleuve Jaune et le Fleuve bleu (Chine). Pas moins de trois milliards de personnes vivent de ces ressources d’eau. Quatrième plus grand réservoir d’eau douce de la planète, le Toit du Monde est un enjeu stratégique pour l’ensemble de l’Asie et plus particulièrement pour la Chine qui y voit un moyen d’assouvir ses aspirations d’accroissement de puissance économique et politique.
Qui tient l’approvisionnement en eau, tient le pouvoir. Les différentes dynasties chinoises l’avaient très bien compris. Ainsi l’histoire de l’Empire chinois est rythmée par la recherche de la maîtrise de cette ressource. Cette volonté se caractérise dans les idéogrammes mêmes du terme Chine, qui comprend l’idée de la maîtrise des fleuves. Les différentes politiques économiques doublées du rapide développement industriel n’ont fait qu’aggraver la situation originelle de la Chine : assèchement des sols, pollution, destruction des ressources halieutiques et des écosystèmes, intrusion d’eau saline dans les nappes phréatiques. L’eau est restée au cœur des préoccupations de la Chine. Dans ce processus de stratégie économique et d’accroissement de puissance, les eaux du Tibet sont vitales. Déjà en 2003 sur les 45000 grands barrages répertoriés dans le monde, 22 104 étaient chinois ! Lorsque l’on sait qu’un tiers des cours d’eau partant du plateau tibétain traverse la Chine, on comprend l’attrait du géant chinois pour le Toit du Monde. George Ginsburg écrit dans son livre La Chine communiste et le Tibet : « Celui qui contrôle le Tibet domine le piémont himalayen ; celui qui domine le piémont himalayen menace le sous-continent indien ; et celui qui menace le sous-continent indien peut à n’importe quel moment se saisir de l’Asie du Sud, et même de toute l’Asie. » Les ressources d’eau du Tibet seraient donc la clé de contrôle du continent asiatique, du moins de la partie terrestre de l’Asie. La Chine l’a bien compris et a entamé depuis plusieurs années une série de projets pour résoudre son problème de pénurie d’eau au nord, répondre à ses ambitions économiques, et partir à la conquête des clés du continent asiatique.
En 1993, le projet du barrage des Trois Gorges sur le Yangsté, barrage hydroélectrique le plus long du monde (2 335 mètres) avec une capacité de production évaluée à 18 200 mégawatts. Ce projet a nécessité le déplacement de 1,2 million de personnes. Notons aussi que la banque mondiale refusa de soutenir sa construction à cause de son manque de viabilité et des conséquences écologiques qu’il entraîne. Claude B. Levenson, journaliste au Monde et à Politique Internationale, sinologue et tibétologue écrit : « la Chine, assoiffée d’eau et d’énergie, n’hésite pas à mettre en danger l’équilibre écologique de ses voisins, et au-delà de l’ensemble du continent ». En 2020, Pékin prévoit de réaliser 15% de sa consommation d’énergie grâce aux énergies renouvelables dont l’hydroélectricité. La construction de nombreux barrages, rappelant la politique de « grands travaux » du Grand bond en avant sous Mao, fait de la Chine le « robinet » de l’Asie. L’eau est utilisée comme une arme politique, en créant un climat de dépendance pour les pays voisins. Ce vecteur de puissance diplomatique auprès des pays voisins pourrait également déstabiliser la Chine sur le long terme. En effet, la nationalisation des parcelles privées des paysans, leurs expropriations ne manque pas de créer des troubles internes. Troubles que la Chine gère par l’envoi de force de police voire de l’armée.
Repoussant encore plus loin les limites du réalisable, le projet Tsangpo (autre nom du haut-Brahmapoutre quand il coule au Tibet) prévoit de détourner le fleuve au niveau de la frontière indienne. Pour le moment les choses sont encore sur le papier ou presque car la Chine ne souhaite pas de conflit direct avec le grand adversaire indien. A l’image du Jeu de Go, la Chine place ses pions pour enserrer ses voisins au service de son développement économique. De fait, ce projet de 50 milliards de dollars permettrait la construction de la plus grande centrale hydroélectrique, générant deux fois plus d’électricité que le barrage des Trois Gorges (40 000 mégawatts). Il permettrait aussi la mise en place de canaux afin d’irriguer les terres du Nord de la Chine et par la même occasion le désert de Gobi en vue d’y faire des expériences d’agriculture intensive. Conséquences de cette entreprise, pas moins de 400 000 personnes seront délocalisées et relogées.
Dans la continuité de ce projet, celui du « Canal Shuotian » appelé aussi la « Grande Route de l’Ouest ». Conçu par l’ingénieur chinois, Guo Kai, il prévoit de détourner les eaux du Brahmapoutre vers le Fleuve Jaune afin de résoudre définitivement la pénurie d’eau dans le nord de la Chine. Ce canal commencerait près de la ville de Tsetang dans le Tibet central. Un projet titanesque qui est encore en cours de validation par le gouvernement mais qui a cependant déjà reçut le soutien de 118 généraux et d’un grand nombre de membres de l’Assemblée Populaire Nationale chinoise et de la Conférence Consultative Politique du Peuple, ce qui témoigne de l’implication stratégique du régime. On notera au passage la publication en 2005 du livre de Li Ling, Save China Through Water From Tibet qui reçut un vif succès auprès des différents ministères chinois semble-t-il !
Si ces projets se réalisent dans leur totalité, les conséquences stratégiques et écologiques seraient désastreuses pour des millions de personnes voire des milliards. Suite à plusieurs barrages dans la province chinoise du Yunnan bloquant le cours du Mékong, qui abreuve 60 millions de personnes, la Birmanie, le Laos, le Cambodge, la Thaïlande et le Vietnam ont fait part de leur inquiétude. Mais Pékin ne veut rien entendre et rétorque que la priorité est l’approvisionnement énergétique du pays et que la survie des fleuves n’est en aucun cas menacée. Plus directement vis-à-vis du Tibet, Pékin maintient une stratégie sournoise d’assimilation. Sous-couvert de déplacement de population pour la construction des différents barrages en terres tibétaines, le Tibet se voit envahir petit à petit par les chinois et le peuple tibétain, menacé de disparition.

source : Infoguerre
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