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mardi 29 juin 2010

Turquie : l’importance des barrages de la wilaya de Tizi-Ouzou

Dans la région de Tizi-Ouzou, la croissance démographique et la saturation de l’exploitation des nappes souterraines ont rapidement posé la problématique de la diminution de l’accès à l’eau. Les autorités ont donc été obligées de prendre les dispositions nécessaires et c’est ainsi que, pour combler les besoins en eau des ménages, de l’industrie et de l’agriculture, il a été nécessaire de prendre en compte toutes les possibilités de ressource des eaux superficielles, mais aussi de mettre en place de grands travaux.
Actuellement l’approvisionnement en eau de la wilaya se fait à partir de plusieurs sources : 52% provient de barrages, 42% de l’Oued Sebaou, 5% d’autres cours d’eau de surface et 1% du dessalement.
Comme on le constate, afin de pouvoir mobiliser au maximum chaque source, la priorité a été mise sur les barrages. Il y a actuellement 5 barrages dont le plus important, le barrage de Taksebt, fournit plus de 180 hm3 par an. Un nouveau barrage à Tadmaït, dont la construction a été confiée à la société turque Nurol Ozaltin, devrait fournir environ 92 hm3.
De plus, 3 autres projets de barrages sont en cours d’étude à l’heure actuelle à Sid Khelifa (21,5hm3), à Bounachi (30,5 hm3) et à Zaouia (43,6 hm3).
Source : Elmoudjahid

lundi 28 juin 2010

En Chine, le marché de l’eau est juteux

Si l’accès à l’eau dans le monde est une chose essentiel, le traitement et la gestion des eaux usées reste tout autant une priorité. C’est ce qu’a rappelé l’ONU, lors du dernier forum mondial sur l’eau à Istanbul.
Quelques pays n’avaient pas attendu pour se lancer dans de grandes opérations de traitement de l’eau. Ainsi Singapour compte les meilleures entreprises du domaine et fait figure d’exemple. L’Inde s’est engagée à nettoyer le Gange, et la Chine, qui compte bien rester dans la compétition a annoncé il y a peu avoir comme objectif de pouvoir recycler la totalité de ses eaux usées d’ici 2013. Se dévoile ici une volonté de faire de la gestion de l’eau un facteur de croissance.
La Chine, qui rencontre de nombreux problèmes liés à l’eau (pollution, accès…) entend bien se servir de cette ressource comme tremplin économique et cherche à attirer les investisseurs.
En effet, avec une population qui ne cesse de s’accroître, l’accès à l’eau commence à devenir problématique. Le pays fait partie des 13 pays ayant le plus bas niveau d’ « eau par tête ». De plus, comme l’affirmait Wang Shucheng, ministre des ressources en eau en 2009 : « le prix du boom économique chinois se paie avec l’eau ». Plus de 400 grandes villes du pays n’ont pas un accès correct et la situation dans le nord-est devient très difficile. Pékin se trouve donc dans l’obligation de mener des projets d’une envergure et d’un coût pharaoniques, tel le barrage des trois gorges, ce qui ne devrait pas manquer d’attirer de nombreux capitaux…
Source : la chronique agora

jeudi 17 juin 2010

Les barrages chinois tuent le Mékong


Cette année, la situation du fleuve Mékong est extrêmement problématique. Depuis plus de 50 ans, son niveau n’a jamais été aussi bas.
Beaucoup se retourne vers le gouvernement chinois, leur réclamant des explications. Cependant, le vice-ministre des affaires étrangères, Song Tao, lors du sommet sur la commission sur le fleuve Mékong qui a eu lieu la semaine dernière, a rejeté toutes les accusations dont la Chine a fait l’objet :
« Les statistiques montrent que la récente sécheresse qui a frappé l’ensemble du bassin est attribuable au temps extrêmement sec ; le déclin du niveau des eaux du Mékong n’a rien à voir avec le développement de projets hydroélectriques ».

Le Mékong a toujours été le lieu de conflit entre la Chine et ses pays voisins. Prenant sa source au Tibet, il traverse toute la Chine avant de desservir la Birmanie, le Laos, la Thailande, le Cambodge et enfin le Vietnam.
Il y a une vingtaine d’année, les chinois ont entamé le début d’un grand chantier d’installation de barrages tout au long du fleuve. A l’époque, personne n’a perçu les conséquences que cela allait engendrer. Actuellement, la Chine possède 4 barrages et en projette quatre supplémentaires. Ayant pris conscience de la situation, et inquiets de cette politique d’aménagement du fleuve, les pays en amont de la Chine ont fondé en 1995, la Mekong River Commission qui prône le ‘developpement durable’ autour de ce fleuve qui fait vivre plus de 60 millions de fleuve en dehors du territoire chinois. Pékin, qui a décidé ne n’être que ‘partenaire’ dans cette agence intergouvernementale, est en position de force étant donné qu’il n’existe aucune législation internationale sur l’utilisation des fleuves transfrontaliers. De fait, elle entend bien utiliser cette ressource comme bon lui semble.

Face à la situation actuelle du Mékong, c’est le ‘changement climatique’ qu’elle tient responsable. Même si on constate des
‘conditions naturelles exceptionnelles’ on peut s’interroger sur les incidences des actions chinoises.
Un rapport des Nations Unies et de l’Institut asiatique de technologie rendu public l’année dernière estime que ces constructions « risquent, à terme, de mettre sérieusement en péril le Mékong et ses richesses naturelles ».

On comprend alors l’inquiétude des voisins. Le Bangkok Post déclarait dans son éditorial : « Les barrages chinois tuent le Mékong ».
Pour montrer leur bonne foi, Pékin s’est engagé à donner des informations sur les barrages et en particulier sur la situation du fleuve sur le territoire chinois. La Mekong River Commission s’est félicité de cette décision, la qualifiant de « pas en avant significatif ».

Source : Affaires stratégiques

mercredi 26 mai 2010

Les solutions marocaines contre les pénuries d’eau

La politique adoptée par le Maroc dans le domaine de la mobilisation et de la préservation de ses ressources hydriques lui a permis de triompher des problèmes nés de la pénurie de l'eau durant les années de sécheresse, a affirmé, vendredi à Beyrouth, Maati Benkaddour, membre de la chambre des conseillers, qui conduit la délégation marocaine aux travaux d'un congrès parlementaire sur les ressources hydrauliques, ouvert jeudi dans la capitale libanaise
Cette politique, qui se décline notamment à travers la construction d'un nombre important de barrages à travers tout le pays, a permis également au Maroc d'atténuer les effets néfastes des inondations, de sédentariser les populations sur leurs terres, et de surcroit, d'endiguer l'exode rural en particulier dans les périmètres irrigués, a souligné M. Bekaddour .

Le Maroc a ainsi construit 18 grands barrages avec une capacité de retenue de plus de 16 milliards de mètres cubes, a rappelé le responsable marocain, précisant que ce faisant, le Royaume a pu mettre à disposition de ses populations de l'eau potable et des eaux destinées au secteur industriel.

Ces barrages ont permis l'irrigation de plus d'un million d'hectares, la production de l'énergie électrique ainsi que l'alimentation de la nappe phréatique. Ces ouvrages ont ainsi grandement contribué à la sécurité hydrique du pays, a dit M. Bekaddour.

Malgré toutes ces réalisations, le problème des ressources hydrauliques demeure l'un des sujets qui focalisent l'intérêt des pouvoirs publics au Maroc, a ajouté le parlementaire marocain, rappelant que le département de l'eau et de l'environnement avait organisé en 2007 des forums de dialogue national qui avaient abouti à l'adoption d'une nouvelle stratégie nationale en vue de résoudre l'épineux problème de la rareté des ressources hydriques, en privilégiant notamment la bonne gouvernance et les mécanismes de l'économie de l'eau et de lutte contre la pollution à travers la réutilisation des eaux usées et le dessalement de l'eau de mer.

Cette stratégie se base en particulier sur la construction de grands barrages pour la mobilisation des eaux de surface et la mise en œuvre du plan national de lutte contre les inondations par la construction de nouveaux ouvrages pour la collecte des eaux dans les régions menacées d'inondations.

Pour ce qui est de la politique du Maroc en matière de protection de l'environnement, M. Benkaddour a souligné que grâce aux orientations de S.M. le Roi, le Royaume a adopté au début de cette année, une stratégie nationale de protection de l'environnement qui fait de cette question un axe fondamental dans le processus de son développement économique et social.

SM le Roi avait réitéré cet engagement dans le message adressé au sommet de Copenhague sur l'environnement et dans lequel le Souverain avait souligné que le Maroc place la question de la protection de l'environnement au cœur de son programme de développement.

M. Benkaddour a rappelé que cette stratégie se traduira dans les faits par la création de 16 observatoires régionaux de l'environnement qui seront chargés d'élaborer des rapports annuels sur l'état de l'environnement et de corriger les dysfonctionnements qui pourraient être relevés en la matière.

Le parlementaire marocain a d'autre part évoqué la situation des ressources hydrauliques dans le monde arabe, en soulignant que la rareté de ces ressources est due à la prévalence d'un climat aride et semi aride dans le monde arabe, à la faiblesse des nappes phréatiques, à la croissance démographique et à l'exploitation non rationnelle de ces mêmes ressources.

«Nous sommes tous appelés à traiter le problème des ressources hydriques avec sagesse en associant toutes les composantes de nos sociétés et les institutions arabes spécialisées», a indiqué M. Benkaddour, ajoutant que le Maroc est entièrement disposé à œuvrer de concert avec les pays arabes et les instances internationales en vue d'attirer l'attention sur l'exploitation à outrance, par Israël, des ressources hydrauliques de la Palestine et du Golan occupé au su et au vu de la communauté internationale.

Le Congrès de Beyrouth se penchera, trois jours durant, sur les politiques mises en œuvre pour palier la pénurie de l'eau dans le monde arabe, les conventions signées en ce sens et les relations avec les pays voisins (Turquie et Iran).

Source : mpa

dimanche 4 avril 2010

Un conflit avec la Chine autour de la gestion des eaux du Mékong

Après le conflit concernant le partage du fleuve Indus entre le Pakistan et l’Inde voici un autre qui s’ajoute, cette fois c’est la Chine qui est mise en cause et ses projets de barrages… Les négociations risquent d’être difficiles avec le géant et ses mégas projets…

Le fleuve Mékong est à son plus bas niveau depuis 20 ans, surtout dans le Nord de la Thaïlande où la population connaît une pénurie d’eau. Les pays membres de la Commission de la rivière Mékong mettent en cause la Chine et sa politique de construction de barrages.

Le 10 mars, la Commission de la rivière Mékong (MRC), composée de la Thaïlande, du Laos, du Cambodge et du Vietnam, a donc rencontré la Chine pour lui demander de coopérer à la gestion du Mékong. La Chine possède quatre barrages s’approvisionnant dans le Mékong et compte en construire quatre autres dans les années à venir.

La Commission souhaitait s’exprimer avec le ministre chinois des Affaires étrangères Dai Bingguo mais elle a seulement pu s’entretenir avec son assistant, Hu Zhengyue. Celui-ci a assuré que la Chine jouait un rôle mineur dans l’exploitation des eaux du Mekong et qu’on ne pouvait pas la considérer comme responsable de la baisse du niveau du fleuve.

Pour montrer sa volonté de régler cette situation, la Chine a invité la Commission de la rivière du Mékong à visiter le barrage de Jinghong dans la province du Yunnan en avril prochain. La Commission espère y voir un encouragement vers une coopération avec la Chine pour s’entendre sur une gestion plus harmonieuse des eaux du Mékong.

Source : Asia Times

jeudi 25 mars 2010

Un barrage pour la gestion de l’eau à l’Ile Maurice

Le gouvernement mauricien compte aller de l'avant avec le projet de construction d'un barrage à Bagatelle pour approvisionner en eau la région de Port-Louis, des basses Plaines-Wilhems et éventuellement Flic-en-Flac.
Ce barrage sera construit sur la rivière Terre Rouge et recouvrira également rivière Cascades. Il aura une capacité de 7,7 millions de mètres cubes et inondera une surface de 110 hectares. A titre de comparaison, le réservoir de La Ferme contient 5 millions de mètres cubes et Mare aux Vacoas, le plus grand réservoir du pays, a une capacité de 25 millions de mètres cubes d'eau.
Le principal objectif de ce nouveau barrage est de pallier au manque d'eau chronique qui affecte cette partie de l'ile, particulièrement durant la saison sèche, de septembre à février, durant laquelle l'approvisionnement en eau se fait durant quelques heures par jour seulement.
Selon les autorités, avec la construction du Bagatelle Dam, on devrait assurer un approvisionnement régulier en eau potable dans ces régions jusqu'à 2040 au moins.
Le barrage de Bagatelle devait coûter Rs 2,5 milliards, selon des estimations faites en 2006, mais qui doivent être réajustées aux coûts actuels.
Le barrage sera haut de 38 mètres et fera 2,3 kilomètres de long. Le projet tel que décrit dans un rapport environnemental, prévoit également l'aménagement d'espaces de loisirs autour du barrage.
Comme de nombreuses zones pour lesquelles le tourisme est un des piliers de l’économie, Maurice a entamé une réflexion sur la gestion durable de l’eau disponible.

mardi 23 février 2010

L’association internationale de développement* a achevé ses 1ers projets de sécurisation des barrages et de l’irrigation en Arménie

L'Arménie est un petit pays enclavé de 3 millions d'habitants dont le revenu annuel moyen par personne est d'environ 2 600 dollars, un niveau inférieur à la moyenne des États voisins d'Europe et d'Asie centrale. L'agriculture représente 18 % du produit intérieur brut et emploie environ 46 % de la population active. La majeure partie des terres sont irriguées mais avant 1999, environ 90% des terres irriguées ne l'étaient pas de manière régulière et fiable. Cet état de fait résultait d'une mauvaise surveillance et du manque d’entretien de 87 barrages. Le risque de rupture des barrages était élevé et les conséquences en aval auraient pu être dramatiques. Pour cette raison, 360 000 personnes et 680 km2 de terres étaient considérées comme vulnérables.
Le Projet de sécurisation des barrages financé par l'IDA a été lancé en 1999 dans le but de relever ce défi en réhabilitant immédiatement les 20 barrages considérés comme les plus dangereux. Plusieurs mesures de sécurité ont été mises en place, comme l'installation d'outils de contrôle, de systèmes d'alerte précoce et de télécommunication. Ce premier projet, une fois approuvé, a permis de passer à un deuxième Projet de sécurisation des barrages en 2004, qui a étendu le programme à tout le pays, inclus d'autres barrages à risque et renforcé les mesures de sécurisation.
Aujourd’hui, plus de 500 000 personnes - soit plus de 15 % de la population totale du pays - vivant en aval des barrages réhabilités sont désormais en sécurité. De même, les infrastructures arméniennes situées dans ces zones ne sont plus considérées comme à risque.

Les principales réalisations :
- Couverture importante du projet avec 73 barrages réhabilités sur les 87 barrages dangereux que comptait le pays. Sécurisation des lieux à risque situés en aval des barrages, comprenant de nombreuses infrastructures,

- Capacité de préparation aux situations d'urgence renforcée. Plans de préparation aux situations d'urgence mis en place pour tous les sites. Systèmes d'alerte installés dans 175 villages.

- Capacités de gestion renforcées. Renforcement de l'Agence de gestion des situations d'urgence (actuellement Département des services de secours placé sous l'autorité du nouveau ministère des Situations d'urgence) qui mène désormais des campagnes de proximité efficaces.

- Restauration de l'irrigation. Sécurisation d'une source d'approvisionnement en eau fiable pour les fermiers

L'aide de l'IDA s'est prolongée de 1999 à 2009. Elle a contribué à hauteur de 26,6 millions de dollars au projet de sécurisation des barrages et de l'irrigation et à hauteur de 6,75 millions de dollars au Projet de sécurisation des barrages et de l'irrigation II, lancé en 2004. L'implication de l'IDA n'a pas uniquement permis de réhabiliter les infrastructures et de protéger la vie des habitants, mais a également aidé à améliorer la gouvernance et les services publics. Elle a en particulier participé au développement des Plans de préparation aux situations d'urgence et a fourni une formation au personnel travaillant sur les barrages
Une réforme institutionnelle du sous-secteur de l'irrigation est actuellement en cours en Arménie et pourrait avoir des effets sur le système de barrages du pays. Il est important que le gouvernement continue à fournir les ressources nécessaires à la gestion et à l'entretien de ses barrages. La gestion des plus petits barrages devrait être progressivement transférée aux fédérations et associations locales, dès que celles-ci disposeront des capacités financières et techniques requises.

*L’Association internationale de développement (IDA) est l’institution de la Banque mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Créée en 1960, l’IDA vise à réduire la pauvreté en accordant des dons et des prêts sans intérêt destinés à financer des programmes de nature à stimuler la croissance économique, à atténuer les inégalités et à améliorer les conditions de vie des populations

samedi 24 octobre 2009

L'Algérie investit 15 millards dans les infrastructures d'eau

L'Algérie investira plus de 15 milliards de dollars dans l'eau entre 2010 et 2014, notamment pour construire 19 nouveaux barrages, des stations de dessalement et des réseaux de transfert, a annoncé le 4 octobre le ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal.
"Le secteur de l'hydraulique va bénéficier de 15 à 16 milliards de dollars" de 2010 à 2014 "afin d'assurer aux Algériens une bonne qualité de l'eau", a déclaré M. Sellal à la radio publique chaîne III (francophone).

Dix-neuf nouveaux barrages seront réalisés d'ici à 2014, a-t-il ajouté.

L'Algérie a entamé depuis 2004 un programme de construction de quinze stations de dessalement d'eau de mer d'une capacité totale de 2,3 millions de m3, pour "sécuriser de façon définitive l'alimentation des Algériens en eau potable", a dit M. Sellal.

L'Algérie a également lancé des études pour le transfert de 600 millions de m3 par an à partir du Nord Sahara vers les Hauts plateaux, notamment pour développer l'agriculture et améliorer la distribution d'eau potable, selon le ministre.

Ce projet sera lancé durant le prochain plan quinquennal 2010-2014, a-t-il ajouté.
Il a indiqué que seules les entreprises algériennes pourront répondre aux appels d'offre qui seront lancés pour la construction de certains de ces nouveaux barrages.
Source : AFP

samedi 25 juillet 2009

Le combat de Ma Jun contre la pollution de l'eau en Chine

Quand il a lancé en 2006 à Pékin l'Institute for Public & Environmental Affairs (Institut pour les affaires publiques et environnementales ou IPE), Ma Jun s'attelait à une entreprise titanesque : dresser une carte de la pollution de l'eau en Chine et identifier les entreprises fautives.

Ancien assistant à Pékin du journal hongkongais South Post, Ma Jun s'est fait connaître en 1999, avec son ouvrage La Crise de l'eau en Chine. Aujourd'hui, trois ans après son lancement, le site de l'IPE répertorie près de 32 000 contrevenants à la législation sur la pollution de l'eau, et plus de 13 000 dans le domaine de la pollution atmosphérique. 1,7 million de visiteurs ont été comptabilisés depuis juin 2008. Le moteur de recherche de l'IPE, qui permet, en indiquant le nom d'une usine, d'avoir accès à son "casier judiciaire" écologique, est en train de devenir une référence : "Nos informations sont de source publique. Elles viennent soit des bureaux locaux de protection de l'environnement, soit des médias. Le renforcement en Chine, l'année dernière, des mesures sur la transparence des informations relatives à l'environnement a eu un effet de catalyseur, la quantité d'information disponible sur la pollution s'est accrue de manière exponentielle", explique Ma Jun.

Certains des contrevenants épinglés par l'IPE se décident à contacter l'ONG, qui leur suggère la réalisation d'un audit par un cabinet spécialisé dans l'environnement. Si l'entreprise s'amende et met en oeuvre des mesures antipollution, elle peut être rayée de la liste noire. "Les pollueurs ne se sentent pas menacés par les amendes, souvent trop faibles, mais ils craignent de plus en plus la mauvaise publicité", estime Ma Jun. La trentaine de sociétés, qui ont entrepris de corriger leurs pratiques, y ont été poussées par les multinationales dont elles sont les fournisseurs ou les partenaires. Ce qui a conduit l'IPE à lancer un "pacte pour une chaîne d'approvisionnement verte ", selon lequel une multinationale s'engage à s'assurer que ses partenaires chinois sont "propres" : Wal-Mart ou Nike, s'y sont engagés, mais aucun de leurs concurrents français.

Pour agir simultanément auprès des gouvernements locaux, l'IPE a lancé en juin un classement des villes chinoises, selon une batterie de critères environnementaux, comme la transparence des données. "On demande les informations que la loi désigne comme ouvertes au public. Certaines municipalités répondent qu'elles ne sont pas prêtes, d'autres que leur chef n'est pas d'accord. C'est un premier test", dit-il. "Le travail de Ma Jun est très important, estime Alex Wang, l'un des juristes travaillant à Pékin pour l'ONG américaine NRDC (Natural Resource Defense Council), car depuis le temps que la Chine est l'usine du monde, il permet enfin de faire comprendre aux sociétés chinoises et étrangères que violer les lois de protection de l'environnement n'est plus acceptable."

Ma Jun et ses équipes font face à des résistances : les gouvernements locaux soucieux d'attirer les investisseurs mettent régulièrement au pas les bureaux locaux du ministère de l'environnement et la presse. Collusion et corruption - notamment quand il s'agit de groupes publics - protègent les pollueurs qui se passent donc de lobbyistes.

Les barrages géants prévus sur le cours supérieur du Yangzi, en amont du barrage des Trois-Gorges, construits par des consortiums de sociétés d'électricité et de géants du BTP et financés par les grandes banques et les gouvernements provinciaux, reflètent ces difficultés. Dans plusieurs cas, les travaux ont avancé sans que les maîtres d'oeuvre n'aient procédé à la moindre étude d'impact sur l'environnement, pourtant obligatoire. Mis devant le fait accompli, le ministère de l'environnement vient d'ordonner la suspension des travaux de deux des barrages. Mais les écologistes n'ont pas eu voix au chapitre.

Les promoteurs d'un barrage, celui d'Ahai dans le Yunnan, ont publié en 2007 une étude succincte d'impact sur l'environnement. Fin 2008, l'IPE et d'autres ONG ont donc été invités - pour la première fois dans le cas d'un projet hydroélectrique en Chine - à participer à une consultation organisée par le ministère avec les constructeurs du barrage dont l'édification est déjà bien avancée : "On a dit qu'on ne viendrait que si nous obtenions auparavant les réponses aux questions que nous avions posées en 2007, lors de la publication de l'étude. Cela a été le cas, ce qui nous a permis de consulter des experts et pointer du doigt toutes sortes de risques sur l'écosystème. C'est très positif, mais il y a encore beaucoup de travail à faire !".

jeudi 30 avril 2009

Le barrage Nam Theun 2 relance l’économie du Laos


Un ingénieur français en rêvait déjà en 1927 ! Dans L'Eveil économique de l'Indochine, on s'enthousiasmait pour le potentiel hydroélectrique du plateau du Nakaï, au Laos, et de la rivière Nam Theun qui serpente entre le Mékong et la chaîne Annamitique. Quatre-vingt-deux ans ont passé et le rêve se réalise. Au profit d'EDF, constructeur de Nam Theun 2 (NT2), mais aussi du pays : exemple de ce que des investissements dans les infrastructures hydroliques parviennent à initier un cercle vertueux en matière économique.

Le barrage (1 070 mégawatts), bâti avec le soutien de la Banque mondiale, commencera à produire ses premiers kilowattheures fin 2009. L'Etat laotien touchera alors les premiers dividendes d'un projet qui doit lui rapporter 2 milliards de dollars (1,5 milliard d'euros) jusqu'en 2035, quand la Nam Theun Power Company (NTPC) lui cédera l'ouvrage. "La première fois que je suis venu sur le site, c'était en 1984. Pour moi, c'est l'aboutissement de vingt-cinq ans de travail", a raconté au Monde Soulivong Daravong, ministre de l'énergie et des mines, en contemplant le toit en forme de pagode de la centrale électrique.
Il n'y avait pas encore de route d'accès au Mékong et les habitants vivaient une partie de l'année de cueillette et de chasse, une fois épuisée la récolte du riz cultivé sur brûlis après une désastreuse déforestation. "NT2, souligne-t-il, est important pour l'éradication de la pauvreté." Le Laos, qui figure parmi les 42 pays les moins avancés (PMA) recensés par les Nations unies, a peu de ressources : des bois précieux, de l'or, du cuivre... Et une hydrographie qui a réveillé, à Vientiane - la capitale -, le rêve de faire de cette petite nation "la pile électrique" du Sud-Est asiatique.
NT2 est le plus gros investissement étranger jamais réalisé dans le pays. "C'est un projet de 1,5 milliard de dollars, un chantier qui a nécessité 70 millions d'heures de travail et employé 9 000 personnes au plus fort des travaux, dont 80 % de Laotiens", résume Jean-Christophe Philbe, patron d'EDF pour l'Asie du Sud-Est. Il a mobilisé plus de 100 millions de dollars pour prévenir les conséquences humaines et écologiques, qui ont souvent été le prix payé par les populations pour ces grands ouvrages. La Banque mondiale y avait renoncé dans les années 1990 sous la pression des organisations non gouvernementales (ONG) : les gains économiques ne compensaient pas les dégâts sociaux. En 2005, elle a donné son blanc-seing à NT2. A condition que ses promoteurs s'engagent à ce que les populations en sortent gagnantes.
Le barrage devra d'abord bénéficier aux 6 200 habitants du plateau et aux 80 000 personnes affectées pas le rejet des eaux en aval. NTPC veut doubler le revenu annuel par famille d'ici à 2013 pour qu'il atteigne 800 dollars et rejoigne le niveau de vie moyen du paysan lao. "Nous n'avons pas voulu indemniser les 6 200 personnes déplacées, mais leur donner les moyens de développer de nouvelles activités", explique M. Philbe : un bateau de pêche pour deux familles, une scierie pour exploiter la forêt communautaire donnée en concession, un lopin de terre de 0,66 hectare par foyer, un système de microcrédit pour soutenir le commerce...
A Sop On, un des quinze villages reconstruits au bord du réservoir, les maisons sur pilotis dotées de l'électricité, alignées le long des rues poussiéreuses, ont remplacé des masures de bambou tressé. Au milieu des cours trône souvent une grande antenne parabolique. Khamsi, responsable de l'association des femmes lao, a fait ses comptes : "J'ai augmenté mes revenus, ma vie s'est améliorée, c'est sûr ! Pour rien au monde je ne reviendrais à ma vie d'avant." Seules une soixantaine de familles n'ont pas pu s'adapter.
NT2 doit aussi être un levier de développement pour l'ensemble du pays - sous le contrôle de la Banque mondiale. Cette dernière a exigé que les 80 millions de dollars que l'Etat tirera chaque année de la vente de l'électricité (95 % à la Thaïlande) soient consacrés à des activités économiques et des projets sociaux (santé, éducation...). Ces rentrées représentent une hausse de 6 % de la richesse nationale. Et davantage quand l'Etat, devenu propriétaire de l'ouvrage, engrangera 250 millions de dollars.
Que restera-t-il alors d'un projet dont EDF veut faire sa "carte de visite" et la Banque mondiale "une référence" ? "En aidant à son retour, nous avons fait pour le développement de l'hydraulique dans le monde", se félicite Jean-François Astolfi, directeur de cette division chez EDF. "Ici, la politique de la Banque mondiale rejoint celle du Laos", renchérit le ministre de l'énergie. Pourtant associées au déroulement du projet à travers forums et visites, les ONG restent hostiles. Elles s'inquiètent de la dégradation de la qualité de l'eau du réservoir, de la faculté d'adaptation des populations et de la capacité du gouvernement à bien gérer l'ouvrage après le départ des concessionnaires.

lundi 11 août 2008

L'équipement se poursuit en Algérie

Le président Abdelaziz Bouteflika a inauguré le 27 juillet dernier plusieurs infrastructures hydrauliques à Bouira, notamment le barrage Tilesdit et une station de traitement qui assurera une alimentation régulière en eau potable des 12 communes de la wilaya concernées par le projet. Il a également posé la première pierre d’un projet de transfert d’eau à partir du barrage de Koudiet Aserdoune.

Le barrage Tilesdit permettra l’approvisionnement de 12 communes et l’irrigation de 7 000 hectares de terres. La station de traitement est elle d’une capacité de 74 000 litres/jour. Quant à la mise en service du projet de transfert d’eau, elle permettra de mettre fin aux difficultés d’approvisionnement en eau potable d’une population de 4 millions d’habitants.

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