Affichage des articles dont le libellé est pays en voie de developpement. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pays en voie de developpement. Afficher tous les articles

samedi 2 mai 2009

La crise de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) sont universellement reconnus comme la région la plus sèche et la plus pauvre en eau dans le monde, et cette situation affecte de plus en plus le développement économique et social de la plupart des pays de la région. Avec 5 % de la population mondiale, MENA dispose de moins de 1 % des ressources d’eau douce du monde. Malgré ces caractéristiques, de nombreux pays continuent à utiliser des quantités considérables de ces rares ressources en soutenant des institutions publiques d'irrigation et d’adduction d’eau inefficaces.
Au niveau mondial, la quantité moyenne d’eau disponible est proche de 7 000 m3/personne/an, contre 1 200 m3 environ/personne/an pour la région. La région a la plus grande variabilité de précipitations au monde. En outre, alors que la population devrait passer de quelque 300 millions d’habitants aujourd’hui à 500 millions environ en 2025, les quantités disponibles par habitant devraient diminuer de moitié à l’horizon 2050. 
La provenance de l’eau varie d’un pays à l’autre. Certains pays, tels que l’Égypte et l’Irak comptent pour l’essentiel sur les eaux de surface issues des grands fleuves internationaux qui les traversent. D’autres, comme le Yémen, Djibouti et les États arabes du Conseil de coopération du Golf dépendent presque exclusivement des nappes souterraines et de la dessalinisation, tandis que d’autres encore utilisent à la fois l’eau de surface et l’eau souterraine. La plupart des pays mobilisent presque toutes les eaux de surface disponibles et une grande partie des principaux cours d’eau n’atteignent pas l’océan.
La région MENA est aussi particulièrement exposée aux effets du changement climatique du fait de ses disponibilités très faibles en eau et de ses niveaux de précipitations extrêmement variables, de sa forte dépendance à l’égard de l’agriculture, secteur sensible aux évolutions du climat, ainsi qu’à cause des fortes concentrations de population et d’activité économique dans des zones urbaines côtières soumises aux inondations. Les simulations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prédisent un accroissement de la variabilité des températures et des ressources en eau dans plusieurs pays de la région. Les eaux de précipitation enregistreront des diminutions allant jusqu’à 30 % d’ici à 2050. Ceci aura une incidence sur la production agricole et augmentera la forte dépendance de la région vis-à-vis des importations de produits alimentaires. Les modèles climatiques prévoient également une augmentation du niveau de la mer de plus de 0,5 mètre d’ici à la fin du siècle, exposant ainsi les zones côtières de basse altitude en Tunisie, aux Émirats Arabes Unis (EAU) et en Égypte à des risques particuliers.
Au cours des dernières décennies, les pays de la région ont réagi à la pénurie d’eau principalement en investissant considérablement dans les infrastructures. La couverture des réseaux d’alimentation en eau a augmenté de façon remarquable. Plus des trois quarts de la population des pays emprunteurs de la région MENA ont maintenant accès à de l’eau salubre et à des systèmes d’assainissement améliorés, bien que ces services soient souvent intermittents. De nombreux pays ont effectué des investissements majeurs dans les infrastructures de stockage de l’eau et ont beaucoup investi pour étendre leurs réseaux d’irrigation. En outre, la région occupe un poste avancé dans le monde pour l’application de technologies non traditionnelles telles que la dessalinisation et la réutilisation des eaux usées. Toutefois, ces investissements n’ont pas toujours été accompagnés par les réformes nécessaires sur les plans institutionnel et de l’action gouvernementale et ne génèrent pas souvent de rendements économiques optimums. Les politiques autres que celles relatives à l’eau créent des incitations pour une utilisation non efficiente de l’eau pour la production agricole, secteur qui utilise 85 % de l’eau de la région.
De nombreux problèmes structurels pénalisent la gestion des resources de la region. En premier lieu, l’utilisation excessive et inefficiente de l’eau : sept pays de la région utilisent plus d’eau que ne permettent leurs réserves renouvelables, et nombre d’entre eux gaspillent l’eau dont ils disposent. Les pays du Golf, par exemple, ont la consommation d’eau domestique par habitant la plus élevée au monde – atteignant plus de 600 litres par personne par jour, soit plus de deux fois la consommation moyenne aux Etats-Unis. Les fuites dans les réseaux urbains représentent souvent une perte de ressources de 40 à 50 %, et plus de la moitié des quantités d’eau prélevées pour l’agriculture n’atteignent pas les cultures qu’elles devraient irriguer.
Par ailleurs, les politiques mises en oeuvre jusqu’à present se sont révélées inefficaces : les politiques axées sur la sécurité alimentaire et le maintien de l’emploi dans les régions rurales ont conduit à la mise en place de mécanismes tarifaires et non tarifaires pour protéger l’agriculture. De ce fait, l’agriculture absorbe quelque 85 % de l’eau pour cultiver des produits agricoles que les pays auraient intérêt à importer parfois. L’eau détournée pour les besoins agricoles nécessite souvent des investissements coûteux pour pourvoir aux besoins de la consommation domestique et commerciale. Les politiques à caractère social sur le prix de l’eau compromettent le recouvrement des coûts, réduisent l’entretien, aggravent la qualité des services et constituent une menace pour la viabilité financière des services d’utilité publique dans de nombreux pays de la région.
Dans ce contexte, le recours excessif aux financements publics a sa part de responsabilité : les dépenses publiques consacrées à l’eau comptent pour 1 à 5 % du PIB dans la région et un quart des dépenses publiques d’investissement. Cependant, une grande partie des dépenses publiques ne génèrent pas toujours les bénéfices attendus. Les investissements sont parfois mal programmés (par exemple, des barrages peuvent se retrouver sans infrastructures d’irrigation pour exploiter l’eau emmagasinée) et le recouvrement insuffisant des coûts diffère les travaux d’entretien et de réhabilitation des installations. Seuls deux pays de la région disposent de services d’utilité publique qui couvrent leurs coûts opérationnels et de gestion (O&G) et la participation du secteur privé aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’irrigation reste encore modeste, sauf dans un nombre limité de cas, comme au Maroc, en Iran et aux EAU.

On observe parallèlement avec inquiétude la dégradation de la qualité de l’eau : l’insuffisance des équipements d’assainissement a contaminé les eaux de surface et les eaux souterraines, entraînant des conséquences préjudiciables sur l’environnement et la santé publique. En Iran, par exemple, les maladies et les décès imputables aux déficiences de la collecte et du traitement des eaux usées ont coûté à peu près 2,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2002 !


Il semble donc indispensable d’élaborer des plans pour la transformation des modes d’utilisation de l’eau pour l’agriculture. La population croissante et les changements climatiques réduiront inévitablement le volume d’eau douce disponible pour l’agriculture. Les paysans devront ainsi s’adapter lorsque les aquifères seront épuisées et que les eaux de surface deviendront trop aléatoires et/ou seront polluées, ou la transition pourra être atténuée et mise à profit dans une certaine mesure en mettant en œuvre des réformes des dispositifs juridique, financier et institutionnel propres à accroître la productivité de l’eau. Les pays auront peut-être besoin d’envisager des mécanismes de protection sociale notamment pour les ménages pauvres des zones rurales.
Par ailleurs, il est urgent d’améliorer les services de distribution d’eau et d’assainissement en milieu urbain. Les populations urbaines plus importantes exerceront une pression croissante sur les opérateurs pour qu’ils développent les services de distribution d’eau potable et d’assainissement domestique. L’amélioration des résultats dans le secteur de l’eau et l’assainissement est essentiellement un problème institutionnel. Les pays devront ainsi revoir les politiques tarifaires en vigueur, les réglementations, la coordination inter-sectorielle, ainsi que la gouvernance en ouvrant le secteur à la société civile.

jeudi 19 mars 2009

A Istanbul, le lien entre réchauffement climatique et gestion de l’eau au coeur de la réflexion

Soyons objectifs : jusqu'à présent, la lutte contre le réchauffement à travers la réduction des émissions de gaz à effet de serre s'est taillé la part du lion dans les medias, les politiques nationales et internationales. Ce fut d’ailleurs un des elements qui nous a decide à nous lancer dans l’aventure de créer un blog sur l’eau. Mais à Istanbul, le monde prend conscience qu’il faut aussi, dès maintenant, nous adapter aux effets du réchauffement effets, avec pour premier enjeu : garantir la sécurité hydrique de tous, ce qui est loin d’être acquis.
"Lutter contre le réchauffement, c'est assez simple, il suffit de réduire les émissions, relève Marloes Bakker, du Programme coopératif sur l'eau et le climat, citée par Le Monde. S'adapter à un climat changeant, c'est beaucoup plus compliqué."

Certaines pistes font l'unanimité, comme l'urgence d'améliorer la connaissance scientifique des régimes hydrologiques, insuffisante dans de nombreux pays, notamment en Afrique. D'autres sont très débattues, en particulier la multiplication de nouvelles retenues d'eau. Celles-ci présentent, selon leurs promoteurs, l'avantage de remplir de multiples usages : production hydroélectrique, stockage d'eau pour l'irrigation et l'approvisionnement en eau potable, prévention des inondations... "En Afrique du Sud, nous ne connaissons pas de pénurie, grâce à nos barrages et nos interconnexions entre les fleuves", plaide Mike Muller, professeur à l'université de Johannesburg et ancien responsable de la gestion de l'eau en Afrique du Sud. Au contraire, les opposants aux retenues d'eau contestent leur coût écologique et économique élevé, pour une efficacité incertaine. "Les barrages australiens sont vides, faute de pluie", rappelle Jamie Pittock, du Fonds mondial pour la nature (WWF).
Mais il existe aussi des "solutions douces". "On peut construire des retenues à petite échelle, des tanks, comme cela se fait en Inde", affirme Roberto Lenton. La recharge des nappes souterraines peut être artificiellement accélérée par l'homme. Elle peut aussi être facilitée par des plantations d'arbres et de végétaux, qui freinent le ruissellement de l'eau sur les sols.
La piste du "stockage virtuel" par le biais d'assurances sur le climat permettant de couvrir les pertes économiques des années sèches, est également explorée. Cette piste, qui tend à traiter la ressource-eau sur le même plan que des matières premières, nous semble un levier decisive pour l’harmonisation des politiques à l’échelle mondiale.

vendredi 23 janvier 2009

Le Partage de l'eau en Afrique

La population d’Afrique, qui compte 967 millions d’habitants, dont 53% ont moins de vingt ans, devrait atteindre les 2 milliards d’individus en 2050. C'est dire l'importance de la mise en place d'une gestion intégrée des ressources, qui aujourd'hui fait largement défaut. S'agissant de leur potentiel hydrique, les Etats d’Afrique manquent globalement de ressources pour s’adapter seuls au changement climatique et doivent mieux partager l’eau disponible pour nourrir leurs populations en pleine croissance.

L’Afrique, le continent le plus pauvre du monde, ne parvient pas toujours à nourrir une population à croissance rapide à cause d’un sous investissement, d’une mauvaise gestion agricole, et des sécheresses et des inondations de plus en plus fréquentes, la rendant dépendante des importations de nourriture.

Le coût de ces importations a augmenté fortement ces dernières années, passant de 10,5 milliards de dollars en 2005 à 49,4 milliards de dollars en 2008 à cause de l’augmentation des prix mondiaux des produits alimentaires, selon l’Organisation pour l’Agriculture et la Nourriture, la FAO des Nations Unies (Food and Agriculture Organization).

Cette augmentation exerce une pression considérable sur les budgets des Etats africains, dans des pays qui subventionnent les importations pour les rendre accessibles en termes de prix aux habitants.

Des 36 pays en proie à une crise alimentaire dans le monde, 21 se trouvent en Afrique. Le Programme Alimentaire Mondial (World Food Program) estime qu’environ un sixième de la population mondiale, soit environ un milliard d’individus, manque de nourriture.

La conférence des responsables d’Afrique qui s’est déroulée sur trois jours dans la ville libyenne de Syrte a recommandé aux gouvernements de renouveler une promesse déjà prise en 2003, de consacrer 10% du budget national à l’encouragement de la production agricole, telle que le souligne la déclaration finale de cette conférence.

Les sécheresses et les inondations étant de plus en plus communes, les représentants des états d’Afrique ont recommandé l’utilisation de systèmes d’irrigation plus modernes, qui stockent l’eau et la conduisent là où elle est nécessaire, lorsque c’est nécessaire.

Ils se sont aussi mis d’accord pour conclure des accords à une échelle plus importante que l’échelle régionale pour partager l’eau stockée dans les fleuves, les lacs et les nappes souterraines. La coopération au niveau continental devra être renforcée sur ces questions de gestion de l’eau.

Ce sera aussi le cas pour les prévisions météorologiques. Des systèmes d’avertissement devront être mis en place pour minimiser l’impact des sécheresses, de la désertification, des inondations et des invasions de vermine.

« Ensemble, nous devons trouver des mesures concrètes et efficaces pour répondre à la question de l’eau en Afrique, dans un esprit de responsabilité partagée » a déclaré Jacques Diouf, directeur général de la FAO. Les ministres d’Afrique ont également décidé d’établir des systèmes d’information à l’échelle du continent pour mieux coordonner la production agricole et rendre le commerce de biens plus efficient.

Les talents et les ressources permettant de rendre l’Afrique autonome existeront seulement si les gouvernements coopèrent pour gérer leur eau, d’après ce qu’ont déclaré les délégués.

« Il y a des pays qui ont progressé dans le domaine de la technologie et des ressources humaines mais ont un déficit dans le domaine des ressources naturelles tandis que d’autres ont des ressources naturelles abondantes et manquent de technologie et de ressources humaines » a déclaré Wafaa Sahli, directeur du développement urbain à la Communauté des Etats sahélo-sahariens.

Wafaa Sahli a également souligné que se n’est qu’en rassemblant ces ressources que l’Afrique pourra mettre un terme à une crise alimentaire persistante.



jeudi 6 novembre 2008

EriK Orsenna publie la suite de son ouvrage sur le coton : « l’avenir de l’eau »


Erik Orsenna publie « L’avenir de l’eau », suite de son ouvrage sur le coton. Interrogé par le magazine Challenges, il insiste sur la diversité des situations d'accès à l'eau de par le monde : « Il n'y a pas de crise globale de l'eau, mais des tensions locales. L'eau explique l'articulation entre le global et le local. Economiser de l'eau au Canada ne résoudra pas le problème du Maghreb. Récupérer la rosée du brouillard dans le désert qui permettra à un village d'avoir 1 000 litres le matin est une solution locale. L'eau, c'est lourd et fragile, donc il n'y a pas de marché global. Dans le monde vers lequel on s'achemine, il n'y aura pas de solution unique. » Et de souligner que la situation actuelle est catastrophique : « un milliard d'habitants de la planète n'ont pas accès à l'eau et 2,6 milliards vivent sans système d'évacuation des eaux usées, 25 000 êtres humains meurent chaque jour faute d'eau, dont la moitié sont des enfants. Pasteur dénonçait le fait que 90% des maladies ont pour origine des carences en matière d'eau. Ce qui était vrai dans son temps l'est plus encore aujourd'hui. L'absence d'eau tue dix fois plus que les guerres. Notre avenir est encore plus inquiétant que notre présent. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: les réserves mondiales par habitant sont passées de 16800 mètres cubes en 1950 à 7300 en 2000 et atteindront probablement 4800 mètres cubes en 2025. Il faut avoir le courage de dire que les objectifs du Millénaire paraissent hypocrites. Les investissements consentis chaque année pour améliorer le système d'accès à l'eau atteignent aujourd'hui presque 15 milliards de dollars. Cela est nécessaire, mais cela ne suffit pas. À partir de là, il reste à construire l'avenir. »

Orsenna insiste sur la question de l’accès à l’eau : « L'accès à l'eau est un problème urgent. Dans certaines régions de la Chine, par exemple,il faut puiser à plus de 1000 mètres pour trouver de l'eau non contaminée; le lac Tchad a perdu 95% de sa surface; la mer d'Aral a presque été rayée de la carte. On pourrait multiplier à l'envi ce type d'exemples. Mais le vrai problème reste celui de l'accessibilité. À mon avis, le problème principal n'est pas celui du gaspillage de l'eau, ils sont ceux de l'agriculture et ceux du non-traitement des eaux usées. Concernant l'agriculture: 73% de l'utilisation de l'eau douce est assurée par l'agriculture (contre le 21% pour l'industrie et 6% pour les usages domestiques). Il faut 4500 litres d'eau pour produire un kilogramme de riz. Le 40% de l'alimentation mondiale est produit par un système d'agriculture irriguée. Or, 20 à 60% de l'eau prélevée par ces systèmes s'évapore pendant processus. Concernant le non-traitement des eaux usées, rappelons que, dans les pays en développement, 40 à 60 % de l'eau est perdue, en raison d'infrastructures défaillantes. Sur le fond, l'un des problèmes majeurs reste celui de l'inégalité d'accès à l'eau. Inégalités entre pays, inégalités entre régions, inégalités entre quartiers. Je souligne que 82% de la population d'Afrique a des difficultés d'approvisionnement d'eau contre 35% des Américains et que la consommation quotidienne d'eau à usage domestique est de 300 à 600 litres en Europe contre 10 à 40 en Afrique. »

Orsenna propose quatre solutions : « Le renforcement de l'Aide publique au développement dans l'intérêt des lignes d'action de collecte et de gestion de l'eau. La priorité doit être donnée à la gestion des problèmes agricoles. C'est dans ce domaine qu'il faut porter le fer en priorité. Et l'Europe, qui subventionne son agriculture doublement puisque celle-ci bénéficie, en plus de la PAC, d'une tarification privilégiée en matière d'eau, se doit de mettre un terme à cet égoïsme aux conséquences meurtrières. Encore... la gestion de l'existant. Commençons par mieux gérer les ressources dont nous disposons. Priorité dans ce domaine doit être donnée à la collecte et la gestion des eaux de pluie. Avec une difficulté. Qui est celle de la gestion des réformes dans le temps. Enfin, la décentralisation des programmes. Fournir de l'eau en Inde coûte en moyenne deux dollars par personne avec les techniques de collecte de l'eau de pluie et plus de 200 dollars si l'on choisit de faire des mégabarrages. »



mardi 2 septembre 2008

Nouvelle étude sur l’utilisation des eaux usées pour l’agriculture dans les pays en développement

Une étude de l'Institut de l'international de gestion de l’eau (IWMI) a démontré que les eaux usées non traitées sont massivement utilisées pour l'irrigation des terres agricoles dans les pays en voie de développement.

Lors de la semaine mondiale de l'eau qui s'est déroulée à Stockholm du 17 au 23 août, l'étude de l'IWMI a été rendue publique : dans 80 % des 53 pays en voie de développement recensés, les eaux usées non traitées ou partiellement traitées, issues des eaux industrielles, cuisines, toilettes... servent à arroser les cultures agricoles.

Ce mode d'irrigation présente des risques sanitaires pour les agriculteurs et les consommateurs des produits alimentaires issus de cette agriculture ; mais l'instauration de directives encadrant la qualité de l'eau pourrait pénaliser une population dépendante de l'agriculture urbaine pour survivre. Dans un contexte de rareté de l'eau et de crise alimentaire mondiale, ces pratiques paraissent inévitables.

Dans 70 % des villes étudiées, les eaux industrielles pouvant contenir tout type de substances chimiques nocives ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation d'eau.

Les pays qui n'ont pas les ressources pour traiter leurs eaux usées peuvent avoir recours à leur stockage dans les étangs, comme en Indonésie ou au Ghana, et doivent effectuer un lavage soigneux des produits alimentaires, préconise entre autre l'étude.

Annuaire RSS Fluxenet