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mercredi 17 mars 2010

La République du Congo à d’immenses ressources en eau mais pas les infrastructures…

Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) s’apprête à organiser très prochainement les 2èmes journées portes ouvertes 2010 du secteur de l'eau et de l'assainissement, la ville de Mbuji-Mayi (anciennement Bakwanga) est sans eau depuis plus de 2 semaines
A l’occasion de l’annonce de ces journées consacrées à l’eau le ministre congolais du Plan Olivier Kamitatu soulignait que l'enjeu majeur pour la RDC, qui dispose d'immenses ressources en eau, consiste à en assurer la potabilité et la distribution auprès de la population.
Cela revient à mettre à court terme à la disposition des populations la quantité d'eau quotidienne correspondante aux normes et à un espace vital salubre, a-t-il dit.

M. Olivier Kamitatu a souligné que les 2èmes journées portes ouvertes du secteur de l'eau et de l'assainissement offriront à la RDC l'occasion d'attirer de nouveaux investissements.

Située au centre de l'Afrique et à cheval sur l'Equateur, la RDC est l'un des pays les plus arrosés du continent africain. Elle enregistre une pluviosité importante repartie sur toute l'année; soit 1.200 m3/s en moyenne et dispose des ressources en eau immense et diversifiées.
Cela implique, selon le ministre du Plan, le respect strict des normes environnementales pour éviter les impacts négatifs de la désertification. Avec un débit moyen de 42.00m3/s et des débits minimal et maximal pouvant atteindre respectivement 23.000 et 80. 000 m2, le fleuve Congo se classe premier en Afrique par la superficie de son bassin et 2ème dans le monde derrière l'Amazonie.
En dépit de toutes ces potentialités abondantes, 22% seulement de la population congolaise a accès à l'eau potable et 19% bénéficient des dispositifs adéquats d'assainissement, selon les statistiques publiées en 2006.

Défaillances en série des infrastructures d’eau potable de Mbuji-Mayi …
Mbuji-Mayi (anciennement Bakwanga) est la capitale de la province du Kasaï-Oriental, située sur la rive droite de la rivière Mbuji-mayi. La ville a, depuis les années 1980, multiplié sa population par 10, est compte aujourd’hui une population de presque 2 millions d’habitants. La ville est organisée en 5 communes : Bipemba, Dibindi, Diulu, Kanshi, Muya.
Trois communes sur les cinq que compte la ville de Mbuji-Mayi sont dépourvues d’eau potable depuis plusieurs semaines à la suite d’une panne survenue sur la pompe principale de la station de captage de la Regideso, la régie de distribution d’eau de la République du Congo. Du coup, les ménagères n’ont d’autre choix que de se tourner ver l’eau des rivières ou des pluies que leur offrent des revendeurs ambulants.
La pénurie d’eau frappe surtout les quartiers les plus populeux de Mbuji-Mayi.
Les habitants de ces quartiers sont alors obligés à débourser au quotidien 200 à 300 francs congolais pour obtenir 20 litres d’eau que proposent les revendeurs à vélo, sans aucune garantie des conditions hygiéniques.
Il y a quelques jours, un glissement de terrain au quartier Tshikama avait déboîté le grand tuyau de la Regideso, privant ainsi d’eau une grande partie de la ville.
Aussitôt réparée, cette panne a été suivie d’une autre sur le moteur de la principale pompe de la station de captage de Bakwa Kapanga.
Selon les responsables locaux de la Regideso, ces pannes remontent au 26 février.
Il ne reste pour le moment, précisent ces responsables, que deux petites pompes incapables de produire suffisamment de pression pour amener l’eau vers les abonnés des zones à haute pression. Les travaux de réparation sont en cours, mais l’échéance n’est pas connue.

Le cas de la RDC est un exemple marquant de la problématique de l’accès à l’eau puisque la ressource est disponible en grande quantité mais que les infrastructures de production et de distribution ne sont pas suffisantes pour permettre à la population d’avoir un accès correct à l’eau.
Et pendant ce temps à Kinshasa…
Kinshasa est une mégalopole de 8 millions d'habitants qui souffre d'un déficit généralisé d'eau potable. Le Programme Multisectoriel d'Urgence de Réhabilitation et de Reconstruction financé par la Banque mondiale a permis de réhabiliter les infrastructures de la Regideso, la compagnie qui dessert la ville en eau. La Regideso a pu ainsi doubler capacité de distribution de l'eau potable, résultats encourageants qui pourraient conduire à une extension du projet.
L'an 2009 aura été une année faste pour la Regideso (Régie de Distribution de l'Eau) qui vient de voir sa capacité de distribution de l'eau potable doublée à la suite des travaux exécutés sur son usine de N'Djili, à Kinshasa, dans le cadre du programme PMURR (Programme Multisectoriel d'Urgence de Réhabilitation et de Reconstruction), un projet de la République démocratique du Congo financé par la Banque mondiale. Les travaux ont duré quatre ans dans l'ensemble et coûté près de 51 millions d'euros.
Pour les 8 millions d'habitants de la ville de Kinshasa, c'est évidemment le grand soulagement. L'accessibilité à l'eau potable est l'une des préoccupations majeures dans cette mégapole qui n'arrête pas de recevoir de nouveaux habitants. Donc de nouveaux consommateurs d'eau potable. Le gouvernement congolais en a fait également l'une de ses priorités dans le programme des cinq chantiers de la République.
L'usine de N'Djili est la plus grande pourvoyeuse d'eau de la ville de Kinshasa. Elle fournit près de 65% de l'eau potable consommée dans la capitale de la République démocratique du Congo. C'est loin d'être suffisant. Il se pose un problème non seulement d'obsolescence des infrastructures de production mais aussi celui de la construction de nouvelles infrastructures.
Tshama Mavua, l'ingénieur chargé du contrôle et de la vérification des projets à la Regideso, explique : « La ville de Kinshasa connaissait un déficit généralisé d'eau potable ».
Le projet PMURR a permis à la Regideso, non seulement d'augmenter la capacité de production de l'eau potable passant d'une capacité de 220 000 m3/jour à 330 000 m3/jour mais aussi de rétablir la desserte en eau potable dans 22 communes de la zone d'influence de l'usine de N'Djili sur les 24 communes de la ville de Kinshasa. Ainsi vont notamment bénéficier des résultats des travaux sur l'usine de N'Djili, les communes de Gombe, Kinshasa, Lingwala, Limete, Kalamu, Kasa-Vubu, Bumbu, Ngiri-Ngiri, Selembao, Kintambo, Bandalungwa, Matete, Lemba, Ngaba, Makala et Mont-Ngafula ainsi que celles de Masina, N'Djili et Kimbanseke dont certains quartiers manquaient totalement d'eau potable.
Les travaux consistaient principalement en la réalisation d'un nouveau déversoir dans la rivière N'Djili en aval du barrage actuel, la réhabilitation des ouvrages existants, la réhabilitation d'un troisième module de dessablage, la pose de 19.300 m de grosse canalisation variant entre 250 et 1.000 mm, la construction et l'équipement d'un nouveau réservoir d'une capacité de 2300 m3. Le nouveau réservoir a été installé à Gombele, quartier Righini, en renforcement d'un autre plus ancien et de même capacité. Ce qui a permis de desservir des quartiers aussi éloignés que les communes de Ngaba ou Mont-Ngafula ou des quartiers comme l'Univeristé de Kinshasa ou Kindele, dans le Sud de la ville. La plupart de ces quartiers du Sud n'existaient pas pendant la période coloniale et n'étaient donc pas prévus dans la desserte de la ville.
Cette réserve stratégique d'eau de Gombele a comme avantage supplémentaire de préserver les consommateurs de cette zone d'une rupture intempestive d'eau en cas de défaillance d'électricité ou d'une avarie sur le système. La station de pompage peut continuer la fourniture de l'eau en attendant le rétablissement de la situation normale.
A la Regideso, c'est avec fierté que l'on exhibe les résultats des travaux d'alimentation en eau potable dans la ville de Kinshasa, travaux financés par la Banque mondiale. Les ouvrages sont gigantesques et modernisés. Ils peuvent se résumer en deux points majeurs : la récupération de la capacité de production de l'eau potable et l'amélioration de la qualité de l'eau. L'usine de N'Djili peut désormais donner le maximum de sa capacité avec une eau de qualité. Avec ses deux anciennes usines réhabilitées d'une capacité nominale de 110.000 m3 /jour chacune, elle a récupéré son rendement initial de 220.000 m3 alors que celui-ci était descendu jusqu'à 140.000 m3/jour.
Les populations bénéficiaires du projet PMURR-Regideso ont déjà constaté une amélioration certaine dans la desserte de l'eau à domicile. La pression est devenue plus forte au robinet et l'eau est permanente alors qu'auparavant, il fallait se réveiller en pleine nuit, aux petites heures du matin, pour espérer s'approvisionner en eau. Encore que ce n'était pas évident tous les jours. Mme Annie Mujinga habite le quartier Makelele, dans la commune de Bandalungwa. Elle s'en souvient : « L'amélioration de la desserte de l'eau potable est indiscutable dans notre quartier. Je me rappelle qu'il n'y a pas longtemps, il fallait chaque nuit dormir d'une oreille, l'autre restant à l'écoute de l'extérieur, car vers les trois heures du matin, dès qu'il y avait de l'eau au robinet, les voisins ameutaient tout le quartier en annonçant l'arrivée de l'eau à grands cris. Nous devions alors nous réveiller pour remplir le plus de récipients possible de la maison ne sachant pas quand l'eau serait de nouveau de retour au robinet ».
En effet, l'eau ne restait pas longtemps au robinet. Après deux ou, tout au plus, trois heures, le robinet redevenait sec, et pour longtemps. Mme Christine Bonzene de la commune de Kintambo, voisine à celle de Bandalungwa, s'était déjà résolue à creuser un puits dont elle puisait l'essentiel de ses eaux domestiques, son robinet étant resté sans eau depuis de longs mois. Un jour des agents de la Regideso sont venus lui installer de nouveaux tuyaux et un nouveau robinet dans la parcelle.
L'usine de N'Djili, la plus importante des quatre qui desservent la capitale congolaise avec une capacité de production de 330.000 m3/jour, devance celles de Ngaliema qui produit en moyenne 85.000 m3/jour, de Lukunga avec 45 000 m3/jour et celle de la Lukaya, la toute nouvelle usine avec 24.000 m3/jour. Il demeure qu'avec une production totale de 484.000 m3/jour, le déficit en eau pour la ville de Kinshasa reste important en regard des besoins estimés à 750.000 m'/jour. Ce déficit ne pourra être comblé que par un apport plus important en eau potable. Et donc par un appui financier plus important des partenaires au développement.
Le présent projet PMURR qui vient de se terminer à la satisfaction de tout le monde, aussi bien des bénéficiaires que de l'entreprise Regideso, appelle bien d'autres travaux additionnels, conséquence justement de l'amélioration technique de l'infrastructure. La réhabilitation de l'usine de N'Djili appelle forcément d'autres travaux dont notamment la réhabilitation de tout le réseau vieux d'une cinquantaine d'années. Les nombreuses fuites observées dans la canalisation à différents endroits de la ville constituent, à ce sujet, une sonnette d'alarme suffisante pour la Regideso.
En amont, les conditions de captage de l'eau restent encore tributaires de l'incivisme des populations riveraines de la rivière N'Djili qui polluent abondamment les eaux avant qu'elles n'atteignent le barrage de captage. Les impuretés déversées dans la rivière N'Djili, en amont du barrage de captage empêchent celui-ci de recevoir le maximum de l'eau nécessaire à envoyer à l'usine pour traitement. Aujourd'hui, deux pirogues submergées et charriées par les eaux entravent l'entrée normale de l'eau brute dans le barrage de captage de la Regideso. L'idéal serait de construire un ouvrage de filtrage de l'eau brute en amont du pont sur la rivière N'Djili afin de débarrasser l'eau brute d'impuretés qui pourraient gêner le bon fonctionnement des machines.
Cependant, la clôture annoncée du PMURR est de nature à susciter quelques inquiétudes, surtout côté gouvernement congolais, quant à la pérennisation des acquis. Il s'agit de la maintenance des infrastructures existantes et du financement de nouveaux projets de développement. Une chance se profile tout de même à l'horizon, car le chef projet se dit satisfait de la manière dont le PMURR a été mené ainsi que des résultats obtenus.

mardi 23 février 2010

L’association internationale de développement* a achevé ses 1ers projets de sécurisation des barrages et de l’irrigation en Arménie

L'Arménie est un petit pays enclavé de 3 millions d'habitants dont le revenu annuel moyen par personne est d'environ 2 600 dollars, un niveau inférieur à la moyenne des États voisins d'Europe et d'Asie centrale. L'agriculture représente 18 % du produit intérieur brut et emploie environ 46 % de la population active. La majeure partie des terres sont irriguées mais avant 1999, environ 90% des terres irriguées ne l'étaient pas de manière régulière et fiable. Cet état de fait résultait d'une mauvaise surveillance et du manque d’entretien de 87 barrages. Le risque de rupture des barrages était élevé et les conséquences en aval auraient pu être dramatiques. Pour cette raison, 360 000 personnes et 680 km2 de terres étaient considérées comme vulnérables.
Le Projet de sécurisation des barrages financé par l'IDA a été lancé en 1999 dans le but de relever ce défi en réhabilitant immédiatement les 20 barrages considérés comme les plus dangereux. Plusieurs mesures de sécurité ont été mises en place, comme l'installation d'outils de contrôle, de systèmes d'alerte précoce et de télécommunication. Ce premier projet, une fois approuvé, a permis de passer à un deuxième Projet de sécurisation des barrages en 2004, qui a étendu le programme à tout le pays, inclus d'autres barrages à risque et renforcé les mesures de sécurisation.
Aujourd’hui, plus de 500 000 personnes - soit plus de 15 % de la population totale du pays - vivant en aval des barrages réhabilités sont désormais en sécurité. De même, les infrastructures arméniennes situées dans ces zones ne sont plus considérées comme à risque.

Les principales réalisations :
- Couverture importante du projet avec 73 barrages réhabilités sur les 87 barrages dangereux que comptait le pays. Sécurisation des lieux à risque situés en aval des barrages, comprenant de nombreuses infrastructures,

- Capacité de préparation aux situations d'urgence renforcée. Plans de préparation aux situations d'urgence mis en place pour tous les sites. Systèmes d'alerte installés dans 175 villages.

- Capacités de gestion renforcées. Renforcement de l'Agence de gestion des situations d'urgence (actuellement Département des services de secours placé sous l'autorité du nouveau ministère des Situations d'urgence) qui mène désormais des campagnes de proximité efficaces.

- Restauration de l'irrigation. Sécurisation d'une source d'approvisionnement en eau fiable pour les fermiers

L'aide de l'IDA s'est prolongée de 1999 à 2009. Elle a contribué à hauteur de 26,6 millions de dollars au projet de sécurisation des barrages et de l'irrigation et à hauteur de 6,75 millions de dollars au Projet de sécurisation des barrages et de l'irrigation II, lancé en 2004. L'implication de l'IDA n'a pas uniquement permis de réhabiliter les infrastructures et de protéger la vie des habitants, mais a également aidé à améliorer la gouvernance et les services publics. Elle a en particulier participé au développement des Plans de préparation aux situations d'urgence et a fourni une formation au personnel travaillant sur les barrages
Une réforme institutionnelle du sous-secteur de l'irrigation est actuellement en cours en Arménie et pourrait avoir des effets sur le système de barrages du pays. Il est important que le gouvernement continue à fournir les ressources nécessaires à la gestion et à l'entretien de ses barrages. La gestion des plus petits barrages devrait être progressivement transférée aux fédérations et associations locales, dès que celles-ci disposeront des capacités financières et techniques requises.

*L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Créée en 1960, l’IDA vise à réduire la pauvreté en accordant des dons et des prêts sans intérêt destinés à financer des programmes de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations

jeudi 18 février 2010

Maxiprojets de transfert d’eau en Algérie

Le ministre Algérien des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal, qui effectuait une visite de deux jours dans la wilaya d’Adrar, a évoqué le mégaprojet de transfert de l’eau de In Salah vers Tamanrasset, deux villes distantes de 750 km, qui seront reliées par un système de double voie de canalisation d’eau longue de plus d’un millier de kilomètres (1258 km). Il a aussi fait part d’une étude en voie d’achèvement pour la réalisation, en 2010, de projets similaires.
Ces projets concernent l’adduction de 600 millions de m3 d’eau à partir du nord d’El Menéa (Ghardaïa), vers la région de Djelfa sur une longueur importante de pas moins de 470 km environ.
Cette adduction devra également atteindre le sud des wilayas de Tiaret et de M’sila. Ces deux points sont éloignés de Menéa, respectivement sur une distance d’environ 550 km et 720 km. Ce grandiose projet devrait aider à développer l’agriculture dans ces régions qui connaissent un déficit hydrique. Le premier responsable du département des ressources en eau a signalé aussi le lancement d’une étude de projet de transfert partiel des eaux de Oued Namous (Béchar) vers Naâma et Aïn Sefra.
Le ministre a cité une autre étude préliminaire en cours d’un 3e projet de transfert d’eau à partir de Ouargla vers Biskra, distantes de 400 km environ, et le sud de Batna sur un kilométrage tout aussi important. Ces deux projets sont conçus dans le cadre du développement de l’agriculture dans les Hauts-Plateaux.
Toujours dans la même wilaya, M. Sellal a informé aussi de son programme de consolidation du système des foggaras* (irrigation traditionnelle) par la réalisation de forages qui seront reliés à des galeries souterraines, à l’instar du système de foggaras de Ouled Kennou, dans la commune de Anzedjemir situées dans wilaya de Adrar.
Le ministre a indiqué qu’outre «la préservation de ce système (foggara), qui fait partie du patrimoine culturel, des efforts sont déployés pour la protection des oasis en contribuant au développement du créneau touristique dans les régions du Sud».
Le ministre a saisi jeudi l’opportunité de sa visite, pour insister sur la nécessaire préservation des abondantes et précieuses ressources hydriques enfouies dans le sud du pays. «La question se pose moins en termes de disponibilité qu’elle ne l’est en ce qui concerne les voies de gestion et de préservation de cette source vitale», a-t-il estimé.
Sellal a fait également état d’une étude, à lancer prochainement, d’un projet d’alimentation en eau douce à partir de la région d’Ougrout distante de 70 km de Cherouine où le taux de salinité est élevé.
Un projet de forage profond est prévu aussi à Timiaouine, proche des frontières avec le Mali, pour remédier au déficit de la région en eau potable, a ajouté le ministre en citant aussi un projet d’un barrage «inféro-flux», une technique destinée à capter les eaux d’oueds, au bénéfice de la commune.
Sellal a signalé, par ailleurs, une série d’opérations retenues au titre du prochain quinquennat en vue de renforcer le réseau d’alimentation en eau potable (AEP).
Il a rappelé que «les régions du Sud renferment d’importantes capacités hydriques souterraines non renouvelables, qui seront exploitées de manière efficiente. L’Algérie recèle, a-t-il dit, une nappe hydrique de 900.000 km² s’étendant sur les régions de Ouargla, Ghardaïa, Adrar, In Salah». Cette nappe, l’albienne, est «partagée également avec la Libye et la Tunisie». Sellal a précisé qu’«un plan a été mis au point en concertation avec les pays concernés, pour son exploitation».

Source : http://www.lexpressiondz.com/article/2/2010-02-13/72993.html

lundi 28 décembre 2009

Best of Infos-eau n°5 : L'eau en Algérie

Infos-eau vous propose, à l'occasion des fêtes de fin d'année, de revivre les posts les plus chauds publiés en 2009 : ici un article sur L'eau en Algérie.

L'Algérie, en matière d'accès et de traitement de l'eau, revient de très loin. Géographiquement, tout d'abord, avec une hauteur moyenne annuelle des précipitations de l'ordre de 423 mm, le pays fait partie de ce croissant nord-africain où le manque et la rareté des pluies ont considérablement pénalisé la politique hydraulique depuis l'indépendance, du moins tant que celle-ci est restée axée sur la mobilisation de ces ressources naturelles par voie de captage (barrages, retenues, etc). L'Algérie présente en effet un climat semi-aride qui se caractérise par une forte irrégularité pluviométrique, ce qui donne sur le plan des régimes hydrologiques une extrême irrégularité saisonnière et interannuelle des écoulements qui est accentuée par de longues périodes de sécheresse, des crues violentes et rapides, et une érosion intense avec des transports solides importants.
Par ailleurs, la prise de conscience politique du caractère nodal de la question de l'eau pour le développement a été relativement tardive, faute de moyens d'une part, et du fait des troubles qui accaparaient l'attention d'autre part. Jusque dans les année 90, 50% de l’eau potable se perdait dans un réseau archaïque voire en état de délabrement, tant les fuites étaient considérables. Il y a eu des moments où les Algériens ne disposaient d’eau qu’une fois par semaine. Paradoxalement, les rues étaient inondées par les fuites de conduites. Les robinets défectueux dans les institutions publiques (écoles, administration, hôpitaux...) étaient monnaie courante. Et même si le robinet était en bon état, l’eau coulait à perte... Cette négligence a amené le pays à ne disposer que de quelques mois de réserve d’eau potable, et à se retrouver au bord d'une crise hydrique paralysant l'ensemble de l'économie.
Pourtant, l'Algérie dispose de deux ressources décisives, l'une en eau douce, l'autre en eau salée. La première est constituée par la nappe albienne, très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), et qui semble presque inépuisable – de fait, la nappe albienne est l’une des plus grandes sources d’eau potable de la planète. La juste utilisation de cette nappe, qui n'est pas renouvelable, pour l'irrigation et les besoins industriels (nucléaires notamment), sera un facteur déterminant du développement de l'intérieur du pays. La seconde est constituée par le front de mer de centaines de kilomètres, où se concentre la majeure partie des agglomérations : dès le courant des années 1990, l'Algérie a compris que le salut lui viendrait des infrastructures de dessalement qu'elle saurait mettre en place, et a engagé un programme massif d'équipement.
Des milliards de dollars ont donc été injecté dans la technologie du dessalement, avec des résultats déjà parlants : jusqu'à cette année, la plus grosse usine de dessalement du monde était par exemple construite dans la région d’Oran. Avec une capacité de 500.000 mètres cubes par jour, elle fournit de l’eau potable à près de 5 millions d’habitants. 15 autres stations de dessalement doivent être achevées en 2010 pour l'approvisionnement en eau potable des agglomérations urbaines, couvrant ainsi près de 10% des besoins en eau potable de l'ensemble du pays. Et l’Algérie entend construire au moins 33 stations d’ici à 2019, selon les prévisions officielles.
Par ailleurs, même si un travail considérable reste à faire, le réseau est en voie de rénovation à un rythme accéléré, et les principales agglomérations ne souffrent désormais plus que de coupures intermittentes.

L'Algérie est un exemple quasiment unique en Afrique d'un pays qui est parvenu à accomplir sa révolution de l'eau. Partie d'une situation post-coloniale extrêmement défavorable, prisonnière d'une guerre civile qui a longtemps mobilisé tous les efforts que les gouvernements successifs auraient pu faire en matière de développement, l'Algérie est en train de se doter des infrastructures et des technologies qui lui permettront de faire de sa situation une richesse. Ces efforts ont été rendus possibles par une politique volontariste, qui a commencé, en 1995, par la tenue d’Assises Nationales de l’Eau, au cours desquelles ont été adoptés les principes d'une Nouvelle Politique de l’Eau, introduisant notamment la possibilité pour les maître d’ouvrages de concéder leurs installations d’eau potable ou d’assainissement à des opérateurs privés. Ainsi les transferts de compétences depuis des experts (français notamment) ont-ils pu se mettre en place. Le gouvernement algérien a également su faire comprendre à son opinion publique que la hausse du prix de l'eau, en particulier courant 2005, permettrait de dégager les sommes nécessaires aux investissements : l'Etat a d'ailleurs montré l'exemple en payant pour la première fois de manière régulière ses propres factures d'eau.

L’Algérie se prépare à aborder un autre plan quinquennal extrêmement dense, après une décennie de développement rapide de ses équipements. On se fera une bonne idée de l'émulation du secteur algérien de l'eau au SIEE Pollutec, Salon international des équipements, des technologies, et des services de l’Eau, qui, après cinq éditions à Alger, se tiendra pour la première fois à Oran du 17 au 20 mai 2010, réunissant tous les grands acteurs algériens de l'eau et les principaux opérateurs internationaux, fournisseurs d'équipements et prestataires de services.

jeudi 10 décembre 2009

Le Texas a soif

La population du Texas connaît une croissance importante sous la double pression de l'immigration et du développement économique à long terme de la Sun Belt : le gouvernement s'attend à la voir presque doubler d'ici 50 ans, passant de 24 à 46 millions d'habitants. Mais un problème massif de ressource hydrique se pose à court terme : le Texas peine déjà à approvisionner sa population actuelle, et on évalue d'ores et déjà à 90 milliards de dollars par an les pertes économiques annuelles liées au manque d'eau si l'on en reste aux infrastructures actuelles.
19 nouveaux réservoirs sont déjà prévus, ainsi que des programmes de recyclage des eaux usées, de dessalement et d'optimisation du réseau. Des investissements nécessaires, mais peu populaires auprès des contribuables de l'état, généralement peu enclin à payer des taxes « écologiques ». Mais une sécheresse sévère, cette année, pourrait ramener l'opinion à la raison : près de 4 milliards de dollars ont été perdus par les agriculteurs, et les restrictions générales ont rappelé le fameux été torride de 1950. Une prise de conscience semble avoir eu lieu, accompagnée par un nouveau site gouvernemental : http://www.h2o4texas.org/
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