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mercredi 20 octobre 2010

Obtenir de l’eau pour irriguer les cultures en Afrique – Zambie

En 1999, quand il a acheté sa première pompe à pédale, Robert Mwanza, un agriculteur à Lusaka, en Zambie, avait du mal à joindre les deux bouts et était sans accès fiable à l’eau. Comme son pays doit faire face à la sécheresse et à la faiblesse économique, Robert n’a pas de ressources nécessaires pour irriguer sa ferme et "ne pouvait pas cultiver assez pour manger et encore moins pour vendre."

L’accès à l’eau est un luxe que de nombreux ménages ruraux, en particulier en Afrique sub-saharienne, n’ont pas. Les agriculteurs doivent souvent faire des voyage de longues distances pour chercher de l’eau dans un cours d’eau ou un puits public, rendant impossible l’irrigation des cultures ou l’accès à l’eau pour la cuisine et le bain.

Mais des technologies abordables, comme la pompe à pédale (une pompe à pied qui se trouve sur le dessus d’un puits et irrigue des petites parcelles de terres), la pompe à corde (une alternative à la pompe à pédale alimentée manuellement) et une variété de systèmes de stockage de l’eau (en plastique et utilisées comme sources de gicleurs ou de systèmes d’irrigation par goutte à goutte), changent tout cela. Les systèmes sont développés et soutenu par International Development Enterprises (IDE), une organisation qui travaille à améliorer les moyens d’existence des agriculteurs dans 13 pays en Asie et en Afrique grâce à l’amélioration technologique de l’agriculture et de l’accès au marché.

Après seulement deux ans d’une meilleure irrigation fournie par une pompe à pédale, Robert Mwanza a augmenté sa production de légumes pour nourrir sa femme et ses huit enfants.

Il a également gagné assez d’argent pour acheter une pompe supplémentaire, doublant ainsi la superficie des terres qu’il pouvait irriguer. Il a recruté son frère, Andrew Mwanza, pour travailler sur la pompe supplémentaire et en trois ans, avec l’aide du personnel de terrain IDE, Robert a commencé à vendre ses produits à Agriflora, une société qui exporte des légumes de haute qualité en Europe. Maintenant, les deux frères cultivent assez de légumes pour pouvoir se permettre d’ajouter un moteur à essence à la pompe de 750 $, ce qui réduit le travail nécessaire pour augmenter la production.

Source : http://www.ideorg.org/

vendredi 23 avril 2010

Près de 50% des populations urbaines souffrent d’une maladie liée au manque d’eau et d’assainissement

Près de la moitié de la population urbaine en Afrique souffre au moins d’une maladie imputable au manque d’eau potable et de service approprié d’assainissement, affirme Dr Malang Coly, expert de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
‘Les gouvernements sont confrontés à l’énorme défi de veiller à ce que les services essentiels tels que les soins de santé, l’approvisionnement en eau l’habitat et la gestion des déchets solides soient adéquatement assurés pour répondre aux besoins croissants de la population’’, a dit docteur Coly.
Il s’exprimait mercredi au grand terrain des Parcelles Assainies à l’occasion des festivités marquant la Journée mondiale de la santé sous le thème : ‘’Urbanisation et Santé’’.
Ce thème retenu par l’OMS vise, selon l’organisme onusien, à prendre en compte les conséquences de l’urbanisation sur la santé collective à l’échelle mondiale et pour chacun des individus de la planète.
Il s’agit de sensibiliser les gouvernements, les organisations internationales, le secteur privé et la société civile sur les enjeux de la santé liés à l’urbanisation et sur la nécessité d’y faire face par le biais de politique urbaines, l’aménagement urbain et de l’action intersectorielle, précise un document remis à la presse.
L’OMS veut aussi engager des actions portant sur les risques sanitaires liés à l’urbanisation, notamment, les risques environnementaux, l’exposition aux facteurs de risque entraînant des maladies transmissibles et maladies non transmissibles, la violence, les accidents de la route et les situations d’urgence sanitaire.
Le document relève en outre qu’il faut démontrer que des actions et mesures efficaces peuvent être entreprises par les administrations locales pour promouvoir la santé en milieu urbain, et ainsi, créer un meilleur cadre de vie pour les citoyens, un meilleur environnement pour attirer les investissements.
Le Dr Malang Coly a constaté l’accroissement rapide et la prolifération des bidonvilles dans nombre de villes. Il a aussi relevé que le surpeuplement et l’état général de l’habitat dans ces bidonvilles où vivent la majorité des populations constituent une source de préoccupation majeure.
‘’Les pauvres qui vivent dans les zones urbanisés non planifiées souffrent de manière disproportionnée d’un large éventail de maladies’’, adit l’expert de l’OMS.
Selon lui, le régime alimentaire par soin et l’inactivité physique parmi les pauvres en milieu urbain contribuent à accroître le risque de développer des maladies non transmissibles, telles que l’obésité, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.
Source : APS

mardi 13 avril 2010

Afrique Ouest et Centre: 155 millions d'habitants sans accès à l'eau potable (Unicef)

Environ 155 millions de personnes - soit 39 pour cent de la population - n'ont pas accès à l'eau potable en Afrique de l'Ouest et du Centre, indique mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) à l'occasion de la journée mondiale de l'eau.
"A 5 ans de l'échéance de 2015 pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), la situation de l'eau et de l'assainissement reste préoccupante en Afrique de l'Ouest et du Centre", écrit l'Unicef dans un communiqué.
L'Afrique de l'Ouest et du Centre "affiche la couverture la plus faible du monde par des systèmes améliorés d'approvisionnement en eau potable, et le nombre de personnes non desservies était plus élevé en 2008 qu'en 1990", selon l'agence de l'ONU.
"Malgré les efforts consentis par quelques pays, environ 155 millions de personnes - soit 39% de la population - n'ont pas encore accès à l'eau potable en Afrique de l'Ouest et du Centre", selon le texte. La moitié a moins de 18 ans.
"Et les tendances actuelles indiquent que seuls huit pays de la région (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap vert, Gabon, Ghana, Guinée et Mali) pourront atteindre les OMD pour l'eau", regrette l'Unicef.
L'amélioration de la couverture en eau potable constatée dans certains pays "s'est laissée distancer par la croissance démographique dans la région (2,7% de croissance démographique pour la période 1990-2007)".
Le nombre total d'habitants de la région sans accès à des sources améliorées d'eau potable a augmenté entre 1990 et 2008, passant de 126 millions à 155 millions.
Dans 5 pays, la couverture en eau potable est inférieure à 50%: Guinée équatoriale (43), Niger (48), Mauritanie (49), République démocratique du Congo (46), Tchad (48) et Sierra Leone (49).
La République démocratique du Congo, le Niger et le Nigeria ont une couverture particulièrement basse dans les zones rurales, respectivement 28, 39 et 42 pour cent.
Mais certains pays méritent d'être cités en exemple pour les progrès qu'ils ont accomplis entre 1990 et 2008. Au Burkina Faso, par exemple, la couverture par les sources améliorées d'eau potable a fait un bond en avant, passant de 41% à 76%, tandis que le Tchad passait de 38% à 50%, selon l'Unicef.
Source : AFP

mercredi 7 avril 2010

Le Ghana profite de la journée de l’eau pour marquer un grand coup

Le 20 mars dernier, lors de la journée de l’eau, Alban Bagbin, ministre des Ressources en Eau, des Travaux et du Logement a appelé à une révolution des attitudes pour aider à arrêter la détérioration de la qualité de l'eau.


«L'eau potable est un élément essentiel à notre développement socio-économique et elle est essentielle pour la vie et le bon fonctionnement de l'environnement.
«Les causes identifiées de la dégradation de la qualité de l'eau incluent les activités humaines telles que la dégradation des sols, des rejets de déchets d’origines domestique, municipale, industrielle et agricole dans les rivières » déclare-t-il.
«Un bon partage des ressources en eau au niveau sous-régional et régional est également un problème, qui appelle une solution pragmatique, ancrée dans la négociation et le dialogue." 


De son côté, Albert Abongo, député de Bongo, a appelé les Ghanéens à faire tout leur possible pour conserver les masses d'eau du pays.
Source : Ghanaweb

mercredi 17 mars 2010

La République du Congo à d’immenses ressources en eau mais pas les infrastructures…

Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) s’apprête à organiser très prochainement les 2èmes journées portes ouvertes 2010 du secteur de l'eau et de l'assainissement, la ville de Mbuji-Mayi (anciennement Bakwanga) est sans eau depuis plus de 2 semaines
A l’occasion de l’annonce de ces journées consacrées à l’eau le ministre congolais du Plan Olivier Kamitatu soulignait que l'enjeu majeur pour la RDC, qui dispose d'immenses ressources en eau, consiste à en assurer la potabilité et la distribution auprès de la population.
Cela revient à mettre à court terme à la disposition des populations la quantité d'eau quotidienne correspondante aux normes et à un espace vital salubre, a-t-il dit.

M. Olivier Kamitatu a souligné que les 2èmes journées portes ouvertes du secteur de l'eau et de l'assainissement offriront à la RDC l'occasion d'attirer de nouveaux investissements.

Située au centre de l'Afrique et à cheval sur l'Equateur, la RDC est l'un des pays les plus arrosés du continent africain. Elle enregistre une pluviosité importante repartie sur toute l'année; soit 1.200 m3/s en moyenne et dispose des ressources en eau immense et diversifiées.
Cela implique, selon le ministre du Plan, le respect strict des normes environnementales pour éviter les impacts négatifs de la désertification. Avec un débit moyen de 42.00m3/s et des débits minimal et maximal pouvant atteindre respectivement 23.000 et 80. 000 m2, le fleuve Congo se classe premier en Afrique par la superficie de son bassin et 2ème dans le monde derrière l'Amazonie.
En dépit de toutes ces potentialités abondantes, 22% seulement de la population congolaise a accès à l'eau potable et 19% bénéficient des dispositifs adéquats d'assainissement, selon les statistiques publiées en 2006.

Défaillances en série des infrastructures d’eau potable de Mbuji-Mayi …
Mbuji-Mayi (anciennement Bakwanga) est la capitale de la province du Kasaï-Oriental, située sur la rive droite de la rivière Mbuji-mayi. La ville a, depuis les années 1980, multiplié sa population par 10, est compte aujourd’hui une population de presque 2 millions d’habitants. La ville est organisée en 5 communes : Bipemba, Dibindi, Diulu, Kanshi, Muya.
Trois communes sur les cinq que compte la ville de Mbuji-Mayi sont dépourvues d’eau potable depuis plusieurs semaines à la suite d’une panne survenue sur la pompe principale de la station de captage de la Regideso, la régie de distribution d’eau de la République du Congo. Du coup, les ménagères n’ont d’autre choix que de se tourner ver l’eau des rivières ou des pluies que leur offrent des revendeurs ambulants.
La pénurie d’eau frappe surtout les quartiers les plus populeux de Mbuji-Mayi.
Les habitants de ces quartiers sont alors obligés à débourser au quotidien 200 à 300 francs congolais pour obtenir 20 litres d’eau que proposent les revendeurs à vélo, sans aucune garantie des conditions hygiéniques.
Il y a quelques jours, un glissement de terrain au quartier Tshikama avait déboîté le grand tuyau de la Regideso, privant ainsi d’eau une grande partie de la ville.
Aussitôt réparée, cette panne a été suivie d’une autre sur le moteur de la principale pompe de la station de captage de Bakwa Kapanga.
Selon les responsables locaux de la Regideso, ces pannes remontent au 26 février.
Il ne reste pour le moment, précisent ces responsables, que deux petites pompes incapables de produire suffisamment de pression pour amener l’eau vers les abonnés des zones à haute pression. Les travaux de réparation sont en cours, mais l’échéance n’est pas connue.

Le cas de la RDC est un exemple marquant de la problématique de l’accès à l’eau puisque la ressource est disponible en grande quantité mais que les infrastructures de production et de distribution ne sont pas suffisantes pour permettre à la population d’avoir un accès correct à l’eau.
Et pendant ce temps à Kinshasa…
Kinshasa est une mégalopole de 8 millions d'habitants qui souffre d'un déficit généralisé d'eau potable. Le Programme Multisectoriel d'Urgence de Réhabilitation et de Reconstruction financé par la Banque mondiale a permis de réhabiliter les infrastructures de la Regideso, la compagnie qui dessert la ville en eau. La Regideso a pu ainsi doubler capacité de distribution de l'eau potable, résultats encourageants qui pourraient conduire à une extension du projet.
L'an 2009 aura été une année faste pour la Regideso (Régie de Distribution de l'Eau) qui vient de voir sa capacité de distribution de l'eau potable doublée à la suite des travaux exécutés sur son usine de N'Djili, à Kinshasa, dans le cadre du programme PMURR (Programme Multisectoriel d'Urgence de Réhabilitation et de Reconstruction), un projet de la République démocratique du Congo financé par la Banque mondiale. Les travaux ont duré quatre ans dans l'ensemble et coûté près de 51 millions d'euros.
Pour les 8 millions d'habitants de la ville de Kinshasa, c'est évidemment le grand soulagement. L'accessibilité à l'eau potable est l'une des préoccupations majeures dans cette mégapole qui n'arrête pas de recevoir de nouveaux habitants. Donc de nouveaux consommateurs d'eau potable. Le gouvernement congolais en a fait également l'une de ses priorités dans le programme des cinq chantiers de la République.
L'usine de N'Djili est la plus grande pourvoyeuse d'eau de la ville de Kinshasa. Elle fournit près de 65% de l'eau potable consommée dans la capitale de la République démocratique du Congo. C'est loin d'être suffisant. Il se pose un problème non seulement d'obsolescence des infrastructures de production mais aussi celui de la construction de nouvelles infrastructures.
Tshama Mavua, l'ingénieur chargé du contrôle et de la vérification des projets à la Regideso, explique : « La ville de Kinshasa connaissait un déficit généralisé d'eau potable ».
Le projet PMURR a permis à la Regideso, non seulement d'augmenter la capacité de production de l'eau potable passant d'une capacité de 220 000 m3/jour à 330 000 m3/jour mais aussi de rétablir la desserte en eau potable dans 22 communes de la zone d'influence de l'usine de N'Djili sur les 24 communes de la ville de Kinshasa. Ainsi vont notamment bénéficier des résultats des travaux sur l'usine de N'Djili, les communes de Gombe, Kinshasa, Lingwala, Limete, Kalamu, Kasa-Vubu, Bumbu, Ngiri-Ngiri, Selembao, Kintambo, Bandalungwa, Matete, Lemba, Ngaba, Makala et Mont-Ngafula ainsi que celles de Masina, N'Djili et Kimbanseke dont certains quartiers manquaient totalement d'eau potable.
Les travaux consistaient principalement en la réalisation d'un nouveau déversoir dans la rivière N'Djili en aval du barrage actuel, la réhabilitation des ouvrages existants, la réhabilitation d'un troisième module de dessablage, la pose de 19.300 m de grosse canalisation variant entre 250 et 1.000 mm, la construction et l'équipement d'un nouveau réservoir d'une capacité de 2300 m3. Le nouveau réservoir a été installé à Gombele, quartier Righini, en renforcement d'un autre plus ancien et de même capacité. Ce qui a permis de desservir des quartiers aussi éloignés que les communes de Ngaba ou Mont-Ngafula ou des quartiers comme l'Univeristé de Kinshasa ou Kindele, dans le Sud de la ville. La plupart de ces quartiers du Sud n'existaient pas pendant la période coloniale et n'étaient donc pas prévus dans la desserte de la ville.
Cette réserve stratégique d'eau de Gombele a comme avantage supplémentaire de préserver les consommateurs de cette zone d'une rupture intempestive d'eau en cas de défaillance d'électricité ou d'une avarie sur le système. La station de pompage peut continuer la fourniture de l'eau en attendant le rétablissement de la situation normale.
A la Regideso, c'est avec fierté que l'on exhibe les résultats des travaux d'alimentation en eau potable dans la ville de Kinshasa, travaux financés par la Banque mondiale. Les ouvrages sont gigantesques et modernisés. Ils peuvent se résumer en deux points majeurs : la récupération de la capacité de production de l'eau potable et l'amélioration de la qualité de l'eau. L'usine de N'Djili peut désormais donner le maximum de sa capacité avec une eau de qualité. Avec ses deux anciennes usines réhabilitées d'une capacité nominale de 110.000 m3 /jour chacune, elle a récupéré son rendement initial de 220.000 m3 alors que celui-ci était descendu jusqu'à 140.000 m3/jour.
Les populations bénéficiaires du projet PMURR-Regideso ont déjà constaté une amélioration certaine dans la desserte de l'eau à domicile. La pression est devenue plus forte au robinet et l'eau est permanente alors qu'auparavant, il fallait se réveiller en pleine nuit, aux petites heures du matin, pour espérer s'approvisionner en eau. Encore que ce n'était pas évident tous les jours. Mme Annie Mujinga habite le quartier Makelele, dans la commune de Bandalungwa. Elle s'en souvient : « L'amélioration de la desserte de l'eau potable est indiscutable dans notre quartier. Je me rappelle qu'il n'y a pas longtemps, il fallait chaque nuit dormir d'une oreille, l'autre restant à l'écoute de l'extérieur, car vers les trois heures du matin, dès qu'il y avait de l'eau au robinet, les voisins ameutaient tout le quartier en annonçant l'arrivée de l'eau à grands cris. Nous devions alors nous réveiller pour remplir le plus de récipients possible de la maison ne sachant pas quand l'eau serait de nouveau de retour au robinet ».
En effet, l'eau ne restait pas longtemps au robinet. Après deux ou, tout au plus, trois heures, le robinet redevenait sec, et pour longtemps. Mme Christine Bonzene de la commune de Kintambo, voisine à celle de Bandalungwa, s'était déjà résolue à creuser un puits dont elle puisait l'essentiel de ses eaux domestiques, son robinet étant resté sans eau depuis de longs mois. Un jour des agents de la Regideso sont venus lui installer de nouveaux tuyaux et un nouveau robinet dans la parcelle.
L'usine de N'Djili, la plus importante des quatre qui desservent la capitale congolaise avec une capacité de production de 330.000 m3/jour, devance celles de Ngaliema qui produit en moyenne 85.000 m3/jour, de Lukunga avec 45 000 m3/jour et celle de la Lukaya, la toute nouvelle usine avec 24.000 m3/jour. Il demeure qu'avec une production totale de 484.000 m3/jour, le déficit en eau pour la ville de Kinshasa reste important en regard des besoins estimés à 750.000 m'/jour. Ce déficit ne pourra être comblé que par un apport plus important en eau potable. Et donc par un appui financier plus important des partenaires au développement.
Le présent projet PMURR qui vient de se terminer à la satisfaction de tout le monde, aussi bien des bénéficiaires que de l'entreprise Regideso, appelle bien d'autres travaux additionnels, conséquence justement de l'amélioration technique de l'infrastructure. La réhabilitation de l'usine de N'Djili appelle forcément d'autres travaux dont notamment la réhabilitation de tout le réseau vieux d'une cinquantaine d'années. Les nombreuses fuites observées dans la canalisation à différents endroits de la ville constituent, à ce sujet, une sonnette d'alarme suffisante pour la Regideso.
En amont, les conditions de captage de l'eau restent encore tributaires de l'incivisme des populations riveraines de la rivière N'Djili qui polluent abondamment les eaux avant qu'elles n'atteignent le barrage de captage. Les impuretés déversées dans la rivière N'Djili, en amont du barrage de captage empêchent celui-ci de recevoir le maximum de l'eau nécessaire à envoyer à l'usine pour traitement. Aujourd'hui, deux pirogues submergées et charriées par les eaux entravent l'entrée normale de l'eau brute dans le barrage de captage de la Regideso. L'idéal serait de construire un ouvrage de filtrage de l'eau brute en amont du pont sur la rivière N'Djili afin de débarrasser l'eau brute d'impuretés qui pourraient gêner le bon fonctionnement des machines.
Cependant, la clôture annoncée du PMURR est de nature à susciter quelques inquiétudes, surtout côté gouvernement congolais, quant à la pérennisation des acquis. Il s'agit de la maintenance des infrastructures existantes et du financement de nouveaux projets de développement. Une chance se profile tout de même à l'horizon, car le chef projet se dit satisfait de la manière dont le PMURR a été mené ainsi que des résultats obtenus.

lundi 15 mars 2010

Les cycles chauds et froids de l’Océan font la pluie et la sécheresse…

Selon une étude de la Royal Meteorogical Society britannique publiée cette semaine dans la revue Atmospheric Science Letters, les sécheresses répétées au Sahel des années 1960 aux années 1990 seraient liées à des cycles chauds et froids de l'océan Atlantique nord qui auraient également une influence sur la puissance des cyclones dans les Caraïbes, selon une étude publiée cette semaine.
Ainsi selon les climatologues de la Royal Meteorogical Society, deux types de cycles prenant en compte la température de surface de l'eau et la pression atmosphérique, longs respectivement de 40 à 60 ans et de 8 à 14 ans, ont été identifiés.
Dès le début du 21ème siècle, ces variations climatiques naturelles auraient contribué à un retour à la normale des pluies dans la région du Sahel (comme en 2003 et 2009), mais aussi à une augmentation de la puissance destructrice des cyclones tropicaux. Ce "retour à la normale" ayant pour conséquence des inondations, comme en 2009 au Sénégal, au Burkina Faso et au Niger.
Dans le Sahel, "du milieu des années 1960 au milieu des années 1990, il y a eu une période de sécheresse, mais pendant cette sécheresse, il y a eu des périodes moins intenses, liées aux cycles quasi-décennaux" (de 8 à 14 ans), selon M. Tourre, climatologue à Météo France qui a également participé à cette étude.
Par ailleurs, la courbe de la puissance destructrice des cyclones tropicaux dans l'Atlantique nord, qui touchent régulièrement les Caraïbes et le pourtour du golfe du Mexique, recoupe largement celle du cycle de 40 à 60 ans depuis 1950.
La phase de réchauffement de l'océan entamée dans les années 90 correspond ainsi à des cyclones plus destructeurs.
Ces cycles longs sont "liés fortement à la circulation thermohaline*". Contrairement à l'atmosphère dont la composition change rapidement, "l'océan a une mémoire thermique, calorifique".
Grâce au concours de la modélisation et de comparaisons avec des données antérieures à la révolution industrielle, les chercheurs sont parvenus à reconstituer une variabilité naturelle, excluant les changements induits par l'homme.
Pour l'Afrique de l'Ouest en particulier, les variations à venir restent toutefois encore très difficiles à prévoir. D'autant plus que les courants marins pourraient être modifiés par un apport d'eau douce plus important lié à la fonte des calottes polaires.
La meilleure compréhension de ces signaux naturels devrait, selon Yves Tourre, permettre de mieux comprendre la part des activités humaines dans le phénomène de changement climatique.
*La circulation thermohaline est la circulation permanente à grande échelle de l'eau (L’eau (que l'on peut aussi appeler oxyde de dihydrogène, hydroxyde d'hydrogène ou acide hydroxyque) est un...) des océans engendrée par des écarts de température (La température d'un système est une fonction croissante du degré d'agitation thermique des particules, c'est-à-dire de...) et de salinité des masses d'eau. La salinité et la température ont un impact sur la densité (La densité est un nombre sans dimension, égal au rapport d'une masse d'une substance homogène à la masse du même volume...) de l'eau de mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.). Les eaux, refroidies et salées plongent au niveau des hautes latitudes (Norvège, Groenland, ...) et descendent vers le sud (Sud est un nom :) à des profondeurs comprises entre 1 et 3 km. Elles sont réchauffées sous les Tropiques, et remontent alors à la surface (Il existe de nombreuses acceptions au mot surface, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, souvent...), où elles se refroidissent, et ainsi de suite. On estime qu'une molécule d'eau fait le circuit entier en environ 1000 ans.

vendredi 12 mars 2010

L’accès à l’eau pour les habitats spontanés

Nous assistons, en Afrique, autour des grandes villes, à une forte augmentation du nombre d’habitats spontanés, due principalement à la croissance exponentielle de la population. Cette situation engendre enclavement, insécurité, chômage, apparition du grand banditisme, insalubrité et se pose alors la question cruciale de l’accès à l’eau pour toute cette population. Car même si certains arrivent à avoir accès à quelques gouttes, l’eau n’est souvent pas potable…
C’est devant ce constat qu’a été organisée à Yaoundé, au Cameroun, du 23 au 25 février derniers un congrès sur « l’intégration des quartiers spontanés dans l’urbanisation et les technologies alternatives d’assainissement et d’accès à l’eau potable ». Organisée par l’école nationale supérieure de polytechnique de Yaoundé, le Centre de recherche pour le développement international et avec l’appui financier de l’Union Européenne, cette conférence a réuni, outre des intervenants intérieurs, de nombreux chercheurs, praticiens et décideurs. Lors de l’ouverture, le conseiller technique du ministre de l’eau et de l’énergie a salué cette initiative étant donnée la situation concernant les problèmes d’accès à l’eau dans ces quartiers spontanés. De nombreuses discussions ont pu être ainsi mises en place parmi lesquelles la gestion des services urbains au Cameroun et en république démocratique du Congo.
Source : lemessager.net

jeudi 11 mars 2010

L’Ouganda entre boue et pluies diluviennes

Des inondations ayant suivi les glissements de terrain dans l'est de l'Ouganda ont fait 2.000 nouveaux sans-abri, a annoncé vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Genève.
"Non seulement il y a eu des glissements de terrain, mais il y a aussi eu des inondations. Celles-ci ont fait 2.000 personnes sans abri dans le district de Butaleja", a déclaré la porte-parole de l'Ocha à Genève, Elisabeth Byrs.
Par ailleurs, alors que les glissements de terrain causés par des pluies torrentielles ont probablement fait 300 morts, selon la Croix-Rouge ougandaise, "plus de 10.000 personnes pourraient être évacuées" du district de Bududa, une région montagneuse à environ 275 kilomètres au nord-est de Kampala, a-t-elle précisé.
L'ONU, qui a dépêché du personnel pour assister le gouvernement ougandais dans son évaluation des besoins, a constaté que "les sauveteurs n'ont eu pour dégager les survivants que des pelles ou des bêches", a rapporté Mme Byrs.
"Ils ont dû aller à pied ou par secours aérien puisque les équipements lourds ne peuvent pas travailler pour dégager les survivants étant donné que le sol est trop instable", a-t-elle expliqué: "les machines et les bulldozers pourraient eux-mêmes entraîner des glissements de terrain".
L'une des priorités des services de secours est d'apporter de l'eau potable aux populations touchées, les eaux étant contaminées par les corps en décomposition, selon la porte-parole.
Une clinique mobile a été mise en service et la distribution d'eau potable et de nourriture a commencé, mais les fortes pluies les rendent difficiles, a-t-elle précisé.
Source : AFP

mercredi 10 mars 2010

Tchad : La MINURCAT fore des puits qui fourniront de l'eau.

L'unité de forage du contingent militaire norvégien de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) vient de doter la ville tchadienne d'Iriba de deux puits après d'intenses et difficiles travaux de recherches dans cette zone aride située à environ 200 km au nord-est d'Abéché.
Selon les spécialistes norvégiens de la MINURCAT, ce forage est unique dans cette zone à la fois par son rendement et sa profondeur. En effet, les puits, situés à 5 km de la ville, ont une profondeur de 116 m chacun et pourront ensemble fournir un volume de 250 m3 d'eau par jour à une population estimée autour de 135.000 habitants et ce, pendant une période de 50 ans.
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad, Victor Angelo, a participé à la cérémonie officielle d'inauguration de ces puits en présence des autorités locales tchadiennes notamment le gouverneur de la région de Wadi Fira.
L'unité de forage de la MINURCAT quittera bientôt Iriba pour continuer son travail dans d'autres régions à l'est du Tchad, a précisé la MINURCAT.
Source : ONU

lundi 8 mars 2010

Le lac Tchad menacé d’assèchement

Le tarissement des ressources en eau du Lac Tchad constitue une importante menace écologique et humanitaire qui impacterait toute la région attenante de ce grand cours d'eau.
Le lac Tchad est un grand lac d’Afrique dont les eaux sont douces, ce qui est rare pour un lac endoréique, c'est-à-dire dont les eaux ne rejoignent pas l'océan. Sa faible profondeur, au maximum de 7 mètres, le rend fragile et très dépendant des fluctuations saisonnières. Son rôle économique est très important, car il doit fournir l'eau à plusieurs millions de personnes des quatre pays limitrophes : le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigéria.
Ce lac était un des plus grands réservoirs d'eau du monde mais, du fait des caprices du climat, du changement climatique et de la pression démographique au cours des dernières décennies, il s'est réduit de 90 pour cent, passant de 25 000 km2 en 1963 à moins de 1 500 km2 en 2001.

Le bassin hydrographique du lac est théoriquement de 2 380 000 km², couvrant 7,8% du continent, mais le bassin actif n'est en fait que de 967 000 km². Le principal apport, pour 90 %, vient du fleuve Chari et de son affluent Logone, tous deux venant des montagnes de la République Centrafricaine. Un autre de ses affluents le Kamadougou Yobé, issu du Nigeria, est affaibli par la présence de deux barrages qui ont fait chuter son débit. Bien qu'il ne participe que pour 10% aux eaux du lac, la séparation provoquée en deux bassins, nord et sud, participa activement à la précarité de l’alimentation du lac.
Le déficit de pluviosité combiné à une plus grande utilisation des eaux du lac et des rivières pour l'irrigation – la population du bassin a doublé dans l'intervalle, et l'irrigation a quadruplé entre 1983 et 1994 – expliquent ce recul : de 26 000 km2 dans les années 60 à 1 500 km2 en 2000. La navigation y est aujourd’hui devenue impossible.

Selon des prévisions climatiques de la NASA et d'autres études concordantes, si le niveau de l'eau continue de baisser à son rythme actuel, le lac disparaîtra dans une vingtaine d'années.
A cet égard, la FAO a organiser à l’automne dernier à Rome un événement spécial "Sauver le lac Tchad: un système menacé" au cours des célébrations de la Journée mondiale de l'alimentation. Le but poursuivi était d'attirer l'attention sur la situation catastrophique du lac et de mobiliser des fonds pour tenter de le sauver tout en assurant la sécurité alimentaire des populations riveraines.
Quelque 30 millions de personnes vivant dans la région du lac Tchad sont menacées par ce retournement de perspectives et souffrent déjà de l'assèchement du lac ainsi que de la détérioration des capacités de production agricole de la région.
Il s'y ajoute que les activités socio-économiques sont affectées tandis que la surexploitation des ressources en eau et en terre entraîne conflits et migrations, estiment des experts.
Le lacs enregistre une baisse de 60 pour cent de la production halieutique, et la dégradation des pâturages a entraîné une diminution des disponibilités en fourrage, de l'ordre de 46,5 pour cent dans certaines zones en 2006) et une réduction du cheptel et de la biodiversité.
"La catastrophe humanitaire qui succédera au désastre écologique nécessite des interventions urgentes", a déclaré M. Parviz Koohafkan, Directeur de la Division terre et eau de la FAO.
"Il faut stopper la disparition tragique du lac Tchad et sauver les moyens d'existence des millions de personnes qui vivent dans cette vaste région", a-t-il lancé en guise d'alerte.

mardi 2 mars 2010

LA BAD finance un projet de réhabilitation des infrastructures et des services d’eau et d’assainissement à Chitungwiza au Zimbabwe

En réponse à une requête de la municipalité de Chitungwiza, la Banque africaine de développement (BAD), agissant en sa qualité d’administrateur de Fonds de la Facilité africaine de l’eau (FAE), a approuvé un don de la FAE pour financer un projet de réhabilitation des infrastructures et services d’approvisionnement en eau et assainissement de la ville de Chitungwiza, la deuxième grande municipalité de Zimbabwe, et une des villes les plus touchées par l’épidémie du Cholera, pour relever les nombreux défis auxquels cette municipalité est confrontée dans le secteur de l’eau, à cause de la détérioration des installations. L’accord de don a été signé le lundi 22 février 2010 à Chitangwiza avec la participation de tous les acteurs afin de permettre la mise en œuvre effective et rapide du projet.
Le projet proposé vise à stabiliser la détérioration des systèmes d’approvisionnement en eau et assainissement de la municipalité ; et renforcer la capacité institutionnelle pour une opération et une gestion durables des services. Le projet permettra des réparations nécessaires et une expansion limitée de la capacité afin d’assurer une distribution équitable et améliorée de l’eau, équipant ainsi la municipalité d’un meilleur système d’évacuation de déchets. Ces actions amélioreront la fiabilité de service et permettront de réduire le risque du cholera.

jeudi 25 février 2010

LE RADI pour un égal accès des femmes à l’eau

Dans les pays du Sahel – Sénégal, Mauritanie et Niger – le droit des femmes reste limité et notamment par rapport à leur accès à l’eau à usage agricole.
Cependant, il apparaît de plus en plus nettement que leur rôle dans le système de production agricole est primordial.
C’est pourquoi le RADI (Réseau Africain pour le développement intégré) vient de proposer un grand projet visant à améliorer l’accès de l’eau destinée à l’agriculture pour les femmes en lançant une «méthodologie du projet de recherche-action sur l’effectivité des droits économiques des femmes au Sahel : cas du droit à l’eau à usage agricole en Mauritanie, au Niger et au Sénégal». Cette action, en lien avec le Centre de recherche pour le développement intégré a pour but de réfléchir sur ce sujet, encore très peu exploré, ce qui permettrait de lutter contre la pauvreté.
Le président du RADI, Abdou Mazide Ndiaye, déclare en effet que «les disparités de genre dans l’accès aux ressources hydriques à usage agricole, obstacles juridiques et culturels à l’accès des femmes à l’eau à usage agricole ne sont pas suffisamment élucidés». Il précise de plus que toute la réflexion liée à cette question de l’accès à l’eau à usage productif et agricole pour les femmes serait le moyen de promouvoir le droit économique, la justice sociale, l’égalité des sexes et la citoyenneté des femmes.

La pollution de l’eau dans le Delta du Niger

Au sud du Nigeria, dans le delta du Niger, la pollution de l’eau est telle que, selon les responsables de santé publique, elle serait responsable de plus de 80 % des les maladies et d’un tiers des les décès.
Dans cette région, les sources d'eau naturelles ont été polluées par les activités pétrolières ce qui les rend de plus en plus dangereuses pour la population.
Durant l’administration Olusegun Obasanjo, le gouvernement fédéral aurait investi 10.6 billiards de Nairas (environ 50 millions d’euros) pour la mise en place de plus de 1330 nouveaux systèmes de d'approvisionnement de l’eau, avec l'intention de donner accès à l’eau potable à plus de 8,14 millions de personnes à travers le pays. Et depuis 2000, sur les 800 projets mis en œuvres par la Commission du développement du delta du Niger (NDDC), environ 120 sont consacrés à l’amélioration de l’accès à l’eau.
Malheureusement, parmi ces projets, nombreux sont ceux qui n’aboutissent pas et pour ceux qui sont menés à terme, il n’est pas rare qu’ils ne fonctionnent pas correctement.
Dernièrement, le coordonnateur du Stakeholder Democracy Network (SDN), Gaia Sprocati, a déclaré qu’un grand projet eau-solaire conçu autour d'un forage profond avec une capacité de pomper 44000 litres d'eau par jour venait d’être terminé.
«Ce projet est destiné à détruire un certain nombre de préjugés, tels que l'affirmation que les régions à faible couverture nuageuse ne sont pas adaptés pour le solaire», a déclaré M. Sprocati.
M. Sprocati poursuit en disant que l'impulsion pour ce projet se trouve dans les centaines d’autres qui ont échoués, comme, par exemple les moteurs diesel qui parsèment la région et qui ont généralement fonctionné pendant un an avant l'échec et l'abandon. Toutefois, ces défis ont permis de mieux évaluer la situation et de permettre ainsi de concevoir des systèmes techniquement durables pour la région.
Un ingénieur de l'eau de l'Etat de Rivers, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré que la croissance démographique est plus rapide que le développement d'approvisionnement en eau, ce qui entraîne une difficulté à assurer ce service de façon efficace. D’après lui, le système existant ne pourra être amélioré si des modifications au niveau structurelles et institutionnelles ne sont pas apportées, ce qui est rendu d’autant plus difficile à cause des restrictions budgétaires.

Source : Next

mercredi 24 février 2010

Pénurie d’eau : la Côte d’Ivoire évitera t-elle le pire ?

La Cote d’Ivoire est confrontée à une situation de pénurie d’eau potable. La seule ville d`Abidjan qui représente 70% de la consommation d`eau potable, connaît des perturbations importantes dans l`alimentation en eau potable. Il en est de même pour certaines grandes villes de l`intérieur du pays. Le pire aurait pu se produire n’eût été l’appui de la Commission Européenne.
Plus de 8 millions de personnes (43 % de la population de Côte d’Ivoire) manquent d`installations sanitaires de base et plus de 4 millions de personnes boivent encore de l`eau provenant de sources non améliorées, particulièrement en milieu rural. Ainsi chaque jour de nombreux enfants meurent de maladies diarrhéiques et d’autres maladies transmises par l’eau, ou causées par un manque d’eau salubre, d`assainissement et d`hygiène. Le manque d`eau salubre et d`assainissement a de nombreuses autres graves répercussions sur la santé des populations. Les enfants et en particulier les filles, sont privés de leur droit à l`éducation parce qu`ils doivent passer du temps à aller chercher de l`eau ou ne vont pas à l`école du fait du manque d`installations sanitaires adéquates et séparées. Les femmes doivent passer une partie importante de leur journée à aller chercher de l`eau (85,9 % des femmes de Côte d’Ivoire sont chargées d’approvisionner leur famille en eau). Les agriculteurs et les salariés peu fortunés sont moins productifs du fait de leurs problèmes de santé, et les économies nationales en pâtissent.
Sans eau salubre et assainissement adéquat, le développement durable est impossible. C’est pour cette raison que l’approvisionnement en eau potable des populations sur l`étendue du territoire national ivoirien a constitué donc l’une des priorités de l’Union Européenne. Ainsi, les appuis de la Commission européenne dans les secteurs de l’eau ont eu pour objet d’apporter aux populations affectées par la crise, un meilleur accès aux services sociaux de base et à des conditions de salubrité satisfaisantes. L’appui à la société gestionnaire du réseau d’au potable (SODECI), à hauteur de 2947,5 millions de francs CFA, à la continuité de l’approvisionnement en eau potable des centres urbains, en zone Centre, Nord et Ouest, à la réhabilitation d’installations de production, de traitement, de distribution et les interventions en milieu rural ont été les soutiens de la Commission européenne dans le domaine de l’eau. En effet, depuis le déclenchement de la crise en Côte d’Ivoire, la pression exercée sur les finances publiques a considérablement fragilisé l’équilibre du secteur de l’eau, affectant notamment la trésorerie de l’opérateur gestionnaire. En fin 2002, les impayés de l’Etat envers la SODECI se sont accumulés et la facturation dans les zones ex-assiégées n’a repris que très timidement. L’appui apporté pour apurer une partie de ces arriérés de factures de consommation a ciblé la diminution des arriérés intérieurs de l’Etat, l’amélioration de la trésorerie de la SODECI pour le financement des coûts de production réels qu’elle a engagés, l’alimentation du Fonds de Développement de l’Eau (qui finance notamment les branchements sociaux), l’alimentation du Fonds national de l’Eau, les travaux de renforcement et de renouvellement des installations, ainsi que des travaux d’extension du réseau (développement de l’hydraulique périurbaine). S’agissant de l’appui à la continuité de l’approvisionnement des zones CNO, la Commission a participé au redéploiement des agents de l’administration.
Le renforcement de la production d’eau potable et l’extension de réseaux d’alimentation dans les principaux centres urbains, les réhabilitations d’urgence, la création de nouveaux points d’eau et de réseaux d’adduction d’eau potable, ont aussi été des actions de la Commission pour éviter à la Côte d’Ivoire une grave pénurie d’eau. En somme, les Ivoiriens et les autres habitants de la Côte d’Ivoire, qui ont encore de l’eau potable, le doivent à l’Union Européenne qui, par son partenariat avec le pays pour la sortie de crise, a apporté son appui au secteur de l’eau.

Source : Le Mandat

mardi 23 février 2010

Au Cameroun, l’accès à l’eau reste un réel problème

Au Cameroun, la situation concernant l’accès à l’eau est devenue extrêmement problématique. Les grandes villes sont les premières à en payer le prix. Ainsi, à Yaoundé et Douala, les deux plus grandes agglomérations du pays, le robinet ne fournit de l’eau que vers 2h du matin et ce pour un temps incertain, souvent pas plus d’1/2h…
La crise est devenue "criarde depuis le début de cette année", selon M.Kamgaing président de la ligue camerounaise des consommateurs (LCC). Cette pénurie se traduit "par des coupures d'eau qui durent plusieurs jours" dans certains quartiers dans les deux villes, a-t-il ajouté.
Dans certains quartiers, l’eau qui s’écoule a une couleur douteuse et, avant d’en faire la moindre chose, il faut la laisser décanter.
C'est difficile à imaginer pour nous qui sommes habitués à bénéficier d’une distribution d’eau de qualité en quantité non limitée. Là-bas, l’eau est distribuée à la population par des camions citernes qui sillonnent la ville. Il faut voir les habitants se précipiter vers eux munis de récipients de toute sorte et faire des heures de queue pour quémander un peu d’eau. Et ce d’autant plus que nul ne sait où et quand passera le prochain camion. Il faut parfois attendre plusieurs jours…
"Le volume de production d'eau a énormément chuté après le tarissement du fleuve Nyong (centre) où nous captons l'eau pour alimenter la ville de Yaoundé", explique sous couvert d'anonymat une source de la Camerounaise des Eaux (CDE), la compagnie de production et de commercialisation de l'eau courante*.
De nombreuses voix se sont élevées pour défendre les populations demandant une organisation plus efficace et un rationnement de l’eau dans les villes les plus affectées.
Une telle situation est principalement due, outre à la sécheresse qui s’abat depuis ces deux dernières années sur le pays, à une infrastructure de distribution des plus vétustes. Les travaux d’entretien et d’extension qui auraient été nécessaires n’ont pas été réalisés. Face à cette situation, de grandes mesures devraient être prises sous peu notamment pour la réfection du réseau. Espérons que les 66 milliards empruntés à cette fin à l’Agence française de développement et à la Banque européenne d’investissement permettent au Cameroun de surmonter la situation à laquelle le pays est confronté aujourd’hui

* en octobre 2008, l'Office marocain des eaux potables a été constitué en société de droit camerounais "la Camerounaise des eaux".

lundi 22 février 2010

Assainissement et accès à l’eau potable : Le Pepam va désaltérer la Casamance

«L’eau, c’est la vie», a-t-on coutume de dire. Pourtant au Sénégal, les conditions d’approvisionnement en eau potable ne sont pas les meilleures, entraînant une forte prévalence des maladies diarrhéiques, qui sont la deuxième cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Cette situation est aggravée par les mauvaises conditions d’assainissement, dont le taux d’accès en milieu rural reste, d’après M. Adama Sall, le ministre de l’Assainissement et de l’Hygiène publique, en dessous de 30%, au moment où le taux de défécation à l’air libre atteint presque 40% dans ces zones. C’est pourquoi, le Programme d’eau potable et d’assainissement pour le millénaire (Pepam) vient de lancer son sous-programme dénommé Usaid / Pepam.
Il s’agit, selon M. Kevin Mullaly, le directeur de l’Usaid au Sénégal, d’un programme d’un montant de près de 10 milliards de francs Cfa, par lequel son institution appuie les initiatives du gouvernement dans le domaine de l’approvisionnement en eau, en milieu rural. Ce programme cherche à faciliter l’accès à l’eau potable à 179 000 personnes, tout en permettant à 93 000 autres d’accéder à l’assainissement amélioré. Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, de la Construction et de l’Hydraulique justifie l’accent mis sur le milieu rural par «la nécessité de lutter contre la pauvreté et l’exode rural».
Le Pepam, a été défini par le gouvernement du Sénégal pour recherche de financements lui permettant d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) dans le domaine de l’accès à l’eau potable et l’assainissement. La première phase de ce sous-programme, va être mise en œuvre dans les trois régions de la Casamance. Les populations les plus défavorisées de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, vont ainsi disposer des services améliorés d’eau potable et d’assainissement. M. Sall explique : «L’option d’intervenir dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, témoigne d’une option résolue de s’engager avec le gouvernement dans l’effort de reconstruction et de relance dans la zone sud.»
Aussi M. Mullally, voit en ce projet l’occasion d’atténuer certaines contraintes imposées aux femmes et aux filles en raison de leurs responsabilités dans l’approvisionnement en eau. Depuis sa création en 2005, le Pepam a contribué à l’accroissement du taux d’accès à l’eau potable en milieu rural, qui est passé de 64% en 2004 à 75,5% en 2008, soit une population additionnelle de 1 470 000 personnes. Par ailleurs, Adama Sall a signalé que le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé, il y a deux jours, un crédit de 26 milliards de francs Cfa pour le financement d’un sous-programme du Pepam dans les régions de Saint-Louis, Matam et dans le département de Bakel.
Toutefois, le Pepam a des défis majeurs à relever, tels que son coût, estimé à 617 milliards de francs Cfa, son délai d’exécution et la pérennisation des infrastructures. Sur ce dernier point, son coordonnateur assure que des efforts de sensibilisation à l’endroit des populations seront faits. Ce qui explique d’ailleurs, selon lui, la création et la formation des associations d’usagers des forages pour la gestion des ressources. Cela permettrait à la population d’ici la fin du programme, prévue en 2015, de disposer d’assez de ressources pour ne plus dépendre des partenaires et encore moins du gouvernement.

Source : Le Quotidien sénégalais

vendredi 19 février 2010

Pas d’eau sans électricité …

La Côte d’Ivoire vient d’annoncer qu’elle programmait des coupures d’électricité dans certaines parties du pays, et sans surprise ces coupures d’électricité sont accompagnées de coupures d’eau … Parce que voilà, l’eau ne peut être acheminée sans d’électricité ! Toute la programmation du système d’approvisionnement en eau potable en est dépendante. C’est ainsi que les habitants ont soudainement vu la pression de l’eau diminuer fortement voire disparaître complètement.
La Côte d’Ivoire n’a vraiment pas besoin de ça. De nombreux endroits connaissaient déjà une très grande difficulté pour avoir accès à l’eau. Les temps s’annoncent donc encore plus ardus. De nombreuses sonnettes d’alarmes avaient déjà été tirées par des villes de l’intérieur du pays, mais il faut croire que cela n’ait pas suffit.
Source : info soir

dimanche 14 février 2010

Conférences sur l'eau dans le monde

L'Unesco propose un agenda intégrant la plupart des manifestations scientifiques et/ou technique concernant l'eau dans le monde. La plupart d'entre elles auront lieu en anglais.

19-20 janvier 2010 - Pretoria, Afrique du Sud
1ère Conférence régionale des jeunes professionnels de l’eau sud africains.
For the first time the International water Association (IWA) Young Water Professionals Programme (YWP) provides a platform for young professionals and postgraduate researchers from Southern Africa to present their work related to advances in urban water supply and sanitation. The technical programme of the Conference will include both platform and posters. The conference programme also accommodates facilitated discussion and a series of networking and professional development activities.

1-24 février 2010 - Auckland, Nouvelle-Zélande
17eme Congrès de la division Asie et Pacifique, de l’association internationale d’ingénierie et de recherches hydrauliques (IAHR-APD 2010)
IAHR-APD 2010 incorporates the 7th International Urban Watershed Management Conference. The Congress will be a forum that welcomes new research findings and practitioner innovations addressing the many water related challenges of the Asia-Pacific area. Alongside IAHR members, other researchers, practitioners, and students are also welcome to contribute abstracts for consideration.

6-10 mars 2010 - Alexandrie, Egypt
Conférence internationale sur la gestion des zones côtières des deltas de rivière et des cotes de basses terres
The main objective of the conference is to bring engineers, scientists, managers, government agencies and officials world wide to exchange information and address the outstanding problems associated with coastal erosion / accretion / subsidence occurring on shorelines of river deltas and low land areas being increasingly influenced by man-made interference. Another objective is to propose sustainable solutions to minimize and adapt to the adverse impacts of climate change in the framework of Integrated Coastal Zone Management.

11-13 octobre 2010 - San Diego
This major international conference will target the developing interdisciplinary science themes in the interface between hydrology and other scientific disciplines, including climate change, biology, chemistry and social sciences. These subjects are of particular relevance as population increases and a changing climate bring new pressures on hydrological systems around the world.

mardi 15 décembre 2009

Les journées de l'eau de l'ONG allemande Viva con Agua


Outre-Rhin, l'ONG Viva con Agua a réédité ses journées de l'eau du 23 novembre au 9 décembre. Autour de manifestations multiples (conférences, événements sportifs, spectacles, pièces de théâtre), l'objectif était de collecter des fonds pour permettre d'approvisionner en eau potable des habitants du Burundi.
L'ONG, qui se définit comme la première « All-Profit-Organization » du monde, car elle considère que l'eau doit être la préoccupation de tous, était parvenue en 2007 à collecter, sur la seule ville d'Hambourg, plus de 30.000 euros lors de cette manifestation, fonds qui avaient permis de construire 5 fontaines au Bénin. En 2008 avait été tentée une expérience d'un genre un peu différent, avec une marche de plus de 850 kms d'Hambourg à Bâle, qui se proposait de participer à la prise conscience des conséquences du réchauffement climatique sur l'approvisionnement en eau. Cette année, plusieurs grandes villes allemandes, de Berlin à Cologne, se sont associées à Hambourg pour un festival d'une ampleur inédite, mais aussi Vancouver et New-York, où se dérouleront notamment des concerts. Vivement les premiers événements à Paris !

Toutes les infos:

lundi 7 décembre 2009

Congo : un manque d'investissement dramatique



Alors qu'en Afrique sub-saharienne, 60% des gens en moyenne ont accès à l'eau potable, seuls 22% des congolais en bénéficient. Bien sûr, les conséquences sanitaires sont effroyables, et les plus pauvres en paient le plus lourd tribut. Cela va des diarrhées chroniques qui emportent les nourrissons par milliers, jusqu'aux problèmes de déformations lombaires générées par les corvées d'eau, le plus souvent assumées par les femmes et les enfants.

Une grande partie du réseau date de la période coloniale, et n'a pas été rénovée depuis plus de 60 ans. En cause : le manque d'argent à investir, puisqu'au Congo, même les services gouvernementaux ne paient pas leurs factures d'eau. L'amélioration passe donc nécessairement par la restauration d'un modèle économique équilibré : la Banque Mondiale vient de lancer en ce sens un enième projet de viabilisation financière du circuit de l'eau... mais risque une fois de plus de se heurter au tonneau des Danaïdes du manque de volonté politique et de la corruption.
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