dimanche 7 novembre 2010
L’Australie part en guerre contre les bouteilles d’eau
vendredi 6 août 2010
L'Australie, eldorado du dessalement d'eau de mer
En quelques années, la problématique de l'accès à l'eau s'est en effet imposée au sommet de l'agenda des responsables politiques australiens. Alarmé par plusieurs années de sécheresse consécutives, généralement attribuées au réchauffement climatique, devant composer avec une croissance rapide de sa population, le pays a engagé une série d'initiatives destinées à sécuriser l'accès de ses citoyens à la rare ressource.
L'Australie s'active sur différents fronts. Depuis plusieurs années, les gouvernements locaux encouragent, contraignent parfois, leurs administrés à une utilisation plus raisonnée de la ressource. Les Australiens utilisent en effet en moyenne 260 litres par jour et par personne, soit 100 litres de plus qu'un Français. Le pays s'est ainsi fixé un objectif de réduction de 15 % des volumes d'eau utilisés d'ici à 2030. A cet horizon, le pays compte également recycler 30 % de cette eau, essentiellement pour des usages industriels et agricoles. Mais l'évolution la plus spectaculaire concerne aujourd'hui le dessalement d'eau de mer. Hormis le Moyen-Orient, aucune région du monde n'a engagé de projets aussi importants en la matière.
Pionnière, Perth a été la première ville à se doter de capacités de dessalement à grande échelle, avec une production de 140 millions de litres par jour, soit un sixième des besoins de l'agglomération. Puisée à 150 mètres de l'usine, en proche banlieue de la ville, l'eau subit un premier filtrage ainsi qu'un pré-traitement chimique. Elle est ensuite envoyée à haute pression - 60 bars - à travers un ensemble de membranes où se produit une réaction d'osmose inverse. La moitié des volumes y est débarrassée de son sel - et de ses minéraux, qu'il faudra rajouter lors de la dernière étape du traitement. L'autre moitié, qui contient une concentration en sel deux fois plus élevée que l'eau de mer, est rejetée entre 300 et 500 mètres du bord.
À partir de 50 mètres des zones de rejets de ces saumures, le différentiel de salinité avec l'eau normale est de moins de 2 %, assure Keith Cadee, de Water Corporation, l'entreprise d'eau locale. Quelques dizaines de mètres plus loin, il devient inexistant, poursuit-il, rappelant la tutelle sourcilleuse de l'agence de protection de l'environnement australienne sur ce sujet. Perth a par ailleurs instauré une règle largement suivie par les autres villes. Les importants besoins en énergie des usines de dessalement sont compensés par la construction d'infrastructures d'énergies renouvelables produisant l'équivalent de leur consommation. Aujourd'hui, Perth a pris goût à l'eau dessalée. Une deuxième usine, confiée à des groupes espagnols, est déjà en cours de construction.
Mais la ville a depuis été imitée par toutes les autres métropoles australiennes. La production d'eau dessalée devrait plus que sextupler entre 2008 et 2017 pour atteindre 4,2 millions de mètres cube, selon le cabinet de conseil Global Water Intelligence. « On peut imaginer qu'à terme, un verre d'eau bu sur trois en Australie proviendra d'eau dessalée ou réutilisée », estime Rémi Lantier, le patron de Degrémont, la filiale d'ingénierie de Suez Environnement. Depuis le début de l'année, Veolia produit 250.000 mètres cubes par jour à Sydney, une capacité permettant de subvenir aux besoins de 15 % de la population de la ville. Brisbane devrait bientôt lancer un appel d'offres. A Adelaide, l'espagnol Acciona est en train de doubler la capacité de son usine, pour la faire passer à 300.000 mètres cubes quotidiens.
Melbourne, où le taux de remplissage des réservoirs de la ville a sa place réservée en première page des journaux, a vu plus grand encore que ses homologues. C'est une usine de 450.000 mètres cubes par jour qui se construit. Sur le site, à Wonthaggi, la future unité de dessalement n'est encore qu'un squelette métallique. Le tunnelier, qui repose au fond d'une profonde excavation, s'apprête à percer la cavité qui ira aspirer l'eau via un tuyau de 4 mètres de diamètre, à la vitesse de 0,54 mètres par seconde. Le long de la route, posés sur le sol, les tronçons du double pipeline de 84 km qui reliera l'usine à Melbourne n'attendent que d'être ensevelis. Si les délais sont tenus, l'usine pourra dès décembre 2011 couvrir un tiers des besoins de la ville, pour un investissement global de 3,5 milliards de dollars australiens (2,42 milliards d'euros). L'énergie consommée - 146 Megawatt par jour - sera elle aussi compensée avec la construction d'une ferme éolienne.
Source : La Tribune
jeudi 4 février 2010
Sauver le Coorong : plus d'eau douce, moins de barrages
jeudi 28 janvier 2010
Le dessalement, nouvelle ressource pour les habitants de Melbourne
jeudi 17 décembre 2009
La sécheresse en Australie rend fous les chameaux

mercredi 21 octobre 2009
La sécheresse en Australie

vendredi 18 septembre 2009
L'Australie promeut un projet innovant pour économiser et recycler l'eau
Le ministre du Changement climatique et de l'eau, Penny Wong et le ministre de l'Environnement, Peter Garrett, ont annoncé que le « Wide Bay Water Corporation » recevra un financement de 1,29 million de dollars pour leur projet d'île. « Ce projet, basé sur l’île de Heron, met en avant que les infrastructures sur une île peuvent aussi émettre des gaz à effet de serre au même titre qu’un centre urbain », a déclaré la sénatrice Penny Wong.
« Ce projet mettra en évidence l'avantage qu’il y a à économiser l’énergie et l'eau sur ce site unique de la Grande Barrière de Corail qui est inscrite à la liste du patrimoine mondial. Des projets phare comme celui-ci devraient être de plus en plus fréquents pour nous aider dans notre lutte contre les effets du changement climatique. »
Le projet vise à réduire l'impact sur l’environnement des trois locataires actuels de l’île d’Heron, à savoir un village de vacances, l'Université de la station de recherche du Queensland et le poste de garde forestier du parc du Queensland.
Le ministre de l'Environnement, Peter Garrett, a déclaré que plusieurs technologies innovantes seraient utilisées pour chacun des sites, y compris la technologie de dessalement de l’eau de mer, ce qui permettra de réduire de 60% la puissance consommée sur l'île pour la production d'eau.
« Une modernisation des installations existantes pour l’eau permettra d'économiser jusqu'à 5.000 kilolitres d'eau par an », a ajouté le ministre de l'Environnement, Peter Garrett.
Ce projet qui concerne l’île de Heron est l'un des 13 projets soutenus par le gouvernement australien, une initiative destinée à préparer l'Australie à se tourner vers un avenir où l'eau sera de moins en moins présente et pour encourager les communautés locales à mieux gérer leur ressource en eau et en énergie.
Pour en savoir plus sur le recyclage des eaux
mardi 14 juillet 2009
L'eau en bouteille interdite dans une ville australienne
vendredi 8 mai 2009
Gestion de l’eau : l’Australie se veut pionnière

Renverser le système de surallocation des ressources en eau, tout en s’attaquant aux effets néfastes du réchauffement climatique et de la sécheresse – tel est l’enjeu de la nouvelle Autorité de gestion du bassin du Murray-Darling, instaurée en Australie en 2008. En l’espace de sept ans le débit d’un des plus vastes bassins fluviaux d’Australie a baissé de près de 80%.
L'Autorité de gestion du bassin du Murray-Darling qui vient d'être créée en Australie se lance dans une entreprise sans précédent. Son directeur exécutif, Robert Freeman, doit en effet préparer le plan d'aménagement de ce bassin hydrographique grand comme la France. « C'est la première fois qu'un projet aussi vaste voit le jour, dit-il. La première fois qu'on va tenter de renverser un système de surallocation des ressources ». La surallocation est, note-t-il, « un héritage du passé, aggravé par les premiers assauts du changement climatique et par une des pires sécheresses que le pays ait jamais connues [survenue il y a sept ans] ». L'héritage en question, ce sont des droits d'accès à l'eau de plus de 5 000 GL (gigalitre) ou milliards de litres annuels, octroyés autrefois, quand le climat était plus humide et que le fleuve Murray jouissait d'un débit annuel de 8 900 GL. Or, depuis trois ans, il stagne autour de 1 783 GL. Le bassin du Murray-Darling est particulièrement dépendant des évolutions du climat. Il suffit que la température monte d'un degré – ce qui s'est produit avec le réchauffement – pour faire baisser de 15 % le volume d'eau recueilli par le fleuve. Avant la sécheresse, le bassin fournissait 40 % des produits agricoles du pays, dont la quasi totalité des cultures irriguées, pour un marché annuel de 15 milliards de dollars australiens. Plus de deux millions de personnes dépendent de ses eaux. Parmi elles, les habitants de la cinquième ville du pays, Adelaïde qui ont subi, ces trois dernières années, des restrictions draconiennes. Dans la grande cité méridionale, on n'a désormais droit qu'à trois heures d'arrosage manuel par semaine. Robyn McLeod, Commissaire à la sécurité de l'eau en Australie Méridionale, est inquiète : une catastrophe écologique menace les lacs situés près de l'embouchure, séparés de l'océan Indien par des barrages. Leur niveau baissant, les sols sulfatés acides exposés à l'air voient leur acidité croître dangereusement. Or, il n'y a plus assez d'eau douce dans le Murray-Darling pour les recouvrir. On pourrait combattre l'acidité en laissant entrer l'eau de mer, mais alors, prévient Robyn McLeod, « ils deviendraient rapidement hypersalins et se changeraient en mer morte ».
Lorsqu'en 1991, des efflorescences d'algues glauques et nauséabondes ont colonisé le Darling sur un millier de kilomètres, la gravité des pressions subies par le fleuve n'a plus fait aucun doute. En 1994, le Conseil des gouvernements australiens, qui réunit les ministres des États et du gouvernement fédéral, a convenu d'une nouvelle politique de l'eau. La santé du fleuve devait être prise en compte dans toutes les décisions relatives à l'eau, les subventions aux prélèvements supprimées, et les droits d'accès aux ressources hydriques dissociés des titres de propriété foncière, afin d'en faciliter le libre négoce au sein d'un nouveau marché de l'eau. La clé du nouveau système australien, c'est donc une répartition de l'accès à l'eau disponible en parts échangeables bien spécifiées. « Cela nous a conduits à voir la concurrence comme un moyen de résoudre nos problèmes et d'accélérer le changement », affirme Mike Young, directeur exécutif à l'Institut d'études environnementales de l'université d'Adelaïde. « Cela a surtout été un formidable moteur de réforme, comme il n'y en a eu dans aucune autre région du monde ». Adelaïde qui puise dans le Murray 90 % de son eau potable, développe aujourd’hui d'autres moyens d’approvisionnement. 30 % de l'eau est recyclée, avec un objectif de 45 % en 2010. Les nouveaux quartiers sont équipés de deux conduits d’eau destinés: l’un pour l’eau potable (purifiée), réservée à la boisson et à la cuisine; l’autre, de couleur violette, pour l’évacuation des toilettes, la lessive et l’arrosage des jardins. Adelaïde a également mis en chantier une usine de dessalement, qui fournira dès 2011 un quart de ses besoins. Le professeur Young estime que ces mesures ont fait de l'Australie un pionnier mondial : « Actuellement, je consacre une bonne partie de mon temps à voyager à travers le monde pour expliquer comment mettre en œuvre des politiques inspirées des meilleures pratiques australiennes ». Autre mesure, à la campagne : la valeur de l'eau ayant augmenté, les agriculteurs ont remplacé les canaux ouverts dispendieux et les rampes d'aspersion aérienne par un système d’irrigation au goutte-à-goutte gérée par ordinateur. L'eau autrefois juste bonne à inonder les enclos pour abreuver le bétail est désormais réservée à la culture des fruits, de la vigne et des légumes.
Mais en 2006, quand la sécheresse s'est accentuée, la nécessité d'aller encore plus loin s'est fait sentir. En 2007, Canberra a proposé un plan radical : les États devaient renoncer à la gestion du bassin au profit du gouvernement fédéral, qui, en contrepartie, allait investir 10 milliards de dollars australiens dans le rachat des droits de surallocation et la rénovation des infrastructures d'irrigation. Il a fallu quinze mois aux États pour accepter ce plan. En décembre 2008, une nouvelle page de la gestion de l'eau a été tournée en Australie avec la création de l'Autorité de gestion du bassin du Murray-Darling. Elle aura surtout le pouvoir de faire appliquer ses décisions. En effet, auparavant les États n’avaient aucun moyen de faire respecter les plafonds de prélèvement par leurs voisins. L’Australie Méridionale, située en aval du fleuve, subissait ainsi d’importantes variations du débit suite à la surexploitation des ressources par la Nouvelle-Galles-du-Sud, se trouvant en amont du bassin. L’Autorité aura un réel pouvoir contraignant lui permettant, notamment, d’émettre des injonctions interdisant des pratiques illégales. Elle en aura bien besoin, car les permis d'irriguer devront être encore revus à la baisse. Son directeur, Robert Freeman, estime que « les nouvelles limites de prélèvement s'appuieront sur la quantité d'eau qu'il faudra retenir pour préserver les principaux actifs environnementaux et les fonctions vitales de l'écosystème ». C'est une véritable révolution de la gestion de l'eau qui s'annonce. Nul doute que le monde entier suivra avec attention cette aventure australienne.
jeudi 6 novembre 2008
L'Australie, à la pointe de la gestion de l'eau
Dans notre article du 26 septembre , nous évoquions la démarche de « marchandisation raisonnée » de l'eau dans laquelle s'engageaient la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Ainsi, le site Aguanomics.com estime que les australiens ont pris « une avance considérable sur les Etats-Unis en matière de mise en place de politique essentielle de gestion de l’eau. » Il est fait notamment référence à une fixation du prix de l’eau sur la rareté de la ressource pour freiner la demande tout en intégrant une « allocation d’eau minimale » à faible coût pour les personnes à bas revenu.
mardi 28 octobre 2008
Le recyclage des eaux s’étend en Australie
Nouveau projet de recyclage des eaux à destination des industriels en Australie
Veolia Eau, aux côtés d’AquaNet Sydney Pty Ltd, société du groupe Jemena Ltd, vient de signer avec la Sydney Water Corporation un contrat portant sur le premier projet privé de recyclage des eaux usées d’Australie destiné à alimenter un réseau de clients industriels.
Ce projet, vise à réduire la demande qui pèse sur la capacité en eau potable de Rosehill et Camellia, à l’ouest de Sydney alors que l’Australie connait sa plus longue et sa plus intense sécheresse.
L’usine de recyclage de l’eau de Rosehill et Camellia, produira annuellement 4,3 milliards de litres d’eau recyclée de haute qualité pour les besoins de grands opérateurs industriels. Conçu pour permettre une extension ultérieure de capacité, elle pourrait produire à terme 3 milliards de litres d’eau recyclée supplémentaires par an, pour les usages d’autres industries.
Ce nouveau projet illustre la démarche de l’Australie en faveur de la combinaison des ressources alternatives (recyclage, dessalement, recharge de nappes phréatiques…) pour parvenir à une gestion durable de ces ressources en eau malgré les conditions extrêmes de sécheresse qui sévissent depuis plusieurs années.