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dimanche 7 novembre 2010

L’Australie part en guerre contre les bouteilles d’eau

En Australie, la population de la petite ville de Bundanoon a interdit la vente de bouteilles d’eau depuis septembre 2009. Pénurie ? Non, un acte volontaire voté par la population.

Voici plus d'un an, cette ville australienne de 2 500 âmes à 150 kilomètres au Sud de Sydney, a été la première au monde à bannir les bouteilles d'eau en plastique. Pour s'approvisionner, les habitants ont le choix entre l'eau du robinet et les quatre fontaines publiques réparties dans la cité.

Cette décision découle de la lutte qui oppose, depuis plus de seize ans, les habitants de Bundanoon à une société d'embouteillage de Sydney, Norlex Holdings. Cette dernière projette de construire une usine de pompage d'eau à Bundanoon, pour ensuite vendre l'eau en bouteille.

Selon un membre de l'association écologiste Do Something, John Doe, « l’exemple de Bundanoon a permis de poser la question à un niveau mondial : pourquoi acheter des milliards de bouteilles d'eau quand on peut avoir accès à une eau du robinet de qualité. »

Logiquement, la décision de Bundanoon fait des émules. Au lendemain du vote populaire de juillet 2009, Nathan Rees, le premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud a demandé que les bouteilles d'eau ne soient plus disponibles dans les bureaux et les agences de l'Etat.

Un an plus tard, en juillet 2010, l'association Do Something aidait un lycée de North Sydney, le Monte Sant » Angelo Mercy College, à se débarrasser des bouteilles d'eau et installer des fontaines publiques.

Auparavant, elle avait déjà effectué un travail similaire avec la banque australienne Westpac. Ainsi qu'avec les villes de Manly, Mosman, Waverley, et Marrickville. Toutes sont dans la banlieue de Sydney et ont installé davantage de fontaines publiques dans les lieux fréquentés.

Bundanoon est aussi très sollicitée, selon Sandra Menteith, coordinatrice du comité Bundy on Tap : « Nous recevons des appels de partout. Ces deux dernières semaines, j'ai été contactée par une ville en Italie, les villes australiennes de Newcastle, Bendigo et Illawara. Même des étudiants, lycéens ou doctorants, s'intéressent à nous. »


Source : Courrier International et Rue 89

vendredi 6 août 2010

L'Australie, eldorado du dessalement d'eau de mer

L'hiver australien est trompeur dans l'État de Victoria. Le long de la route reliant Melbourne à la petite ville de Wonthaggi, les vaches paissent paisiblement dans de longues prairies verdoyantes gorgées d'eau. La température ne doit pas dépasser les 10 degrés. Succession rapide de phases nuageuses et d'ensoleillement, le ciel pourrait aussi bien coiffer un paysage lunaire du nord de l'Écosse. Pourtant, c'est bien dans ce bourg collé à l'océan qu'est en train de sortir de terre la deuxième plus grande usine de dessalement d'eau de mer au monde.

En quelques années, la problématique de l'accès à l'eau s'est en effet imposée au sommet de l'agenda des responsables politiques australiens. Alarmé par plusieurs années de sécheresse consécutives, généralement attribuées au réchauffement climatique, devant composer avec une croissance rapide de sa population, le pays a engagé une série d'initiatives destinées à sécuriser l'accès de ses citoyens à la rare ressource.
L'Australie s'active sur différents fronts. Depuis plusieurs années, les gouvernements locaux encouragent, contraignent parfois, leurs administrés à une utilisation plus raisonnée de la ressource. Les Australiens utilisent en effet en moyenne 260 litres par jour et par personne, soit 100 litres de plus qu'un Français. Le pays s'est ainsi fixé un objectif de réduction de 15 % des volumes d'eau utilisés d'ici à 2030. A cet horizon, le pays compte également recycler 30 % de cette eau, essentiellement pour des usages industriels et agricoles. Mais l'évolution la plus spectaculaire concerne aujourd'hui le dessalement d'eau de mer. Hormis le Moyen-Orient, aucune région du monde n'a engagé de projets aussi importants en la matière.
Pionnière, Perth a été la première ville à se doter de capacités de dessalement à grande échelle, avec une production de 140 millions de litres par jour, soit un sixième des besoins de l'agglomération. Puisée à 150 mètres de l'usine, en proche banlieue de la ville, l'eau subit un premier filtrage ainsi qu'un pré-traitement chimique. Elle est ensuite envoyée à haute pression - 60 bars - à travers un ensemble de membranes où se produit une réaction d'osmose inverse. La moitié des volumes y est débarrassée de son sel - et de ses minéraux, qu'il faudra rajouter lors de la dernière étape du traitement. L'autre moitié, qui contient une concentration en sel deux fois plus élevée que l'eau de mer, est rejetée entre 300 et 500 mètres du bord.
À partir de 50 mètres des zones de rejets de ces saumures, le différentiel de salinité avec l'eau normale est de moins de 2 %, assure Keith Cadee, de Water Corporation, l'entreprise d'eau locale. Quelques dizaines de mètres plus loin, il devient inexistant, poursuit-il, rappelant la tutelle sourcilleuse de l'agence de protection de l'environnement australienne sur ce sujet. Perth a par ailleurs instauré une règle largement suivie par les autres villes. Les importants besoins en énergie des usines de dessalement sont compensés par la construction d'infrastructures d'énergies renouvelables produisant l'équivalent de leur consommation. Aujourd'hui, Perth a pris goût à l'eau dessalée. Une deuxième usine, confiée à des groupes espagnols, est déjà en cours de construction.
Mais la ville a depuis été imitée par toutes les autres métropoles australiennes. La production d'eau dessalée devrait plus que sextupler entre 2008 et 2017 pour atteindre 4,2 millions de mètres cube, selon le cabinet de conseil Global Water Intelligence. « On peut imaginer qu'à terme, un verre d'eau bu sur trois en Australie proviendra d'eau dessalée ou réutilisée », estime Rémi Lantier, le patron de Degrémont, la filiale d'ingénierie de Suez Environnement. Depuis le début de l'année, Veolia produit 250.000 mètres cubes par jour à Sydney, une capacité permettant de subvenir aux besoins de 15 % de la population de la ville. Brisbane devrait bientôt lancer un appel d'offres. A Adelaide, l'espagnol Acciona est en train de doubler la capacité de son usine, pour la faire passer à 300.000 mètres cubes quotidiens.
Melbourne, où le taux de remplissage des réservoirs de la ville a sa place réservée en première page des journaux, a vu plus grand encore que ses homologues. C'est une usine de 450.000 mètres cubes par jour qui se construit. Sur le site, à Wonthaggi, la future unité de dessalement n'est encore qu'un squelette métallique. Le tunnelier, qui repose au fond d'une profonde excavation, s'apprête à percer la cavité qui ira aspirer l'eau via un tuyau de 4 mètres de diamètre, à la vitesse de 0,54 mètres par seconde. Le long de la route, posés sur le sol, les tronçons du double pipeline de 84 km qui reliera l'usine à Melbourne n'attendent que d'être ensevelis. Si les délais sont tenus, l'usine pourra dès décembre 2011 couvrir un tiers des besoins de la ville, pour un investissement global de 3,5 milliards de dollars australiens (2,42 milliards d'euros). L'énergie consommée - 146 Megawatt par jour - sera elle aussi compensée avec la construction d'une ferme éolienne.

Source : La Tribune

jeudi 4 février 2010

Sauver le Coorong : plus d'eau douce, moins de barrages

L'importance écologique de l'écosystème constitué par la lagune du Coorong et les lacs Alexandrina et Albert à l'embouchure du fleuve Murray a été reconnue par la convention internationale RAMSAR pour la protection des zones humides en 1985. Cependant la diminution du débit du Murray pendant les dernières décennies a fortement détérioré cet environnement unique dont dépendent de nombreuses colonies d'oiseaux aquatiques et d'oiseaux migrateurs.

La réduction du débit du Murray résulte de l'exploitation intensive du fleuve en amont pour alimenter les systèmes d'irrigation et de la sécheresse qui sévit depuis quelques années. Pour la première fois depuis 7000 ans le niveau des lacs Alexandrina et Albert se trouve au-dessous du niveau de la mer. Les eaux des lacs et de la lagune sont devenues tellement salines que de nombreuses espèces de plantes et de poissons ne peuvent plus y vivre. Les espèces d'oiseaux aquatiques natifs et les oiseaux migrateurs fréquentent donc beaucoup moins cette région. Des organismes marins et estuariens envahissent les eaux des lacs devenues plus salines et menacent la survie des espèces acclimatées à des eaux plus douces.

Des écologistes de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, de l'Université d'Adélaïde et de l'Université Flinders ont publié un rapport qui rend compte de l'état de l'écosystème et examine les moyens d'arrêter sa détérioration. L'analyse indique qu'augmenter le débit du fleuve est le seul scénario qui permettra la survie à long terme de ces zones humides. Il faudrait une augmentation d'environ un tiers du débit naturel du fleuve Murray non loin de son embouchure par rapport au débit actuel, soit 3800 gigalitres supplémentaires par an.

Le rapport reconnait les aspects positifs de certaines mesures introduites par le gouvernement fédéral et par le gouvernement de l'Etat d'Australie Méridionale telles que le rachat d'allocations d'eau. Dans ce système, le gouvernement du Commonwealth rachète aux propriétaires leurs quotas d'eau et utilise cette eau pour améliorer le débit de certains cours d'eau. Par contre, le rapport recommande de ne pas poursuivre dans la voie des solutions "artificielles" - qui sont partiellement responsables du déclin écologique du Coorong - comme la construction de barrages et de canaux pour déconnecter ou connecter certaines composantes du système.

Selon les chercheurs, certaines mesures prises pour éviter la formation de sols acides sulfatés (comme la construction de barrages sur des cours d'eau douce) sans prendre en compte les autres problèmes écologiques auraient aggravé la situation.

Le rapport intitulé "Engineering a crisis in a Ramsar wetland: the Coorong, Lower Lakes and Murray Mouth Australia" peut être consulté en utilisant le lien internet suivant:

jeudi 28 janvier 2010

Le dessalement, nouvelle ressource pour les habitants de Melbourne

La capitale de l’état du Victoria (Australie) se prépare à réceptionner la plus grande usine de dessalement d’eau de mer d’Australie. Le dessalement constitue une partie de la réponse à la sècheresse que traverse le continent depuis maintenant une dizaine d’année et au besoin en eau croissant des habitants.
Située à 80 km de Melbourne sur le détroit de Bass, (au sud de l’Australie), le projet d’usine de dessalement d’eau de mer par osmose inverse, mené par l’Etat du Victoria, permettra de répondre à près d’un tiers des besoins en eau des 4 millions d’habitants de l’agglomération de Melbourne, dès la fin de l’année 2011. C’est l’entreprise française Degrémont qui a été chargée de la conception et de la construction. Cette usine de dessalement sera capable de produire jusqu’à 450 000 m3 d’eau potable /jour. Cette eau sera ensuite acheminée jjusqu’à Melbourne via un réseau de plus de 80 km. Un autre acteur français participera à ce projet puisque l’entreprise Carbone Lorraine, vient d’être sélectionnée pour fournir les filtres nécessaires à la future usine pour fonctionner. .

A terme, une ligne de traitement supplémentaire est envisagée pour assurer une augmentation de la capacité de production d’eau potable à 600 000 m3/jour. « L’usine sera totalement intégrée dans son environnement et préservera le milieu naturel par la création d’un espace écologique et la réduction de l’impact environnemental », d’après Suez Environnement. Parmi les aménagements prévus : « une toiture végétale et un important programme de végétalisation et de protection de la faune locale ». L’énergie nécessaire à la production et à la livraison de l’eau potable sera également renouvelable à 100% et proviendra notamment d’un nouveau parc éolien construit dans le Victoria.

jeudi 17 décembre 2009

La sécheresse en Australie rend fous les chameaux

Ca ressemble à une mauvaise plaisanterie, mais ce n'en n'est malheureusement pas une : le journal allemand Bild rapporte que 6000 chameaux sauvages vont être abattus en Australie pour protéger les routes et les villages du nord du pays. Poussés par la sécheresse, ces troupeaux de chameaux se rapprochent en effet dangereusement des zones d'habitations, causant des accidents et manifestant un comportement aggressif. Un village nommé Docker River, comptant 350 habitants, a ainsi été entièrement dévasté par les chameaux.
L'Australie, mieux connue pour ses kangourous, compte près d'un million de chameaux sauvages, dont les migrations sont un indicateur flagrant de l'évolution à la baisse des ressources en eau.

mercredi 21 octobre 2009

La sécheresse en Australie


Moulamein, à quatre heures de route au nord de Melbourne, est le centre administratif du comté de Wakool, en Nouvelle-Galles du Sud. Un département rural où la plupart des habitants vivent de l'agriculture. Car nous sommes au coeur du bassin de Murray-Darling, la principale région agricole d'Australie, s'étendant sur quatre Etats. Les deux plus grands fleuves du pays, la Murray et la Darling, s'écoulent là, et ont longtemps offert des conditions idéales aux agriculteurs. Depuis la seconde guerre mondiale, les fermiers se sont installés, faisant pousser à loisir coton, fruits ou blé. Aujourd'hui, 40 % des fermes australiennes se trouvent dans ce bassin d'un million de km2. La région représente presque la moitié de la valeur de la production nationale agricole.
Mais le temps des récoltes fertiles semble lointain. Car depuis une décennie, une sécheresse persistante, la plus grave jamais enregistrée, a asséché les réservoirs. Et la Murray ne coule plus guère que dans les rêves des fermiers. Au sortir de l'hiver austral, cette année encore, les réservoirs du bassin sont peu remplis, à un quart seulement de leur capacité. Si certaines zones ont bien vu leurs précipitations augmenter, ce ne fut pas assez pour restaurer l'équilibre de la région. Les riverains sont contraints de limiter leur consommation d'eau, des usines de dessalement se construisent. La crise est devenue politique : les gouvernements des Etats s'accusent mutuellement d'avoir trop exploité le système fluvial.
Les fermiers, premiers concernés, sont désormais désignés à la vindicte publique. "On dit qu'il y a eu trop d'irrigation. C'est vrai, avec le recul, on s'en rend compte. Mais on ne pouvait pas deviner qu'il y aurait une telle sécheresse", commente Lawrence, qui exploite sa ferme depuis vingt-cinq ans, et espérait pouvoir la laisser à ses enfants. En Australie, les agriculteurs doivent acheter des "water entitlements", des droits à l'irrigation. Des droits théoriques, car tout dépend de l'eau disponible.
Lorsque la sécheresse s'est accentuée, les irrigateurs ont vu leur allocation diminuer progressivement. Jusqu'à ne plus rien obtenir du tout. Depuis quatre ans, Lawrence est ainsi privé d'eau, totalement ou presque, pour ses champs. "On n'a jamais connu un tel phénomène. Même les plus âgés ne se souviennent de rien de tel. L'Australie connaît des sécheresses, mais il y a quelque chose d'anormal cette fois, remarque-t-il. On n'aime pas parler de changement climatique ici, mais je pense que si, c'est bien cela."
Depuis les éleveurs poussés à vendre leurs troupeaux jusqu'aux horticulteurs arrachant leurs arbres, les agriculteurs se retrouvent dans une situation extrêmement difficile. Rod Chalmers, le maire du comté de Wakool, habite lui aussi dans le bush, sur une propriété où il fait pousser riz et céréales. En dix ans, son chiffre d'affaires a été divisé par dix. "1996 fut la dernière année où les allocations en eau étaient normales", se rappelle-t-il. Pour compliquer les choses, même lorsqu'ils ne reçoivent plus d'eau, les fermiers irrigateurs doivent continuer de payer des charges fixes pour maintenir les infrastructures en état. Pour un gros exploitant comme Lawrence, cela représente 80 000 dollars par an.
Alors, dans ce pays de bush, la résilience légendaire des habitants s'est peu à peu émoussée. 2009 semble être l'année de trop. "Jusqu'à maintenant, les gens se sont dits : on reste et on essaie de survivre en attendant la fin de la sécheresse. Mais là, ils sont désespérés, on se rend compte d'un changement d'esprit. Depuis deux mois, les fermiers veulent partir", confie le maire de Wakool.
Certains adoptent des stratégies étonnantes. Lawrence, en charge de la question de l'eau pour la Fédération nationale des agriculteurs, a ainsi décidé de louer des terres en Australie-Occidentale, à 3 900 kilomètres de chez lui. Chaque semaine, il fait la route pour transporter ses machines jusqu'à son nouvel eldorado. "J'avais deux possibilités : être ruiné sans rien faire. Ou me ruiner en agissant", plaisante-t-il.
D'autres, lourdement endettés, n'ont d'autre choix que de vendre leur ferme pour partir travailler en ville. Pour Deborah Warne, qui fait pousser des avocats à Barham, pas loin de Moulamein, la décision est presque prise. "Si j'étais sûre d'arriver à vendre ma propriété, je la mettrais sur le marché dès demain", jure l'horticultrice, qui reproche au gouvernement un manque de soutien financier. "Qui va nourrir le pays si le bassin de Murray-Darling ne produit plus rien ?", s'irrite-t-elle. "Etant donné le climat de la région, il va falloir considérer l'arrêt des cultures très gourmandes en eau", estime Samuel Marx, chercheur en gestion de l'environnement à l'université du Queensland.
Progressivement, toute la communauté a été touchée par la crise. "Les commerces ferment peu à peu. Avant, les exploitations agricoles embauchaient des employés. Plus maintenant", déplore M. Chalmers. Il y a quelques mois, Lawrence Arthur a décidé d'investir dans un nouvel équipement sur sa propriété. Dans l'affluent de la Murray qui traverse ses terres, il a installé une nouvelle pompe, qu'il montre fièrement : "Et 2 kilomètres de tuyaux pour limiter l'évaporation". Si la sécheresse perdure, la pompe flambant neuve pourrait bien ne jamais avoir à fonctionner.

Source : Le Monde

vendredi 18 septembre 2009

L'Australie promeut un projet innovant pour économiser et recycler l'eau

Un projet qui démontre qu’il est possible de prendre des initiatives novatrices en matière d'économie d'énergie et d’eau recevra 1,29 million de dollars du gouvernement Australien.
Le ministre du Changement climatique et de l'eau, Penny Wong et le ministre de l'Environnement, Peter Garrett, ont annoncé que le « Wide Bay Water Corporation » recevra un financement de 1,29 million de dollars pour leur projet d'île. « Ce projet, basé sur l’île de Heron, met en avant que les infrastructures sur une île peuvent aussi émettre des gaz à effet de serre au même titre qu’un centre urbain », a déclaré la sénatrice Penny Wong.
« Ce projet mettra en évidence l'avantage qu’il y a à économiser l’énergie et l'eau sur ce site unique de la Grande Barrière de Corail qui est inscrite à la liste du patrimoine mondial. Des projets phare comme celui-ci devraient être de plus en plus fréquents pour nous aider dans notre lutte contre les effets du changement climatique. »
Le projet vise à réduire l'impact sur l’environnement des trois locataires actuels de l’île d’Heron, à savoir un village de vacances, l'Université de la station de recherche du Queensland et le poste de garde forestier du parc du Queensland.
Le ministre de l'Environnement, Peter Garrett, a déclaré que plusieurs technologies innovantes seraient utilisées pour chacun des sites, y compris la technologie de dessalement de l’eau de mer, ce qui permettra de réduire de 60% la puissance consommée sur l'île pour la production d'eau.
« Une modernisation des installations existantes pour l’eau permettra d'économiser jusqu'à 5.000 kilolitres d'eau par an », a ajouté le ministre de l'Environnement, Peter Garrett.
Ce projet qui concerne l’île de Heron est l'un des 13 projets soutenus par le gouvernement australien, une initiative destinée à préparer l'Australie à se tourner vers un avenir où l'eau sera de moins en moins présente et pour encourager les communautés locales à mieux gérer leur ressource en eau et en énergie.

Pour en savoir plus sur le recyclage des eaux

mardi 14 juillet 2009

L'eau en bouteille interdite dans une ville australienne

A l'heure où, en France, on nage en plein dans la polémique lancée par le docteur Servan-Schreiber, essayant de relancer les ventes d'eau en bouteille en perte de vitesse par une mise en cause aussi perverse que scientifiquement infondée de la qualité de l'eau du robinet, les minéraliers australiens ont du souci à se faire. Une petite ville australienne a en effet interdit purement et simplement l’utilisation et la vente de bouteilles d’eau, devenant ainsi la première ville du pays à revenir à l’eau du robinet pour le bien de l’environnement, et encourageant le plus grand gouvernement d’état du pays à arrêter d’acheter de l’eau en bouteille.
Les habitants de la ville de Bundanoon, un lieu touristique célèbre pour ses beaux paysages et se trouvant à 150 kilomètres au sud-ouest de Sydney, a voté avec une écrasante majorité mercredi l’interdiction des bouteilles en plastique dans la ville, pour réduire son empreinte carbone liée au transport et à la mise en bouteille de cette eau.
Les entreprises locales dans la ville de 2500 habitants ont accepté de remplacer toutes les bouteilles à usage unique par des bouteilles réutilisables qui peuvent être remplies d’eau aux fontaines pour compenser la perte de ventes.
« L’eau en bouteille a un rôle à jouer dans de nombreuses régions d’Australie et de nombreuses parties du monde mais nous n’en avons pas réellement besoin dans la mesure où nous avons une réserve d’eau municipale très importante » a déclaré le commerçant local Huw Kingston, qui a mené la campagne.
« Nous ne sommes pas une poignée d’écologistes enragés mais nous voulons juste montrer que nous pouvons travailler ensemble en tant que communauté pour le développement durable ».
Huw Kingston, qui dirige un café et un magasin de vélo, a déclaré que cette interdiction était volontaire, et qu’aucune « police de l’eau » ne serait mise en place à Bundanoon, c’est pourquoi ce sera aux 50 à 60 commerçants de la ville d’appliquer cette législation.
Les organisations telles que le groupe de défense de l’environnement WWF ont fait campagne contre les bouteilles d’eau, en disant que des ressources étaient gaspillées par la mise en bouteille et le transport de l’eau, qui pouvait être moins bonne pour la santé que l’eau du robinet, tout en étant vendue beaucoup plus cher.
Le chef du gouvernement de Nouvelle Galles du Sud, Nathan Rees, a annoncé cette semaine une interdiction immédiate d’acheter des bouteilles d’eau dans les agences et les départements d’Etat.
« L’eau du robinet n’est pas seulement meilleure pour l’environnement, c’est également mieux pour le porte-monnaie, vous pouvez boire 1350 fois pour le coût moyen d’une bouteille d’eau » a déclaré Nathan Rees.
Les australiens ont dépensé environ 500 millions de dollars de bouteille d’eau en 2008, soit une augmentation de 10% par rapport à 2007.
Le groupe de défense de l’environnement Do Something!, qui a participé à l’interdiction des sacs en plastique à Coles Bay dans l’état de Tasmanie, a bien accueilli les interdictions mises en place par le gouvernement de Nouvelle Galles du sud et par la ville de Bundanoon.
« Nous espérons que cette décision incitera les australiens à reconsidérer les 500 millions de dollars qu’ils dépensent chaque année dans les bouteilles d’eau » a déclaré le président du groupe Jon Dee.
Mais Geoff Parker, directeur de l’Institut Australasian Bottled Water, mis en place il y a dix ans pour représenter l’industrie des bouteilles d’eau, a déclaré que cette interdiction était décevante puisqu’elle limitait le choix du consommateur et car elle se faisait au détriment des distributeurs locaux.

vendredi 8 mai 2009

Gestion de l’eau : l’Australie se veut pionnière


Renverser le système de surallocation des ressources en eau, tout en s’attaquant aux effets néfastes du réchauffement climatique et de la sécheresse – tel est l’enjeu de la nouvelle Autorité de gestion du bassin du Murray-Darling, instaurée en Australie en 2008. En l’espace de sept ans le débit d’un des plus vastes bassins fluviaux d’Australie a baissé de près de 80%.


L'Autorité de gestion du bassin du Murray-Darling qui vient d'être créée en Australie se lance dans une entreprise sans précédent. Son directeur exécutif, Robert Freeman, doit en effet préparer le plan d'aménagement de ce bassin hydrographique grand comme la France. « C'est la première fois qu'un projet aussi vaste voit le jour, dit-il. La première fois qu'on va tenter de renverser un système de surallocation des ressources ». La surallocation est, note-t-il, « un héritage du passé, aggravé par les premiers assauts du changement climatique et par une des pires sécheresses que le pays ait jamais connues [survenue il y a sept ans] ». L'héritage en question, ce sont des droits d'accès à l'eau de plus de 5 000 GL (gigalitre) ou milliards de litres annuels, octroyés autrefois, quand le climat était plus humide et que le fleuve Murray jouissait d'un débit annuel de 8 900 GL. Or, depuis trois ans, il stagne autour de 1 783 GL. Le bassin du Murray-Darling est particulièrement dépendant des évolutions du climat. Il suffit que la température monte d'un degré – ce qui s'est produit avec le réchauffement – pour faire baisser de 15 % le volume d'eau recueilli par le fleuve. Avant la sécheresse, le bassin fournissait 40 % des produits agricoles du pays, dont la quasi totalité des cultures irriguées, pour un marché annuel de 15 milliards de dollars australiens. Plus de deux millions de personnes dépendent de ses eaux. Parmi elles, les habitants de la cinquième ville du pays, Adelaïde qui ont subi, ces trois dernières années, des restrictions draconiennes. Dans la grande cité méridionale, on n'a désormais droit qu'à trois heures d'arrosage manuel par semaine. Robyn McLeod, Commissaire à la sécurité de l'eau en Australie Méridionale, est inquiète : une catastrophe écologique menace les lacs situés près de l'embouchure, séparés de l'océan Indien par des barrages. Leur niveau baissant, les sols sulfatés acides exposés à l'air voient leur acidité croître dangereusement. Or, il n'y a plus assez d'eau douce dans le Murray-Darling pour les recouvrir. On pourrait combattre l'acidité en laissant entrer l'eau de mer, mais alors, prévient Robyn McLeod, « ils deviendraient rapidement hypersalins et se changeraient en mer morte ».


Lorsqu'en 1991, des efflorescences d'algues glauques et nauséabondes ont colonisé le Darling sur un millier de kilomètres, la gravité des pressions subies par le fleuve n'a plus fait aucun doute. En 1994, le Conseil des gouvernements australiens, qui réunit les ministres des États et du gouvernement fédéral, a convenu d'une nouvelle politique de l'eau. La santé du fleuve devait être prise en compte dans toutes les décisions relatives à l'eau, les subventions aux prélèvements supprimées, et les droits d'accès aux ressources hydriques dissociés des titres de propriété foncière, afin d'en faciliter le libre négoce au sein d'un nouveau marché de l'eau. La clé du nouveau système australien, c'est donc une répartition de l'accès à l'eau disponible en parts échangeables bien spécifiées. « Cela nous a conduits à voir la concurrence comme un moyen de résoudre nos problèmes et d'accélérer le changement », affirme Mike Young, directeur exécutif à l'Institut d'études environnementales de l'université d'Adelaïde. « Cela a surtout été un formidable moteur de réforme, comme il n'y en a eu dans aucune autre région du monde ». Adelaïde qui puise dans le Murray 90 % de son eau potable, développe aujourd’hui d'autres moyens d’approvisionnement. 30 % de l'eau est recyclée, avec un objectif de 45 % en 2010. Les nouveaux quartiers sont équipés de deux conduits d’eau destinés: l’un pour l’eau potable (purifiée), réservée à la boisson et à la cuisine; l’autre, de couleur violette, pour l’évacuation des toilettes, la lessive et l’arrosage des jardins. Adelaïde a également mis en chantier une usine de dessalement, qui fournira dès 2011 un quart de ses besoins. Le professeur Young estime que ces mesures ont fait de l'Australie un pionnier mondial : « Actuellement, je consacre une bonne partie de mon temps à voyager à travers le monde pour expliquer comment mettre en œuvre des politiques inspirées des meilleures pratiques australiennes ». Autre mesure, à la campagne : la valeur de l'eau ayant augmenté, les agriculteurs ont remplacé les canaux ouverts dispendieux et les rampes d'aspersion aérienne par un système d’irrigation au goutte-à-goutte gérée par ordinateur. L'eau autrefois juste bonne à inonder les enclos pour abreuver le bétail est désormais réservée à la culture des fruits, de la vigne et des légumes.


Mais en 2006, quand la sécheresse s'est accentuée, la nécessité d'aller encore plus loin s'est fait sentir. En 2007, Canberra a proposé un plan radical : les États devaient renoncer à la gestion du bassin au profit du gouvernement fédéral, qui, en contrepartie, allait investir 10 milliards de dollars australiens dans le rachat des droits de surallocation et la rénovation des infrastructures d'irrigation. Il a fallu quinze mois aux États pour accepter ce plan. En décembre 2008, une nouvelle page de la gestion de l'eau a été tournée en Australie avec la création de l'Autorité de gestion du bassin du Murray-Darling. Elle aura surtout le pouvoir de faire appliquer ses décisions. En effet, auparavant les États n’avaient aucun moyen de faire respecter les plafonds de prélèvement par leurs voisins. L’Australie Méridionale, située en aval du fleuve, subissait ainsi d’importantes variations du débit suite à la surexploitation des ressources par la Nouvelle-Galles-du-Sud, se trouvant en amont du bassin. L’Autorité aura un réel pouvoir contraignant lui permettant, notamment, d’émettre des injonctions interdisant des pratiques illégales. Elle en aura bien besoin, car les permis d'irriguer devront être encore revus à la baisse. Son directeur, Robert Freeman, estime que « les nouvelles limites de prélèvement s'appuieront sur la quantité d'eau qu'il faudra retenir pour préserver les principaux actifs environnementaux et les fonctions vitales de l'écosystème ». C'est une véritable révolution de la gestion de l'eau qui s'annonce. Nul doute que le monde entier suivra avec attention cette aventure australienne.


jeudi 6 novembre 2008

L'Australie, à la pointe de la gestion de l'eau

Dans notre article du 26 septembre , nous évoquions la démarche de « marchandisation raisonnée » de l'eau dans laquelle s'engageaient la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Ainsi, le site Aguanomics.com estime que les australiens ont pris « une avance considérable sur les Etats-Unis en matière de mise en place de politique essentielle de gestion de l’eau. » Il est fait notamment référence à une fixation du prix de l’eau sur la rareté de la ressource pour freiner la demande tout en intégrant une « allocation d’eau minimale » à faible coût pour les personnes à bas revenu.


mardi 28 octobre 2008

Le recyclage des eaux s’étend en Australie

Nouveau projet de recyclage des eaux à destination des industriels en Australie

Veolia Eau, aux côtés d’AquaNet Sydney Pty Ltd, société du groupe Jemena Ltd, vient de signer avec la Sydney Water Corporation un contrat portant sur le premier projet privé de recyclage des eaux usées d’Australie destiné à alimenter un réseau de clients industriels.

Ce projet, vise à réduire la demande qui pèse sur la capacité en eau potable de Rosehill et Camellia, à l’ouest de Sydney alors que l’Australie connait sa plus longue et sa plus intense sécheresse.

L’usine de recyclage de l’eau de Rosehill et Camellia, produira annuellement 4,3 milliards de litres d’eau recyclée de haute qualité pour les besoins de grands opérateurs industriels. Conçu pour permettre une extension ultérieure de capacité, elle pourrait produire à terme 3 milliards de litres d’eau recyclée supplémentaires par an, pour les usages d’autres industries.

Ce nouveau projet illustre la démarche de l’Australie en faveur de la combinaison des ressources alternatives (recyclage, dessalement, recharge de nappes phréatiques…) pour parvenir à une gestion durable de ces ressources en eau malgré les conditions extrêmes de sécheresse qui sévissent depuis plusieurs années.



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