mardi 30 septembre 2008

L'eau à l'horizon 2025

En août, l’association des entreprises pour l’environnement a publié un rapport proposant une vision de l’état de la question de l’eau à l’horizon 2025. Ce rapport est une mine de données et graphiques, cartes, etc., tant pour l’état des ressources que pour leurs utilisations ou leur répartition.

A l’horizon 2025, la croissance démographique (8 milliards d’êtres humains), l’augmentation du niveau de vie et donc de la consommation domestique, le développement des activités industrielles, l’urbanisation feront peser sur la ressource une pression inédite. La grande inconnue est liée au changement climatique, qui pourrait affecter les ressources de centaines de millions d’individus : de sorte qu’un tiers de la population mondiale pourrait se trouver en état de stress hydrique, avec les impacts en termes de santé publique que cela emporte (selon l’OMS, 80% des maladies dans le monde sont dues à une eau impropre ou à de mauvaises conditions sanitaires) et avec les tensions géopolitiques dont le Moyen-Orient frémit déjà comme l’illustre les accusations d’une partie de la population palestinienne qui reproche au gouvernement israélien d’exploiter les ressources en eau de la Cisjordanie pour satisfaire les besoins de ses citoyens, de bloquer les voies de communications par des barrages et d’empêcher la distribution d’eau des camions citerne.



Il est certain que pour répondre à la demande, les modes conventionnels d’exploitation et de stockage de la ressource ne seront pas suffisants, outre qu’ils génèrent des impacts environnementaux lourds, comme l’exemple du barrage des Trois Gorges en Chine l’a manifesté au grand public. Il est donc indispensable d’une part de développer les technologies de dessalement, de récupération et de recyclage dont nous parlons régulièrement, d’autre part d’assurer le transfert de ces technologies vers les pays les plus affectés par les pénuries à venir, et enfin d’optimiser l’utilisation de l’eau du niveau agricole (70% de la demande) au niveau industriel (22%), et également domestique (8%).


Ce dernier volet sera celui qui touchera le plus violemment notre vie quotidienne. On en prend la mesure par les récentes déclarations du Commissaire Européen à l’Environnement, Stavros Dimas, qui a prononcé un discours le 9 septembre dernier à l’Exposition Internationale de Saragosse annonçant que l’Union européenne compte demander aux « Etats membres de donner à l’eau un prix à sa juste valeur. » afin de « faire prendre conscience aux populations de l’importance de l’eau et à diminuer leur consommation » au moment où l’Europe est de « plus en plus touchée par le réchauffement climatique et par les pénuries d’eau », en particulier sur le pourtour méditerranéen mais aussi en Allemagne et au Royaume Uni. Le Ministre a précisé que les « gros consommateurs que sont l’agriculture et l’industrie paieront la part de l’eau qu’elles utilisent », mais que l’UE ambitionne en outre de « baisser la consommation d’eau moyenne par jour par habitant de 300 litres à 80 litres. »

lundi 29 septembre 2008

L’eau de pluie en France


Il tombe entre 450 et 500 milliards de mètres cubes d’eau de pluie chaque année en France, soit entre 7.000 et 8.000 mètres cubes par Français.

Ces précipitations (pluie, neige, grêle…) correspondent à l’essentiel des ressources en eau du pays. En effet, selon l’Ifen, « la ressource en eau douce correspond à la quantité d’eau disponible pour prélèvement chaque année du fait des mouvements d’eau dans le cadre du cycle hydrographique. Le volume de ces réserves est calculé comme suit : résultat net des précipitations moins évapotranspiration réelle plus apport externe ». L’évapotranspiration correspond en gros à l’évaporation due à des causes naturelles (sols, zones humides, végétation). Les ressources externes représentent l’apport des rivières ou eaux souterraines des territoires voisins. Ces ressources externes sont marginales en France : nous exportons à peu près autant d’eau avec nos voisins allemands ou belges que nous en importons.

Grâce à ces précipitations, la France est bien au-delà de la zone de « stress hydrique ».

Pour en savoir plus, sur ce blog :

La question de la rentabilité des installations de récupération d'eau de pluie (septembre 2008)

Les enjeux sanitaires et les règles à respecter (septembre 2008)


dimanche 28 septembre 2008

La question de la rentabilité de la récupération de l’eau de pluie


Le coût de la récupération des eaux de pluie est variable, en fonction du taux de pluviométrie de la région d’installation, du climat, de l’exposition de la maison, du type de toit, etc. Il est d’environ 1.500 euros pour un dispositif minimal. Pour un dispositif complet, posé par un pro, il faut compter entre 6.000 et 9.000 euros.

Compte tenu du prix modéré de l’eau en France, il n’est pas toujours certain que l’on s’y retrouve. Patrick Philipon, dans son petit livre pédagogique La crise de l’eau ? (Perrin) propose le calcul du tableau ci-dessous :


D’après Joël Graindorge, ingénieur diplômé de l'Institut agronomique Paris-Grignon et spécialiste des problématiques de l’eau sur le site internet de l’administration territoriale, « dans toutes ces conditions, il n'est pas certain que l'usager y retrouve une rentabilité. En effet, l'OIEau a fait une étude économique à ce sujet. Sachant que l'ensemble des usages dans une habitation est d'environ 150 litres par jour et par habitant, les usages autorisés correspondraient à 40 à 70 litres/j/habitant. En prenant en compte la pluviométrie, en optimisant le dimensionnement, en estimant les coûts d'exploitation à 100 €/an, le retour sur investissement serait de 50 à 80 ans selon les volumes ! Si les usages ne sont pas étendus (lave-linge par exemple), il apparaît donc que le plus souvent, l'économie du projet ne soit pas avérée. »

En comparaison, selon les agences de l’eau, le prix moyen de l’eau en France s’élève aux alentours de 2 euros par mètre cube, variable suivant les lieux (type de captage, degré de pollution des eaux captées, taux de fuite, etc.).

Pour ceux qui surveillent leur pouvoir d’achat, il y aurait, toujours selon Patrick Philipon, d’autres moyens plus efficaces : chasse d’eau deux temps, vigilance contre le gaspillage et les fuites, réducteur de pression, etc.

Afin d’inciter les particuliers à installer des dispositifs de récupération d’eau de pluie, le gouvernement a mis en place une réduction d’impôts en mai 2007 pour l'achat d'un système de récupération d’eau de pluie pour usages extérieurs :

  • Une TVA à 5,5% sur les équipements (si l'habitation a plus de deux ans) ;

  • Une crédit d'impôts égal à 25% des dépenses en équipements (dans la limite de 8000€ pour une personne seule, 16000€ pour un couple).

Encore faut-il payer suffisament d'impôts...

Certaines collectivités locales encouragent aussi l'installation de système de récupération des eaux de pluie. La Lorraine subventionne ces installations jusqu'à 750€. A Lille, on attribue une prime à l'installation d'équipements de récupération d'eau pluviale de 100 € par m3 d'installation.


samedi 27 septembre 2008

La récupération des eaux de pluie : attention à bien respecter les enjeux sanitaires !


L’arrêté ministériel du 21 Aout 2008, apporte des précisions sur l’usage interne de la récupération des eaux de pluies. Cet arrêté « relatif à la récupération des eaux de pluie et à leur usage à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments », attendu depuis plusieurs mois, vient d'être publié au JO du 29 août 2008. Il fixe un cadre assez strict pour les installations et limite les usages autorisés.

Si la récupération des eaux de pluie est une mesure utile parmi d’autres dans le cadre d’une stratégie d’optimisation de la ressource, il convient de mettre en place les dispositifs de façon prudente, compte tenu de risques potentiels pour la santé publique.


L’arrêté est l’un des textes d’application de la loi sur l’eau du 30 décembre 2006. Un autre texte va suivre : l’arrêté relatif au crédit d’impôt. Le texte définit « les conditions d’usage de l’eau de pluie récupérée en aval de toitures inaccessibles, dans les bâtiments et leurs dépendances, ainsi que les conditions d’utilisation, d’entretien et de surveillance des équipements nécessaires à leur récupération et utilisation. » Par toitures inaccessibles, il faut entendre les couvertures ne recevant aucun public.

Des règles relatives à l’utilisation des eaux de pluie

Le texte autorise la collecte des eaux de pluie, mais en limite l’usage. L’eau de pluie collectée à l’aval de toitures inaccessibles peut être utilisée pour des usages domestiques extérieurs au bâtiment : arrosage, fontaines, etc. L’arrosage des espaces verts accessibles au public ne pourra l’être qu’en dehors des périodes de fréquentation du public.

En ce qui concerne les usages domestiques intérieurs, les limites sont importantes : d’une part les toitures ne doivent pas être en amiante-ciment ou en plomb ; d’autre part, l’eau collectée ne peut être utilisée que pour les sanitaires et le lavage des sols. Pas question de la boire ou de s’en servir pour se laver !

Autre autorisation : ceux qui souhaiteraient laver leur linge avec de l’eau de pluie doivent le déclarer auprès du ministère en charge de la santé, et doivent mettre en œuvre des dispositifs de traitement de l’eau adaptés, à titre expérimental.

Certains établissements n’ont pas le droit de mettre en place ce genre de dispositif : les établissements de santé et établissements, sociaux et médicaux (sociaux, hébergement de personnes âgées), les cabinets médicaux, cabinets dentaires, laboratoires d’analyses de biologie médicale et des établissements de transfusion sanguine ou les crèches, écoles maternelles et élémentaires.

Enfin, les usages professionnels et industriels de l’eau de pluie sont autorisés à l’exception de ceux qui requièrent l’emploi d’eau destinée à la consommation humaine telle que définie au Code de la santé publique.

Des règles relatives à la mise en place des dispositifs de récupération

L’arrêté précise un certain nombre d’obligations relatives aux dispositifs à mettre en place pour récupérer et conserver l’eau, ainsi que pour la mettre à disposition des individus. Les prescriptions générales, quelle que soit l'utilisation, sont détaillées dans l'article 2 : stockage à la pression atmosphérique, matériaux inertes à l'eau de pluie, grille antimoustique de mailles de 1 millimètre au maximum, disconnexion avec le réseau public d'eau potable par surverse totale avec garde d'air, trop plein calibré avec clapet anti-retour si raccordement avec les égouts, affichage « eau non potable ».

Tout d’abord, il est interdit de raccorder le réseau d’eau de pluie avec le réseau de distribution d’eau destinée à la consommation humain. Les points de soutirage d’eau de pluie doivent présenter une plaque de signalisation qui comporte la mention "eau non potable" et un pictogramme explicite. Bien évidemment, des dispositifs de filtration doivent être mis en place pour l’usage domestique à l’intérieur. Il faut aussi installer des mécanismes pour éviter les élévations de température (développement des bactéries) et afficher clairement sur les canalisations que l’eau n’est pas potable (pour éviter les branchements erronés sur le réseau public).

Pour éviter que les gens confondent différents types d’eau, il est interdit de mettre à disposition dans la même pièce (sauf les caves, les sous-sols ou les pièces annexes à l’habitation).

Pour éviter les problèmes en cas de fortes précipitations, un système de trop plein doit permettre d’évacuer l’eau en surplus. On doit vérifier tous les 6 mois la propreté, la signalisation et la déconnexion du réseau d’eau de pluie. De plus, il faut nettoyer les filtres et les cuves de stockages tous les ans.

Un carnet sanitaire doit être tenu à jour, avec le plan des installations, une fiche de mise en service, le listing des opérations d'entretien réalisées et le relevé mensuel du « système d'évaluation des volumes d'eau de pluie utilisés à l'intérieur des bâtiments raccordés au réseau de collecte des eaux usées ».

L'arrêté rappelle également l'obligation de déclaration d'usage en mairie prévue par l'article R.2224-19-4 du CGCT avec l'identification du bâtiment et l'évaluation des volumes utilisés à l'intérieur des bâtiments.

Alors, pourquoi toutes ces contraintes ?

Si l'on peut se féliciter de ce qu'un cadre légal permette désormais d'encadrer des pratiques de recyclage qui avaient déjà cours, il faut maintenant s'assurer que sa mise en œuvre préservera les consommateurs de toute confusion et de tout risque sanitaire.

La récupération de l’eau de pluie est évidemment sympathique. Elle semble participer de ces petits gestes que nous souhaitons tous faire, afin d’améliorer la situation de l’environnement. Elle comporte aussi d’autres avantages : l’eau n’est pas calcaire et l’on peut se constituer des réserves en cas de sécheresse.

Cependant, contrairement aux idées reçues et aux imaginaires bien ancrés, l’eau de pluie n’est ni pure ni potable, même si elle est en théorie très proche de l’eau douce.

En effet, l’eau de pluie, avant de tomber dans nos toits et rues, subit la contamination des gaz, particules, aérosols provenant de l’activité humaine. Elle contient donc outre de la poussière, des ions inorganiques en provenance de la mer (Calcium, Magnésium, Sodium, Potassium, Chlore, SO4, cuivre, zinc, plomb). On y retrouve évidemment toutes les particules et pollutions urbaines issues des industries et des gaz d’échappement des voitures (Dioxyde de carbone, NOx, SOx).

On y trouve aussi des pesticides, parfois en grandes concentrations. Le Dr René Seux, Professeur à l'école nationale de santé publique, explique comment ils peuvent se retrouver dans l’atmosphère : « « Les départs » ont lieu lors de l'application (dérive) puis dans les jours qui suivent l'épandage (transfert sol/air). Les pesticides se trouvent alors sous forme gazeuse ou particulaire, susceptibles d'être entraînés dans l'eau de pluie. » Le docteur cite des résultats pour 1996 et 2000 sur la Bretagne : « les concentrations pour l'atrazine et l'alachlore, qui sont les deux principaux pesticides du maïs, peuvent atteindre 10, 20, voire plus de 200 fois les normes tolérées pour l'eau potable ! »

Il faut aussi savoir que la pollution par pesticides se déplace : « A Paris, les concentrations sont égales à celles constatées à 100 km de la capitale ». Et puis qu’elle dure.

Il faut aussi penser aux pluies acides.

Mais il y a un autre risque, dû aux souillures du toit, par des mousses, des déjections animales, mais aussi au stockage dans des citernes.

Au final, selon un avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, rendu public en septembre 2006, l’eau de pluie doit être utilisée avec précaution.

Il peut être dangereux de la boire, comme chacun sait. Le problème, c’est que l’expérience d’autres pays montre que des bricoleurs finissent toujours par installer une arrivée d’eau polluée sur le réseau. D’autre part, si l’arrêté paraît aussi pointilleux, c’est que des insuffisances d’entretien posent parfois des problèmes de mélange entre les réseaux, l’eau pluviale non traitée contaminant l’eau traitée.

Il va donc être nécessaire, outre les recommandations techniques concernant les dispositifs eux-mêmes, de développer la formation et la qualification des professionnels et d’encadrer le contrôle et le suivi de ces installations, en instaurant des systèmes de déclaration et de surveillance par des organismes tiers. En outre un certain nombre de bâtiments n’obtiendront pas l’autorisation d’utiliser de l’eau non potable, qu’il s’agisse des industries agro-alimentaires, des établissements de santé ou des crèches.


vendredi 26 septembre 2008

D'une marchandisation raisonnée de l'eau

Dans de nombreux pays, une opposition assez idéologique se dessine entre partisans de la « marchandisation » de l'eau, qui font valoir une possible régulation de la consommation par la valorisation de la ressource, et tenants de l'eau définie comme bien commun : dernier exemple en date, le Canada où une polémique s'amplifie suite à l'idée émise par Marcel Boyer, vice-président de L’Institut Economique de Montréal, selon lequel les ventes à l'étranger d’eau potable (c'est-à-dire tirée des ressources canadiennes en eau douce) pourraient rapporter « 5 milliards de dollars par an au pays »,

De l'autre côté du Pacifique, en Nouvelle-Zélande, on s'inquiète dans une perspective proche de la « ruée vers l’or » pour les droits de l’eau qui est en cours dans le pays, de sorte que « tous les droits seront alloués d’ici quatre ans si la tendance continue. » Mais le Conseil commercial pour le développement durable de Nouvelle Zélande a ouvert une sorte de troisième voie« pour éviter la distribution d’eau rare et polluée désastreuse d’un point de vue économique et environnemental », avec quatre propositions dont celle de déterminer quelle part des réserves nationales d’eau peut être allouée au commerce privé. Ainsi, « un système de droits de l’eau basé sur un marché peut être une bonne façon d’assurer une utilisation efficace de l’eau et de réduire significativement la pollution de l’eau. »


jeudi 25 septembre 2008

Les Partenariats public-privé (PPP), grand vecteur de progrès en Afrique, selon Le Potentiel

Le Potentiel , journal d'informations généralistes congolais, revient sur les atouts que constituent les PPP (partenariats public-privé) au Congo.

L’article constate les avantages des PPP à travers l’apport de nouvelles technologies ou la gestion d’un service public. Cet article cite l’exemple du Gabon et de Veolia Waters, en donnant des statistiques du taux d’accès à l’eau potable « de 68% en 1999 à 85% en 2004.

Plus remarquable encore, « le pays est l'un des rares de la zone à assurer à 67% de ses habitants raccordés une desserte par branchement individuel. »


mercredi 24 septembre 2008

Un miracle des JO de Pékin ?

Les autorités de la ville Pékin ont annoncé que « les niveaux des nappes phréatiques de la ville ont augmenté d’à peu près 50 centimètres après avoir diminué d’un mètre tous les ans depuis dix ans. » Elles attribuent cette « évolution positive » à la baisse de la demande en eau et aux efforts de recyclage réalisés pour des « Jeux Olympiques environnementaux » ainsi qu’à « d’inhabituelles pluies estivales abondantes. »

Néanmoins, certaines organisations environnementales locales et internationales telle que Probe International sont « sceptiques face à ses déclarations » et recommandent aux autorités de « lancer de véritables efforts de conservation de l’eau. »


lundi 22 septembre 2008

Où l'on fait du neuf avec de vieilles recettes


Les plus anciens parmi nous se souviennent peut-être d'un temps où les fontaines de villages abritaient quelques poissons, dont la bonne santé faisait savoir aux villageois que l'eau de la fontaine était propre à la consommation.

Depuis fin août, la qualité de l'eau potable produite par l'usine de Friedrichshagen à Berlin est contrôlée par des tests sur treize petits poissons argentés, des ables de Heckel.

Ceux-ci réagissent à des modifications de la qualité de l'eau par une accélération ou un ralentissement de leurs mouvements, suivis par des dizaines de capteurs infrarouges dont les données sont transmises à un ordinateur puis analysées sous forme de courbes.

vendredi 19 septembre 2008

Bilan du congrès de l'eau de Montpellier

Le Congrès mondial de l'eau, s’est déroulé du 1er au 4 septembre à Montpellier, en présence des représentants de 125 pays et de 1 400 experts. Cette manifestation était organisée par l’Association internationale des ressources en eau (IWRA) en partenariat avec l'Institut languedocien de recherche sur l'eau et l'environnement, l'association VERSeau Développement et le Laboratoire hydrosciences de Montpellier.

Le thème principal de ce Congrès était « changements globaux et ressources en eau face à des pressions toujours plus nombreuses et diversifiées. »

Voici une petite vidéo de reportage sur le congrès :

http://www.lepost.fr/article/2008/09/05/1258391_xii-congres-mondial-de-l-eau-l-eau-a-la-bouche.html#xtor=RSS-33

Claude Allet, directeur de l'aménagement et du patrimoine de BRL (Compagnie Nationale d'Aménagement de la Région du Bas Rhône et du Languedoc), Jean-Michel Citeau, spécialiste de la gestion des bassins hydrographiques transfrontaliers, Sébastien Chazot, expert en hydrologie à BRL, et Jean-Claude Festor, directeur général adjoint de la région languedoc-roussillon en charge des aménagement portuaires, ont présenté le programme Aqua2020, qui est une démarche de prospective assez unique en France, que devraient réaliser de façon plus approfondie les agences de l’eau ou les comités de bassin pour préparer leurs schémas d’aménagement et de gestion des eaux. Le Languedoc-Roussillon va connaître une croissance démographique de 30% (soit environ 550 000 habitants en plus), ce qui pourrait conduire à une consommation supplémentaire de 60Mm3 par an. La tendance est à la décroissance de l’irrigation, mais il n’est pas certain que cette tendance perdure. Enfin, les milieux aquatiques sont dégradés ou en dangers (situation hélas relativement fréquente), d’où des objectifs pour appliquer la directive cadre européenne sur l’eau.

De nombreux autres posters ont été présentés, téléchargeables sur le site du Congrès.

A noter un élément important, qui est la prise de position de Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondial : selon lui, compte tenu des évolutions climatiques, « la gestion des ressources en eau de la planète doit être complètement repensée », rapporte le quotidien Le Monde en date du 4 septembre.

Le message du congrès résume les nouveaux enjeux de l’eau que constituent l’augmentation de la pollution et la concentration de la demande en eau dans l’espace (urbanisation).

Nous avons beaucoup entendu l’idée que les réponses doivent être données par les collectivités territoriales et que chaque situation est particulière. On sait combien la question de l'eau est politisée et confisquée en France par diverses idéologies : le rappel du congrès à une approche concrète, particularisée au niveau local nous parait extrêmement salutaire...

On peut voir le site officiel du Congrès ici .


mercredi 17 septembre 2008

Quelques précisions sur le dessalement de l’eau de mer


Le monde actuel fait face à une crise de l’eau majeure que les experts attribuent au réchauffement climatique qui entraîne un accroissement des phénomênes climatiques extrèmes : sécheresses ou inondations,n à l’augmentation de la consommation d’eau du à la croissance démographique et à l’accroissement des usages. Le paradoxe est que certaines populations souffrent de pénuries d’eau alors que 71% de la surface du globe en est recouvert. Ce constat a incité divers spécialistes, chercheurs et acteurs du secteur de l’eau à développer différentes techniques de dessalement de l’eau de mer pour satisfaire la demande exponentielle du précieux liquide. Il est vrai que l’on estime à 39% la part de la population mondiale vivant à moins de 100km d’un côte alors que 42 villes de plus d’un million d’habitants ne disposant pas de ressources suffisantes en eau douce se situent sur le littoral.

De ce fait, le dessalement de l’eau de mer est devenu une technologie très importante dans le développement de l’accès à l’eau car il représente une véritable opportunité pour aider à la résolution de la crise. Avant de voir les évolutions actuelles et futures de ce marché ainsi que les critiques dont il est l’objet, il est nécessaire de comprendre en quoi consiste le dessalement d’un point de vue technique.

La distillation et le dessalement par osmose inverse, dont nous avons déjà parlé dans nos posts du 5 juin dernier et du 10 août, sont les deux procédés les plus courants, bien qu’il existe d’autres procédés tels que le système flash utilisé au Moyen Orient ou l’électrolyse.

Le phénomène d’osmose inverse est actuellement le plus utilisé puisqu’il représente à peu près 60% des installations. Il correspond au transfert d’un fluide (eau) à travers une membrane semi-perméable sous l’action d’une différence de concentration. Dans l’osmose classique, l’eau passe de la solution diluée vers la solution concentrée ; dans l’osmose inverse, qui se déclenche grâce à une augmentation de la pression appliquée à la solution au-delà d’un certain seuil, l’eau passe de la solution concentrée vers la solution diluée.

Par la suite, l’eau subit un prétraitement visant à éliminer toutes les particules de dimension supérieure à 10 micromètres ; il s’agit d’une pré-filtration puis d’une filtration sur sable. Cela permet d’enlever les particules en suspension les plus grosses. Un traitement biocide et une acidification permettent en outre d’empêcher le développement de microorganisme. Enfin, une filtration sur cartouche permet d’éliminer les particules qui ont échappé à la filtration sur sable.

L’eau de mer est alors injectée à l’aide d’une pompe à haute pression dans un module d’osmose inverse dans lequel se trouvent des membranes. Les molécules sont retenues d’un côté de la membrane, ce qui augmente la concentration de l’eau et nécessite une pression plus importante. La solution salée est balayée par un flux d’eau continu. Ainsi, on obtient une eau filtrée de manière extrêmement fine. Pour limiter la consommation d’énergie, il est possible d’aménager un circuit permettant de récupérer une partie de l’énergie liée à la pression.

La filtration permet de supprimer 99% des sels minéraux et organiques. Une eau de mer concentrée à 35.000 ppm peut ainsi ressortir selon l’effort de pression réalisé sur la membrane Ol, à moins de 200 ppm. Le seuil de potabilité des eaux distribuées en réseau est généralement admis à 500 ppm. L’eau peut ensuite être reminéralisée, ajustée en Ph ou subir des post-traitements UV, osmose, ou une légère chloration afin d’être déclarée comme potable.

Selon la WWF, il y aurait aujourd’hui une dizaine de milliers d’usines de dessalement en activité de par le monde dont la moitié serait concentrée pour le moment dans la région du Golfe et couvrirait environ 60% des besoins en eau douce des pays producteurs de pétrole. De plus, l’ensemble des usines de dessalement produirait plus de 50 millions de mètres cubes d’eau dessalée, dont 15 % issus de l’eau saumâtre, tous les jours dans le monde. D’une manière globale, il est possible d’observer deux types de réaction par rapport à cet état de fait. La première se caractérise par le succès et se traduit par la construction de nouvelles usines dans le monde alors que la deuxième est plus prudente et met en garde contre cette technique tout en appelant les dirigeants politiques à plus de réflexion.

Les promoteurs de cette technique avancent que le processus d’osmose inverse est développé depuis une quinzaine d’années et représente donc une technique fiable. Les usines de dessalement apparaissent d’ailleurs un peu partout dans le monde, que ce soit en Australie, à Bahreïn ou en en Arabie Saouditepour répondre aux besoins en eau auxquels sont confrontés ces pays. L'Espagne, également, dessale une grande quantité d’eau de mer et projette de construire jusqu'à quinze usines de dessalement (1,7 million de mètres cubes par jour). L’Inde a quant à elle, commandé une étude de faisabilité à General Electric afin de lancer un programme de dessalement. Aux Etats-Unis, la ville d’El Paso a inauguré en août 2007 la plus grande usine de dessalement à l’intérieur des terres qui existe au monde et plusieurs entreprises privées proposent une vingtaine d’usines de dessalement de l’eau de mer pour la seule côte californienne, selon Wenonah Hauter, présidente de l’association de consommateurs Food and Water Watch.

Cependant, c’est en Israël que ce trouve la plus grande usine de dessalement par osmose inverse du monde, à Ashkelon précisément. Cette usine construite par Veolia Water alimente environ 1,4 millions de personnes en eau douce par la production de 320 000m3 d’eau par jour. L’Algérie a quant à elle, lancé un projet d’investissement de 500 millions de dollars pour une station de dessalement qui dépassera la capacité de production de l’usine d’Ashkelon.

Ces deux derniers exemples prouvent l’engouement et le dynamisme de la région méditerranéenne pour ce procédé étant donné qu’elle souffre de plus en plus de la sécheresse. Vu le coût d’investissement élevé de ce type d’installations (il varie, pour des capacités allant de 10 000 à 100 000m3/j, d'environ 2000 à 2700 euros par m3/j.), les pays riches qui rencontrent des problèmes d’approvisionnement en eau sont de plus en plus nombreux à y avoir recours, en particuliers les pays du Golfe qui profitent de la manne financière de l’exploitation pétrolière. Il est possible de citer comme exemple le Qatar et le projet de Ras Laffan C qui sera la plus grande installation de production d'électricité et de dessalement d'eau de mer du pays, avec une production quotidienne de 2.730 MW d'électricité et de 286.000 m3/jour d'eau dessalée. Elle devrait être mise en service en avril 2011, avec une première phase de production d'électricité et d'eau dès le mois de mai 2010.

De plus, GDF Suez a récemment remporté un contrat pour la construction et l'exploitation de la centrale électrique et de dessalement d'eau de mer Shuweihat 2, un important projet indépendant d'électricité et d'eau à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. Shuweihat 2 est une installation "greenfield" au gaz naturel qui produira 1.500 MW d'électricité et 454.610 m3 d'eau par jour d’après les autorités. La Jordanie et la Chine ont été plus loin en signant un accord de coopération nucléaire ouvrant la voie à une prochaine coopération en matière d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, spécialement dans les domaines de la production d'électricité et du dessalement d'eau. Il est à préciser que la Chine a récemment annoncé que ces installations de dessalement traiteraient 1 million de m3 d'eau de mer par jour d'ici 2010 et jusqu'à 3 millions de m3/jour en 2020.

En Europe, la première grande usine anglaise de dessalement sera construite dans la commune de Newham, à l’est de Londres, et pourra produire chaque jour quelque 140 millions de litres d’eau potable, vers 2010.

La multiplication des usines de dessalement par osmose inverse témoigne de sa fiabilité en tant que pilier des solutions aux difficultés d’approvisionnement en eau des pays .


Malgré le succès actuel, un mouvement de méfiance à l’égard du dessalement s’est développé ces dernières années. Dans les articles relayant cette position, les arguments avancés s’appuient régulièrement sur une étude de la WWF publié en juin 2007 et intitulée « Dessalement : option ou distraction dans un monde assoiffé ? ».

L'ONG y rappelle notamment que les 1200 usines de dessalement du monde consomment beaucoup d'énergie et par conséquent émettent des gaz à effet de serre. Elle s’alarme donc d’un développement anarchique de cette technologie. Toujours selon elle, pour chaque litre d’eau dessalé, c’est un litre de saumure qui est rejetée à la mer. Même s’il est difficile de connaître l’impact réel de ces rejets, les premières études réalisées sur le sujet semblent montrer qu’il est faible (les fleuves rejettent aussi à la mer de nombreux minéraux). Jamie Pittock, directeur du programme eau douce du WWF note que la technique de l'osmose inverse utilisée pour le dessalement pourrait être une solution intéressante pour ces populations, selon lui. Elle a notamment été employée avec succès en Inde pour enlever certains contaminants dangereux présents dans l'eau potable. De son point de vue, « les usines de dessalement doivent être construites seulement lorsqu'elles se sont avérées être la solution la plus efficace et la moins préjudiciable pour compléter l'approvisionnement en eau, à la suite d'un processus d'évaluation approfondi et transparent de toutes les solutions de rechange et leurs impacts environnementaux, économiques et sociaux. » Il semble cependant que pour une fois les industriels et les écologistes se soient compris si l’on considère les nombreux projets de recherche qui sont en court chez les industriels du secteur afin de limiter la consommation énergétique, de trouver des débouchés aux résidus salins, mais également d’augmenter la quantité d’eau potable produite.

L’autre limite au développement du dessalement à longtemps été son coût. Cependant, le coût du m3 produit à considérablement diminué. L’usine d’Ashekelon produit un m3 à 0,5 centimes d’euros notamment..Reste que le coût du dessalement est étroitement lié au coût de l’énergie et que les pics qu’a connu le prix du baril ces derniers mois pourrait remettre en cause l’abaissement des coûts de production. Pour Michel Dutang, directeur de la recherche et du développement de Veolia Environnement, leader du marché (14,5 %), à l’avenir, « l’eau va devenir un problème crucial, qui butera sur le coût de l’énergie, indispensable au dessalement de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre. »

Malgré ces limites, la plupart des analystes promettent au secteur une belle croissance pour la décennie à venir, dans la mesure où le besoin en eau potable excèdera nécessairement le coût énergétique de son traitement et que les besoins vitaux feront sans doute taire les considérations purement économiques. « Le marché du dessalement de l’eau de mer va exploser dans les années à venir », explique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement, traduisant l’optimisme des acteurs du secteur basé sur la projection qui voit la production d’eau dessalée doubler d’ici 2016 pour atteindre plus de 109 millions de mètres cubes par jour.

Selon les prévisions de Media Analytics Limited (Global Water Intelligence), l’industrie du dessalement devrait atteindre 64,3 millions de litres par jour en 2010 et 97,5 millions en 2015 cela représenterait une augmentation de capacité de 140% depuis 2005. Cette expansion nécessiterait un investissement de 25 milliards de dollars d’ici 2010 et de 56,4 milliards de dollars avant la fin 2015. Suivant la tendance actuelle, plus de la moitié de ces investissements devraient être apportés par le secteur privé ce qui fait du secteur du dessalement la partie la plus internationale de l’industrie de l’eau, en plus d’être la plus axée sur la haute technologie. A titre d'exemple, la Chine prévoit de dépenser 200 milliards de dollars » dans cette technologie.

Toujours selon Media Analytics, la technique de l’osmose inverse représenterait 65% du marché en 2015 (contre 60% aujourd’hui) alors que la technique de distillation passerait d’une part de 24% à 37% grâce à la forte demande de ce type de produit dans le Golfe Persique. Cependant, le marché du dessalement en dehors du Golfe devrait croître plus rapidement que dans la région, notamment après 2015.

Le plus grand défi de l’industrie sera d’augmenter son efficacité énergétique plus rapidement que le coût de production d’électricité à base d’énergies fossiles, tout en développant les techniques minimisant l'impact des rejets.

Pour poursuivre la recherche... :

Dessalement à Alger (février 2008)

L'eau à Chypre (août 2008)

Dessalement à Alger (août 2008)

Un bon papier des voyageurs de l'eau sur le dessalement (août 2008)

Eau : le nouveau chouhou des cleantechs (mai 2008)


mardi 16 septembre 2008

Le recyclage de l’eau

La disponibilité et l’approvisionnement en eau potable est un des enjeux majeurs pour les prochaines décennies. Il est même à craindre que ponctuellement ou de façon plus chronique aucun pays, ne sera épargné parce problème. Le dernier exemple en date, l’Espagne, montre que les pays occidentaux sont également concernés. Cependant, si nous sommes entrés dans une ère de ressources rares ce n’est pas à cause d’une pénurie car la quantité d’eau ne diminue pas, mais bien parce que les usages augmentent. Les raisons en sont variées : l’augmentation de la population et sa concentration dans des centres urbains importants, l’accession au développement de nouveaux pays et avec le développement de nouveaux besoins en eau… Certains voient également dans le phénomène de changement climatique une de ces raisons, cependant, il est certainement plus réaliste de considérer que les changements climatiques sont un accélérateur du décalage existant entre les besoins et les ressources. Parmi les solutions pouvant exister on parle souvent de la désalinisation mais beaucoup moins fréquemment d’une autre ressource « alternative », la réutilisation des eaux usées. Pourtant cette ressource est la seule ressource qui augmente en même temps que la consommation, ce qui en fait une ressource toujours disponible.

Le recyclage des eaux usées présente, l’avantage majeur d’assurer une ressource naturelle et de contribuer à la gestion intégrée de l’eau. Si l’industrie fut la première à s’intéresser sérieusement au recyclage, depuis quelques années le recyclage des eaux usées tend à devenir une pratique acceptée notamment pour l’irrigation, l’arrosage des espaces vers et pourrait rapidement être promue au titre de solution y compris pour des usages domestiques.

Dans le secteur de l’industrie, le recyclage des eaux usées représente un procédé intéressant car par son utilisation les entreprises réalisent une réduction de leur consommation d’eau de 40 à 90% mais il représente aussi un enjeu pour l'environnement, car il permet d'économiser les ressources et de diminuer les rejets.

En France, à Lamballe, dans les Côtes-d'Armor, Veolia a construit pour les abattoirs porcins d'une coopérative agricole, la Cooper, des installations qui traitent 14.000 mètres cubes par semaine.

Au delà du secteur industriel, l'utilisation la plus fréquente est ensuite l'irrigation agricole, mais aussi l'arrosage des golfs (Pornic, Sainte-Maxime…).

En Italie, à Milan, la ville a initié cette pratique en implantant la plus grande usine de recyclage des eaux usées d’Europe avec une capacité de plus d’1 millions d’équivalent habitants, permettant de recycler les eaux usées traitées pour l’irrigation de plus de 22 000 hectares de cultures.

En Corse, à Spérone, une station d'une capacité de 280 m³/jour prend en charge les effluents domestiques d’une résidence touristique. Les eaux usées subissent une série de traitements avant d'être utilisées pour l'arrosage du golf de 18 trous consommant autant d'eau qu'une ville de 15.000 à 36.000 habitants.

Enfin, l’exemple le plus récent se trouve en Chine, où la municipalité de Beijing, en prévision des Jeux Olympiques, a envisagé d'utiliser pour l’année 2008, 3,7 milliards de mètres cubes d'eau, dont 260 millions de m3 sont de l'eau recyclée, soit à peu près le sixième du volume global de l'eau à utiliser, exclusivement dédiés à l’arrosage de 10 millions de m2 d’espaces verts.

Le dernier usage et le plus prometteur du recyclage de l’eau pour répondre à la demande croissante des régions urbaines est la réalimentation des nappes, voire directement la production d'eau potable.

En Europe, à Barcelone, par exemple, une usine de traitement tertiaire recycle les eaux usées municipales. Les eaux recyclées servent ici à la fois à l'irrigation et à éviter les intrusions d'eau de mer dans les nappes : 2500 mètres cubes d'eau douce sont ainsi réinjectées chaque jour dans l'aquifère.

Plusieurs régions très arides, telles qu’en Afrique ou en Asie utilisent d’ores et déjà cette ressource alternative afin de réalimenter les nappes, ou être directement utilisée comme eau potable.

En Namibie, les habitants de la capitale consomment de l'eau issue à 35% du recyclage de leurs eaux usées. « Voilà vingt ans que la Namibie, qui est dans une zone géographique de stress hydrique, recycle son eau pour la rendre potable, en particulier pour la ville de Windhoek, située dans une zone aride éloignée de la côte, et donc sans possibilité d'usage d'eau dessalée par exemple », constate Hervé Suty, directeur du centre de recherche sur l'eau de Veolia.

Ainsi depuis quelques années ; la ville-Etat de Singapour en collaboration avec Veolia Water accentue ces ressources d’eau disponibles par une adjonction d’environ 1 % d'eaux recyclées dans l’eau utilisée pour l’usage domestique. Marc Chevrel, directeur marketing chez Degrémont Technologies, affirme-lui que les Chinois sont eux aussi « très tentés de produire de l'eau potable à partir des eaux usées. » En Australie, à Goulburn, la population consomme d’ores et déjà une eau recyclée.

Mais le plus grand complexe existant à ce jour se trouve aux Etats-Unis, dans le comté d’Orange. Il s’agit d’un complexe de remplissage des eaux souterraines d’un montant de 480 millions de dollars, mis en marche en janvier 2008 qui fournit aujourd’hui 20% de l’eau consommée pour environs 2,3 millions de personnes. Dans un article paru le 9 aout dans le New-York Times Magazine, la journaliste Elizabeth Royte estime que ce complexe de recyclage d’eaux usées représente « une des plus importantes avancées de santé publique du pays depuis 150 ans. »

Aux vues de ces différents exemples à travers le monde, le recyclage de l’eau représente ainsi une technique en pleine expansion.

Les spécialistes estiment que, « dans les sept prochaines années, les capacités mondiales devraient plus que doubler pour passer à 55 millions de mètres cubes par jour. Soit une croissance de 10 à 12 % par an, en moyenne dans le monde. Avec des pointes de 41 % par an en Australie, de 27 % en Europe et de 25 % aux Etats-Unis. »

Aussi, différents secteurs tels que la recherche scientifique s’y intéressent et développent des systèmes destinés à l’usage des particuliers.

Aux Etats-Unis, Ashok Gadgil, scientifique au Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie, est l’inventeur du concept SolarVoir, un appareil composé d’un réservoir modulaire en PEHD (Polyéthylène Haute Densité) et utilisant une technologie UV, conçu pour collecter les eaux usées domestiques dans le but d’être recyclées et réutilisées plusieurs fois.

En Allemagne, la société Hansgrohe, spécialisée dans les technologies dédiées à l’usage des salles de bains, expérimente le procédé de recyclage des eaux usées Aquacycle. Le système entièrement automatique permet de récupérer les eaux savonneuses qui se déversent dans 3 cuves où elles subissent successivement un traitement biologique par aérobie, un deuxième cycle de brassage par intermittence et une désinfection finale en passant à travers une lampe UV. Les 600 litres d'eau récupérée, propre à 99 %, peuvent servir ensuite pour les toilettes, la machine à laver le linge ou des utilisations domestiques (nettoyage des sols, arrosage des plantes, lavage de la voiture…).

Plusieurs obstacles restent cependant à surmonter pour que le recyclage des eaux usées se généralise.

Tout d'abord, la production d'eau potable soulève des freins psychologiques et la prudence des pouvoirs législatifs.

En effet, en France, même si 72% de la population sont en faveur du recyclage des eaux pour l'irrigation ou l'arrosage, les consommateurs ont par contre beaucoup de mal à comprendre que les eaux usées puissent être entièrement nettoyées et rendues propre à la consommation.

La France est actuellement en retard dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne l’irrigation des espaces verts et l’un des freins principaux du développement du recyclage des eaux usées est l’absence d’une législation adaptée. Malgré le décret 94-469 qui prévoit le principe de la réutilisation des eaux usées pour l’usage agricole, la réglementation correspondante n’est pas encore finalisée.

En Australie, la cité de Toowoomba, consultée par référendum, s'est opposée à 60 % à ce qu'un quart de son eau potable provienne d'eaux usées. Le « yuck factor », l'a emporté, alors que le pays vit sa cinquième année de sécheresse consécutive.

« Pour tenter de lutter contre ce phénomène, nous mènerons très probablement en Australie, dans le cadre d'une chaire sur le recyclage des eaux usées, des enquêtes auprès des utilisateurs et des autorités locales sur l'acceptabilité de ces eaux », indique Hervé Suty, directeur du centre de recherche sur l'eau de Veolia.

Trois grandes techniques sont principalement utilisées dans le recyclage de l'eau : la microfiltration, l'osmose inverse et les ultraviolets. Les deux premières consistent à faire passer l'eau sous pression à travers des membranes qui retiennent les fines particules indésirables. Or, qui dit pression dit énergie. « Pour l'osmose inverse des eaux recyclées, il faut de 12 à 15 bars de pression, soit une consommation d'électricité d'un kilowatt par mètre cube », précise Hervé Suty. Une des pistes étudiées consiste à utiliser les nanotechnologies pour fabriquer des membranes comportant beaucoup plus de pores au mètre carré, mais toujours résistantes. Par conséquent, la pression exigée - et la consommation d'électricité - sera moindre. Ce qui répond à un reproche fait souvent au recyclage : la consommation en énergie.

Ainsi, le recyclage des eaux usées urbaines représente un enjeu important pour l’avenir, la population urbaine étant en constante augmentation. Cependant cette pratique doit encore faire face à plusieurs facteurs socio-économiques tels que, selon François Brissaud, chercheur en Hydroscience à Montpellier 2, « la viabilité économique, l’existence de financement, la volonté politique et l’opinion publique. »

« Cela va nécessiter de la connaissance et des investissements», résume Michel Griffon, agronome et économiste, directeur adjoint de l'ANR (Agence nationale de la recherche).

Le recyclage est en train de devenir un enjeu essentiel. En effet, la plupart des pays en voie de développement utilisent les eaux usées avant de les avoir retraitées, ce qui peut poser de nombreux problèmes sanitaires.

Le recyclage de ces eaux usées pourrait notamment être une solution pour l’irrigation des terres agricoles urbaines dans les pays en développement qui, jusqu’à présent, les utilisent sans traitement préalable.

A l’occasion de la Semaine Mondiale de l’Eau, en Suède, qui a eu lieu du 17 au 31 août 2008, l’Institut International de Gestion de l’Eau (IWMI) a publié une étude révélant que les populations des pays en voie de développement sont exposées à des problèmes sanitaires croissants en raison du fréquent recours aux eaux usées (non recyclées) pour l’irrigation des cultures. Ainsi ce serait plus de la moitié des terres dans 70% des villes en voie de développement qui seraient irriguées avec des eaux usées.

Le rapport met aussi l'accent sur le problème des eaux industrielles qui, dans 70 % des villes étudiées, ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation. « Si l'on connaît les risques de l'utilisation des eaux domestiques, et que l'on peut soigner les maladies qu'elles provoquent, ce n'est pas le cas pour les produits chimiques », explique Mme Raschid-Sally, un des auteurs du rapport.

samedi 13 septembre 2008

Pour un juste prix de l'eau


Le Professeur Louis Job - professeur en Sciences Economiques à l’Université de Versailles et spécialiste de l’environnement et des ressources naturelles - explique la nécessité d’une tarification « juste » de l’eau, comme outil de gestion de ce secteur économique : « entre bien public et valeur marchande il n’y a pas forcément d’incompatibilité. »

Selon lui, « il faut bien comprendre qu’entre la ressource naturelle et l’eau qui sort du robinet, après avoir été collectée, traitée, et distribuée, il y a une grande différence. Et cette transformation, forcément, se paie. C’est là qu’interviennent les firmes spécialisées, comme Veolia Environnement, Suez-Lyonnaise, ou encore Saur, qui se partagent le marché national. »

Lien vers l'interview complète de Louis Job : http://ensemble.blogs.letelegramme.com/archive/2008/09/07/le-prix-de-l-eau.html


vendredi 12 septembre 2008

L'eau de Bagdad


Le site d’informations sur la santé Sanitation Updates fait état des lacunes des infrastructures d’assainissement et de distribution d’eau de la capitale Bagdad après cinq ans de présence américaine.

Malgré un « investissement américain de 2,4 millions de dollars dans le secteur de l’eau et de l’assainissement », « près d’un million de litres d’eaux usées se déversent chaque jour dans les cours d’eau de la capitale » et la production d’eau se limite à 2,8 millions de m3 par jour alors que la « population a besoin de 4 millions de m3. »


Le mouvement contre l'eau en bouteille s'étend au Royaume-Uni

Unison - union du secteur public - fait campagne contre l’industrie de l’eau en bouteille en exposant l’impact environnemental qu’engendrent l’importation et le trajet effectué par différentes marques pour fournir le marché britannique.

Les régions de provenance mises en cause sont les Iles Fidji, la Norvège, la France et la Tasmanie. L’organisation rappelle aux usagers, qu’ils ont accès « à l’une des meilleures eau du robinet du monde » et appelle les employeurs à bannir l’usage de l’eau en bouteille dans leurs bureaux.

Ce mouvement contre l'eau en bouteille, qui tend à se généraliser, nous semble intéressant à double titre : d'une part, en s'attaquant aux coûts environnementaux générés par l'emballage et le transport de l'eau, il invite les esprits à s'attacher aux véritables qualités d'une eau vouée à la consommation, c'est-à-dire assainie et traitée. D'autre part, en revalorisant l'eau du robinet, il participe à la prise de conscience du caractère précieux de la ressource.

L’eau au cœur des préoccupations à Madagascar

Suite à sa participation à la Semaine Mondiale de l’Eau à Stockholm et quelques semaines après avoir désigné un Ministre de l’Eau, le président Marc Ravalomanana, a décidé de confier à l’entreprise canadienne Aquamar l’approvisionnement et la gestion de l’eau de l’île. Jusqu’alors c’est la société publique JIRAMA qui était en charge de l’eau et de l’électricité sur l’Ile. Suite à cette décision, la société JIRAMA qui depuis plusieurs années enregistre de lourdes pertes ayant considérablement réduit sa capacité d’investissement, continuera à se charger de l’activité électricité.

Aquamar promet une hausse des approvisionnements en eau de 65% d’ici à 2012, contre 35% jusqu’à présent.



mercredi 10 septembre 2008

Pénurie en Grèce

Selon le quotidien macédonien Makfax, la Grèce fait face à une importante pénurie d’eau car « la capitale Athènes ne dispose que de dix mois de réserves d’eau. » Si la sécheresse persiste, le pays pourrait faire face à une crise de l’eau comparable à celle de 1989.



Un oléoduc pour alimenter Chypre en eau

Lors d’une conférence en présence du leader chypriote turc Mehmet Ali Talat le 27 août dernier, le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que « le projet d’oléoduc sous-marin relayant la Turquie au nord de Chypre devrait être concrétisé en 2012 » si les travaux débutent comme prévu au mois de juin 2009.

Le gouvernement turc a planifié la construction d’un barrage au sud de la Turquie pour collecter l’eau à destination de Chypre. Les experts espèrent pouvoir transférer quelques 75 millions de m3 d’eau chaque année vers l’île afin de satisfaire les besoins en eau pour la consommation et l’irrigation de la partie nord de Chypre jusqu’à 2035

Financer l'assainissement

Le site Médiaterre mentionne les partenariats de la Banque Mondiale et du Programme pour l'eau et l'assainissement (WSP) pour renforcer l'impact des prêts bancaires en matière d'assainissement.

En Éthiopie par exemple, la Banque mondiale soutient une approche au niveau local dans les villes et les communautés rurales et finance des infrastructures au moyen d'opérations de prêt. Le WSP quant à lui fournit une assistance technique pour permettre la conception et la mise en œuvre de stratégies nationales visant à développer l'hygiène et l'assainissement.

Il faut toujours rappeler les chiffres fondamentaux. D’après le Partenariat mondial de l’eau (« Vers la sécurité de l’eau, un cadre d’intervention »), le monde finance environ 80 milliards de dollars de projets sur l’eau dans les pays en développement, alors qu’il faudrait environ 180 milliards. L’aide publique au développement, c’est-à-dire toute l’aide des Etats à destination des pays en développement, s’élève à environ 40 à 50 milliards de dollars.

Bref, des efforts restent à faire

mardi 9 septembre 2008

Suite de notre feuilleton « déboires de l'eau en bouteille »


A London, en Ontario (Canada), suite à un débat public le 11 août dernier, le comité de l’environnement et des transports a formulé une recommandation qui vise à interdire la vente d’eau en bouteille dans les lieux publics et à améliorer l’accès à l’eau du robinet à travers le développement de fontaines. Nestlé Waters Canada a elle publié un communiqué dans lequel elle dénonce cette proposition.
Le Conseil des Canadiens, l’association Inside The Bottle et le Polaris Institute, saluent cette décision et félicitent la ville d’être la première ville canadienne à imposer une telle interdiction. Selon les organisations, ce mouvement anti-eau en bouteille tend à s’étendre dans d’autres villes du Canada, telles qu’à Vancouver, Ottawa et Kitchener.

lundi 8 septembre 2008

Les voyageurs de l'eau porteurs d'espoir


Nous suivons régulièrement les passionantes périgrinations des voyageurs de l’eau - blog de deux ingénieurs français voyageant autour du monde et narrant leur périple. Ils publient un article consacré à la promotion du projet de transfert d’eau que Lesotho a initié depuis 1993 avec l’Afrique du Sud. Le Lesotho, comme on le voit sur cette image qui fait état de la pluviométrie annuelle sur la région, constitue le véritable chateau d'eau de l'Afrique du sud.
L'accord est basé sur l’exportation d’eau de Lesotho vers la ville de Johannesburg en échange d’une redevance annuelle estimée à 33 millions d’euros. Selon les deux aventuriers ce projet est la preuve que l’eau valorisée peut être un objet de consensus de paix contrairement à l’idée générale véhiculée !

Pragmatisme anglais


Et si la solution à la raréfaction de l'eau passait d'abord par des solutions de bons sens ? En Angleterre, le groupe Thames Water - qui distribue l’eau à près de 13 millions d’habitants autour de Londres - a annoncé son intention d’augmenter ses tarifs de 3% au-dessus de l’inflation entre 2010 et 2015. Thames Water justifie cette augmentation à venir de ses tarifs par la mise en place d'un vaste programme d'investissements de près de 6,3 milliards de livres. Il s'agira notamment de construire un réservoir d'eau de plus de 10 km² permettant d'alimenter en eau toute la région d'Oxfordshire. Mais par ailleurs, dans l'optique d'inciter les consommateurs à réduire leur consommation d'eau, la compagnie britannique adopte une stratégie dont on aimerait qu'elle soit généralisée outre-manche : Thames Water va en effet procéder à l'installation d'un million de compteurs chez les particuliers afin de pouvoir facturer la consommation réelle des foyers équipés.

Il est évident que la hausse du prix de l'eau, si vertueuse soit-elle d'un point de vue macro-économique pour éduquer les consommateurs, n'aura d'effet sur la consommation que si le consommateur est le payeur. Pourtant, en France, cette conclusion a été contestée par une étude réalisée en avril 2008 par Bernard Barraqué , chercheur au CNRS, à la demande de la mairie de Paris. En effet, selon cette étude, la pose de compteurs d’eau individuels dans les immeubles collectifs est une solution onéreuse qui n’entraîne pas de diminution des consommations.

Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc) de 2005 évoquait déjà les obstacles à la généralisation de ce mode de tarification, par exemple la modification de la «répartition des responsabilités dans le recouvrement des factures d’eau, entre gestionnaires de l’habitat, syndicats des eaux et distributeurs d’eau». Mais selon Bernard Barraqué, les bailleurs sociaux étaient séduits par ce système, pensant que les impayés seraient désormais gérés par les compagnies d’eau. Le chercheur a donc mené des comparaisons avant/après la pose de compteurs individuels chez des personnes vivant en immeuble.

A Paris, la consommation de trois immeubles étudiés n’a pas diminué. A Toulon, les consommations d’un HLM de 51 logements n’ont pas baissé significativement. Le montant des factures a progressé de 30% avant et après la pose de compteurs individuels et le pourcentage d’impayés s’est avéré très élevé, les abonnements étant considérés comme trop chers par certains abonnés.

Bien que les contextes soient chaque fois différents, l’étude souligne qu’à l’étranger, des changements tarifaires se sont souvent soldés par des échecs. Selon Bernard Barraqué, en Flandres belges, une tarification par blocs croissants (volume initial gratuit de 15 m3/personne/an) a eu des «effets nettement régressifs» car les ménages les plus riches sont dans cette zone géographique ceux qui ont le plus d’enfants. Ils sont donc avantagés par rapport aux catégories sociales fragiles.

Finalement, le chercheur estime que l’aide sociale liée aux services d’eau, qui ne peut être introduite dans le cas d’un comptage collectif, doit être apportée en France dans le cadre d’une aide générale non spécifique à l’eau (diminution de loyer, augmentation des aides au logement…).


dimanche 7 septembre 2008

Etude internationale sur le prix de l'eau

Une étude internationale portant sur le prix de l’eau dans quinze pays industrialisés, réalisée par le cabinet NUS Consulting, place l’Allemagne en tête du classement avec 3,01$ par m3.

Les Français sont eux facturés 1,99$ par m3 et les américains 0,74$par m3. Il eut été intéressant de recouper ces résultats avec les différentes options de politiques de gestion de l'eau, des indicateurs de performance, etc.

Car si l'idée répandue, mais jamais, à notre connaissance, scientifiquement attestée, veut que la municipalisation de l'eau signifie un prix plus bas, il faut s'intéresser à cette remarque d'un internaute américain, qui conteste l’article publié par la journaliste Erica Gies le 12 août dernier, dans lequel elle affirmait que la privatisation de l’eau dans certaines villes avait détérioré la situation et amené à une augmentation du prix, ce qui expliquerait que de plus en plus de villes annulaient leurs contrats avec les compagnies.

Il réplique en retour que la journaliste a « confondu la privatisation et les partenariats public-privé » et que les villes qu’elle cite sont sous ce dernier type de contrat, et proportionnellement en forte augmentation, donc quoi qu'il en soit « propriétaires de leurs systèmes de l’eau. » Il en conclut que ces communes sont « elles-seules responsables de l’augmentation des taxes. »

D'où les deux questions suivantes : d'une part, est-il pertinent d'utiliser ces études comparatives de prix pour les communiquer au grand public dans la mesure où elles ne prennent pas en compte les modes de financement du traitement de l'eau (et notamment les subventions, comme c'est le cas en Espagne par exemple)? D'autre part, si les partenariats publics-privés explosent dans le pays où l'eau est la moins chère, faut-il cristalliser la discussion sur le mode de gestion de l'eau à adopter plutôt que sur celle de juste prix ?

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