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mercredi 28 octobre 2009

L’eau, source de conflits frontaliers - article de Jean-Louis Lemarchand


La revue Géopolitique dans sa dernière livraison trimestrielle d’octobre 2009, propose treize articles qui portent sur les différents aspects d’actualité de l’eau, traitant aussi bien des questions stratégiques que d’exemples régionaux , au Moyen-Orient, en Afrique ou en Chine.
Dans ce numéro 107, Géopolitique dresse notamment un panorama des risques de conflits entre pays pour l’accès à l’eau. L’aspect stratégique de l’eau et la nécessité d’une coopération internationale ont été affirmés lors du Forum mondial de l’eau de mars dernier à Istanbul.
« Rien n’indique que l’absence de conflits dans le passé offre la même garantie pour le futur ». Sous une formulation diplomatique, un haut fonctionnaire du Ministère de l’Ecologie, Jacques Sironneau, évoque les risques existant des guerres pour l’eau. Une mise en garde qui ouvre le dossier spécial consacré à l’eau dans ses aspects internationaux par la revue Géopolitique dans sa dernière livraison trimestrielle d’octobre.
Tout l’intérêt de ce panorama réside dans une présentation des situations existantes en soulignant la persistance des zones de tension pour les ressources en eau partagées –Turquie et Syrie, Egypte et Soudan, Israël et Palestine et Syrie, Chine et Tibet, Mexique et Etats-Unis…- et l’émergence de nouvelles zones de tension potentielles –Inde avec le Népal et le Bangladesh, Chine avec le Cambodge.
Un chiffre suffit à mesurer l’ampleur de la conflictualité : sur les 263 bassins fluviaux internationaux, 158 accusent une carence en termes de coopération. Autrement dit, la vision bilatérale l’emporte majoritairement sur une approche multilatérale, à l’évidence plus équilibrée.
Le récent Forum mondial de l’eau, tenu à Istanbul en mars 2009, a mis l’accent dans ses conclusions sur « la mise en œuvre d’une gestion intégrée des ressources en eau au niveau des bassins dans chaque pays et si approprié dans le cadre d’une coopération internationale ». Le champ des possibles est ouvert, il est large.
Dans le monde, observe Jean-François Donzier, directeur général de l’Office international de l’eau, 15 % des pays dépendent à plus de 50 % des ressources en eau d’autres pays amont. Pour certains, cette dépendance dépasse même les 2/3 : Pays-Bas, Luxembourg, Syrie, Roumanie, Egypte, Hongrie, Bulgarie, Paraguay, Soudan…

Pour tout contact Institut International de Géopolitique, 27, Quai Anatole France. 75007.
instit.geopol@wanadoo.fr

lundi 26 octobre 2009

Chantal Jouanno pose la première pierre du forum mondial de l’eau de Marseille en 2012

Représentant le Ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo, la Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Chantal Jouanno, a signé la convention cadre établissant officiellement un partenariat entre l’Etat, la ville de Marseille et le Conseil mondial de l’eau en vue de l’organisation du 6e Forum mondial de l’eau à Marseille en 2012.
Le 15 octobre, devant un auditoire de plus de deux cents acteurs du monde de l’eau, parmi lesquels le Dr HAN Seung-soo, ancien Premier Ministre coréen et envoyé spécial des Nations unies pour le climat en 2007 et 2008, Chantal Jouanno a marqué, avec le maire de Marseille Jean-Claude GAUDIN, le président du Conseil mondial de l’eau et l’ambassadeur délégué à l’environnement, le début formel du processus qui mènera jusqu’à la tenue du Forum au printemps 2012 à Marseille.
En présence également d’élus locaux, Chantal Jouanno a rappelé la détermination d’une ville et de la France à faire de ce 6ème forum mondial de l’eau un événement international coopératif et convivial, avec deux exigences : « mettre l’accent sur une nouvelle gouvernance autour du modèle du Grenelle de l’environnement, et porter avec vigueur la thématique du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement. »
La Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie a reconnu les progrès indéniables accomplis depuis le premier forum mondial de l’eau en 1997, mais elle a aussi rappelé que près d’un milliard d’êtres humains sont encore privés d’eau potable. Au total, ce sont 2 millions de personnes qui meurent encore chaque année des maladies liées à l’absence d’eau ou à l’eau souillée, à quoi s’ajoutent la fragilité des cultures, la déstabilisation d’écosystèmes ou encore la perte sèche de biodiversité.
Pour Chantal Jouanno, le 6ème forum mondial de l’eau devra constituer non seulement une tribune pour faire porter encore plus loin la voix des quelque 39% de la population qui n’aura pas accès à une eau propre en 2030 si rien n’est fait d’ici là, mais également une véritable transition vers la reconnaissance d’un droit universel d’accéder à l’eau et à l’assainissement.
Selon Chantal Jouanno, « c’est dans cet esprit que l’Etat, la ville de Marseille et le Conseil mondial de l’eau vont travailler, en étroite coopération avec tous les acteurs de tous les continents, pour faire de ce 6ème forum mondial de l’eau un événement tout à la fois humble, car à l’écoute, et ambitieux, car agissant. »

mercredi 8 juillet 2009

Le Cemagref en pointe pour réduire la consommation hydrique agricole


A Montpellier, des chercheurs consacrent leurs travaux à la réduction de la consommation d'eau dans l'agriculture, qui absorbe dans le monde 70% de l'eau douce consommée annuellement, avec l'objectif de "valoriser chaque goutte" de cette ressource vitale.

Les travaux de ces chercheurs du Cemagref (institut de recherche pour l'ingénierie d'agriculture et de l'environnement) suivent deux axes principaux: expérimenter un nouveau mode d'irrigation basé sur "un goutte à goutte enterré" et promouvoir, notamment au Maghreb, une reconversion de l'irrigation classique, par rigole, vers le goutte à goutte de surface.

Le récent Forum mondial de l'eau, à Istanbul, a mis en évidence que le temps de l'eau facile était révolu sur cette planète soumise à la double pression de la croissance démographique - la population devrait passer de 6,5 milliards d'humains aujourd'hui à 9 milliards en 2050 - et du réchauffement climatique.

Réduire la consommation d'eau dans l'agriculture tout en augmentant la production alimentaire, "c'est le grand challenge", analyse Sami Bouarfa, chercheur au Cemagref.

Dans l'arboriculture et le maraîchage, le "goutte à goutte de surface", avec des tuyaux à même le sol, a déjà fait ses preuves. En limitant l'évaporation, cette technique "permet de réaliser une économie de 50% d'eau par rapport à l'irrigation par rigoles, et de 15% par rapport à l'irrigation par aspersion (jets), couramment pratiquée en France", souligne Sami Bouarfa.

Mais elle est incompatible avec le passage d'engins de labours ou de récolte sur les terres semées de céréales, qui représentent en France environ 50% des cultures sur les terres arables.

Il est donc indispensable d'enterrer les tuyaux, ce qu'expérimente depuis deux ans le Cemagref à Montpellier, où des parcelles de blé, d'orge et de maïs sont cultivées avec les trois techniques d'irrigation: aspersion, goutte à goutte de surface et enterré. Objectif: analyser et comparer la croissance de la plante, les quantités d'eau utilisées, les rendements de la céréale, et enfin modéliser sur ordinateur les données recueillies.

Avec le goutte à goutte enterré, 10% d'eau pourraient encore être économisés par rapport au goutte à goutte de surface, assure Pierre Ruelle, agronome au Cemagref.

"Ce n'est pas négligeable mais cela risque de ne pas suffire", souligne Sami Bouarfa.

Car dans le monde, l'irrigation gravitaire - par rigoles - est de loin la technique la plus utilisée. Mais elle est souvent à l'origine d'un grand gaspillage.

Participer à la conversion des agriculteurs au goutte à goutte est donc une autre mission que mènent, notamment au Maroc, avec les autorités et les chercheurs marocains, les équipes du Cemagref et du CIRAD.

Dans ce pays, un million d'hectares sont irrigués en gravitaire et l'enjeu est d'en convertir plus de la moitié au goutte à goutte classique, d'ici 2020.

Un défi dans la mesure où les agriculteurs sont habitués à submerger leurs cultures, note Sami Bouarfa. Par ailleurs, pour les petits exploitants, le passage au goutte à goutte représente un risque économique, même si le Maroc accorde jusqu'à 60% de subventions pour l'équipement.

Mais ce sont eux qu'il faut convaincre, car ce sont les plus nombreux et ils occupent les plus grandes surfaces. C'est là un vrai enjeu, dit Sami Bouarfa.

vendredi 19 juin 2009

Marseille choisie pour accueillir le Forum Mondial de l'eau 2012

Info de dernière minute : Suite à notre post du 4 juin sur le prochain Forum mondial de l'eau, nous apprenons à l'instant que le board du World Water Council a choisit aujourd'hui la ville de Marseille pour accueillir le prochain World Water Forum de 2012. Actuellement réunit à Madrid, le board a majoritairement choisit (28 voix pour Marseille et 6 pour Durban) la capitale phocéenne pour accueillir le prochain Forum. Pour en savoir plus sur le Water World Forum, sa fiche Wikipédia.

jeudi 4 juin 2009

Le prochain forum mondial de l’eau à Marseille ?

La secrétaire d'Etat chargée de l'Écologie Chantal Jouanno, accompagnée d'une délégation, a présenté le 18 mai à Genève la candidature de la France et de la ville de Marseille à l'organisation du 6ème forum mondial de l'eau en 2012.


Accompagnée d'un représentant du Ministère des Affaires étrangères et européennes ainsi que des élus de la cité phocéenne et dirigeants de la société des Eaux de Marseille, Chantal Jouanno a rencontré hier la commission d'évaluation du Conseil mondial de l'eau qui décidera quelle ville succédera à Istanbul, organisatrice du 5e Forum mondial de l'eau en mars dernier.


Cette candidature de la France s'inscrit dans la continuité des actions menées lors du 5e Forum mondial de l'eau, a indiqué le Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire. Le Partenariat Français pour l’eau qui regroupe les acteurs français de l’eau intervenant à l’international (ministères, ONG, entreprises, collectivités territoriales, organismes de bassin et organisations scientifiques et techniques.) y avait notamment défendu la création d'un droit à l'accès à l'eau et à l'assainissement. Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire et Chantal Jouanno avaient également mis l'accent sur le ''nécessaire'' renforcement de la gouvernance internationale et ''l'importance'' de trouver un accord sur les modalités de gestion des bassins transfrontaliers, a rappelé le Ministère.


La France est en concurrence avec l'Afrique du Sud qui a présenté la candidature de Durban. La Ville de Marseille est également candidate pour accueillir le Congrès mondial des aires marines protégées de 2013.

lundi 23 mars 2009

Déclaration finale du forum mondial de l’eau et premier bilan


Le premier constat à tirer de cet événement de première importance est un constat de frustration : peut-être à cause de la crise financière, le forum mondial a insuffisamment pu attirer l’intérêt du grand public, et créer « l’onde de choc » que nous espérions, en vue d’une prise de conscience des problématiques liées à l’eau. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a jugé dimanche "choquant" ce manque de mobilisation politique au niveau international sur la question de l'eau. On ne peut que la rejoindre : "il est choquant de voir que, pour la première cause de mortalité dans le monde, il n'y a pas plus de mobilisation politique", a-t-elle déclaré à l'AFP de retour du 5e Forum mondial de l'eau, qui s'est achevé dimanche à Istanbul. "Il faudrait que les politiques s'impliquent beaucoup plus sur le sujet", a-t-elle ajouté, tout en se félicitant que la France se soit "particulièrement mobilisée" à Istanbul.
Mme Jouanno et le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, ont participé aux débats de ce Forum, qui a rassemblé plus de 25.000 personnes. Il s'est achevé dimanche sur une déclaration affirmant notamment la nécessité d'améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement à travers le monde, mais ne retenant pas la notion de "droit à l'accès à l'eau", réclamée par nombre d'ONG et plusieurs pays, dont la France. A ce sujet, le sénateur français Jean-François Legrand, qui animait à Istanbul un collège d'environ 300 parlementaires originaires de près de 90 pays, a jugé la déclaration ministérielle "incolore, inodore et sans saveur". Le Partenariat français pour l’eau a aussi « déploré » que la notion de droit à l’eau ne figure pas dans la déclaration finale, ce qui montre le soutien large que l’idée obtenait, puisque le Partenariat rassemble 33 membres, parmi lesquels des ONG (Action contre la faim, Secours catholique, Coalition Eau des ONG…), des entreprises (Veolia et Suez par l’intermédiaire de la FP2E – Fédération des entreprises professionnelles de l’eau…), les organisation représentantes des collectivités territoriales, les agences de l’eau, etc.
En ce qui concerne la "diplomatie de l'eau", la déclaration est aussi décevante. Or, compte tenu de l’accroissement prévu du stress hydrique, il faut s’attendre à une concurrence pour cette ressource vitale dans le futur. Comme le notait le rapport de l’ONU présenté lors du lancement du forum, "les conflits liés à l'eau peuvent survenir à tous les niveaux (…). Des conflits locaux liés à l'irrigation sont fréquents [...], des conflits se produisent aussi au niveau des cours d'eau transfrontalier". Sur ce point, la France est mobilisée : elle avait annoncé avant le forum sa volonté de voir ratifier la convention des Nations Unies sur les cours d'eau transfrontaliers. Adoptée en 1997, elle n'est à ce jour pas entrée en vigueur, faute d'avoir atteint la barre des 35 ratifications nécessaires. On peut la lire ici.
La déclaration ministérielle finale, non contraignante, énumère un certain nombre d'engagements : faire des économies d'eau, en particulier dans le domaine agricole, lutter contre la pollution, des cours d'eau comme des nappes phréatiques. Elle affirme en outre la nécessité de collecter et de traiter les eaux usées, au-delà de l'indispensable accès aux toilettes.

dimanche 22 mars 2009

Vers la création d’un fonds d’investissement international ?

300 parlementaires présents au Forum mondial de l’eau se sont réunis mercredi pour partager leurs positions sur l'impact des changements climatiques, l'accès à l’eau potable et à l’assainissement, les investissements, la géopolitique… Au terme du dialogue animé par Jean-François Le Grand, Sénateur de la Manche et représentant officiel de la France, les parlementaires ont établi leurs recommandations en la matière.
Ils appellent ainsi à la création d’une instance de régulation internationale : le Parlement Mondial de l'Eau (World Water Parliament) et d’un fonds d’investissement. Ce dernier serait alimenté par les budgets nationaux des pays développés à hauteur d’1 % du budget eau et destiné aux pays en voie de développement. En effet, bien que centrale à de nombreux secteurs, l'eau n'est qu'une question parmi d'autres pour ces pays. Résultat, le pourcentage du budget consacré par les gouvernements et l'aide publique à ce domaine ne représente que près de 5% du flux total de l'aide. La priorité doit être donnée à des investissements, publics comme privés, permettant la réalisation d’infrastructures durables, précisent les parlementaires.
Mais cette aide financière ne sera pas suffisante : les parlementaires considèrent en effet comme prioritaire d’établir des programmes de coopération dépassant la simple aide financière et incluant une aide technique des pays développés.

Ils conseillent par ailleurs d’encourager la décentralisation de la gestion de l’eau au niveau des autorités locales, d’affirmer le rôle des femmes dans la société civile afin qu’elles puissent s’impliquer dans la gestion des ressources en eau ou encore de mettre en place une législation reconnaissant le droit à l’eau et à l’assainissement.

En résumé, le forum pourrait se conclure par des avancées en direction d'une augmentation des investissements dans le secteur de l'eau, ce qui pourrait être un résultat non négligeable. On sera cependant encore loin de la résolution du problème mondial de l'eau.

La France a été active sur ce dernier point. Elle a pour cela installé pendant le Forum un bureau d’aide pour les pays qui n’ont pas de législation sur l’eau afin d’apporter l’expertise française en la matière.

vendredi 20 mars 2009

Le Forum mondial de l’eau s’attaque à la corruption

Pour la première fois, le 19 mars, une session officielle du Forum mondial de l'eau a été consacrée à la question de la corruption dans le monde de l’eau. La corruption absorbe au moins 30 % des budgets publics consacrés à l'eau dans les pays en voie de développement. De plus, sa présence ralentit considérablement les volontés d’investissement dans le secteur.

Pour optimiser l’effort international, "récupérer l'argent détourné serait déjà un grand progrès", affirme M. Tropp, président du Réseau pour l'intégrité dans l'eau. Ce qui rend le secteur très sujet aux détournements, est que les intervenants y sont nombreux.

La corruption s’exerce ainsi à tous les échelons d’une longue chaîne : des structures administratives et collectivités locales chargées de la gestion de l'eau, jusqu’aux employés chargés du contact avec le consommateur. "On paie pour obtenir un raccordement, la réparation d'une fuite, ou pour que l'employé du service d'eau ne vienne pas relever votre compteur ou oublie d'envoyer votre facture", explique Donal O'Leary, de l'association Transparency International.

La corruption est aussi liée à la détérioration du milieu naturel : des dessous de table sont versés pour "couvrir" une pollution industrielle, pomper sans contrôle dans un fleuve ou une nappe, etc. "Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable : personne ne peut dire qu'il n'a jamais connu cela et ne le connaîtra jamais, affirme Antoine Frérot, le PDG de Veolia Eau. Mais les entreprises peuvent mettre en place des procédures pour empêcher la corruption, ou au moins la rendre plus difficile."

Une volonté qui devra introduire de profonds changements dans les modes d’aministration et les mentalités des pays en voie de développement.

jeudi 19 mars 2009

Aidez-nous à suivre le forum mondial de l’eau !

Vous trouvez sur Infos-eau, du 16 au 22 mars, toutes les actus à chaud de la vie du forum ; vous pouvez nous envoyer vos contributions en commentant nos articles ou à mon adresse : julia.yster@gmail.com


mercredi 18 mars 2009

Propositions françaises pour le forum mondial de l’eau

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Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno et le Partenariat français pour l’eau (PFE) ont présenté à la presse, le 9 mars, les propositions de la France pour le prochain Forum mondial de l’eau qui se tiend à Istanbul, en Turquie, du 16 au 22 mars 2009. Elles porteront tout particulièrement sur :


- l’assainissement dans les mégapoles ;

- l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous ;

- la gestion de l’eau par bassin : la réponse aux enjeux géopolitiques de l’eau ;

- les crises de l’eau : une priorité de l’agenda climatique.

Le Partenariat Français pour l’Eau - PFE a été créé le 22 mars 2007, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau et suite au 4ème Forum Mondial de l’Eau de Mexico en 2006, pour contribuer à relever les défis mondiaux de l’eau et de l’assainissement pour tous au 21ème siècle. Le PFE est présent sur la scène internationale avec ses partenaires des autres pays pour proposer des solutions concrètes et inciter à leur prise en compte effective dans les politiques de l’eau.

Le PFE rassemble les acteurs français de l’eau intervenant à l’international : ministères, ONG, entreprises, collectivités territoriales, organismes de bassin et organisations scientifiques et techniques. Il a été créé par 33 membres fondateurs et compte actuellement une soixantaine de membres. C’est un forum d’échanges sur la gouvernance et la gestion des ressources en eau qui contribue à mettre l’eau à l’ordre du jour de l’agenda international et à maintenir l’attention des décideurs politiques sur les défis de l’eau, notamment les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Rappelons qu’en 2000, la communauté internationale s’est engagée à atteindre les huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) afin de réduire de moitié la pauvreté d’ici à 2015. Le 7e objectif intitulé "Assurer un environnement durable" vise à réduire de moitié la population sans accès à l’eau potable et à un assainissement de base.

A l’occasion de cette conférence de presse, le ministre de l’écologie à otamment annoncé que la France allait ratifier la convention de l’ONU sur les cours d’eau transfrotaliers. En effet, bien qu’adopté en 1997, cette conventio n’est toujours pas entré en vigueur.


"La France a décidé de ratifier la Convention", a déclaré M. Borloo.

"Nous allons mobiliser tous nos amis, européens en particulier mais pas seulement, pour arriver à une ratification de ce texte", a-t-il expliqué.

La "Convention sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation" a été adoptée par l'assemblée générale des Nations unies en mai 1997. Pour entrer en vigueur, ce texte doit être ratifié par 35 Etats. Seuls 16 l'ont fait à ce jour.

Il prévoit en particulier que les Etats utilisent les cours d'eau internationaux de manière "équitable et raisonnable".

lundi 16 mars 2009

Ouverture du forum mondial de l’eau à Istanbul

On espère que les résultats seront à la hauteur de la taille de l’événement : des dizaines de milliers d’experts, plus de 180 pays sont presents à Istanbul pour traiter du dossier brûlant de l’eau dans le monde. 
Dans un contexte de crise mondiale qui rend plus difficile le financement des grands projets d'infrastructure, l’urgence est de convaincre les politiques de continuer à investir dans l'accès à l'eau, mais aussi de l'importance du traitement des eaux usées et de l'accès à des toilettes pour les populations des pays en développement. Au total, 2 milliards de personnes n'ont pas de latrines correctes proches de chez elles. La moitié de la population mondiale vit en ville et 85 % des eaux usées dues aux activités humaines sont évacuées dans la nature sans épuration. Cette situation, comme on ne cesse de le marteler sur ce blog, a des conséquences sanitaires effroyables, scandaleuses. Dans les pays en développement, 80 % des maladies sont liées à l'eau, et 3 millions de personnes en meurent toujours.
Sous l'égide des Nations unies, vingt-six agences de l'ONU ont rédigé et rendu public la semaine dernière le troisième rapport mondial sur les ressources en eau. Il montre qu'il faudrait entre 90 et 150 milliards de dollars, chaque année dans le monde, pour construire et entretenir les systèmes d'adduction, d'évacuation et d'irrigation performants. Sur le continent africain, le manque d'accès à une eau de qualité et à des infrastructures sanitaires de base engendre des pertes estimées 28,4 milliards de dollars par an, soit près de 5 % du PIB. Des chiffres qui restent ridicules face aux enjeux humanitaires.
Dans son discours d'ouverture, le président du Conseil mondial de l'eau, le Français Loïc Fauchon, a lancé une mise en garde contre le gaspillage dans le contexte actuel du réchauffement climatique et de la crise économique.
« Nous sommes responsables des agressions commises contre l'eau, responsables de ces évolutions du climat qui viennent s'ajouter aux changements globaux, responsables des tensions qui réduisent la disponibilité des masses d'eau douce indispensables à la survie de l'humanité », a-t-il déclaré.

samedi 14 mars 2009

Ouverture le 16 mars du 5ème forum mondial de l’eau


Le 5ème Forum mondial de l’eau, le plus grand évènement au monde du secteur de l’eau, se tiendra à Istanbul, en Turquie, du 16 au 22 mars 2009. Il mettra en avant la crise de l’eau sur la scène politique internationale. Organisé tous les trois ans, le Forum rassemble des parties prenantes de tous horizons dans le but de trouver des solutions durables aux défis mondiaux de l’eau. Cette année, avec plus de 3 000 organisations présentes et plus de 20 000 participants, le Forum rassemblera des chefs d’état internationaux, des représentants des Nations Unies, des ministres, des parlementaires, des représentants de collectivités locales et de gouvernements, ainsi que des professionnels de l’eau, des activistes et d’autres parties prenantes. Au cours du Forum de cette année, le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau sera publié et donnera un état des ressources en eau douce.


Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, les deux-tiers de la planète se trouveront dans une situation de stress hydrique d’ici à 2025 si la consommation d’eau continue au même rythme. « L’objectif du 5ème Forum mondial de l’eau Istanbul 2009 est de définir des mesures pour améliorer la gestion mondiale des ressources en eau », explique le Professeur Dr. Oktay Tabasaran, le Secrétaire général du Forum. « Ce qui ne peut être possible que grâce à une prise de conscience plus grande sur l’importance des questions liées à l’eau. Cependant, la prise de conscience mondiale doit être accompagnée d’actions telles que des règlementations et des financements, actions qui sont encouragées par le Forum. »


Cette année, à travers son Initiative pour un Forum écologique, le Forum mondial de l’eau plantera un arbre pour chaque participant. En outre, le Pacte d’Istanbul pour l’eau a nommé des « Villes championnes » unies dans leur engagement dans la gestion des ressources en eau urbaine face aux changements mondiaux. Les Villes championnes comprennent Brisbane, en Australie ; Stuttgart, en Allemagne ; Vienne, en Autriche ; Paris et Strasbourg, en France ; Rotterdam, aux Pays-Bas ; Buenos Aires, en Argentine ; Lausanne, en Suisse et Istanbul, en Turquie.


Cette année, la Turquie est le lieu idéal pour le Forum en raison de sa situation au carrefour entre plusieurs continents, régions, cultures et civilisations : elle est en harmonie avec le thème du Forum, « Bridging Divides for Water » (établir des passerelles entre nos divergences).


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