vendredi 22 août 2008

Au Rwanda, l'eau potable apaise les vieilles tensions

Dans l'est du Rwanda l’adduction d'eau potable limite le nombre de maladies et dissipe les soupçons. Les villageois, qui buvaient l'eau des marais, impropre à la consommation, puis accusaient leurs voisins de les empoisonner, gèrent désormais ensemble cette eau qu'ils qualifient de "perle blanche".

Dans le district de Rwamagana, à l'est du Rwanda, les tensions qui régnaient, surtout entre rescapés et les familles de présumés génocidaires, commencent à diminuer grâce à l'adduction d'eau potable qui alimente plus de 2 500 ménages. "Les travaux de construction nous ont rapprochés les uns des autres. Nous nous entraidions sans arrière-pensées. Cette eau va renforcer nos liens", se félicite Bernardin Mulindahabi, chef de zone Rubona-Mwulire. "Les gens découvrent petit à petit que nombre de morts et de maladies étaient dûes à la consommation et à l'utilisation des eaux impropres des fossés et des marais", note un habitant d'Umudugudu.
De son côté, un médecin souligne que la population des plateaux du centre du district de Rwamagana connaît depuis longtemps des maladies diarrhéiques ou des déshydrations récurrentes par manque d'eau potable. Une version à laquelle les villageois ont tardé à adhérer... "Depuis longtemps, chaque camp touché par des maladies des mains sales (vers intestinaux, choléra ou diarrhées) soupçonnait l'autre de l'empoisonner", témoigne un villageois de Mwulire. La méfiance s'est développée au lendemain du génocide de 1994. "Avec mon voisin, notre long conflit a commencé quand je lui ai refusé les quelques litres d'eau qu'il me demandait. Il n'a pas voulu comprendre que je n'en avais pas assez", témoigne un habitant de Bicumbi. "Nous ne nous affrontons pas à la borne-fontaine comme nous le faisions au ruisseau quand quelqu'un venait à s'imposer pour puiser le premier. Nous sommes très liés pour l'entretien de notre eau", se félicite-t-il.

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