lundi 14 juin 2010
Menace de coupure d’eau pour les palestiniens
vendredi 28 mai 2010
Disparition partielle du Jourdain redoutée pour 2011
En effet, bien loin des ‘eaux débordantes’ relatées dans la Bible ou du ‘bruit assourdissant de ses eaux tumultueuses’ décrit en 1847 par un officier de la marine américaine, le Jourdain n’est plus actuellement, à certains endroits qu’un petit filet d’eau que l’on peut aisément traverser à pied sans danger.
Gidon Bromberg, directeur du FoEME, déclare ainsi dans ce sens : "On peut presque franchir ce fleuve d'un bond. A certains endroits, on n'a même pas besoin de sauter, on peut le traverser à pied, l'eau arrivant à hauteur de la cheville".
Comment en est-on arrivé là ?
Tout d’abord, le détournement du fleuve par les différents pays qu’il traverse a commencé a appauvrir son débit. En effet, en 50 ans, c’est environ 98 % du fleuve qui a été détourné afin de pouvoir subvenir aux besoins d’eau potable et d’irrigation agricole.
De plus, les dernières mesures visant à protéger le Jourdain de la pollution sont en train, de fait, de le faire mourir à petit feu. En arrêtant de rejeter directement dans le fleuve les eaux usées en les dirigeant vers des stations d’épuration, le fleuve n’est plus approvisionné et s’assèche peu à peu. Après leur traitement, les eaux seront en effet directement redirigées pour un usage agricole.
Ce projet de protection du fleuve est salué et encouragé par les écologistes, mais ceux ci estiment urgent de trouver une solution pour réapprovisionner le Jourdain par le lac de Tibériade, des rivières environnantes ou le reversement d’une partie de l’eau traitée, sans cela, ils prévoient une disparition du fleuve, en divers endroits, d’ici 2011.
Le ministre israélien de la Protection de l’environnement, Alon Zask, déclarait à ce sujet : "Nous avons un plan pour le Jourdain (en évoquant le projet de pompage de l’eau dans le lac de Tibériade), mais il faut des décennies pour restaurer et réhabiliter un fleuve".
Le contexte politique complexe de la région ne devrait pas faciliter les initiatives et aura un impact direct sur la situation du fleuve.
Source : Nouvelobs
mercredi 5 mai 2010
Le partage de l'eau au Proche-Orient est plus que jamais un enjeu de pouvoir
L'échec de la conférence ministérielle, qui s'est tenue le 13 avril, à Barcelone, a porté un coup peut-être fatal à la stratégie sur l'eau, que devait adopter l'Union pour la Méditerranée (UPM). Le lendemain, à Charm el-Cheikh, les neuf pays de l'Initiative du bassin du Nil se sont séparés sur un constat de désaccord.
Dans le premier cas, avec une persistance qui date du lancement du "processus de Barcelone" en 1995, c'est le conflit israélo-palestinien qui a été le prétexte de cette occasion manquée. Le texte de la stratégie sur l'eau faisant référence à la loi internationale, il s'agissait d'une première étape vers la garantie d'un accès équitable à cette ressource dans une région où sa raréfaction est critique. L'adoption d'un tel document aurait donc davantage souligné la politique discriminatoire de l'eau imposée par Israël aux Palestiniens.
A Charm el-Cheikh, l'Egypte et le Soudan ont refusé de remettre en question leurs droits historiques sur les eaux du Nil, que leur contestent les sept autres pays riverains du bassin, en particulier l'Ethiopie, qui contrôle les sources du Nil bleu, c'est-à-dire l'alimentation de 85 % du débit du fleuve. L'Egypte, qui n'aura pas suffisamment d'eau pour les besoins de sa population en 2017, n'a pas l'intention de réduire son quota de 55 milliards de mètres cubes par an.
Le Caire fait donc alliance avec Khartoum pour s'opposer aux projets de barrages envisagés par Addis-Abeba. Au Proche-Orient, qui représente 6,2 % de la population mondiale mais seulement 1,5 % des ressources en eau de la planète, l'enjeu de l'eau occupe une place déterminante dans la géopolitique et les rapports de pouvoir. Ainsi les deux puissances militaires de la région, Israël et la Turquie, imposent-elles une suprématie hydrique à leurs voisins.
La Syrie et l'Irak sont de facto sous la coupe d'Ankara, puisque situés en aval du Tigre et de l'Euphrate, qui ont leur source en Turquie. Leur chance est que le gigantesque projet turc GAP (Projet d'Anatolie du Sud-Est), lancé en 1980 et qui vise à construire 22 barrages et 19 usines hydroélectriques sur l'Euphrate et le Tigre, a pris du retard. Il n'est achevé qu'à 44 %, mais, une fois terminé, il détournera 70 % du débit naturel du premier fleuve et 50 % de celui du second.
"EMBOÎTEMENT"
En 1987, la Turquie a accepté de garantir un débit minimal de 500 m3 par seconde de l'Euphrate. L'Irak et la Syrie ont eu modérément confiance et, en 1989, ils ont conclu un accord prévoyant que 58 % du volume des eaux traversant leurs frontières irait à l'Irak, et 42 % à la Syrie. Cette dernière est très vulnérable : 80 % de ses ressources en eau proviennent de l'extérieur, et elle vient de subir deux années d'une grave sécheresse.
Mais le pire n'est pas toujours sûr : Marwa Daoudy, expert des questions de l'eau au Proche-Orient auprès du Graduate Institute de Genève, explique que Damas a su se livrer à un jeu complexe d'"emboîtement entre les enjeux hydrauliques et stratégiques", dont le résultat a contribué à rebattre les cartes de la géopolitique régionale.
La nouvelle détente entre Ankara et Damas s'est nourrie d'une volonté conjointe : la Syrie a souhaité rompre son isolement diplomatique, et la Turquie, de plus en plus désillusionnée quant à ses chances d'intégrer l'Union européenne, entendait faire fructifier ses racines musulmanes et ottomanes, avec l'ambition de redevenir, outre le grenier à eau et à blé de la région, un médiateur des conflits régionaux.
Dans la phase actuelle, Damas et Ankara ont accepté de taire leur dispute sur l'eau pour privilégier leur relation stratégique. Dans ce "grand jeu" proche-oriental, la Turquie aspire à redevenir l'artisan d'un rapprochement syro-israélien. Mais Israël n'a plus confiance dans les bons offices d'une Turquie qui s'est rapprochée de l'Iran. La dégradation de la relation entre les deux pays pose un nouveau défi à Israël, qui comptait pallier sa pénurie d'eau en se fournissant auprès d'Ankara.
Si, en occupant 70 % des hauteurs du Golan, Israël peut positionner son artillerie à 35 km de Damas, ce n'est pas le plus important : l'Etat juif n'a a priori aucune envie d'abandonner le plateau où le Jourdain prend sa source, pas plus que de rendre à la Syrie l'accès à la rive nord du lac de Tibériade, et le contrôle de la partie aval du fleuve Yarmouk. Pour les mêmes raisons, Israël n'est pas pressé de réviser le partage des eaux, pourtant léonin, avec la Jordanie.
Quatrième pays le moins bien pourvu en eau de la planète, le royaume hachémite a signé un accord de paix avec Israël en 1994, ce qui ne l'empêche pas d'être pris entre deux contraintes : il ne contrôle pas le bassin du Yarmouk, qui lui assure pourtant 40 % de ses réserves, et Israël s'octroie 59 % des eaux du Jourdain, en laissant 23,5 % à la Jordanie.
De plus, ce traité de paix, comme le relève Julie Trottier, chercheuse à l'université de Newcastle et à Oxford, "ignore totalement l'existence d'un futur Etat palestinien". La question de l'eau est une des raisons qui ne laisse pas augurer un règlement prochain du conflit israélo-palestinien.
Source : Le Monde
vendredi 30 avril 2010
L’Union pour la Méditerranée prend l’eau
mercredi 31 mars 2010
Le Japon se positionne dans le conflit Israélo-palestinien en favorisant l’accès à l’eau
Cette aide permettra également la réhabilitation du gazoduc principal d’Al-Badhan ainsi que l'installation d'une pompe et l’agrandissement du réservoir, ce qui permettra d’assurer l'accès à l’eau du robinet à environ 3000 personnes vivant à Al-Badhan.
Les contrats ont été signés entre Naofumi Hashimoto, représentant du Japon auprès de l'Autorité palestinienne, les représentants du groupe palestinien d'hydrologie, et le conseil du village Al-Badhan.
Ces deux projets ont été approuvés dans le cadre de la Cool Earth Partnership lancé par le gouvernement du Japon, et contribueront à l'adaptation aux changements climatiques et à l'amélioration de la vie du peuple palestinien.
L’annonce de ces projets a été conclut par ces propos : "Ces projets indiquent clairement que le Japon est déterminé à apporter son soutien au gouvernement palestinien et aux efforts pour la création d’un Etat palestinien indépendant et viable aux côtés d’Israël dans la paix, la sécurité et la prospérité, en vertu de laquelle la sécurité humaine est assurée pour les Palestiniens".
Source : Axisoflogic
lundi 15 février 2010
L’eau, enjeu géopolitique
vendredi 11 septembre 2009
Israël et l'Egypte luttent pour le Nil

Le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman, sillonne notamment l'Éthiopie, le Kenya et l'Ouganda, trois pays du bassin du Nil. Pour l'Égypte, cette initiative - la première du genre depuis vingt-cinq ans - est une nouvelle escarmouche dans la guerre de l'eau qui couve au Proche-Orient, et dont l'une des batailles clés pourrait se jouer au cœur de l'Afrique.
Cette tournée intervient en effet alors que les pays riverains du Sud, Éthiopie et Kenya en tête, réclament un nouveau partage des eaux du Nil. Le traité actuel, élaboré en 1929 par la puissance coloniale britannique, puis amendé trente ans plus tard, attribue des quotas très favorables à l'Égypte (55 milliards de m3) et au Soudan (18 mds), soit près de 90 % du volume annuel du fleuve. Il octroie en outre au Caire un droit de veto sur tous les travaux susceptibles d'affecter le débit du fleuve. Entamées il y a dix ans, les négociations sont au point mort. Pour l'Égypte, c'est une question de survie : 95 % de ses ressources en eau proviennent du Nil. À l'inverse, fait-on valoir au Caire, les pays d'Afrique centrale bénéficient de pluies abondantes, dont une grande partie se perd dans les marécages inexploités. Avant de demander à l'Égypte de faire des efforts, ajoute-t-on, il faudrait commencer par rationaliser l'utilisation de l'eau. C'est donc l'impasse. Le mois dernier, les dix pays du bassin du Nil, réunis à Alexandrie, se sont encore donné six mois pour parvenir à un accord.
Côté égyptien, la paranoïa guette. «Israël n'hésitera pas à conseiller à l'Éthiopie de construire des barrages sur le Nil», vient de mettre en garde le ministre de l'Irrigation, Mohamed Nasr Allam, rappelant que 80 % de l'eau qui coule au Caire proviennent du Nil Bleu, dont la source est en Éthiopie. L'Égypte prend l'affaire très au sérieux : en 1978, le président El-Sadate avait même menacé de déclarer la guerre à Addis-Abeba s'il ne renonçait pas à un projet de barrage sur le lac Tana.
Le Caire s'inquiète aussi d'une possible sécession du Sud-Soudan, où un référendum d'autodétermination est prévu en 2011. «Nous ne voulons pas laisser le champ libre aux forces étrangères qui encouragent l'indépendance du Sud-Soudan, comme les États-Unis et Israël», confie un officiel égyptien. L'an dernier, Hosni Moubarak, qui effectuait à Juba la première visite d'un chef d'État égyptien depuis 1962, a promis d'y développer les investissements égyptiens.
Entre l'Égypte et Israël, la lutte d'influence bat son plein. Pendant que Le Caire finance le creusement de puits au Kenya ou le nettoyage des lacs ougandais envahis par les jacinthes d'eau, Tel-Aviv participe à la construction de barrages en Éthiopie et vient de s'engager à financer trois autres ouvrages en Ouganda. Cette entreprise de séduction des pays africains dépasse de loin une simple rivalité diplomatique. Pour Israël, c'est l'accès aux eaux du Nil qui est en jeu. Un trésor que le canal al-Salam («la paix»), creusé par l'Égypte pour irriguer le Nord-Sinaï, amène déjà à sa porte.
L'idée n'est pas nouvelle, puisqu'elle avait déjà été envisagée par le théoricien du sionisme Théodore Hertzel. En 1974, un projet envisageant la restitution de Jérusalem-Est aux Palestiniens en échange du transfert annuel de 840 millions de m³ - suffisants pour couvrir les besoins en eau d'Israël à l'époque - s'est encore heurté à l'hostilité de l'Éthiopie et du Soudan et au veto du premier ministre israélien Menahem Begin. Cinq ans plus tard, Israël a retenté sa chance après la signature du traité de paix de Camp David. Mais l'Égypte s'y est opposée, arguant qu'une telle décision requiert l'accord de tous les pays riverains. Israël a retenu la leçon. Et prépare peut-être la prochaine offensive.
Source : Le Figaro, 8 septembre
jeudi 11 juin 2009
De l’eau et de la Paix : Israël-Palestine

A lire pour tenter de comprendre un peu, au-delà des menées bellicistes d’ordre ethnique ou religieux, l'une des clés du problème : la nécessaire maîtrise des ressources en eau qui explique en partie le si complexe découpage des "territoires".
Cet ouvrage, publié dans le cadre du GIPRI (Geneva International Peace Research Institute, nommé Messager de la Paix par l’ONU en 1988 et doté du statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social des Nations Unies) est le fruit d’une session de recherches sur les racines du conflit au Proche-Orient, axées sur la problématique de l’eau. Il constitue une analyse précise des enjeux qui imposent aux deux peuples une coopération jamais interrompue, même au plus fort des actions armées.
Les baisses de précipitations, l’augmentation de la pollution et la surexploitation des ressources donnent toutefois au problème une acuité sans précédent.
Israël est tenu de fournir des quantités précises à ses voisins, dont la Jordanie, mais, sauf pendant la brève période Rabin, la gestion des ressources n’a jamais été vraiment orientée de manière conjointe. Les perspectives dessinées par cet ouvrage sont très sombres, sachant que l’existence même de l’Etat Hebreu dépend de cet apport vital et que même les "colombes" ne céderont rien à ce sujet en ce qui concerne l’approvisionnement. Pourtant, si la ressource peut faire l’objet de conflits d’appropriation, la gestion de sa qualité devra nécessairement être l’objet d’une coopération.
La seconde partie de l’ouvrage évalue les multiples projets de coopération en cours. Laurent Calligé constate : "L’accord dit de Genève de 2003 n’a pas réussi à aboutir sur le volet "eau". Il est symptomatique qu’il se soit trouvé des interlocuteurs des deux camps pour se mettre d’accord sur les frontières redessinées, mais pas sur le partage des ressources hydriques."
"De l’eau et de la paix
Conflit et coopération Israélo-palestiniens"
Sous la direction de Laurent Calligé
Edité par L’Harmattan, hors série du GIPRI
ISBN 978-2-296-06101-9
dimanche 1 mars 2009
Accord autour du “canal de la paix” au Moyen-Orient
jeudi 11 décembre 2008
Pourquoi le Liban a-t-il boycotté la conférence sur l’eau et la paix ?
Il accuse les organisateurs de ne pas avoir répondu aux sollicitations du Liban et de s’être plus souciés du conflit entre Israël et la Palestine que des problèmes touchant toute la région. Fadir Comair appelle à une « coopération à grande échelle en vue d'un partage équitable » du bassin du Jourdain impliquant le Liban, Israël, la Syrie, la Palestine et la Jordanie, afin que chacun ait « suffisamment d'eau pour assurer leur bien-être social et la prospérité économique des générations futures dans le cadre d'une gestion de l’eau qui prendrait en compte l'aspect conventionnel et non conventionnel des ressources. »