Affichage des articles dont le libellé est montée océans. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est montée océans. Afficher tous les articles

vendredi 26 février 2010

L’île de Wright en voie de disparition ?

Après l’hiver brutal que nous venons de vivre, on ne peut nier que le changement climatique est une réalité. Pendant les prochaines décennies, nous allons devoir faire face aux conséquences de ce changement climatique.
Bien que les débats soient toujours brûlants quant à savoir si le changement climatique vient de l'homme ou est le résultat de variations naturelles du climat de la Terre, il existe un large consensus parmi les scientifiques pour dire que le niveau des mers devrait s’élever considérablement. On parle même d'un mètre dans le Solent (bras de mer séparant l’île de Wright de l’Angleterre) d’ici une centaine d’années.
L’Agence de l'Environnement de l’île de Wright a récemment averti que si les défenses côtières actuelles ne sont pas maintenues, plus de 480 habitations et entreprises dans les zones basses ont un risque sur 200 d’être inondées dans l’année. Et avec le niveau des mers qui augmente, ce nombre pourrait passer à 730 foyers et entreprises au cours des 100 prochaines années. L'agence a récemment fait des propositions au Conseil de l’île concernant la lutte contre la menace d'inondation et d'érosion côtière.
Si l’on en croit les projections de l'Agence de l'Environnement, toute l'étendue du littoral entre Yarmouth et Ryde est menacée par des inondations.

Ces cartes sont un exemple de ce que deviendront les villes de Ryde et Yarmouth si aucune mesure n’est prise pour consolider les défenses contre les inondations.

John O ' Flynn, gestionnaire du Solent, estime que le budget, uniquement pour assurer le maintien de défenses contre les inondations de l'île se situe entre £ 80.000 et £ 120.000 par an. En effet, de nombreux moyens de protection ont d’ores et déjà été mis en place : des pont-de-marée, des pompes, un mur de mer sans compter les travaux entrepris pour réparer les dégâts dus à l'érosion.
Cependant, il est très difficile d’évaluer le coût de nouvelles infrastructures qui protègeraient l'île si le niveau de la mer venait à augmenter au cours du prochain siècle. Comme il le déclare : «Tout dépend de la rapidité avec laquelle la mer montera et de la résistance des défenses installées».
A savoir maintenant si les décisions politiques qui seront prises au cours des prochaines années accepteront de prendre en charge des coûts si important.
Il semble que les communautés, le gouvernement central, et les développeurs vont tous à avoir à assumer les coûts des travaux de prévention des inondations s’ils ne veulent pas voir l’île se dissoudre lentement, comme une pastille d’aspirine…
Source : County press

jeudi 8 octobre 2009

De la montée des océans

Alors que la reprise des négociations climatiques, en décembre à Copenhague, devrait focaliser l'attention sur les projections d'élévation de la hauteur des mers, les marégraphes d'Europe du nord notent depuis longtemps une baisse continue du niveau de l'océan... Pour le béotien, de telles observations semblent trancher avec le pessimisme des experts. Elles ne font, en réalité, que refléter la diversité des mécanismes en jeu. Pour cause de réchauffement, les eaux s'élèvent en moyenne de 3,3 mm par an. Mais cette montée des eaux est perturbée - tantôt compensée, tantôt aggravée - par des phénomènes d'origine géologique difficiles à appréhender. Et qui compliquent une question épineuse : comment monteront les océans d'ici à 2100 ?
En 2007, le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) tablait sur une augmentation moyenne comprise entre 18 cm et 59 cm. Mais, s'agissant des calottes glaciaires, cette estimation tenait uniquement compte de leur fonte prévisible. Elle ignorait un phénomène encore peu documenté au moment de la rédaction du rapport : le glissement des glaciers du Groenland et de l'Antarctique vers la mer. Ce mécanisme est aujourd'hui reconnu comme majeur. Selon les travaux d'Eric Rignot (université de Californie à Irvine), l'inlandsis du Groenland perd environ 300 milliards de tonnes (Gt) de glace par an ; l'Antarctique en relâche quelque 200 Gt. Soit environ 500 Gt de glaces polaires qui s'écoulent, chaque année, dans la mer.
A prendre en compte cette glissade des glaciers polaires, on noircit forcément le tableau. En mars, plusieurs centaines de climatologues réunis dans la perspective de la reprise des négociations climatiques ont rendu publique une mise à jour des connaissances sur la question. Les nouvelles estimations d'élévation moyenne globale du niveau de la mer, précisaient-ils, "sont de l'ordre du double" de celles émises en 2007 par le GIEC.
Y a-t-il pour autant consensus sur la question ? "A l'heure actuelle, beaucoup de mes collègues hésitent à accepter cette estimation parce que d'une part elle fait peur, et que d'autre part nous ne pouvons pas prévoir si les tendances actuelles vont se maintenir, diminuer ou augmenter, dit M. Rignot. Je crois important de noter qu'un mètre de montée du niveau des mers d'ici à 2100 ne relève pas de la science-fiction puisque les calottes polaires sont déjà sur cette trajectoire." Au rythme actuel, précise le chercheur, elles provoqueraient à elles seules "une élévation de 60 cm à 80 cm à la fin du siècle", la fonte des glaciers de montagne et l'expansion thermique des océans (la dilatation des eaux due au réchauffement) se chargeant d'ajouter encore quelques centimètres.
Le débat, parfois vif, n'est pas illégitime. Car l'océan réserve parfois des surprises. Au début de l'année, une équipe de chercheurs français exploitant des données satellitaires et le réseau de bouées océanographiques Argo, a ainsi observé qu'entre 2003 et 2007, le rythme d'élévation de l'océan avait ralenti. De 3,3 mm par an en moyenne entre 1993 et 2003, il était passé, entre 2003 et 2007, à 2,5 mm par an.
Les auteurs ont eu le fin mot de cette étrangeté. "Entre 1993 et 2003, le principal contributeur de la hausse du niveau marin était l'expansion thermique de l'océan, explique Anny Cazenave (Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales), principal auteur de ces travaux. A partir de 2003, ce phénomène a, semble-t-il, marqué une pause, tandis que la fonte des glaciers d'altitude et la réduction des calottes glaciaires devenaient dominantes, responsables d'environ 80 % de la hausse observée." Reste que malgré la contribution accrue des glaces, la "pause" intervenue dans le réchauffement de l'océan a ralenti la hausse des océans. Pour le climatologue Edouard Bard (Collège de France), "il ne s'agit là que d'une petite fluctuation de l'océan comme on en a déjà observé par le passé, en 1998 par exemple". De plus, les dernières mesures du niveau moyen global de la mer suggèrent que cette "pause" s'achève et que l'océan monte, à nouveau, à un rythme supérieur à 3 mm par an.
Dans certaines régions pourtant, il persiste à baisser. "Au Canada et en Scandinavie, par exemple, on mesure des baisses du niveau de la mer de l'ordre d'un centimètre par an", explique M. Bard... Cette bizarrerie n'est pas, elle, due au changement climatique actuel. Pas plus qu'aux caprices de l'océan. Elle tient à un phénomène, baptisé "rebond postglaciaire", provoqué par la dernière déglaciation, il y a plusieurs milliers d'années. "Il y a 20 000 ans, lors du dernier maximum glaciaire, il y avait des calottes de glace de 4 et 2 km d'épaisseur sur l'Amérique et l'Europe du Nord, explique M. Bard. En fondant, ces énormes masses de glace ont provoqué un réajustement de la croûte et du manteau terrestres."
Cette lente remontée de la croûte est encore sensible dans les hautes latitudes. Ce que les marégraphes des pays nordiques enregistrent n'est donc pas, stricto sensu, une baisse du niveau de la mer, mais une élévation locale de la croûte terrestre, plus rapide que celle de l'océan ! Ailleurs sur le globe - notamment sur les côtes françaises atlantiques et méditerranéennes -, la même relaxation "postglaciaire" du manteau est responsable d'un affaissement des terres émergées, d'où une montée relative des eaux plus importante.
A ce "rebond" s'ajoutent d'autres phénomènes. Qui, eux aussi, peuvent accroître la vulnérabilité de certains littoraux. Dans certains bassins, l'océan stocke plus de chaleur que dans d'autres et, localement, s'y dilate plus. Dans certaines régions, le sol s'enfonce à la suite du pompage de l'eau ou de l'exploitation pétrolière... D'autres mécanismes sont contraires à l'intuition. "Lorsqu'une grosse calotte glaciaire perd de la glace, cela fait augmenter le niveau marin moyen, mais autour de la calotte, la mer descend, explique ainsi M. Bard. Tout simplement parce que la calotte exerce alors une force d'attraction gravitationnelle moindre sur les eaux qui sont autour !"
L'un des objectifs nouveaux de la communauté océanographique, dit Mme Cazenave, "est de bâtir un modèle intégré, tenant compte des effets climatiques mais aussi de tous les autres, pour pouvoir prévoir la montée des eaux à l'échelle locale, pour les vingt, cinquante ou cent prochaines années". Une gageure.

Source : Le Monde
Annuaire RSS Fluxenet