samedi 2 mai 2009
La crise de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
jeudi 19 mars 2009
A Istanbul, le lien entre réchauffement climatique et gestion de l’eau au coeur de la réflexion
vendredi 23 janvier 2009
Le Partage de l'eau en Afrique
La population d’Afrique, qui compte 967 millions d’habitants, dont 53% ont moins de vingt ans, devrait atteindre les 2 milliards d’individus en 2050. C'est dire l'importance de la mise en place d'une gestion intégrée des ressources, qui aujourd'hui fait largement défaut. S'agissant de leur potentiel hydrique, les Etats d’Afrique manquent globalement de ressources pour s’adapter seuls au changement climatique et doivent mieux partager l’eau disponible pour nourrir leurs populations en pleine croissance.
L’Afrique, le continent le plus pauvre du monde, ne parvient pas toujours à nourrir une population à croissance rapide à cause d’un sous investissement, d’une mauvaise gestion agricole, et des sécheresses et des inondations de plus en plus fréquentes, la rendant dépendante des importations de nourriture.
Le coût de ces importations a augmenté fortement ces dernières années, passant de 10,5 milliards de dollars en 2005 à 49,4 milliards de dollars en 2008 à cause de l’augmentation des prix mondiaux des produits alimentaires, selon l’Organisation pour l’Agriculture et la Nourriture, la FAO des Nations Unies (Food and Agriculture Organization).
Cette augmentation exerce une pression considérable sur les budgets des Etats africains, dans des pays qui subventionnent les importations pour les rendre accessibles en termes de prix aux habitants.
Des 36 pays en proie à une crise alimentaire dans le monde, 21 se trouvent en Afrique. Le Programme Alimentaire Mondial (World Food Program) estime qu’environ un sixième de la population mondiale, soit environ un milliard d’individus, manque de nourriture.
La conférence des responsables d’Afrique qui s’est déroulée sur trois jours dans la ville libyenne de Syrte a recommandé aux gouvernements de renouveler une promesse déjà prise en 2003, de consacrer 10% du budget national à l’encouragement de la production agricole, telle que le souligne la déclaration finale de cette conférence.
Les sécheresses et les inondations étant de plus en plus communes, les représentants des états d’Afrique ont recommandé l’utilisation de systèmes d’irrigation plus modernes, qui stockent l’eau et la conduisent là où elle est nécessaire, lorsque c’est nécessaire.
Ils se sont aussi mis d’accord pour conclure des accords à une échelle plus importante que l’échelle régionale pour partager l’eau stockée dans les fleuves, les lacs et les nappes souterraines. La coopération au niveau continental devra être renforcée sur ces questions de gestion de l’eau.
Ce sera aussi le cas pour les prévisions météorologiques. Des systèmes d’avertissement devront être mis en place pour minimiser l’impact des sécheresses, de la désertification, des inondations et des invasions de vermine.
« Ensemble, nous devons trouver des mesures concrètes et efficaces pour répondre à la question de l’eau en Afrique, dans un esprit de responsabilité partagée » a déclaré Jacques Diouf, directeur général de la FAO. Les ministres d’Afrique ont également décidé d’établir des systèmes d’information à l’échelle du continent pour mieux coordonner la production agricole et rendre le commerce de biens plus efficient.
Les talents et les ressources permettant de rendre l’Afrique autonome existeront seulement si les gouvernements coopèrent pour gérer leur eau, d’après ce qu’ont déclaré les délégués.
« Il y a des pays qui ont progressé dans le domaine de la technologie et des ressources humaines mais ont un déficit dans le domaine des ressources naturelles tandis que d’autres ont des ressources naturelles abondantes et manquent de technologie et de ressources humaines » a déclaré Wafaa Sahli, directeur du développement urbain à la Communauté des Etats sahélo-sahariens.
Wafaa Sahli a également souligné que se n’est qu’en rassemblant ces ressources que l’Afrique pourra mettre un terme à une crise alimentaire persistante.
jeudi 6 novembre 2008
EriK Orsenna publie la suite de son ouvrage sur le coton : « l’avenir de l’eau »
Erik Orsenna publie « L’avenir de l’eau », suite de son ouvrage sur le coton. Interrogé par le magazine Challenges, il insiste sur la diversité des situations d'accès à l'eau de par le monde : « Il n'y a pas de crise globale de l'eau, mais des tensions locales. L'eau explique l'articulation entre le global et le local. Economiser de l'eau au Canada ne résoudra pas le problème du Maghreb. Récupérer la rosée du brouillard dans le désert qui permettra à un village d'avoir 1 000 litres le matin est une solution locale. L'eau, c'est lourd et fragile, donc il n'y a pas de marché global. Dans le monde vers lequel on s'achemine, il n'y aura pas de solution unique. » Et de souligner que la situation actuelle est catastrophique : « un milliard d'habitants de la planète n'ont pas accès à l'eau et 2,6 milliards vivent sans système d'évacuation des eaux usées, 25 000 êtres humains meurent chaque jour faute d'eau, dont la moitié sont des enfants. Pasteur dénonçait le fait que 90% des maladies ont pour origine des carences en matière d'eau. Ce qui était vrai dans son temps l'est plus encore aujourd'hui. L'absence d'eau tue dix fois plus que les guerres. Notre avenir est encore plus inquiétant que notre présent. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: les réserves mondiales par habitant sont passées de 16800 mètres cubes en 1950 à 7300 en 2000 et atteindront probablement 4800 mètres cubes en 2025. Il faut avoir le courage de dire que les objectifs du Millénaire paraissent hypocrites. Les investissements consentis chaque année pour améliorer le système d'accès à l'eau atteignent aujourd'hui presque 15 milliards de dollars. Cela est nécessaire, mais cela ne suffit pas. À partir de là, il reste à construire l'avenir. »
Orsenna insiste sur la question de l’accès à l’eau : « L'accès à l'eau est un problème urgent. Dans certaines régions de la Chine, par exemple,il faut puiser à plus de 1000 mètres pour trouver de l'eau non contaminée; le lac Tchad a perdu 95% de sa surface; la mer d'Aral a presque été rayée de la carte. On pourrait multiplier à l'envi ce type d'exemples. Mais le vrai problème reste celui de l'accessibilité. À mon avis, le problème principal n'est pas celui du gaspillage de l'eau, ils sont ceux de l'agriculture et ceux du non-traitement des eaux usées. Concernant l'agriculture: 73% de l'utilisation de l'eau douce est assurée par l'agriculture (contre le 21% pour l'industrie et 6% pour les usages domestiques). Il faut 4500 litres d'eau pour produire un kilogramme de riz. Le 40% de l'alimentation mondiale est produit par un système d'agriculture irriguée. Or, 20 à 60% de l'eau prélevée par ces systèmes s'évapore pendant processus. Concernant le non-traitement des eaux usées, rappelons que, dans les pays en développement, 40 à 60 % de l'eau est perdue, en raison d'infrastructures défaillantes. Sur le fond, l'un des problèmes majeurs reste celui de l'inégalité d'accès à l'eau. Inégalités entre pays, inégalités entre régions, inégalités entre quartiers. Je souligne que 82% de la population d'Afrique a des difficultés d'approvisionnement d'eau contre 35% des Américains et que la consommation quotidienne d'eau à usage domestique est de 300 à 600 litres en Europe contre 10 à 40 en Afrique. »
Orsenna propose quatre solutions : « Le renforcement de l'Aide publique au développement dans l'intérêt des lignes d'action de collecte et de gestion de l'eau. La priorité doit être donnée à la gestion des problèmes agricoles. C'est dans ce domaine qu'il faut porter le fer en priorité. Et l'Europe, qui subventionne son agriculture doublement puisque celle-ci bénéficie, en plus de la PAC, d'une tarification privilégiée en matière d'eau, se doit de mettre un terme à cet égoïsme aux conséquences meurtrières. Encore... la gestion de l'existant. Commençons par mieux gérer les ressources dont nous disposons. Priorité dans ce domaine doit être donnée à la collecte et la gestion des eaux de pluie. Avec une difficulté. Qui est celle de la gestion des réformes dans le temps. Enfin, la décentralisation des programmes. Fournir de l'eau en Inde coûte en moyenne deux dollars par personne avec les techniques de collecte de l'eau de pluie et plus de 200 dollars si l'on choisit de faire des mégabarrages. »
mardi 2 septembre 2008
Nouvelle étude sur l’utilisation des eaux usées pour l’agriculture dans les pays en développement
Lors de la semaine mondiale de l'eau qui s'est déroulée à Stockholm du 17 au 23 août, l'étude de l'IWMI a été rendue publique : dans 80 % des 53 pays en voie de développement recensés, les eaux usées non traitées ou partiellement traitées, issues des eaux industrielles, cuisines, toilettes... servent à arroser les cultures agricoles.
Ce mode d'irrigation présente des risques sanitaires pour les agriculteurs et les consommateurs des produits alimentaires issus de cette agriculture ; mais l'instauration de directives encadrant la qualité de l'eau pourrait pénaliser une population dépendante de l'agriculture urbaine pour survivre. Dans un contexte de rareté de l'eau et de crise alimentaire mondiale, ces pratiques paraissent inévitables.
Dans 70 % des villes étudiées, les eaux industrielles pouvant contenir tout type de substances chimiques nocives ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation d'eau.
Les pays qui n'ont pas les ressources pour traiter leurs eaux usées peuvent avoir recours à leur stockage dans les étangs, comme en Indonésie ou au Ghana, et doivent effectuer un lavage soigneux des produits alimentaires, préconise entre autre l'étude.