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lundi 11 janvier 2010

Bataille sur le devenir des boues de dragage

Le devenir des boues de dragage des ports du Morbihan est l’objet, depuis deux ans, d’un bras de fer entre administrations et associations environnementale. Une première manche est en voie d’être perdue par ces dernières : à partir de la mi-janvier doit commencer une deuxième phase du dragage des boues du port de la Trinité-sur-Mer et de leur immersion par clapage dans le golfe du Morbihan.
« Le programme se poursuit conformément à ce qui a été décidé en préfecture », explique Gérard Le Tréquesser, président du syndicat mixte des ports du Morbihan. Visiblement agacé de devoir sans cesse s’expliquer sur ce dossier épineux, il dit préférer le terme « vases » au mot « boues », car « les vases des ports sont pleines de vie ». D’après les études menées par le laboratoire In Vivo et l’Ifremer, ces sédiments « ne contiennent pas de métaux lourds », poursuit-il. L’Ifremer émet toutefois des doutes concernant la présence de TBT (tributylétain), ce qui alarme les associations environnementales, au premier rang desquelles l’association Sémaphore.
Leur opposition au clapage sera probablement sans effet pour le devenir des boues de la Trinité ; elle aura cependant entraîné la suspension des projets de dragage des autres ports, comme ceux du Crouesty à Arzon et de Port Haliguen à Quiberon. Leur devenir devra être décidé par une Commission de suivi des dragages des ports de l’Est du Morbihan, créée mi-novembre 2009 et composée de représentants des collectivités territoriales, de la préfecture et d’associations.

Cette Commission devra sans doute s’inspirer des orientations du Grenelle de la mer, qui a donné lieu à la rédaction d’un Livre bleu : stratégie nationale pour la mer et les océans, validé par le Premier Ministre le 7 décembre 2009. Ce Livre bleu, qui regroupe les propositions des groupes de travail, stipule que « s’agissant des boues de dragage, il s’agit tout à la fois d’interdire le rejet en mer des boues de dragage polluées et de favoriser la mise en œuvre des meilleures pratiques d’entretien des espaces portuaires et chenaux d’accès (dragage, rejet des déblais), de développer les approches innovantes dans la valorisation des sédiments de dragage (réutilisation), d’améliorer les techniques de tri, et de favoriser le développement de filières économiques de traitement, y compris le traitement à terre des rejets les plus pollués. »

source : hydroplus

lundi 12 octobre 2009

Un Vaisseau futuriste pour tout savoir des océans

C'est une chimère devenue rêve, un rêve devenu réalité. Dans deux ans, la station Sea Orbiter se jettera à l'eau. Ce géant fuselé de 51 mètres de hauteur dont 31 sous l'eau, sorte de crustacé du futur aux antennes dressées vers le ciel, se promènera six mois en Méditerranée pour des tests ultimes, avant de prendre définitivement le large et de dériver au gré du Gulf Stream.
Il y a du Jules Vernes dans cette aventure, mais aussi la volonté de porter l'héritage des grands pionniers, de La Pérouse (1741-1788) au commandant Cousteau, au côté de qui Jacques Rougerie, concepteur de Sea Orbiter, a fait ses premiers pas sous-marins. Depuis, notre homme a construit des maisons sous la mer (Galathée au Japon, Hippocampe au Mexique), conçu des centres comme Océanopolis à Brest et Nausicaa à Boulogne-sur-Mer avant de naviguer sur le trimaran transparent Aquaspace.
Enthousiasmé par Sea Orbiter, Jean-Louis Borloo, le ministre de l'écologie, lui a donné un sérieux coup de pouce avec le Grenelle de la mer. Et le Président de la République l'a définitivement adoubé dans son discours sur la politique de la mer fin juillet, au Havre. Pour autant ce projet français, qui doit permettre d'observer les grands fonds en continu, «est une plateforme internationale», insiste Jacques Rougerie.
Le comité d'éthique est là pour en témoigner avec, parmi les membres, Dan Goldin, un ancien administrateur de la Nasa, ou encore le Norvégien Kjell Holden, vice-président de Marintek, le plus grand centre d'essais en bassin de carène, qui a délivré le permis de naviguer à Sea Orbiter. Mais on y trouve également l'astronaute Jean-Loup Chrétien, Henri-Germain Delauze, le président de la Comex, ou encore Patricia Ricard, la présidente de la Fondation océanographique Paul-Ricard…
Avec dix-huit personnes à bord, dont une poignée de permanents, Sea Orbiter sera une plaque tournante de chercheurs de tous horizons, en relation permanente avec l'Ifremer, partenaire scientifique, qui travailleront sur les liens entre le climat, les gaz à effet de serre et les océans, mais également sur les grands mouvements migratoires des poissons, la biologie marine…
«Sea Orbiter pourra également se mettre en position fixe, notamment à proximité des montagnes sous-marines», s'enthousiasme Jacques Rougerie. «On pourra alors envoyer un drone d'observation capable de descendre à 3 000 mètres de profondeur»,ajoute-t-il.
Ce vaisseau sera également équipé d'un module pressurisé qui servira de simulateur spatial. De quoi «permettre à un équipage de six astronautes de la Nasa ou de l'Agence spatiale européenne (ESA) de tester leurs capacités à vivre en milieu extrême et à effectuer, à l'intérieur comme à l'extérieur, des tâches similaires à celles qu'ils devront effectuer dans l'espace», précise encore le document de présentation. Enfin, une grande part sera accordée à l'éducation des jeunes.
Les appels d'offres pour la construction de Sea Orbiter vont être lancés prochainement avec un budget de 35 millions d'euros. La mise en chantier est prévue fin 2010, et la mise à l'eau un an plus tard.


vendredi 31 juillet 2009

Grenelle de la mer : un plan pour l'énergie « bleue »

Le Grenelle de la mer est entré en juillet dans sa phase finale avec la réunion des tables rondes associant les représentants de toutes les parties prenantes - Etat, patronat, syndicats, collectivités locales et associations écologistes - en présence de Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, et de Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie. A partir de la synthèse de la consultation du public, qui vient de s'achever, l'objectif est de procéder aux arbitrages définitifs devant déboucher sur une série d'engagements permettant d'élaborer une stratégie nationale de la mer et du littoral qui s'inscrive clairement dans une perspective de développement durable.
Parmi les mesures intéressant les collectivités, relevons qu'un "plan énergies bleues" a été acté. Objectif : un développement des énergies marines à hauteur de 6.000 mégawatts d'ici 2020. Le caractère "urgent" de ce plan a été mis en avant. Dès lors, des premières actions concrètes débuteront dès 2012. Un site pilote de développement sera créé dans chaque collectivité de littoral concernée par ce potentiel énergétique. Une enveloppe de 50 millions d'euros mobilisée sur le fonds démonstrateur de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) sera affectée en vue de financer ces actions. Et un centre de compétences sera créé, "un peu sur le modèle écossais", a précisé Jean-Louis Borloo. "Ces projets concernent tout particulièrement l'Outre-mer, où un accord a été trouvé pour viser 50% d'autonomie énergétique dans chaque Dom, la Réunion étant d'ores et déjà en bonne voie pour y parvenir, a ajouté le ministre. Ils vont aussi permettre de créer au plus vite trois sites d'hydroliennes, avec un appel à projets lancé dès 2010, mais aussi de développer des éoliennes flottantes et des installations produisant de l'énergie à partir de la houle". Denez Lhostis, représentant de la fédération France nature environnement (FNE), a salué ce consensus trouvé sur les énergies marines.
Sur un autre enjeu auquel les territoires et acteurs locaux seront associés, aux côtés des pouvoirs publics, entreprises, organisations syndicales et ONG ayant fait pression sur le sujet, il a été décidé de mettre en place une véritable filière française de démantèlement des navires en fin de vie, tant pour les flottes civiles que militaires. Quant aux "ports du futur", ils seront écocertifiés et éventuellement développés en off-shore, une solution qui reste à étudier.
Par ailleurs, un consensus a émergé sur les aires marines protégées. Il s'agit de faire à terme de la moitié de ces aires des réserves de pêche et des zones de préservation des ressources halieutiques, avec un passage progressif à 10% d'entre elles d'ici 2012, puis 20% en 2020. "Une dizaine d'aires seront donc classées très vite zones sensibles", a précisé le ministre de l'Ecologie. "C'est une bonne nouvelle à condition de ne pas atteindre ces quotas dans le seul but de les remplir, mais bien de le faire en se souciant de la cohérence territoriale et biogéographique", a ajouté Sébastien Genest, président de FNE. Selon des représentants de Greenpeace, ces outils de gestion que sont les aires marines fonctionnent déjà bien dans certaines régions comme la Corse et la Bretagne. Il s'agirait donc de s'en inspirer tout en prolongeant plus pleinement cette démarche.
Autre nouveauté : la création d'une agence nationale de l'archipel de France a été actée. Selon David Guyomard, chargé de mission au Comité national des pêches maritimes et des élevages marins de la Réunion, la création de cette structure dont il reste à préciser les contours et missions serait "une chance pour le développement des capacités et de l'innovation en Outre-mer". Cette agence permettrait en effet de mieux "fédérer, mutualiser et optimiser les initiatives prises dans nos territoires vis-à-vis de leurs bassins océaniques et maritimes".
Enfin, au sujet de la pollution de la mer par des macrodéchets, dont le statut légal reste à ce jour flou, un certain consensus a également pointé, sans que des engagements clairs ne soient néanmoins pris. "Il le faudrait afin que le traitement de ces déchets ne soit plus supporté par les seules communes du littoral, alors même que ces déchets peuvent venir des terres, a précisé Cendrine Templier, directrice adjointe de la Surfrider Foundation. D'autant qu'une directive européenne est en cours visant à faire reconnaître que ces macrodéchets sont une pollution et donc deviennent, à ce titre, un critère de bon ou mauvais état écologique des eaux."
Faisant écho à ce Grenelle de la Mer, le président, dans son discours du 16 juillet dernier au Havre sur les ambitions maritimes françaises, s'est engagé dans la voie du développement durable en définissant un nouveau principe "protéger les ressources naturelles de la mer pour mieux les exploiter de manière durable." À cette fin, il s'est engagé à " renforcer puissamment notre expertise scientifique sur l’état des ressources naturelles marines, à fonder la totalité de nos décisions publiques de gestion de ces ressources sur la base d’avis scientifiques fiables, indépendants et partagés." Deux des mesures principales issues du Grenelle de la Mer ont été annoncées par le président :
- Soutenir la mise en place de moratoire sur les espèces pêchées les plus en danger, comme le thon rouge pour lequel le Grenelle de la Mer demande son inscription à l'annexe 1 de la CITES afin d'en interdire le commerce international.
- Instaurer, d'ici à 2020, 20% d’aires marines protégées sur les eaux de l'espace maritime français qui est le deuxième territoire maritime mondial derrière les Etats-Unis (11millions de km2) et dont seul 0,6% est protégé actuellement.
De plus, afin d'accroître l'action de l'Etat en Mer, le président souhaite la création d'une fonction spécifique de "garde-côte", dédié notamment à la lutte contre les pollutions en mer et la pêche illégale.
Enfin, le président a, dans la ligne du Grenelle, souligné le "potentiel prodigieux des énergies marines" comme " source d’énergies nouvelles entièrement renouvelables", citant des exemples comme les éoliennes offshore ou l'utilisation de l'énergie de la houle et des courants. Pour faciliter la Recherche et développement sur ces énergies renouvelables, il souhaite la mise en place d'une "plate-forme technologique" menée par l'IFREMER.

mercredi 10 juin 2009

Journée mondiale de l'océan le 8 juin


La Journée mondiale de l'Océan a lieu tous les 8 juin sous l'égide de la Commission Océanographique Intergouvernementale de l'UNESCO. Cette journée a été proposée lors du Sommet de Rio en 1992 par le Canada.
Le thème de cette journée est "l'Océan et les changements climatiques" autour du slogan "Un climat, un océan, un futur".
Son but est de sensibiliser le public à l'importance de l'océan pour l'humanité ainsi qu'aux impacts de nos gestes quotidiens sur l'environnement marin, dont les richesses sont inestimables mais en danger.
L'Océan joue un rôle essentiel dans la régulation des climats, la qualité de l'air et de l'eau. Les océans représentent 70 % de la surface de la Terre soit 360 millions de km2.
Environ 97 % de l'eau est disponible sur le globe terrestre. Les océans abriteraient de 10 à 100 millions d'espèces dans les grandes profondeurs. Seules 1.746.000 environ sont recensées de nos jours.

Il faut aussi ajouter que l'eau de...mer est constituée de 96,5 % d'eau pure. Les 3,5 % restants sont constitués des substances suivantes : sel, gaz dissous, substances organiques et particules solides. Le chlore et le sodium représentent 85 % des substances dissoutes.
Selon le directeur du Centres d'études de la mer à l'Institut catholique de Paris, Christian Buchet, la mer représente déjà 315.000 emplois directs sans compter le tourisme. Il pourrait facilement constituer 5 à 6% du produit intérieur brut, contre 3%

Les premières Journées de la Mer, qui coïncident avec la Journée mondiale de l'Océan, seront fêtées du 8 au 14 juin. Plus de 150 manifestations sont prévues en France.
Pour Jean-Louis Borloo, le ministre du développement durable, il ne fait aucun doute que "la mer sauvera la terre. Nous allons en faire le sujet prioritaire de la décennie qui vient".
Grâce à ses territoires outre-mer, la France possède le deuxième domaine maritime mondial (11M km2).

Le Grenelle de la Mer pourrait permettre d'arrêter un mode de gestion, sous une tutelle unique. Mardi (9 juin), quatre groupes de travail rendront leur copie au ministère. Puis des tables rondes rassembleront au début de l'été, les représentants des cinq collèges: Etat, collectivités, syndicats, patronats et associations.






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