Affichage des articles dont le libellé est ouganda. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ouganda. Afficher tous les articles

dimanche 11 avril 2010

Trois pays en danger à cause de la pollution des eaux du lac Victoria

Il y a quelques jours, Gerald Sula, le directeur général adjoint de l’ANME (autorité nationale de maintien de l’environnement), a tiré la sonnette d’alarme sur la dégradation de la qualité des eaux du lac Victoria.
Le lac Victoria, ou Nyanza, est le plus grand lac d'Afrique et (selon les sources) le quatrième ou le deuxième au monde en termes de superficie avec 68 100 km2. Il doit son nom à l'explorateur britannique Speke qui fut en 1858 le premier européen à l'atteindre, et qui le baptisa en l'honneur de la Reine Victoria. Il fait vivre plus de 30 millions de personnes qui vivent sur ses rivages et représente à ce titre un véritable poumon économique pour l'Afrique de l'Est.
Cet immense lac, à la frontière de trois Etat : l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, est crucial pour l’approvisionnement en eau de la population. Or, la pollution y serait telle que Kampala, la capitale ougandaise pourrait ne plus avoir d’eau potable d’ici peu.
Autrefois symbole d'une importante biodiversité, l'Homme y a introduit dans les années 50, la célèbre perche du Nil, un poisson apprécié notamment par les européens qui a offert des débouchés commerciaux pour les habitants au détriment d’autres activités de l'économie locale. Or, il s’est avéré que la perche du Nil est un féroce prédateur qui a pratiquement épuisé la faune aquatique locale (qui comptait plus de 200 espèces de poissons) tout en accroissant la dépendance des pêcheurs locaux.
Gerald Sula a déclaré : « C’est une vraie crise », toute une partie, au nord du lac est en train de devenir une « zone de mort ». « L'eau est devenue complètement verte avec des algues submergeant toute la zone », a-t-il ajouté.
De plus, tous les marécages, qui, auparavant pouvaient servir de filtre à la pollution, ont complètement disparu à cause du développement industriel et touristique sur les rives du lac. C’est donc une eau «épaisse» qui se déverse directement dans le lac, charriant avec elle son lot de pollution, dramatique pour la vie de la population et l’avenir de la région.

jeudi 11 mars 2010

L’Ouganda entre boue et pluies diluviennes

Des inondations ayant suivi les glissements de terrain dans l'est de l'Ouganda ont fait 2.000 nouveaux sans-abri, a annoncé vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Genève.
"Non seulement il y a eu des glissements de terrain, mais il y a aussi eu des inondations. Celles-ci ont fait 2.000 personnes sans abri dans le district de Butaleja", a déclaré la porte-parole de l'Ocha à Genève, Elisabeth Byrs.
Par ailleurs, alors que les glissements de terrain causés par des pluies torrentielles ont probablement fait 300 morts, selon la Croix-Rouge ougandaise, "plus de 10.000 personnes pourraient être évacuées" du district de Bududa, une région montagneuse à environ 275 kilomètres au nord-est de Kampala, a-t-elle précisé.
L'ONU, qui a dépêché du personnel pour assister le gouvernement ougandais dans son évaluation des besoins, a constaté que "les sauveteurs n'ont eu pour dégager les survivants que des pelles ou des bêches", a rapporté Mme Byrs.
"Ils ont dû aller à pied ou par secours aérien puisque les équipements lourds ne peuvent pas travailler pour dégager les survivants étant donné que le sol est trop instable", a-t-elle expliqué: "les machines et les bulldozers pourraient eux-mêmes entraîner des glissements de terrain".
L'une des priorités des services de secours est d'apporter de l'eau potable aux populations touchées, les eaux étant contaminées par les corps en décomposition, selon la porte-parole.
Une clinique mobile a été mise en service et la distribution d'eau potable et de nourriture a commencé, mais les fortes pluies les rendent difficiles, a-t-elle précisé.
Source : AFP

vendredi 11 septembre 2009

Israël et l'Egypte luttent pour le Nil


Le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman, sillonne notamment l'Éthiopie, le Kenya et l'Ouganda, trois pays du bassin du Nil. Pour l'Égypte, cette initiative - la première du genre depuis vingt-cinq ans - est une nouvelle escarmouche dans la guerre de l'eau qui couve au Proche-Orient, et dont l'une des batailles clés pourrait se jouer au cœur de l'Afrique.

Cette tournée intervient en effet alors que les pays riverains du Sud, Éthiopie et Kenya en tête, réclament un nouveau partage des eaux du Nil. Le traité actuel, élaboré en 1929 par la puissance coloniale britannique, puis amendé trente ans plus tard, attribue des quotas très favorables à l'Égypte (55 milliards de m3) et au Soudan (18 mds), soit près de 90 % du volume annuel du fleuve. Il octroie en outre au Caire un droit de veto sur tous les travaux susceptibles d'affecter le débit du fleuve. Entamées il y a dix ans, les négociations sont au point mort. Pour l'Égypte, c'est une question de survie : 95 % de ses ressources en eau proviennent du Nil. À l'inverse, fait-on valoir au Caire, les pays d'Afrique centrale bénéficient de pluies abondantes, dont une grande partie se perd dans les marécages inexploités. Avant de demander à l'Égypte de faire des efforts, ajoute-t-on, il faudrait commencer par rationaliser l'utilisation de l'eau. C'est donc l'impasse. Le mois dernier, les dix pays du bassin du Nil, réunis à Alexandrie, se sont encore donné six mois pour parvenir à un accord.

Côté égyptien, la paranoïa guette. «Israël n'hésitera pas à conseiller à l'Éthiopie de construire des barrages sur le Nil», vient de mettre en garde le ministre de l'Irrigation, Mohamed Nasr Allam, rappelant que 80 % de l'eau qui coule au Caire proviennent du Nil Bleu, dont la source est en Éthiopie. L'Égypte prend l'affaire très au sérieux : en 1978, le président El-Sadate avait même menacé de déclarer la guerre à Addis-Abeba s'il ne renonçait pas à un projet de barrage sur le lac Tana.

Le Caire s'inquiète aussi d'une possible sécession du Sud-Soudan, où un référendum d'autodétermination est prévu en 2011. «Nous ne voulons pas laisser le champ libre aux forces étrangères qui encouragent l'indépendance du Sud-Soudan, comme les États-Unis et Israël», confie un officiel égyptien. L'an dernier, Hosni Moubarak, qui effectuait à Juba la première visite d'un chef d'État égyptien depuis 1962, a promis d'y développer les investissements égyptiens.

Entre l'Égypte et Israël, la lutte d'influence bat son plein. Pendant que Le Caire finance le creusement de puits au Kenya ou le nettoyage des lacs ougandais envahis par les jacinthes d'eau, Tel-Aviv participe à la construction de barrages en Éthiopie et vient de s'engager à financer trois autres ouvrages en Ouganda. Cette entreprise de séduction des pays africains dépasse de loin une simple rivalité diplomatique. Pour Israël, c'est l'accès aux eaux du Nil qui est en jeu. Un trésor que le canal al-Salam («la paix»), creusé par l'Égypte pour irriguer le Nord-Sinaï, amène déjà à sa porte.

L'idée n'est pas nouvelle, puisqu'elle avait déjà été envisagée par le théoricien du sionisme Théodore Hertzel. En 1974, un projet envisageant la restitution de Jérusalem-Est aux Palestiniens en échange du transfert annuel de 840 millions de m³ - suffisants pour couvrir les besoins en eau d'Israël à l'époque - s'est encore heurté à l'hostilité de l'Éthiopie et du Soudan et au veto du premier ministre israélien Menahem Begin. Cinq ans plus tard, Israël a retenté sa chance après la signature du traité de paix de Camp David. Mais l'Égypte s'y est opposée, arguant qu'une telle décision requiert l'accord de tous les pays riverains. Israël a retenu la leçon. Et prépare peut-être la prochaine offensive.

Source : Le Figaro, 8 septembre
Annuaire RSS Fluxenet