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mardi 22 décembre 2009

L'eau en Algérie 2 – Perspectives

L'Algérie est un exemple quasiment unique en Afrique d'un pays qui est parvenu à accomplir sa révolution de l'eau. Partie d'une situation post-coloniale extrêmement défavorable, prisonnière d'une guerre civile qui a longtemps mobilisé tous les efforts que les gouvernements successifs auraient pu faire en matière de développement, l'Algérie est en train de se doter des infrastructures et des technologies qui lui permettront de faire de sa situation une richesse. Ces efforts ont été rendus possibles par une politique volontariste, qui a commencé, en 1995, par la tenue d’Assises Nationales de l’Eau, au cours desquelles ont été adoptés les principes d'une Nouvelle Politique de l’Eau, introduisant notamment la possibilité pour les maître d’ouvrages de concéder leurs installations d’eau potable ou d’assainissement à des opérateurs privés. Ainsi les transferts de compétences depuis des experts (français notamment) ont-ils pu se mettre en place. Le gouvernement algérien a également su faire comprendre à son opinion publique que la hausse du prix de l'eau, en particulier courant 2005, permettrait de dégager les sommes nécessaires aux investissements : l'Etat a d'ailleurs montré l'exemple en payant pour la première fois de manière régulière ses propres factures d'eau.

L’Algérie se prépare à aborder un autre plan quinquennal extrêmement dense, après une décennie de développement rapide de ses équipements. On se fera une bonne idée de l'émulation du secteur algérien de l'eau au SIEE Pollutec, Salon international des équipements, des technologies, et des services de l’Eau, qui, après cinq éditions à Alger, se tiendra pour la première fois à Oran du 17 au 20 mai 2010, réunissant tous les grands acteurs algériens de l'eau et les principaux opérateurs internationaux, fournisseurs d'équipements et prestataires de services.

lundi 21 décembre 2009

L'eau en Algérie 1 – Des handicaps aux atouts

L'Algérie, en matière d'accès et de traitement de l'eau, revient de très loin. Géographiquement, tout d'abord, avec une hauteur moyenne annuelle des précipitations de l'ordre de 423 mm, le pays fait partie de ce croissant nord-africain où le manque et la rareté des pluies ont considérablement pénalisé la politique hydraulique depuis l'indépendance, du moins tant que celle-ci est restée axée sur la mobilisation de ces ressources naturelles par voie de captage (barrages, retenues, etc). L'Algérie présente en effet un climat semi-aride qui se caractérise par une forte irrégularité pluviométrique, ce qui donne sur le plan des régimes hydrologiques une extrême irrégularité saisonnière et interannuelle des écoulements qui est accentuée par de longues périodes de sécheresse, des crues violentes et rapides, et une érosion intense avec des transports solides importants.
Par ailleurs, la prise de conscience politique du caractère nodal de la question de l'eau pour le développement a été relativement tardive, faute de moyens d'une part, et du fait des troubles qui accaparaient l'attention d'autre part. Jusque dans les année 90, 50% de l’eau potable se perdait dans un réseau archaïque voire en état de délabrement, tant les fuites étaient considérables. Il y a eu des moments où les Algériens ne disposaient d’eau qu’une fois par semaine. Paradoxalement, les rues étaient inondées par les fuites de conduites. Les robinets défectueux dans les institutions publiques (écoles, administration, hôpitaux...) étaient monnaie courante. Et même si le robinet était en bon état, l’eau coulait à perte... Cette négligence a amené le pays à ne disposer que de quelques mois de réserve d’eau potable, et à se retrouver au bord d'une crise hydrique paralysant l'ensemble de l'économie.
Pourtant, l'Algérie dispose de deux ressources décisives, l'une en eau douce, l'autre en eau salée. La première est constituée par la nappe albienne, très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), et qui semble presque inépuisable – de fait, la nappe albienne est l’une des plus grandes sources d’eau potable de la planète. La juste utilisation de cette nappe, qui n'est pas renouvelable, pour l'irrigation et les besoins industriels (nucléaires notamment), sera un facteur déterminant du développement de l'intérieur du pays. La seconde est constituée par le front de mer de centaines de kilomètres, où se concentre la majeure partie des agglomérations : dès le courant des années 1990, l'Algérie a compris que le salut lui viendrait des infrastructures de dessalement qu'elle saurait mettre en place, et a engagé un programme massif d'équipement.
Des milliards de dollars ont donc été injecté dans la technologie du dessalement, avec des résultats déjà parlants : jusqu'à cette année, la plus grosse usine de dessalement du monde était par exemple construite dans la région d’Oran. Avec une capacité de 500.000 mètres cubes par jour, elle fournit de l’eau potable à près de 5 millions d’habitants. 15 autres stations de dessalement doivent être achevées en 2010 pour l'approvisionnement en eau potable des agglomérations urbaines, couvrant ainsi près de 10% des besoins en eau potable de l'ensemble du pays. Et l’Algérie entend construire au moins 33 stations d’ici à 2019, selon les prévisions officielles.
Par ailleurs, même si un travail considérable reste à faire, le réseau est en voie de rénovation à un rythme accéléré, et les principales agglomérations ne souffrent désormais plus que de coupures intermittentes.

mardi 17 novembre 2009

Hanoi cherche à satisfaire les besoins en eau potable des habitants

À Hanoi, nombre d'habitants des arrondissements de Thanh Tri, Hoàng Mai, Hoàn Kiêm, Dông Da et Thanh Xuân manquent d'eau potable, bien que l'usine de traitement des eaux du sông Dà (rivière Noire), avec sa capacité de traitement de 300.000 m3, soit suffisante.

La faute aux infrastructures encore insuffisantes pour assurer l'adduction d'eau potable vers la capitale.

Face à cette situation, la compagnie d'eau potable de la capitale vient de mettre en œuvre le plan de réception et de répartition de l'eau potable de l'usine de traitement des eaux de la rivière Dà, lequel relève du projet d'exploitation des eaux de cette rivière. Selon le projet, le volume de 30.000 m3/jour distribué en 2008 sera porté cette année à près de 70.000 m3/jour au profit de 76.000 personnes, soit le 1/5 de la capacité totale de l'usine de traitement des eaux du sông Dà.

source : cvn

Toujours selon le plan, le projet d'exploitation des eaux du sông Dà prévoit 14 axes d'adduction en direction de Hanoi, mais en réalité, 3 de ceux-ci sont seulement opérationnels pour une capacité de 100.000 m3/jour, alimentant les zones du Centre national de conférences, Nga Tu So et Hô Tùng Mâu. Si leur construction est achevée. Pourtant, ces axes ne sont pas encore connectés aux quartiers qu'ils doivent desservir faute d'infrastructures adéquates. Selon la compagnie d'alimentation en eau potable de Hanoi, cette situation résulte des difficultés de libération des terrains.

Devant cet état de chose, le Comité populaire de Hanoi a consacré 157 milliards de dôngs pour la construction des infrastructures nécessaires.

Selon les scientifiques, l'exploitation des eaux de la rivière est une meilleure solution que celle des nappes phréatiques, car elle présente moins de risques en termes de pollution, respecte les normes de consommation du ministère de la Santé, et constitue une ressource stable, même en saison sèche.

Ainsi, pour satisfaire les besoins en eau potable des citadins, Hanoi doit régler les problèmes de son réseau d'adduction afin d'alimenter chaque quartier de son agglomération. Un mécanisme adéquat de fixation des prix doit également être élaboré afin d'attirer plus d'entreprises dans le secteur de la distribution d'eau potable, un mécanisme qui d'ailleurs assure un certain équilibre entre les intérêts des producteurs et des consommateurs. Récemment, la sarl d'alimentation en eau propre Vinaconex a demandé au Comité populaire de Hanoi de ratifier un plan de réajustement du prix de vente en gros de l'eau potable de l'usine de traitement des eaux de la rivière Dà vers Hanoi tout en assurant les intérêts légitimes des fournisseurs d'eau potable.

samedi 24 octobre 2009

L'Algérie investit 15 millards dans les infrastructures d'eau

L'Algérie investira plus de 15 milliards de dollars dans l'eau entre 2010 et 2014, notamment pour construire 19 nouveaux barrages, des stations de dessalement et des réseaux de transfert, a annoncé le 4 octobre le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal.
"Le secteur de l'hydraulique va bénéficier de 15 à 16 milliards de dollars" de 2010 à 2014 "afin d'assurer aux Algériens une bonne qualité de l'eau", a déclaré M. Sellal à la radio publique chaîne III (francophone).

Dix-neuf nouveaux barrages seront réalisés d'ici à 2014, a-t-il ajouté.

L'Algérie a entamé depuis 2004 un programme de construction de quinze stations de dessalement d'eau de mer d'une capacité totale de 2,3 millions de m3, pour "sécuriser de façon définitive l'alimentation des Algériens en eau potable", a dit M. Sellal.

L'Algérie a également lancé des études pour le transfert de 600 millions de m3 par an à partir du Nord Sahara vers les Hauts plateaux, notamment pour développer l'agriculture et améliorer la distribution d'eau potable, selon le ministre.

Ce projet sera lancé durant le prochain plan quinquennal 2010-2014, a-t-il ajouté.
Il a indiqué que seules les entreprises algériennes pourront répondre aux appels d'offre qui seront lancés pour la construction de certains de ces nouveaux barrages.
Source : AFP

dimanche 4 octobre 2009

Parole d'experts - David Blanchon

Infos-eau inaugure aujourd'hui une nouvelle rubrique, "Parole d'experts", dans laquelle nous invitons des spécialistes à mettre en perspective leur travaux sur les problématiques de l'eau. Pour inaugurer cette série, nous avons interviewé David Blanchon, Maître de conférences en géographie et membre du laboratoire Gecko à l'Université Paris X Nanterre.
Il a réalisé sa thèse d'agrégation sur l'espace hydraulique Sud Africain, pour laquelle il a reçu en 2004, le prix du Comité national Français de Géographie et le prix Henri Milon de la Société Hydrotechnique de France. Cette thèse a été publiée cette année aux éditions Karthala David Blanchon est également l'auteur de "L'Atlas Mondial de l'Eau", paru aux Editions Autrement début 2009, et dont nous avons parlé ici
.

Quels sont les spécificités de la situation africaine et les grands enjeux de l'eau en Afrique ?

L'Afrique présente par rapport aux grandes régions du monde une double spécificité : un grand retard dans l'équipement en infrastructures hydrauliques, mais aussi un grand potentiel d'aménagement.
Les manifestions du retard sont malheureusement bien connues. L'Afrique est le continent où les cours d'eau sont le moins aménagés pour la production hydroélectrique et où l'agriculture irriguée est la moins développée par rapport au potentiel existant, alors que, si l'on excepte les grands déserts du Sahara et du Namib, elle a des ressources en eau relativement abondantes et se trouve, en tout cas, dans une situation qui n'est pas pire que celle de l'Asie.
De plus, peu d'attention a été portée historiquement à la prévention des risques hydrologiques. Cela explique pourquoi les populations africaines paient un si lourd tribut aux sécheresses et aux inondations.
Troisième manifestation de ce retard : le sous-équipement dans l'accès à l'eau potable et à l'assainissement. L'Afrique se situe au dernier rang pour l'accès à l'eau et à l'assainissement : les taux n'y sont respectivement que de 56 % et 37 % contre 83 % et 59 % au niveau mondial. Dans ces deux domaines, la situation ne s'améliore que lentement, car les investissements restent insuffisants. L'Afrique sub-saharienne n'atteindra les Objectifs du Millénaire -réduire de moitié la population n'ayant pas accès à l'eau potable et à l'assainissement- qu'en 2040 et 2076, alors que ces objectifs fixés en 2000 sont déjà en passe d'être atteints en Asie et en Amérique Latine.

Ce « retard » explique en contrepartie que l'Afrique est également le continent où le potentiel de développement est le plus fort. Et il est possible d'y mettre en valeur les ressources en eau, tant pour l'agriculture que pour l'hydroélectricité, sans commettre les erreurs qui ont été faites en Europe et Amérique du Nord, c'est-à-dire en respectant plus l'environnement et les intérêts des populations. C'est le grand enjeu de la question de l'eau en Afrique : parvenir à mettre en valeur les ressources en eau, pour produire de l'hydroélectricité, pour irriguer, pour fournir un service adéquat à une population urbaine en rapide expansion, sans trop compromettre la préservation de ses riches écosystèmes aquatiques.

jeudi 13 août 2009

L'eau au Mali


Au Mali, les conditions d’hygiène sont précaires et l’approvisionnement en eau potable reste préoccupante. Selon la quatrième Enquête démographique et de Santé (EDS IV), 70 % de la population utilise l’eau des puits et 4 % les eaux de surface comme source d’approvisionnement en eau. Selon la même source, 66,1 % de la population n’utilise aucun moyen de traitement de l’eau à domicile (javellisation, ébullition, filtration à travers un filtre...)
Ces différents facteurs couplés au déficit d’hygiène individuelle font que les maladies diarrhéiques restent une préoccupation majeure au Mali. En effet, les maladies diarrhéiques, toutes causes confondues, constituent la 3e cause de consultation après le paludisme et les infections respiratoires aiguës. Elles touchent particulièrement les enfants de zéro à cinq ans qui payent un lourd tribut en termes de morbidité et de mortalité.
D’après les données du système National d’information sanitaire (SIS), en 2008, il a été enregistré 185 027 cas de diarrhées avec 153 décès ; la tranche d’âge inférieure à 5 ans est la plus touchée. Ces cas enregistrés sont loin de refléter la réalité du fait de la faible couverture sanitaire et la sous fréquentation des services de santé au niveau communautaire.
Les maladies diarrhéiques font partie des pathologies sur lesquelles se focalise la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME). Le Mali est régulièrement touché par des épisodes de choléra, en 2008 il a été enregistré 904 cas de choléra dont 345 pour la tranche d’âge inférieure à 15 ans avec 67 décès, soit un taux de létalité de 7,66 %.
Les pathologies citées sont dues à la consommation de l’eau insalubre et aux mauvaises pratiques de l’hygiène, notamment la non observation du lavage des mains au savon aux moments décisifs ; elles ont des conséquences désastreuses sur l’état de santé des populations, surtout des groupes socio-économiques défavorisés.
Selon l’OMS, la désinfection de l’eau à domicile et sa conservation contribueraient à réduire de 39 % l’incidence des maladies diarrhéiques.
Compte tenu de la frange de la population s’approvisionnant au niveau des sources non traitées ou non protégées d’une part, et des comportements et pratiques à risque tout au long de la chaîne de l’eau (collecte, transport, stockage) d’autre part, la désinfection de l’eau à domicile et sa conservation constituent des moyens efficaces pour obtenir une eau potable et prévenir ainsi les diarrhées.
Dans le cadre de l’obtention d’une eau de qualité afin de réduire l’incidence des maladies liées à l’eau, et particulièrement les maladies diarrhéiques, plusieurs actions ont été mises en œuvre par différents acteurs. Il s’agit entre autres de la surveillance et le contrôle de la qualité de l’eau par la Direction Nationale de la Santé à travers ses services déconcentrés et avec l’appui des partenaires comme l’OMS, l’UNICEF ; l’organisation d’une journée d’information et de sensibilisation en 2008 avec l’appui financier de l’USAID ; la diffusion de messages audiovisuels sur le traitement de l’eau de boisson par le ministère de la Santé et l’ONG PSI ; la mise en œuvre de la DNS et ses partenaires (UNICEF, Water Aïd, ONG locales...) de l’approche d’auto approvisionnement en eau (Self Supply) ; l’initiative de promotion par PSI du produit de désinfection de l’au «AQUATAB», etc. Reste qu'une véritable amélioration passera nécéssairement par une politique d'investissement à grande échelle dans les infrastructures.

jeudi 5 mars 2009

Espoirs et difficultés de l’Algérie

Incapable d'assurer correctement jusqu'à la fin des années 90, l'alimentation en eau potable de sa capitale, l'Algérie figure pourtant, aujourd'hui, parmi les rares pays du continent africains ayant, déjà, réalisé le 7e Objectif du millénaire pour le développement (OMD) de l'ONU, qui cible de réduire de moitié, à l'échéance de 2015, le nombre d'habitants sans accès à l'eau potable et aux services d'assainissement. 
En effet, selon les statistiques du ministère des Ressources en eau, l'Algérie fournit 93 % de sa population en eau potable par le biais de réseaux de distribution, alors que 86 % des foyers algériens sont raccordés à des réseaux d'assainissement. 
Pour arriver à ce résultat, qui progresse chaque jour davantage, l'Algérie a mis en place une stratégie de développement du secteur de l'hydraulique basée, notamment sur une mobilisation des ressources en eau superficielles et souterraines, la réalisation de réseaux d'adduction et de distribution et la lutte contre la déperdition de la ressource à travers, notamment une gestion rationnelle. 
Cette stratégie pour la réalisation de laquelle a été allouée, notamment une enveloppe de 2000 milliards de dinars, s'est appuyée sur des programmes de développement portant, notamment sur la construction de nombreux barrages dans les principaux bassins hydrographiques, dont l'interconnexion, à travers des systèmes de transfert d'eau, a permis de tisser une véritable toile d'araignée au niveau de toutes les régions du pays pour desservir le plus reculé des villages. Le pays, qui ne possédait en effet que 44 barrages jusqu'en l'an 2000 pour une capacité de stockage de 2,2 milliards de m3, a mis en exploitation 15 nouveaux barrages durant les cinq dernières années, dont ceux de Beni Haroun (Mila) et de Taksebt (Tizi-Ouzou) en 2007, avant d'en réceptionner 13 autres. Ce qui portera le nombre de barrages à 72 et la capacité de mobilisation à 7,8 milliards de mètres cubes/an à la fin de l'année 2009. 
Les grands systèmes de transfert sont, quant à eux, lancés autour du barrage de Beni Haroun, qui a une capacité de stockage de près d'un milliard de m3, pour l'alimentation de cinq wilayas de la région est (Mila, Constantine, Khenchela, Oum El Bouaghi et Batna), de celui de Taksebt pour desservir les wilayas du centre (Tizi-Ouzou, Boumerdès et Alger), et de Koudiet Acerdoune (Bouira) au bénéfice des wilayas de Bouira, Tizi Ouzou, M'sila, et Médéa. Pour la région ouest, le système, intitulé le MAO, sera inauguré durant ce 1er trimestre 2009 pour alimenter les villes situées dans le couloir Mostaganem-Arzew-Oran, à partir des barrages de Cheliff et de Kerrada. 
Les régions sud et des Hauts-plateaux bénéficieront, également, de transferts d'eau de forages effectués sur la nappe albienne, à l'exemple de celui en cours de réalisation pour l'alimentation de Tamanrasset à partir de Ain Salah sur une distance de 740 km.
Par ailleurs, et afin de ne pas dépendre uniquement de la pluviométrie, l'Algérie a engagé un programme de réalisation de stations de dessalement d'eau de mer dans les régions côtières, et, notamment dans l'ouest du pays qui souffrait d'un déficit chronique en pluie, pour renforcer les apports des barrages et parer au manque d'eau en périodes de sécheresse. 
Treize stations sont ainsi programmées pour fournir, à la fin de l'année 2009, une production de près de 2,26 millions de m3/jour, soit 825 millions de m3/an, une quantité qui représentera près du tiers des capacités de retenue des barrages qui existaient jusqu'en 2000. 
Deux stations sur les 13, sont déjà en production à savoir celle d'Arzew pour Oran et celle de Hamma pour Alger, alors que près de 10 contrats de réalisation ont déjà été conclus avec des chantiers lancés ou en cours de lancement. 
Cette mobilisation tous azimuts des ressources hydriques s'est répercutée sur la dotation moyenne par habitant en eau potable qui a atteint, actuellement, plus de 165 litres/jour par habitant, alors qu'elle n'était que de 123 litres en 1999 et de 160 litres en 2007, et sur la fréquence de la distribution de l'eau au niveau des 1.541 communes du pays, dont 70% reçoivent désormais l'eau quotidiennement contre 45% en 1999. Le réseau national d'alimentation en eau potable totalise 60.000 kilomètres. 
Grâce à un réseau national d'assainissement des eaux usées de quelque 38.000 kilomètres, contre 21.000 kilomètres en 1999, soit une progression de près de 82%, le taux national de raccordement à l'égout est passé de 72% en 1999 à 86% en 2008. 
La réalisation de 40 stations d'épuration des eaux usées et la réhabilitation de 20 autres, a permis, par ailleurs, de faire passer les capacités nationales de traitement des eaux usées de 90 millions de m3 en 1999 à 350 millions actuellement. Elles atteindront 600 millions en 2010 avec la réception des projets en cours de réalisation. Cette mobilisation de ressources hydrauliques a permis, également, l'irrigation, en 2007, de 24 périmètres agricoles totalisant 219.000 hectares, alors que 4 autres totalisant près de 11.000 hectares étaient prévus à la livraison en 2008 dans les wilayas de Tlemcen, Tiaret, Jijel et Oum El Bouaghi. Une quinzaine d'autres périmètres totalisant une superficie de plus de 120.000 hectares sont également en cours de réalisation. 
Les retenues collinaires, dont le nombre avoisine les 460 en 2008, participent, de leur côté, avec un potentiel de 44 millions de m3, à l'irrigation de 850.000 hectares dans le cadre de la petite et moyenne hydraulique. 
L'irrigation agricole devra, également, profiter du recyclage des eaux usées.
Il est à noter, enfin, que le souci de mieux gérer la ressource en eau potable a amené les pouvoirs publics à conclure des contrats de gestion intégrée des réseaux de distribution, avec des sociétés spécialisées au niveau de grandes villes dont, Alger, Oran, Constantine et Annaba. 
En combinant ainsi plusieurs technologies (dessalement, retraitement et réutilisation des eaux usées, utilisation des eaux de pluie…) associées à une meilleure gestion (et surtout entretien) de ses réseaux l’Algérie serait-elle en phase de devenir l’exemple à suivre pour sa gestion raisonnée de ses ressources en eau, l’avenir nous le dira car malgré ces efforts et les budgets colossaux investis, certaines zones restent encore inégalement raccordées: ainsi la wilaya (province) d’Oran, qui a bénéficié de plusieurs projets de stations de dessalement (deux stations monoblocs, deux autres stations de dessalement à Béthioua et Arzew), de la réfection du réseau de l’AEP (Approvisionnement en eau potable), etc. Cet effort aurait permis à la wilaya d’atteindre un taux de raccordement au réseau AEP de l’ordre de 90%. Mais des dizaines de quartiers et d’extensions urbaines et villages demeurent sans eau potable. Plus grave, des quartiers attendent depuis 10 ans un branchement au réseau d’AEP, quand ce n’est pas ce même réseau qui n’est pas aux normes et où aucune goutte ne peut couler. Résultat : les revendeurs d’eau douce ont encore de beaux jours devant eux et les citoyens déboursent jusqu’à 400 DA et plus chaque mois pour s’approvisionner en eau. Le secteur de l’habitat, qui a permis grâce aux différents programmes de réaliser quelques 39 560 logements abaissant le taux d’occupation par logement à 5,1 en 2008, n’a pas pour autant trouver l’équation au problème de l’habitat précaire et du vieux bâti. Rien que pour la ville d’Oran, ce sont plus de 2 200 immeubles menaçant ruine et qui concernent plus de 13 000 familles à reloger de façon urgente.
Lors de la visite du chef de l’État en décembre dernier, la wilaya s’était vu octroyer, au titre de budget complémentaire, un montant de plus de 14,5 millions de dinars où le secteur de l’urbanisme représentait la plus grande portion, soit plus de 6 millions de dinars. Fin février en marge de la visite du Président à Arzew, le ministre de l’Intérieur a, dans un document remis à la presse, évoqué le programme quinquennal prévisionnel d’un montant total de 194 milliards de dinars, dont seulement pour l’heure 60,1 milliards de dinars ont été autorisés. Dans cette projection du futur plan quinquennal, c’est le secteur de l’eau qui bénéficiera de l’effort de budgétisation le plus élevé avec un total prévisionnel de 16 millions de dinars. Ce qui fait dire au ministre de l’Intérieur que très prochainement à Oran il y aura de l’eau H24... A suivre…

vendredi 12 décembre 2008

L’épidémie de Choléra au Zimbabwe menace l’Afrique du Sud

Alors que les morts se comptent par centaines dans le pays dirigé par Robert Mugabe, l’Afrique du Sud voisine est elle aussi touchée par l’épidémie de choléra partie du Zimbabwe, qui s’est déclarée en août, et qui prend des proportions dramatiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, elle touche aujourd’hui la plupart des régions du pays. Plus de 11 700 cas et 473 morts ont à l’heure actuelle été enregistrés.

Mais le bilan est probablement beaucoup plus lourd, de nombreux décès ayant lieu en dehors du système médical. Pour ne rien arranger, la plupart des quartiers de la capitale, Harare, sont privés d’eau courante depuis dimanche, en raison, selon le journal gouvernemental The Herald, du manque de produits chimiques pour en assurer le traitement.

L’épidémie déborde maintenant dans les pays voisins, avec des cas diagnostiqués au Botswana et en Afrique du Sud. Les autorités cherchent encore à minorer la catastrophe : «La situation est sous contrôle de ce côté de la frontière ! », a ainsi declare le docteur Nkadige, responsable du ministère sud-africain de la santé dans la province du Limpopo. « Il n’y a pas d’épidémie de choléra ici, affirme-t-il. Nous subissons seulement les effets de la crise zimbabwéenne.»

Sur le terrain, on ne partage pas le même diagnostic : en effet, les milliers de migrants illégaux ont porté le bacille en terre sud-africaine, et la majorité des cas qui se déclarent ces jours-ci n’ont jamais mis les pieds au Zimbabwe. Les conditions d’hygiène, le manqué d’infrastructures d’accès à une eau traitée font craindre le pire.

jeudi 6 novembre 2008

EriK Orsenna publie la suite de son ouvrage sur le coton : « l’avenir de l’eau »


Erik Orsenna publie « L’avenir de l’eau », suite de son ouvrage sur le coton. Interrogé par le magazine Challenges, il insiste sur la diversité des situations d'accès à l'eau de par le monde : « Il n'y a pas de crise globale de l'eau, mais des tensions locales. L'eau explique l'articulation entre le global et le local. Economiser de l'eau au Canada ne résoudra pas le problème du Maghreb. Récupérer la rosée du brouillard dans le désert qui permettra à un village d'avoir 1 000 litres le matin est une solution locale. L'eau, c'est lourd et fragile, donc il n'y a pas de marché global. Dans le monde vers lequel on s'achemine, il n'y aura pas de solution unique. » Et de souligner que la situation actuelle est catastrophique : « un milliard d'habitants de la planète n'ont pas accès à l'eau et 2,6 milliards vivent sans système d'évacuation des eaux usées, 25 000 êtres humains meurent chaque jour faute d'eau, dont la moitié sont des enfants. Pasteur dénonçait le fait que 90% des maladies ont pour origine des carences en matière d'eau. Ce qui était vrai dans son temps l'est plus encore aujourd'hui. L'absence d'eau tue dix fois plus que les guerres. Notre avenir est encore plus inquiétant que notre présent. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: les réserves mondiales par habitant sont passées de 16800 mètres cubes en 1950 à 7300 en 2000 et atteindront probablement 4800 mètres cubes en 2025. Il faut avoir le courage de dire que les objectifs du Millénaire paraissent hypocrites. Les investissements consentis chaque année pour améliorer le système d'accès à l'eau atteignent aujourd'hui presque 15 milliards de dollars. Cela est nécessaire, mais cela ne suffit pas. À partir de là, il reste à construire l'avenir. »

Orsenna insiste sur la question de l’accès à l’eau : « L'accès à l'eau est un problème urgent. Dans certaines régions de la Chine, par exemple,il faut puiser à plus de 1000 mètres pour trouver de l'eau non contaminée; le lac Tchad a perdu 95% de sa surface; la mer d'Aral a presque été rayée de la carte. On pourrait multiplier à l'envi ce type d'exemples. Mais le vrai problème reste celui de l'accessibilité. À mon avis, le problème principal n'est pas celui du gaspillage de l'eau, ils sont ceux de l'agriculture et ceux du non-traitement des eaux usées. Concernant l'agriculture: 73% de l'utilisation de l'eau douce est assurée par l'agriculture (contre le 21% pour l'industrie et 6% pour les usages domestiques). Il faut 4500 litres d'eau pour produire un kilogramme de riz. Le 40% de l'alimentation mondiale est produit par un système d'agriculture irriguée. Or, 20 à 60% de l'eau prélevée par ces systèmes s'évapore pendant processus. Concernant le non-traitement des eaux usées, rappelons que, dans les pays en développement, 40 à 60 % de l'eau est perdue, en raison d'infrastructures défaillantes. Sur le fond, l'un des problèmes majeurs reste celui de l'inégalité d'accès à l'eau. Inégalités entre pays, inégalités entre régions, inégalités entre quartiers. Je souligne que 82% de la population d'Afrique a des difficultés d'approvisionnement d'eau contre 35% des Américains et que la consommation quotidienne d'eau à usage domestique est de 300 à 600 litres en Europe contre 10 à 40 en Afrique. »

Orsenna propose quatre solutions : « Le renforcement de l'Aide publique au développement dans l'intérêt des lignes d'action de collecte et de gestion de l'eau. La priorité doit être donnée à la gestion des problèmes agricoles. C'est dans ce domaine qu'il faut porter le fer en priorité. Et l'Europe, qui subventionne son agriculture doublement puisque celle-ci bénéficie, en plus de la PAC, d'une tarification privilégiée en matière d'eau, se doit de mettre un terme à cet égoïsme aux conséquences meurtrières. Encore... la gestion de l'existant. Commençons par mieux gérer les ressources dont nous disposons. Priorité dans ce domaine doit être donnée à la collecte et la gestion des eaux de pluie. Avec une difficulté. Qui est celle de la gestion des réformes dans le temps. Enfin, la décentralisation des programmes. Fournir de l'eau en Inde coûte en moyenne deux dollars par personne avec les techniques de collecte de l'eau de pluie et plus de 200 dollars si l'on choisit de faire des mégabarrages. »



lundi 27 octobre 2008

Espoirs et difficultés de l'Angola



Allafrica.com rapporte que Abel João da Costa - directeur provincial de l'Energie et Eaux dans la province de Huila - a annoncé l’exécution du programme Eau pour tous. Ce programme vise à alimenter 80% de la population en eau potable d'ici 2012.

D’après un rapport de l’UNICEF paru au mois de septembre 2008, alors que le pays a connu une croissance économique de 24% en 2007, « seuls 31% des enfants angolais ont un accès adéquat à des installations sanitaires correctes » . Selon l’organisme humanitaire, cela provoque l’apparition fréquente d’épidémies de choléra.

« Les puits, les pompes à eau manuelles, les réservoirs d’eau et les sources ne sont pas hermétiques et sont la plupart du temps à l’origine d’épidémies. » Selon l’UNICEF, le problème de l’Angola n’est « pas un manque de ressources en eau mais un manque de moyens humains et institutionnels pour gérer l’approvisionnement en eau. » Mais n’estce pas le problème dans la majeure partie du monde ?

mercredi 22 octobre 2008

7.000 ha de champs irrigués avec des eaux usées au Maroc


A la périphérie de plusieurs villes du Maroc, des agriculteurs, malgré la loi, utilisent des motopompes mobiles pour irriguer leurs champs à partir du canal des eaux usées.

Ainsi, ce sont 7.000 ha de champs cultivés autour de centres urbains qui sont irrigués d’eaux usées non traitées. La loi est claire sur la question: en cas de flagrant délit, les agriculteurs fautifs sont passibles de poursuites judiciaires et leur motopompe confisquée.

Selon Omar Assobhei, professeur à l’université Chouaib Doukkali d’El Jadida et coordonnateur local du programme Medaware, «le risque sanitaire de cette pratique dépend du type de culture.

S’il s’agit de salades ou de légumes consommés crus, il y a danger pour la santé humaine. Dans le cas de l’arboriculture ou des cultures de céréales, de fourrages..., il n’y a pas de risque», explique-t-il.

Medaware, projet financé par l’Union européenne, a été justement mis en place au Maroc pour remédier à la situation. Initié en 2003, il est arrivé maintenant à terme.

Ce programme, qui s’est étalé sur cinq ans, consiste en le développement de systèmes urbains de retraitement des eaux usées et leur réutilisation à des fins agricoles.

A ce titre, il convient de signaler qu’au Maroc, à fin 2005, à peine la moitié des 72 stations de traitement d’eaux usées existantes est opérationnelle. Conséquence: sur les 600 millions de m3 d’eaux usées annuelles, moins de 8% sont traitées, soit environ 45 millions de m3.

Cette pratique d’irrigation des terres agricoles avec des eaux usées non traitées a été soulignée par un rapport de l’IWMI (Institut International de Gestion de l’Eau) lors de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm en aout 2008, comme nous l'expliquons dans notre article du 2 septembre.


lundi 20 octobre 2008

L'assainissement, priorité dans la question de l'eau


L’assainissement représente un enjeu planétaire majeur et fait actuellement l’objet d’une importante mobilisation de la part des organisations internationales d’aides au développement, des pouvoirs publics mais uassi des entreprises. Selon l’OMS, 2 personnes sur 6 dans le monde n’ont pas accès aux services d’assainissement (soit 2,6 milliards de personnes). Face à ce constat alarmant les Nations Unies ont déclarée l’année 2008 : « Année internationale de l’assainissement », et consacré le 20 mars 2008 comme Journée Mondiale de l’Assainissement afin de sensibiliser le plus grand nombre à cet élément fondamental du développement. Ces différentes initiatives témoignent de l’importance de cette question à la vue des enjeux sanitaires, sociaux et environnementaux quelle véhicule à l’échelle mondiale et surtout dans les pays en voie de développement et les zones rurales. Cependant, selon Jon Lane, président du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSCC), « il y a cinq fois plus d’argent investi dans l’accès à l’eau potable que dans l’assainissement, alors que si l’on regarde les chiffres, cela devrait être l’inverse. » En effet, l’absence d’équipement d’assainissement a un impact non négligeable sur la qualité des eaux et de ce fait peut considérablement diminuer l’efficacité des investissements réalisés pour l’eau potable. Les campagnes de prévention et l’inscription de l’assainissement dans les Objectifs du Millénaire définis par l’ONU afin de réduire de 50% d’ici 2015 du nombre de personnes n’y ayant pas accès ont néanmoins pour objectifs de mettre en marche les investissements dans ce domaine. L’ONU estime à 10 milliards de dollars par an les investissements nécessaires à la réalisation de cet objectif.

On observe tout d’abord, de fortes disparités concernant l’accès à l’assainissement selon les différentes régions du monde. En effet, les pays en voie de développement et les zones rurales sont les plus touchés par de fortes lacunes dans ce domaine.

En Afrique, seulement 45% de la population dispose d’installations sanitaires et 62% des Africains n’ont pas accès à des sanitaires convenables, selon un rapport conjoint de l’UNICEF et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Contrairement cependant à la croyance d’un grand nombre, l'Europe n'est pas non plus épargnée par le problème. Ainsi selon l’Institut International de l’Eau (SIWI), 20 millions d'Européens n'ont pas accès à des installations sanitaires décentes. Les régions rurales et les derniers pays entrés dans l’Union Européenne sont ceux qui connaissent le plus de retard dans ce domaine. Cela est notamment le cas de la Roumanie, dont 40% de la population n’est pas relié à un système d’assainissement et de la Bulgarie, où 42% de la population habite dans des zones rurales où seulement 2% des foyers sont reliés au tout-à-l’égout.

A l’inverse, en Amérique du Nord et notamment au Canada, 99% des habitants ont accès à des installations sanitaires de base.

Le mauvais accès à l’assainissement et les conséquences sanitaires qu’il emporter mobilisent les organisations d’aides au développement telles que l’UNICEF et pose cette problématique aujourd’hui comme un enjeu fondamental qui nécessite des investissements colossaux.

D’après le président de l’Association Africaine de l‘Eau, Mamadou Dia, le manque d’eau salubre et d’assainissement a de graves répercussions sur la santé des populations. Les enfants étant les premiers exposés aux maladies hydriques diarrhéiques et parasitaires. L’absence d’assainissement accroît également le risque d’épidémie de choléra, de typhoïde et de dysenterie.

Ces problèmes sanitaires graves impliquent ainsi des investissements rapides de la part des pays concernés et mobilise par conséquent de nombreux fonds humanitaires.

Le Fonds International pour l’Assainissement de l’Eau espère ainsi récolter plus de 65 millions d’euros par an pour permettre d’améliorer l’accès aux installations sanitaires et à l’hygiène dans les pays en voie de développement.

Le Fonds créé par le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (WSSCC) s’est fixé lui comme objectif la collecte de 100 millions de dollars par an, une aide qui sera principalement consacrée à la création d’un réseau d’assainissement dans certains pays en voie de développement et en priorité au Burkina Faso, en Ouganda, au Pakistan, en Inde, au Népal et à Madagascar.

Parallèlement, un Fonds mondial pour l’assainissement vient aussi d’être créé sous l’égide de l’ONU.

Enfin, l’Union Européenne va allouer 336 milliards d’euros aux états membres les plus nécessiteux dont 18 milliards destinés à l’amélioration des conditions sanitaires.

L’assainissement représente un objectif de santé public mais il implique aussi un enjeu environnemental. En effet, les eaux usées reversées dans des cours d’eau, engendrent une pollution considérable porteuse notamment de bactéries. De la même façon, les eaux industrielles reversées sans trai_tement préalables sont une importante source de pollution en raison de la présence de nombreux produits chimiques parfois toxiques. Chaque jour ce sont 2 millions de tonnes d'excréments qui sont rejetées dans les eaux libres de la planète.

En Europe notamment, dans certaines zones de Roumanie, le taux de nitrates dans les eaux atteint 500 mg/litre. (le taux de nitrates autorisé est de 50 mg/litre d’eau).

En France, la question de l’impact environnemental de l’assainissement se pose essentiellement pour les installations d’assainissement non collectif c'est-à-dire pour les systèmes d’assainissement géré par un particulier et non relié au réseau d’épuration collectif. Ce type d’installation concerne encore 11 millions d’habitants en France. La loi sur l’eau de 1992 avait imposé aux collectivités le contrôle du fonctionnement et de la conformité des installations individuelles d’assainissement, existantes et à construire. Alors que la loi sur l’eau de décembre 2006 a renforcé les pouvoirs des communes en cette matière. Ainsi, la commune a maintenant le droit de contrôler l’installation en considération de son ancienneté et si l’état n’est pas conforme elle peut obliger le propriétaire à se mettre aux normes. De plus, cette loi a également fixé l’obligation d’un premier contrôle des systèmes d’assainissement individuel au plus tard en 2012, qui devra être suivi d’un contrôle au minimum tous les 8 ans.
Aujourd’hui en France, l’assainissement représente 37% de la facture d’eau, à quoi s'ajoute une part significative correspondant aux investissements réalisés par les agences de l’eauL’IFEN estime à 2,5 milliards par an les besoins d’investissement sur les réseaux et les stations d’épuration pour être en conformité avec la réglementation en 2015.

Une étude de la TNS Sofres de février 2008, révèle une réelle sensibilité à l’enjeu environnemental attaché à l’assainissement non collectif. Ainsi, 89% des Français estiment que « ne pas bien entretenir sa fosse septique et/ou son système d’assainissement » représente un problème important pour l’environnement.
39 % des élus (maires et présidents d’intercommunalité confondus) estiment quant à eux, que l’assainissement représentera dans les années qui viennent un « enjeu majeur » dans leur commune ou leur intercommunalité.

Le développement économique et l’accroissement des populations dans certaines régions urbaines impliquent la construction de nouvelles infrastructures dédiés à l’assainissement. L’Institut International de l’Eau (SIWI) estime qu’il faut 10 milliards de dollars par an d’ici à 2015 pour l’atteinte de l’Objectif du Millénaire de l’assainissement.

Aussi, toujours selon le SIWI, une forte demande viendra d'Asie qui représente 60% de la population mondiale et dont le développement économique exponentiel a largement contribué à la détérioration de son réseau d’assainissement.

jeudi 16 octobre 2008

Etats-Unis : 50 milliards pour la distribution d'eau


Selon Alternet.org, l’Etat de New-York envisage de « dépenser 50 milliards de dollars dans les 20 prochaines années » pour rénover ses infrastructures de distribution d’eau et atteindre les objectifs fédéraux.

Pour ce faire, l’Etat compte s’appuyer sur les études réalisées par le Conseil de l’eau propre qu’il a créé en août dernier. Le site estime que la « réduction de 70% des aides fédérales dans le domaine de l’eau au cours des deux dernières décennies est à l’origine du mauvais état du réseau de distribution d’eau de l’Etat » et donc de la lourdeur des investissements futurs à réaliser. Selon Alternet.org, l’Etat de New-York envisage de « dépenser 50 milliards de dollars dans les 20 prochaines années » pour rénover ses infrastructures de distribution d’eau et atteindre les objectifs fédéraux.

Pour ce faire, l’Etat compte s’appuyer sur les études réalisées par le Conseil de l’eau propre qu’il a créé en août dernier. Le site estime que la « réduction de 70% des aides fédérales dans le domaine de l’eau au cours des deux dernières décennies est à l’origine du mauvais état du réseau de distribution d’eau de l’Etat » et donc de la lourdeur des investissements futurs à réaliser.

(Ci-dessus, cascades artificielles érigées sur différents points de l’East River, près de Manhattan)

mercredi 15 octobre 2008

Un plan pour les ressources d'eau du Yémen

Selon Hussein al-Junaid, adjoint au ministre de l'Eau et de l'Environnement, un plan vient d'être élaboré afin de renforcer les ressources en eau du pays et de rendre l'eau potable et l'eau d'irrigation plus accessibles. Ce plan a été conçu pour garantir une gestion efficace des ressources en eau et permettre la récupération des eaux de pluie grâce à la construction d'arrêts-barrages à eau, de petits barrages, de réservoirs en béton dans les vallées et de systèmes de récupération de l'eau à l'intérieur ou au-dessus des maisons.

Le plan ciblerait en premier lieu la ville de Sanaa et l'objectif est la récupération d'ici 2012 de 70% des eaux de pluie à Sanaa afin d'approvisionner le bassin et d'alimenter la ville en eau potable et en eau d'irrigation.

mardi 14 octobre 2008

Nigéria : une nouvelle usine de traitement de l'eau

This Day rapporte que l’Etat de Kaduna va lancer un « projet de construction d’usine de traitement d’eau » d’un montant de 90.000 euros dans la région de Zaria afin « d’endiguer la crise de l’eau qui s’y déroule. »

Ce projet est financé pour moitié par l’Etat fédéral et le reste de la contribution est fourni par la Banque Islamique de Développement (IDB), la Banque Mondiale et un fonds koweitien.

dimanche 12 octobre 2008

Choléra en Guinée-Bissau

Selon le site Sanitation Updates, les experts recensent 6.461 cas de cholera et 122 décès et déclarent que l’épidémie est « hors de tout contrôle », les cas enregistrés ayant doublés depuis les trois dernières semaines et touchant 11 régions du pays. Plusieurs associations et ONG se mobilisent, telles que l’UNICEF en désinfectant les puits des villes et les sources d’eau ou la Croix-Rouge en faisant du porte-à-porte afin de sensibiliser les populations à l’hygiène hydrique.

Selon l’UNICEF, les agences internationales ont surestimé la capacité du gouvernement à coordonner un plan de lutte efficace contre l’épidémie.

mercredi 17 septembre 2008

Quelques précisions sur le dessalement de l’eau de mer


Le monde actuel fait face à une crise de l’eau majeure que les experts attribuent au réchauffement climatique qui entraîne un accroissement des phénomênes climatiques extrèmes : sécheresses ou inondations,n à l’augmentation de la consommation d’eau du à la croissance démographique et à l’accroissement des usages. Le paradoxe est que certaines populations souffrent de pénuries d’eau alors que 71% de la surface du globe en est recouvert. Ce constat a incité divers spécialistes, chercheurs et acteurs du secteur de l’eau à développer différentes techniques de dessalement de l’eau de mer pour satisfaire la demande exponentielle du précieux liquide. Il est vrai que l’on estime à 39% la part de la population mondiale vivant à moins de 100km d’un côte alors que 42 villes de plus d’un million d’habitants ne disposant pas de ressources suffisantes en eau douce se situent sur le littoral.

De ce fait, le dessalement de l’eau de mer est devenu une technologie très importante dans le développement de l’accès à l’eau car il représente une véritable opportunité pour aider à la résolution de la crise. Avant de voir les évolutions actuelles et futures de ce marché ainsi que les critiques dont il est l’objet, il est nécessaire de comprendre en quoi consiste le dessalement d’un point de vue technique.

La distillation et le dessalement par osmose inverse, dont nous avons déjà parlé dans nos posts du 5 juin dernier et du 10 août, sont les deux procédés les plus courants, bien qu’il existe d’autres procédés tels que le système flash utilisé au Moyen Orient ou l’électrolyse.

Le phénomène d’osmose inverse est actuellement le plus utilisé puisqu’il représente à peu près 60% des installations. Il correspond au transfert d’un fluide (eau) à travers une membrane semi-perméable sous l’action d’une différence de concentration. Dans l’osmose classique, l’eau passe de la solution diluée vers la solution concentrée ; dans l’osmose inverse, qui se déclenche grâce à une augmentation de la pression appliquée à la solution au-delà d’un certain seuil, l’eau passe de la solution concentrée vers la solution diluée.

Par la suite, l’eau subit un prétraitement visant à éliminer toutes les particules de dimension supérieure à 10 micromètres ; il s’agit d’une pré-filtration puis d’une filtration sur sable. Cela permet d’enlever les particules en suspension les plus grosses. Un traitement biocide et une acidification permettent en outre d’empêcher le développement de microorganisme. Enfin, une filtration sur cartouche permet d’éliminer les particules qui ont échappé à la filtration sur sable.

L’eau de mer est alors injectée à l’aide d’une pompe à haute pression dans un module d’osmose inverse dans lequel se trouvent des membranes. Les molécules sont retenues d’un côté de la membrane, ce qui augmente la concentration de l’eau et nécessite une pression plus importante. La solution salée est balayée par un flux d’eau continu. Ainsi, on obtient une eau filtrée de manière extrêmement fine. Pour limiter la consommation d’énergie, il est possible d’aménager un circuit permettant de récupérer une partie de l’énergie liée à la pression.

La filtration permet de supprimer 99% des sels minéraux et organiques. Une eau de mer concentrée à 35.000 ppm peut ainsi ressortir selon l’effort de pression réalisé sur la membrane Ol, à moins de 200 ppm. Le seuil de potabilité des eaux distribuées en réseau est généralement admis à 500 ppm. L’eau peut ensuite être reminéralisée, ajustée en Ph ou subir des post-traitements UV, osmose, ou une légère chloration afin d’être déclarée comme potable.

Selon la WWF, il y aurait aujourd’hui une dizaine de milliers d’usines de dessalement en activité de par le monde dont la moitié serait concentrée pour le moment dans la région du Golfe et couvrirait environ 60% des besoins en eau douce des pays producteurs de pétrole. De plus, l’ensemble des usines de dessalement produirait plus de 50 millions de mètres cubes d’eau dessalée, dont 15 % issus de l’eau saumâtre, tous les jours dans le monde. D’une manière globale, il est possible d’observer deux types de réaction par rapport à cet état de fait. La première se caractérise par le succès et se traduit par la construction de nouvelles usines dans le monde alors que la deuxième est plus prudente et met en garde contre cette technique tout en appelant les dirigeants politiques à plus de réflexion.

Les promoteurs de cette technique avancent que le processus d’osmose inverse est développé depuis une quinzaine d’années et représente donc une technique fiable. Les usines de dessalement apparaissent d’ailleurs un peu partout dans le monde, que ce soit en Australie, à Bahreïn ou en en Arabie Saouditepour répondre aux besoins en eau auxquels sont confrontés ces pays. L'Espagne, également, dessale une grande quantité d’eau de mer et projette de construire jusqu'à quinze usines de dessalement (1,7 million de mètres cubes par jour). L’Inde a quant à elle, commandé une étude de faisabilité à General Electric afin de lancer un programme de dessalement. Aux Etats-Unis, la ville d’El Paso a inauguré en août 2007 la plus grande usine de dessalement à l’intérieur des terres qui existe au monde et plusieurs entreprises privées proposent une vingtaine d’usines de dessalement de l’eau de mer pour la seule côte californienne, selon Wenonah Hauter, présidente de l’association de consommateurs Food and Water Watch.

Cependant, c’est en Israël que ce trouve la plus grande usine de dessalement par osmose inverse du monde, à Ashkelon précisément. Cette usine construite par Veolia Water alimente environ 1,4 millions de personnes en eau douce par la production de 320 000m3 d’eau par jour. L’Algérie a quant à elle, lancé un projet d’investissement de 500 millions de dollars pour une station de dessalement qui dépassera la capacité de production de l’usine d’Ashkelon.

Ces deux derniers exemples prouvent l’engouement et le dynamisme de la région méditerranéenne pour ce procédé étant donné qu’elle souffre de plus en plus de la sécheresse. Vu le coût d’investissement élevé de ce type d’installations (il varie, pour des capacités allant de 10 000 à 100 000m3/j, d'environ 2000 à 2700 euros par m3/j.), les pays riches qui rencontrent des problèmes d’approvisionnement en eau sont de plus en plus nombreux à y avoir recours, en particuliers les pays du Golfe qui profitent de la manne financière de l’exploitation pétrolière. Il est possible de citer comme exemple le Qatar et le projet de Ras Laffan C qui sera la plus grande installation de production d'électricité et de dessalement d'eau de mer du pays, avec une production quotidienne de 2.730 MW d'électricité et de 286.000 m3/jour d'eau dessalée. Elle devrait être mise en service en avril 2011, avec une première phase de production d'électricité et d'eau dès le mois de mai 2010.

De plus, GDF Suez a récemment remporté un contrat pour la construction et l'exploitation de la centrale électrique et de dessalement d'eau de mer Shuweihat 2, un important projet indépendant d'électricité et d'eau à Abu Dhabi, aux Émirats Arabes Unis. Shuweihat 2 est une installation "greenfield" au gaz naturel qui produira 1.500 MW d'électricité et 454.610 m3 d'eau par jour d’après les autorités. La Jordanie et la Chine ont été plus loin en signant un accord de coopération nucléaire ouvrant la voie à une prochaine coopération en matière d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, spécialement dans les domaines de la production d'électricité et du dessalement d'eau. Il est à préciser que la Chine a récemment annoncé que ces installations de dessalement traiteraient 1 million de m3 d'eau de mer par jour d'ici 2010 et jusqu'à 3 millions de m3/jour en 2020.

En Europe, la première grande usine anglaise de dessalement sera construite dans la commune de Newham, à l’est de Londres, et pourra produire chaque jour quelque 140 millions de litres d’eau potable, vers 2010.

La multiplication des usines de dessalement par osmose inverse témoigne de sa fiabilité en tant que pilier des solutions aux difficultés d’approvisionnement en eau des pays .


Malgré le succès actuel, un mouvement de méfiance à l’égard du dessalement s’est développé ces dernières années. Dans les articles relayant cette position, les arguments avancés s’appuient régulièrement sur une étude de la WWF publié en juin 2007 et intitulée « Dessalement : option ou distraction dans un monde assoiffé ? ».

L'ONG y rappelle notamment que les 1200 usines de dessalement du monde consomment beaucoup d'énergie et par conséquent émettent des gaz à effet de serre. Elle s’alarme donc d’un développement anarchique de cette technologie. Toujours selon elle, pour chaque litre d’eau dessalé, c’est un litre de saumure qui est rejetée à la mer. Même s’il est difficile de connaître l’impact réel de ces rejets, les premières études réalisées sur le sujet semblent montrer qu’il est faible (les fleuves rejettent aussi à la mer de nombreux minéraux). Jamie Pittock, directeur du programme eau douce du WWF note que la technique de l'osmose inverse utilisée pour le dessalement pourrait être une solution intéressante pour ces populations, selon lui. Elle a notamment été employée avec succès en Inde pour enlever certains contaminants dangereux présents dans l'eau potable. De son point de vue, « les usines de dessalement doivent être construites seulement lorsqu'elles se sont avérées être la solution la plus efficace et la moins préjudiciable pour compléter l'approvisionnement en eau, à la suite d'un processus d'évaluation approfondi et transparent de toutes les solutions de rechange et leurs impacts environnementaux, économiques et sociaux. » Il semble cependant que pour une fois les industriels et les écologistes se soient compris si l’on considère les nombreux projets de recherche qui sont en court chez les industriels du secteur afin de limiter la consommation énergétique, de trouver des débouchés aux résidus salins, mais également d’augmenter la quantité d’eau potable produite.

L’autre limite au développement du dessalement à longtemps été son coût. Cependant, le coût du m3 produit à considérablement diminué. L’usine d’Ashekelon produit un m3 à 0,5 centimes d’euros notamment..Reste que le coût du dessalement est étroitement lié au coût de l’énergie et que les pics qu’a connu le prix du baril ces derniers mois pourrait remettre en cause l’abaissement des coûts de production. Pour Michel Dutang, directeur de la recherche et du développement de Veolia Environnement, leader du marché (14,5 %), à l’avenir, « l’eau va devenir un problème crucial, qui butera sur le coût de l’énergie, indispensable au dessalement de l’eau de mer ou de l’eau saumâtre. »

Malgré ces limites, la plupart des analystes promettent au secteur une belle croissance pour la décennie à venir, dans la mesure où le besoin en eau potable excèdera nécessairement le coût énergétique de son traitement et que les besoins vitaux feront sans doute taire les considérations purement économiques. « Le marché du dessalement de l’eau de mer va exploser dans les années à venir », explique Jean-Louis Chaussade, directeur général de Suez Environnement, traduisant l’optimisme des acteurs du secteur basé sur la projection qui voit la production d’eau dessalée doubler d’ici 2016 pour atteindre plus de 109 millions de mètres cubes par jour.

Selon les prévisions de Media Analytics Limited (Global Water Intelligence), l’industrie du dessalement devrait atteindre 64,3 millions de litres par jour en 2010 et 97,5 millions en 2015 cela représenterait une augmentation de capacité de 140% depuis 2005. Cette expansion nécessiterait un investissement de 25 milliards de dollars d’ici 2010 et de 56,4 milliards de dollars avant la fin 2015. Suivant la tendance actuelle, plus de la moitié de ces investissements devraient être apportés par le secteur privé ce qui fait du secteur du dessalement la partie la plus internationale de l’industrie de l’eau, en plus d’être la plus axée sur la haute technologie. A titre d'exemple, la Chine prévoit de dépenser 200 milliards de dollars » dans cette technologie.

Toujours selon Media Analytics, la technique de l’osmose inverse représenterait 65% du marché en 2015 (contre 60% aujourd’hui) alors que la technique de distillation passerait d’une part de 24% à 37% grâce à la forte demande de ce type de produit dans le Golfe Persique. Cependant, le marché du dessalement en dehors du Golfe devrait croître plus rapidement que dans la région, notamment après 2015.

Le plus grand défi de l’industrie sera d’augmenter son efficacité énergétique plus rapidement que le coût de production d’électricité à base d’énergies fossiles, tout en développant les techniques minimisant l'impact des rejets.

Pour poursuivre la recherche... :

Dessalement à Alger (février 2008)

L'eau à Chypre (août 2008)

Dessalement à Alger (août 2008)

Un bon papier des voyageurs de l'eau sur le dessalement (août 2008)

Eau : le nouveau chouhou des cleantechs (mai 2008)


jeudi 7 août 2008

Investissements records pour l'esau

Bonne nouvelle : l’investissement dans le secteur de l’eau ne cesse de croître. La Private Participation in Infrastructure Project Database (PPIAF), organisme partenaire de la Banque Mondiale, vient d’annoncer que les investissements privés dans le secteur de l’eau ont atteint un nouveau record pour l’année 2007. Ils représentent aujourd’hui plus de 3,2 milliards de dollars. Ces investissements sont géographiquement très concentrés. La Chine et la Géorgie ont ainsi reçu 63% de ces investissements. Nous avons vu dans ce blog à quel point la crise de l’eau est grave en Chine. Dommage que davantage d’investissements ne soient pas consacrés à l’Afrique, qui reste la zone oubliée de l’investissement dans le secteur de l’eau. Autres éléments pointés par le PFIAF : les projets concernent majoritairement les infrastructures de traitement, qui représentent 40 des 62 projets, soit 47% des investissements du secteur. De plus, les contrats de construction dans le cadre des projets en Build Operate Transfer (BOT) sont les plus courants. L’annonce de la croissance de l’investissement est un bonne nouvelle, au moment même ou la banque d’investissement Goldman Sachs estime que le secteur de l’eau est touché par une crise « malthusianiste », c’est-à-dire selon elle une « vision conservatrice caractérisée par une opposition à l’investissement ». Elle estime aussi que « le manque global d’eau pourrait s’avérer être une plus grande menace pour l’humanité que celle de l’augmentation des prix des denrées alimentaires ou l’épuisement des ressources énergétiques. » Nous la suivons malheureusement sur ce point.
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