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jeudi 19 novembre 2009

Le nucléaire algérien adossé à la plus grosse réserve d’eau douce du monde


On le sait trop peu, mais un réacteur nucléaire de 1300 Mwatts exige 43 mètres cube d'eau / seconde pour son refroidissement... il va sans dire que le potentiel hydrique d'une région est donc une condition sine qua non à toute nouvelle implantation. Surtout quand on pense à opter pour la technologie française de troisième génération qui utilise l’EPR, un système de réacteur à eau pressurisée, qui consomme jusqu'à 50 mètres cube / seconde.
En Algérie, la majorité des centrales nucléaires que compte construire le pays à l’horizon 2028, seront installées sur les zones d’affleurement de la nappe albienne, très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), et qui semblait être inépuisable.
La nappe albienne est l’une des plus grandes sources d’eau potable de la planète. Mais elle n'est pas renouvelable. Elle est actuellement exploitée dans la région de Touggourt pour l’irrigation des périmètres agricoles. Selon les études prospectives faites par les autorités algériennes, les dix réacteurs nucléaires en projet dans la zone des hauts plateaux vont en principe couvrir les besoins du pays en matière de consommation énergétique. Mais quel sera l'impact pour cette réserve d'eau douce ? Ce programme d'équipement n'aurait-il pas dû être pensé en articulation avec les grandes infrastructures de dessalement qui se construisent sur le littoral algérien ?

jeudi 3 septembre 2009

L'Asie souffre d'un manque d'irrigation

Le doublement attendu, d'ici à 2050, de sa demande alimentaire, place l'Asie devant un redoutable défi. Faute de pouvoir étendre ses surfaces cultivées, l'amélioration de l'irrigation est le principal moyen d'y répondre. C'est ce que conclut un rapport publié par l'Institut international de gestion de l'eau (IWMI), mardi 18 août, à l'occasion de la Semaine mondiale de l'eau, qui s’est tenue à Stockholm. Aditi Mukherji, coauteur du rapport et spécialiste de la question de l'eau, en explique les grandes lignes. Nous reproduisons ici les principaux éléments de l'interview qu'elle a accordée au Monde :

Quelle est l'ampleur du défi que l'agriculture asiatique doit relever d'ici à 2050 ?
La population devrait augmenter de 1,5 milliard en Asie d'ici à 2050, passant de 3,5 à 5 milliards d'habitants. Il faudra fournir assez de nourriture à cette population, mais l'Asie n'a plus de terres disponibles pour étendre ses cultures. Et il n'y aura pas plus d'eau disponible qu'aujourd'hui. Le défi est de produire plus de nourriture avec autant d'eau et de superficie, et donc d'augmenter la productivité de l'agriculture.

Quelles sont les solutions ?
On ne peut pas beaucoup compter sur l'agriculture pluviale pour produire davantage de nourriture. Et importer des aliments n'est pas une solution acceptable politiquement. Il faut donc faire porter l'effort sur l'irrigation. L'Asie a les plus grands systèmes d'irrigation au monde. Ils ont été conçus dans les années 1950 et 1960. Ils étaient une composante essentielle de la révolution verte. Mais ils n'ont pas évolué depuis les années 1980, et n'ont pas été bien entretenus.

Pourquoi ?
Ils étaient conçus dans le but de stimuler la production de céréales, et les gestionnaires ont gardé la maîtrise du débit d'eau. Mais le prix des céréales a chuté et, de plus en plus, les paysans ont cultivé des plantes procurant un meilleur revenu, des légumes par exemple. Mais ces cultures requièrent une autre gestion de l'eau, et les paysans ont investi dans des pompes. On a donc maintenant un système d'irrigation qui n'est pas utilisé à son plein potentiel.
La situation est-elle identique dans toute l'Asie ?
Pas tout à fait. En Asie centrale, les experts en irrigation, qui étaient surtout russes, sont repartis en Russie. En Inde et en Chine, les systèmes ont été beaucoup mieux maintenus par l'Etat.

Comment rendre l'irrigation plus productive ?
Il faut améliorer sa précision, en développant les méthodes de goutte-à-goutte et en rendant les lâchers d'eau beaucoup plus flexibles. Il est nécessaire de changer l'état d'esprit des responsables, pour qu'ils pensent davantage aux besoins des utilisateurs. Il faut aussi accompagner l'innovation paysanne : les systèmes d'irrigation ne fonctionnent pas bien, et pourtant la production agricole continue à croître. L'explication de ce paradoxe, comme l'a montré notre recherche, c'est que les paysans innovent. Ils adaptent leur mode de culture aux contraintes hydriques, et ont investi dans leurs propres systèmes, notamment dans les pompes. Il y a eu ainsi une énorme augmentation de l'irrigation par l'eau tirée des nappes phréatiques dans toute l'Asie. On peut parler d'une révolution silencieuse.
Mais ils ont aussi créé des mares, pour avoir de l'eau disponible, ou multiplié les dispositifs de recueil des précipitations pendant la saison des pluies. Il ne faut pas s'opposer à ce que font les paysans, mais les aider à s'améliorer.

Mais n'y a-t-il pas surconsommation de l'eau souterraine ?
Si l'Etat ne peut pas leur apporter de l'eau au moment nécessaire, les paysans n'ont pas d'autre ressource que de pomper l'eau. Ce qu'il faut, c'est améliorer les procédés de recharge des nappes d'eau souterraines.

Les gouvernements sont-ils assez attentifs à ces questions ?
Oui, depuis la crise alimentaire de 2008. Il y a une prise de conscience accrue que l'agriculture a été négligé

samedi 29 août 2009

La GRA : Le projet pharaonique de la Libye…


Pour ceux qui aurait suspendu leur abonnement à Libé en cette période ou plus rien n’a d’importance que la couleur du ciel et la température de la belle bleue prenez le temps de lire l’article que nous a livré Christophe Ayad, le 13 aout. Pour mémoire, Christophe est un vrai spécialiste du monde arabe et de l’Afrique, auteur notamment d’un ouvrage sur la Géopolitique de l’Egypte, lauréat du Prix Albert-Londres pour plusieurs de ces reportages sur l’Irak, Dubaï et le Rwanda. Son article « A fond perdu » relate l’histoire du projet de la Grande rivière artificielle que le pouvoir Libyen annonçait comme la solution à tous les maux de la Libye, mais qui n’avait pas considérer le fait que les technologies les plus performantes du monde ne peuvent rien si on ne sait pas « planter des c
houx »… une expérience à méditer…

« La Grande rivière artificielle, projet démesuré de Kadhafi censé puiser l’eau fossile du Sahara vers les terres cultivables de la Libye, n’aura fait naître que de faux espoirs et… quelques tomates.
En anglais, on l’appelle The Great Man Made River. Mais les esprits facétieux n’ont pas tardé à trouver un jeu de mot : «The Great Mad Man River.» La Grande rivière artificielle (GRA) devenant ainsi le «fleuve du grand homme fou». Ce n’est pas complètement faux, tant le projet est le fruit de l’obsession d’un seul homme : le colonel Kadhafi, qui pense avoir bâti, la «huitième merveille du monde». Rien de moins. Hormis l’aspect esthétique qui ne saute pas aux yeux, l’effort était, il est vrai, titanesque. La GRA est en effet le plus important ouvrage de génie civil jamais réalisé au monde. La rivière en question n’a rien de bucolique : elle se présente sous la forme d’un réseau de plus de 4 000 km de tuyaux de 4 mètres de diamètre et 7,5 mètres de long, destinés à amener l’eau fossile du Sahara, pompée par des centaines de puits de forage, vers les terres cultivables et la côte méditerranéenne de la Libye.

D’autres chiffres puisque les exploits se mesurent plus qu’ils ne s’analysent ? Il faudra, à terme, un demi-million de ces tubes géants pour achever la GRA. Les 5 millions de tonnes de ciment utilisées pour le projet auraient permis de construire une route reliant Syrte, au centre de la Libye, à Bombay, en Inde. La somme des forages effectués dans le désert pour pomper l’eau fossile représente 70 fois la hauteur de l’Everest. Quant aux sommes engagées, elles relèvent du secret d’Etat, mais les estimations vont de 35 à 80 milliards de dollars sur un quart de siècle.

Mais pour les Libyens, cette accumulation presque vertigineuse ne dit rien du changement majeur qu’a introduit al-nahr al-senaeï al-azim (la GRA, en arabe) dans leur vie. Ce pays de 6 millions d’habitants - dont 20 % d’immigrés - pour 1,7 million de km2, est à plus de 90 % un désert aride. L’essentiel de la population se concentre sur une étroite bande côtière longue de 1 800 km. Il pleut moins de 200 mm d’eau par an. Une goutte. En tout cas, absolument pas de quoi renouveler les nappes phréatiques qui alimentent les grandes villes de la côte méditerranéenne : la capitale Tripoli, mais aussi Benghazi, Syrte, Tobrouk, là où se concentre aujourd’hui 90 % de la population, à l’origine bédouine. Outre la déplétion des nappes locales, les infiltrations d’eau de mer les rendent de moins en moins propres à la consommation. Or, les besoins de la population libyenne sont évalués à 5 milliards de mètres cubes par an. Beaucoup trop par rapport aux rares ressources immédiatement disponibles.
C’est dans les années 70 que le bouillant colonel Kadhafi a eu sa «vision» de la Grande rivière artificielle. Une manière pour lui de se poser en nouveau leader du monde arabe, comme son idole Gamal Abdel Nasser qui avait marqué les esprits en construisant le haut barrage d’Assouan. Une manière aussi de s’imposer à la tête du Sahel, l’arrière-cour africaine de la Libye, en réalisant le rêve de tous ces pays souffrant gravement de pénurie d’eau.

Quelle est l’idée ? Tout simplement pomper l’eau souterraine de l’immense désert libyque et l’utiliser pour transformer son pays en une oasis verdoyante et surtout produisant de quoi se nourrir. A l’époque, celui que l’Occident considère comme son ennemi public numéro 1, est obsédé par l’idée de devenir autosuffisant. Il n’aura pas complètement tort puisque l’attentat de Lockerbie (270 morts) contre un avion de la Pan Am en 1988 au-dessus de l’Ecosse, vaudra à la Libye d’être soumise à un long embargo - limité toutefois aux armes, à l’aéronautique et aux investissements pétroliers.

Dès le début des années 80, donc, la Jamahyriya - encore un concept forgé par Kadhafi dans son petit Livre vert et qui signifie «la République des masses» - se lance dans le projet de la GRA. Ironie de l’histoire, les études sont confiées à un bureau d’ingénierie américain, Brown & Root, filiale de Halliburton, le géant du BTP et des services que dirigea un temps Dick Cheney, le vice-président de George W. Bush et l’un des néoconservateurs les plus faucons de cette administration. Pour contourner les sanctions américaines visant la Libye, Brown & Root fut obligé de sous-traiter le contrat à son bureau londonien. Au milieu des années 90, nouvelle tuile : la presse fait état de rapports des services de renseignements selon lesquels les gigantesques tuyaux de la GRA pourraient servir à abriter des troupes, des bases de missiles ou des usines d’armement chimique. Qu’à cela ne tienne, la GRA sera construite vaille que vaille et elle devrait être achevée, en temps et en heure, l’année prochaine… plus de vingt-cinq ans après sa conception. Le coût est exorbitant - jusqu’à 17 % du PIB certaines années, notamment quand les cours du pétrole étaient bas, comme dans la décennie 80 - mais personne n’ose remettre en cause le projet fondateur du régime.
Planter les choux

C’est un consortium coréen, Dong Ah, qui a construit l’essentiel des canalisations. Le forage des puits a été confié à une entreprise brésilienne, Braspetro. Mais le pompage se révèle plus compliqué que prévu et la Libye est obligée de faire appel à la Lyonnaise des eaux pour pomper le précieux liquide souterrain.

Car les eaux souterraines du Sahara ne sont pas forcément stockées dans des piscines naturelles qu’il suffirait de découvrir et de pomper. Cette eau fossile, issue de l’époque où le Sahara n’était pas un désert, il y a plusieurs dizaines de milliers d’années, repose entre 800 et 1 500 mètres de profondeur. Mais elle est parfois emprisonnée dans des micropoches, rapidement épuisées, parfois mêlée à du sable et des boues, ce qui rend le pompage cher et problématique. Autre inconvénient : la nappe souterraine déborde largement les frontières de la Libye, s’étendant sous l’Egypte, le Tchad, le Soudan et l’Algérie. Ces pays accepteront-ils longtemps que la Libye épuise à elle seule cette ressource hautement stratégique et non renouvelable. Car, à la différence des nappes phréatiques côtières, l’eau du Sahara n’est pas renouvelable. Or, les estimations sur la «durée de vie» de la Grande rivière artificielle sont très variables. Plusieurs centaines d’années, jurent les experts libyens. Un demi-siècle tout au plus s’accorde à dire la plupart des spécialistes de la question. D’autant que l’exploitation, déjà hors de prix, ne va cesser de se renchérir au fur et à mesure qu’il faudra déplacer les puits et creuser de plus en plus profond.

Jusque-là, le «fiasco» n’est pas évident et le lecteur arrivé à ce point de l’article se demande légitimement en quoi la Grande rivière du colonel Kadhafi est un prototype de ratage méritant de figurer dans le «Cahier d’été» de Libération. C’est que la GRA est une réussite technologique, qui n’aura servi à… rien au vu des objectifs affichés. Ce n’est pas tout d’avoir de l’eau, encore faut-il savoir planter les choux. Or, les retombées agricoles de la GRA se sont révélées quasiment nulles. Les Libyens, qui restent d’ataviques Bédouins, ne se sont pas mis à l’agriculture malgré les admonestations du Guide. Quant aux fermes collectives où ont été embauchés des milliers de fellahs égyptiens, elles ont toutes les peines à commercialiser leurs produits dans une économie socialiste, dont les prix sont fixés par l’Etat. Résultat, la Libye continue d’importer plus de 80 % de sa nourriture et les grandes villes côtières n’ont cessé de grossir, attirant toujours plus de provinciaux désireux de profiter du confort de la vie moderne et de l’eau courante… »

vendredi 23 janvier 2009

Le Partage de l'eau en Afrique

La population d’Afrique, qui compte 967 millions d’habitants, dont 53% ont moins de vingt ans, devrait atteindre les 2 milliards d’individus en 2050. C'est dire l'importance de la mise en place d'une gestion intégrée des ressources, qui aujourd'hui fait largement défaut. S'agissant de leur potentiel hydrique, les Etats d’Afrique manquent globalement de ressources pour s’adapter seuls au changement climatique et doivent mieux partager l’eau disponible pour nourrir leurs populations en pleine croissance.

L’Afrique, le continent le plus pauvre du monde, ne parvient pas toujours à nourrir une population à croissance rapide à cause d’un sous investissement, d’une mauvaise gestion agricole, et des sécheresses et des inondations de plus en plus fréquentes, la rendant dépendante des importations de nourriture.

Le coût de ces importations a augmenté fortement ces dernières années, passant de 10,5 milliards de dollars en 2005 à 49,4 milliards de dollars en 2008 à cause de l’augmentation des prix mondiaux des produits alimentaires, selon l’Organisation pour l’Agriculture et la Nourriture, la FAO des Nations Unies (Food and Agriculture Organization).

Cette augmentation exerce une pression considérable sur les budgets des Etats africains, dans des pays qui subventionnent les importations pour les rendre accessibles en termes de prix aux habitants.

Des 36 pays en proie à une crise alimentaire dans le monde, 21 se trouvent en Afrique. Le Programme Alimentaire Mondial (World Food Program) estime qu’environ un sixième de la population mondiale, soit environ un milliard d’individus, manque de nourriture.

La conférence des responsables d’Afrique qui s’est déroulée sur trois jours dans la ville libyenne de Syrte a recommandé aux gouvernements de renouveler une promesse déjà prise en 2003, de consacrer 10% du budget national à l’encouragement de la production agricole, telle que le souligne la déclaration finale de cette conférence.

Les sécheresses et les inondations étant de plus en plus communes, les représentants des états d’Afrique ont recommandé l’utilisation de systèmes d’irrigation plus modernes, qui stockent l’eau et la conduisent là où elle est nécessaire, lorsque c’est nécessaire.

Ils se sont aussi mis d’accord pour conclure des accords à une échelle plus importante que l’échelle régionale pour partager l’eau stockée dans les fleuves, les lacs et les nappes souterraines. La coopération au niveau continental devra être renforcée sur ces questions de gestion de l’eau.

Ce sera aussi le cas pour les prévisions météorologiques. Des systèmes d’avertissement devront être mis en place pour minimiser l’impact des sécheresses, de la désertification, des inondations et des invasions de vermine.

« Ensemble, nous devons trouver des mesures concrètes et efficaces pour répondre à la question de l’eau en Afrique, dans un esprit de responsabilité partagée » a déclaré Jacques Diouf, directeur général de la FAO. Les ministres d’Afrique ont également décidé d’établir des systèmes d’information à l’échelle du continent pour mieux coordonner la production agricole et rendre le commerce de biens plus efficient.

Les talents et les ressources permettant de rendre l’Afrique autonome existeront seulement si les gouvernements coopèrent pour gérer leur eau, d’après ce qu’ont déclaré les délégués.

« Il y a des pays qui ont progressé dans le domaine de la technologie et des ressources humaines mais ont un déficit dans le domaine des ressources naturelles tandis que d’autres ont des ressources naturelles abondantes et manquent de technologie et de ressources humaines » a déclaré Wafaa Sahli, directeur du développement urbain à la Communauté des Etats sahélo-sahariens.

Wafaa Sahli a également souligné que se n’est qu’en rassemblant ces ressources que l’Afrique pourra mettre un terme à une crise alimentaire persistante.



mercredi 22 octobre 2008

7.000 ha de champs irrigués avec des eaux usées au Maroc


A la périphérie de plusieurs villes du Maroc, des agriculteurs, malgré la loi, utilisent des motopompes mobiles pour irriguer leurs champs à partir du canal des eaux usées.

Ainsi, ce sont 7.000 ha de champs cultivés autour de centres urbains qui sont irrigués d’eaux usées non traitées. La loi est claire sur la question: en cas de flagrant délit, les agriculteurs fautifs sont passibles de poursuites judiciaires et leur motopompe confisquée.

Selon Omar Assobhei, professeur à l’université Chouaib Doukkali d’El Jadida et coordonnateur local du programme Medaware, «le risque sanitaire de cette pratique dépend du type de culture.

S’il s’agit de salades ou de légumes consommés crus, il y a danger pour la santé humaine. Dans le cas de l’arboriculture ou des cultures de céréales, de fourrages..., il n’y a pas de risque», explique-t-il.

Medaware, projet financé par l’Union européenne, a été justement mis en place au Maroc pour remédier à la situation. Initié en 2003, il est arrivé maintenant à terme.

Ce programme, qui s’est étalé sur cinq ans, consiste en le développement de systèmes urbains de retraitement des eaux usées et leur réutilisation à des fins agricoles.

A ce titre, il convient de signaler qu’au Maroc, à fin 2005, à peine la moitié des 72 stations de traitement d’eaux usées existantes est opérationnelle. Conséquence: sur les 600 millions de m3 d’eaux usées annuelles, moins de 8% sont traitées, soit environ 45 millions de m3.

Cette pratique d’irrigation des terres agricoles avec des eaux usées non traitées a été soulignée par un rapport de l’IWMI (Institut International de Gestion de l’Eau) lors de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm en aout 2008, comme nous l'expliquons dans notre article du 2 septembre.


mercredi 15 octobre 2008

Un plan pour les ressources d'eau du Yémen

Selon Hussein al-Junaid, adjoint au ministre de l'Eau et de l'Environnement, un plan vient d'être élaboré afin de renforcer les ressources en eau du pays et de rendre l'eau potable et l'eau d'irrigation plus accessibles. Ce plan a été conçu pour garantir une gestion efficace des ressources en eau et permettre la récupération des eaux de pluie grâce à la construction d'arrêts-barrages à eau, de petits barrages, de réservoirs en béton dans les vallées et de systèmes de récupération de l'eau à l'intérieur ou au-dessus des maisons.

Le plan ciblerait en premier lieu la ville de Sanaa et l'objectif est la récupération d'ici 2012 de 70% des eaux de pluie à Sanaa afin d'approvisionner le bassin et d'alimenter la ville en eau potable et en eau d'irrigation.

vendredi 19 septembre 2008

Bilan du congrès de l'eau de Montpellier

Le Congrès mondial de l'eau, s’est déroulé du 1er au 4 septembre à Montpellier, en présence des représentants de 125 pays et de 1 400 experts. Cette manifestation était organisée par l’Association internationale des ressources en eau (IWRA) en partenariat avec l'Institut languedocien de recherche sur l'eau et l'environnement, l'association VERSeau Développement et le Laboratoire hydrosciences de Montpellier.

Le thème principal de ce Congrès était « changements globaux et ressources en eau face à des pressions toujours plus nombreuses et diversifiées. »

Voici une petite vidéo de reportage sur le congrès :

http://www.lepost.fr/article/2008/09/05/1258391_xii-congres-mondial-de-l-eau-l-eau-a-la-bouche.html#xtor=RSS-33

Claude Allet, directeur de l'aménagement et du patrimoine de BRL (Compagnie Nationale d'Aménagement de la Région du Bas Rhône et du Languedoc), Jean-Michel Citeau, spécialiste de la gestion des bassins hydrographiques transfrontaliers, Sébastien Chazot, expert en hydrologie à BRL, et Jean-Claude Festor, directeur général adjoint de la région languedoc-roussillon en charge des aménagement portuaires, ont présenté le programme Aqua2020, qui est une démarche de prospective assez unique en France, que devraient réaliser de façon plus approfondie les agences de l’eau ou les comités de bassin pour préparer leurs schémas d’aménagement et de gestion des eaux. Le Languedoc-Roussillon va connaître une croissance démographique de 30% (soit environ 550 000 habitants en plus), ce qui pourrait conduire à une consommation supplémentaire de 60Mm3 par an. La tendance est à la décroissance de l’irrigation, mais il n’est pas certain que cette tendance perdure. Enfin, les milieux aquatiques sont dégradés ou en dangers (situation hélas relativement fréquente), d’où des objectifs pour appliquer la directive cadre européenne sur l’eau.

De nombreux autres posters ont été présentés, téléchargeables sur le site du Congrès.

A noter un élément important, qui est la prise de position de Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondial : selon lui, compte tenu des évolutions climatiques, « la gestion des ressources en eau de la planète doit être complètement repensée », rapporte le quotidien Le Monde en date du 4 septembre.

Le message du congrès résume les nouveaux enjeux de l’eau que constituent l’augmentation de la pollution et la concentration de la demande en eau dans l’espace (urbanisation).

Nous avons beaucoup entendu l’idée que les réponses doivent être données par les collectivités territoriales et que chaque situation est particulière. On sait combien la question de l'eau est politisée et confisquée en France par diverses idéologies : le rappel du congrès à une approche concrète, particularisée au niveau local nous parait extrêmement salutaire...

On peut voir le site officiel du Congrès ici .


mardi 2 septembre 2008

Nouvelle étude sur l’utilisation des eaux usées pour l’agriculture dans les pays en développement

Une étude de l'Institut de l'international de gestion de l’eau (IWMI) a démontré que les eaux usées non traitées sont massivement utilisées pour l'irrigation des terres agricoles dans les pays en voie de développement.

Lors de la semaine mondiale de l'eau qui s'est déroulée à Stockholm du 17 au 23 août, l'étude de l'IWMI a été rendue publique : dans 80 % des 53 pays en voie de développement recensés, les eaux usées non traitées ou partiellement traitées, issues des eaux industrielles, cuisines, toilettes... servent à arroser les cultures agricoles.

Ce mode d'irrigation présente des risques sanitaires pour les agriculteurs et les consommateurs des produits alimentaires issus de cette agriculture ; mais l'instauration de directives encadrant la qualité de l'eau pourrait pénaliser une population dépendante de l'agriculture urbaine pour survivre. Dans un contexte de rareté de l'eau et de crise alimentaire mondiale, ces pratiques paraissent inévitables.

Dans 70 % des villes étudiées, les eaux industrielles pouvant contenir tout type de substances chimiques nocives ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation d'eau.

Les pays qui n'ont pas les ressources pour traiter leurs eaux usées peuvent avoir recours à leur stockage dans les étangs, comme en Indonésie ou au Ghana, et doivent effectuer un lavage soigneux des produits alimentaires, préconise entre autre l'étude.

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