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vendredi 11 juin 2010

Les élevages industriels aux Etats-Unis à l’origine d’une pollution chronique des eaux…

Aux Etats-Unis, suite à une plainte du Conseil de défense des ressources naturelles et de l’Agence de protection de l’eau, l’Agence de Protection de l’Environnement (APE) a lancé, lors d’une réunion sur la pollution de l’eau, un projet visant à identifier et enquêter sur les milliers d’élevages industriels qui ont évité la règlementation gouvernementale en matière de pollution générés par les déchets animaux.
Il y a plus de 30 ans, le Congrès a clairement montré du doigt les fermes industrielles comme sources de pollution de l'eau et a mis en place un programme de ‘propreté’ en vertu de Loi sur l'eau. Mais malgré cela, des installations massives ont réussi à échapper à la réglementation gouvernementale en affirmant - sans vérification du gouvernement - ne pas déverser de déchets dans les cours d'eau protégés.
«Des milliers de fermes industrielles menacent l'eau avec des déchets animaux, contenant bactéries, virus et parasites qui peuvent rendre les gens malades», a déclaré l’avocat principal du Conseil de défense des ressources naturelles, Jon Devine. Beaucoup de ces installations massives sont passées inaperçues et l'APE ne sait même pas où elles se situent. Notre action en justice et le projet mis en place demande l’arrêt des pratiques d'autosurveillance et veut obliger l'APE à collecter les informations nécessaires pour sanctionner les pollueurs et engager des actions de nettoyage des cours d'eau afin de protéger la santé publique. ».
Les fermes industrielles produisent des quantités massives de fumier et autres déchets qui polluent les cours d'eau avec des contaminants dangereux qui s'écoulent dans les cours d'eau, tuant les poissons et contaminant l'eau potable.
Hannah Connor, procureur de l’Agence pour la protection de l’eau déclare : « Le bilan est clair: les grandes exploitations rejettent continuellement des polluants dans le milieu environnant. Il est également clair que si nous voulons continuer à boire, manger du poisson et profiter d'une eau qui n'est pas contaminée, ces rejets doivent cesser. »

Source : Sustainablebusiness

jeudi 25 février 2010

LE RADI pour un égal accès des femmes à l’eau

Dans les pays du Sahel – Sénégal, Mauritanie et Niger – le droit des femmes reste limité et notamment par rapport à leur accès à l’eau à usage agricole.
Cependant, il apparaît de plus en plus nettement que leur rôle dans le système de production agricole est primordial.
C’est pourquoi le RADI (Réseau Africain pour le développement intégré) vient de proposer un grand projet visant à améliorer l’accès de l’eau destinée à l’agriculture pour les femmes en lançant une «méthodologie du projet de recherche-action sur l’effectivité des droits économiques des femmes au Sahel : cas du droit à l’eau à usage agricole en Mauritanie, au Niger et au Sénégal». Cette action, en lien avec le Centre de recherche pour le développement intégré a pour but de réfléchir sur ce sujet, encore très peu exploré, ce qui permettrait de lutter contre la pauvreté.
Le président du RADI, Abdou Mazide Ndiaye, déclare en effet que «les disparités de genre dans l’accès aux ressources hydriques à usage agricole, obstacles juridiques et culturels à l’accès des femmes à l’eau à usage agricole ne sont pas suffisamment élucidés». Il précise de plus que toute la réflexion liée à cette question de l’accès à l’eau à usage productif et agricole pour les femmes serait le moyen de promouvoir le droit économique, la justice sociale, l’égalité des sexes et la citoyenneté des femmes.

mercredi 21 octobre 2009

La sécheresse en Australie


Moulamein, à quatre heures de route au nord de Melbourne, est le centre administratif du comté de Wakool, en Nouvelle-Galles du Sud. Un département rural où la plupart des habitants vivent de l'agriculture. Car nous sommes au coeur du bassin de Murray-Darling, la principale région agricole d'Australie, s'étendant sur quatre Etats. Les deux plus grands fleuves du pays, la Murray et la Darling, s'écoulent là, et ont longtemps offert des conditions idéales aux agriculteurs. Depuis la seconde guerre mondiale, les fermiers se sont installés, faisant pousser à loisir coton, fruits ou blé. Aujourd'hui, 40 % des fermes australiennes se trouvent dans ce bassin d'un million de km2. La région représente presque la moitié de la valeur de la production nationale agricole.
Mais le temps des récoltes fertiles semble lointain. Car depuis une décennie, une sécheresse persistante, la plus grave jamais enregistrée, a asséché les réservoirs. Et la Murray ne coule plus guère que dans les rêves des fermiers. Au sortir de l'hiver austral, cette année encore, les réservoirs du bassin sont peu remplis, à un quart seulement de leur capacité. Si certaines zones ont bien vu leurs précipitations augmenter, ce ne fut pas assez pour restaurer l'équilibre de la région. Les riverains sont contraints de limiter leur consommation d'eau, des usines de dessalement se construisent. La crise est devenue politique : les gouvernements des Etats s'accusent mutuellement d'avoir trop exploité le système fluvial.
Les fermiers, premiers concernés, sont désormais désignés à la vindicte publique. "On dit qu'il y a eu trop d'irrigation. C'est vrai, avec le recul, on s'en rend compte. Mais on ne pouvait pas deviner qu'il y aurait une telle sécheresse", commente Lawrence, qui exploite sa ferme depuis vingt-cinq ans, et espérait pouvoir la laisser à ses enfants. En Australie, les agriculteurs doivent acheter des "water entitlements", des droits à l'irrigation. Des droits théoriques, car tout dépend de l'eau disponible.
Lorsque la sécheresse s'est accentuée, les irrigateurs ont vu leur allocation diminuer progressivement. Jusqu'à ne plus rien obtenir du tout. Depuis quatre ans, Lawrence est ainsi privé d'eau, totalement ou presque, pour ses champs. "On n'a jamais connu un tel phénomène. Même les plus âgés ne se souviennent de rien de tel. L'Australie connaît des sécheresses, mais il y a quelque chose d'anormal cette fois, remarque-t-il. On n'aime pas parler de changement climatique ici, mais je pense que si, c'est bien cela."
Depuis les éleveurs poussés à vendre leurs troupeaux jusqu'aux horticulteurs arrachant leurs arbres, les agriculteurs se retrouvent dans une situation extrêmement difficile. Rod Chalmers, le maire du comté de Wakool, habite lui aussi dans le bush, sur une propriété où il fait pousser riz et céréales. En dix ans, son chiffre d'affaires a été divisé par dix. "1996 fut la dernière année où les allocations en eau étaient normales", se rappelle-t-il. Pour compliquer les choses, même lorsqu'ils ne reçoivent plus d'eau, les fermiers irrigateurs doivent continuer de payer des charges fixes pour maintenir les infrastructures en état. Pour un gros exploitant comme Lawrence, cela représente 80 000 dollars par an.
Alors, dans ce pays de bush, la résilience légendaire des habitants s'est peu à peu émoussée. 2009 semble être l'année de trop. "Jusqu'à maintenant, les gens se sont dits : on reste et on essaie de survivre en attendant la fin de la sécheresse. Mais là, ils sont désespérés, on se rend compte d'un changement d'esprit. Depuis deux mois, les fermiers veulent partir", confie le maire de Wakool.
Certains adoptent des stratégies étonnantes. Lawrence, en charge de la question de l'eau pour la Fédération nationale des agriculteurs, a ainsi décidé de louer des terres en Australie-Occidentale, à 3 900 kilomètres de chez lui. Chaque semaine, il fait la route pour transporter ses machines jusqu'à son nouvel eldorado. "J'avais deux possibilités : être ruiné sans rien faire. Ou me ruiner en agissant", plaisante-t-il.
D'autres, lourdement endettés, n'ont d'autre choix que de vendre leur ferme pour partir travailler en ville. Pour Deborah Warne, qui fait pousser des avocats à Barham, pas loin de Moulamein, la décision est presque prise. "Si j'étais sûre d'arriver à vendre ma propriété, je la mettrais sur le marché dès demain", jure l'horticultrice, qui reproche au gouvernement un manque de soutien financier. "Qui va nourrir le pays si le bassin de Murray-Darling ne produit plus rien ?", s'irrite-t-elle. "Etant donné le climat de la région, il va falloir considérer l'arrêt des cultures très gourmandes en eau", estime Samuel Marx, chercheur en gestion de l'environnement à l'université du Queensland.
Progressivement, toute la communauté a été touchée par la crise. "Les commerces ferment peu à peu. Avant, les exploitations agricoles embauchaient des employés. Plus maintenant", déplore M. Chalmers. Il y a quelques mois, Lawrence Arthur a décidé d'investir dans un nouvel équipement sur sa propriété. Dans l'affluent de la Murray qui traverse ses terres, il a installé une nouvelle pompe, qu'il montre fièrement : "Et 2 kilomètres de tuyaux pour limiter l'évaporation". Si la sécheresse perdure, la pompe flambant neuve pourrait bien ne jamais avoir à fonctionner.

Source : Le Monde

dimanche 9 août 2009

L'eau et l'agriculture

Dans ce bref entretien, Pasquale Steduto, Chef de la division FAO Water, aborde certaines des questions qui se posent à l’approche de la date fixée pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement. Il traite de plusieurs thèmes, tels que le changement climatique, les conflits liés à l’eau ou encore la hausse des rendements par goutte d’eau; il examine également les défis qu’il faudra relever à l’avenir.

Voir l'entretien ici : http://www.fao.org/nr/water/index_fr.html

samedi 4 juillet 2009

La Turquie accepte d’augmenter le débit de l’Euphrate


Par le correspondant de RFI à Istanbul, Jérôme Bastion

Le débit des eaux de l’Euphrate va doubler. C’est une bonne nouvelle pour les Irakiens en cette période estivale. La décision a été prise par la Turquie, le pays où le fleuve prend sa source. L’agriculture en Irak commençait par souffrir du manque d’eau et dans certaines régions le problème de la sécheresse se pose réellement.

Ce n’est un secret pour personne, l’Irak manque dramatiquement d’eau. Ce pays dépend essentiellement, pour son agriculture, du débit des fleuves Tigre et surtout Euphrate. Mais manque de chance, la Turquie poursuit, sur ses deux grands cours d’eau, un programme de vingt-et-un barrages qui permettent d’irriguer et de développer le sud-est du pays, lui aussi très aride.

De fait, la Turquie délivre quatre fois moins d’eau à ses voisins en aval, Syrie et Irak, qu’il y a dix ans, ce qui forcément pose problème. Le réchauffement climatique et la diminution des précipitations, qui sont une réalité concrète en Turquie aussi - l’an dernier la production agricole était en baisse de 20% faute de pluie- oblige Ankara à prélever plus d’eau de ses fleuves, ce qui prive les utilisateurs en aval.

Cela fait quelques mois que Bagdad a tiré la sonnette d’alarme parlant de « catastrophe » pour son agriculture. Cet appel a, semble-t-il, été entendu. La Turquie vient de faire un geste et devrait encore accroître le débit du fleuve jusqu’à 715 m3 par seconde les prochains mois alors qu’il n’était que 130 m3 par seconde le mois dernier.

Eviter la guerre de l’eau

Le geste de la Turquie, est le signe que ces pays voisins peuvent s’entendre sur ce genre de problème sensible, même sans conclusion préalable d’un accord international. C’est en tout cas l’illustration du renforcement des relations entre la Turquie et ses voisins.

Rappelons que les Turcs ont utilisé durant des décennies l’arme de l’eau contre les Syriens qui abritaient la rébellion kurde sur leur territoire. Grâce aux meilleures relations aujourd’hui, des arrangements sont trouvés, mais ils sont purement conjoncturels, faute de se conformer à un système de partage proposé par les Nations Unies. D’ailleurs, très peu de pays sur la planète l’ont ratifié. Pour ce cas précis, les trois pays, la Turquie, la Syrie et l’Irak s’en tiennent à des arrangements à court terme ainsi.

Lors du forum de l’eau d’Istanbul en mars dernier, l’Irak avait tenté en vain de conclure un accord tripartite avec ses voisins turcs et syriens. Damas mettait en avant son programme de grand barrage sur l’Euphrate qui affectera à terme un peu plus le débit de ce fleuve en Irak. Il est bien connu que les derniers arrivés sont les moins bien servis.En l’occurrence, l’Irak, en bout de chaîne, est mal loti.

Toutefois, malgré quelques incidents de parcours, le programme hydraulique turc continue. Officiellement ! Mais il est vrai qu’il y a des retards et même parfois des petits blocages. Des retards dus à des raisons économiques essentiellement parce que la Turquie finance seule ce vaste ensemble hydraulique et hydroélectrique en raison de son caractère parfois polémique. Il y aussi d’autres blocages comme cette opposition récente au projet. Début juillet, les bailleurs de fonds que sont la Suisse, l’Allemagne et l’Autriche, devraient annoncer qu’ils ne garantiraient pas les crédits pour la construction d’un barrage sur le Tigre à Hasankeyf dans le sud-est, parce qu’il engloutirait un patrimoine archéologique et culturel, jugé important.

Mais en dehors de ces incidents de parcours, le programme de vingt-et-un barrage sur les deux fleuves se poursuit envers et contre tout et malgré l’Irak.

mardi 2 septembre 2008

Nouvelle étude sur l’utilisation des eaux usées pour l’agriculture dans les pays en développement

Une étude de l'Institut de l'international de gestion de l’eau (IWMI) a démontré que les eaux usées non traitées sont massivement utilisées pour l'irrigation des terres agricoles dans les pays en voie de développement.

Lors de la semaine mondiale de l'eau qui s'est déroulée à Stockholm du 17 au 23 août, l'étude de l'IWMI a été rendue publique : dans 80 % des 53 pays en voie de développement recensés, les eaux usées non traitées ou partiellement traitées, issues des eaux industrielles, cuisines, toilettes... servent à arroser les cultures agricoles.

Ce mode d'irrigation présente des risques sanitaires pour les agriculteurs et les consommateurs des produits alimentaires issus de cette agriculture ; mais l'instauration de directives encadrant la qualité de l'eau pourrait pénaliser une population dépendante de l'agriculture urbaine pour survivre. Dans un contexte de rareté de l'eau et de crise alimentaire mondiale, ces pratiques paraissent inévitables.

Dans 70 % des villes étudiées, les eaux industrielles pouvant contenir tout type de substances chimiques nocives ne sont pas séparées dans les systèmes d'évacuation d'eau.

Les pays qui n'ont pas les ressources pour traiter leurs eaux usées peuvent avoir recours à leur stockage dans les étangs, comme en Indonésie ou au Ghana, et doivent effectuer un lavage soigneux des produits alimentaires, préconise entre autre l'étude.

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