mardi 22 juin 2010
La gouvernance de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
mardi 8 juin 2010
La Tunisie appelle les pays de la région à une meilleure gouvernance de l’eau
dimanche 21 février 2010
Syrie : l’exode de la sécheresse
dimanche 11 octobre 2009
Réunion de crise au Moyen-Orient sur le partage des eaux de l’Euphrate
samedi 2 mai 2009
La crise de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
lundi 10 novembre 2008
Les eaux usées, un enjeu majeur en Palestine
Au moyen-orient, le traitement de l’eau se heurte notamment à la coopération insuffisante entre Israéliens et Palestiniens, sur fond de tensions géopolitiques et de répartition inégale de la ressource : selon des propos de partisans pro-palestiniens relayés par le site Cherada.com, Israël possède « 13 % de l’eau de la région mais en contrôle 60%. » Dans les territoires palestiniens, le rationnement est de rigueur, alors que la plus grande partie des eaux usées se déverse directement dans la nature. Seule une petite partie des villes et villages de Cisjordanie est connectée à un réseau d’évacuation.
De grandes agglomérations comme Naplouse ou Hébron, qui comptent plusieurs centaines de milliers d’habitants, ne disposent d’aucune station d’épuration. Dans un récent rapport, le ministère israélien de l’environnement note que 95 % des eaux usées en Cisjordanie ne sont pas traitées et menacent directement la nappe phréatique la plus profonde et la plus abondante.
« La situation dans les territoires palestiniens est la pire des pays de la région », regrette Omar Zimmo, ingénieur en génie civil à l’université de BirZeit, interrogé par La Croix (article du 28 octobre 2008). « Pendant longtemps, les gens ont pensé que la nature pouvait tout absorber, mais avec les grandes concentrations de population en zones urbaines, c’est devenu insoutenable. Les dégâts sur l’environnement sont très importants. »
Conséquence : les eaux usées finissent par s’infiltrer dans le sol et les points stagnants deviennent des réservoirs à moustiques et à maladies (en photo, le village bédouin d’Um-an-Nasser envahi par les eaux usées le 27 mars 2007). « La pollution abîme les sols et affecte les nappes phréatiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’eau potable ne doit pas excéder 50 mg de nitrates par litre. Dans la plupart des localités palestiniennes, on dépasse largement ce taux », poursuit Omar Zimmo.
Ce n’est pourtant pas l’argent qui manque. Pas moins de huit projets de station d’épuration ont été approuvés par les pays donateurs, pour certains depuis une dizaine d’années. Pour l’heure, une seule station, près de Ramallah, a effectivement été mise en fonction.
« Les Israéliens retiennent les autorisations, car ils veulent que les stations d’épuration palestiniennes traitent aussi les eaux usées des colonies israéliennes », explique Omar Zimmo. « Politiquement, c’est inacceptable. Cela revient à reconnaître l’existence de ces colonies. Les donateurs eux-mêmes ne peuvent souscrire à ces conditions. » Faute d’accord sur le statut des colonies juives de Cisjordanie, les projets sont bloqués. Dans la bande de Gaza, la situation est encore plus préoccupante.
Sur la plage de Gaza, quelques centaines de mètres après la sortie de la ville, les égouts se jettent directement dans la mer. Plus de la moitié des eaux usées de la bande de Gaza sont ainsi rejetées à la mer sans aucun traitement. Pour le reste, les eaux sont collectées dans des « lagons » à ciel ouvert et infiltrent les sources d’eau potable.
Au-delà des questions de santé publique, le recyclage des eaux usées est une nécessité dans une région où le manque d’eau s’aggrave chaque année. « Nous avons besoin de cette eau », lance Omar Zimmo en faisant jaillir un jet d’eau claire traitée par la station expérimentale qu’il a construite grace à des fonds européens à Ein-Sinya. « Elle n’est pas potable, mais on peut s’en servir pour irriguer les cultures. C’est un progrès énorme. »
mercredi 20 août 2008
Pénurie inquiétante au Moyen-Orient
Pour le blog, « la Syrie, Israël et la Jordanie sont les pays les plus sérieusement et durablement touchés » alors que l’Iraq et Chypre viennent de se déclarer « en état de sécheresse. »
La situation est particulièrement préoccupante en Israël, où le lac de Tibériade, qui fournit un tiers de la consommation nationale, a atteint sa ligne rouge (213 mètres au-dessous du niveau de la mer). A l'automne, il pourrait atteindre la ligne noire au-dessous de laquelle ce grand réservoir serait en péril en raison des risques de salinisation et d'apparition d'algues toxiques. Le niveau de l'ensemble des bassins aquifères n'a jamais été aussi bas. Le bassin de la côte a déjà atteint la ligne noire, ce qui signifie qu'il y a déjà eu des infiltrations d'eau de mer et que "des dégâts peut-être irréversibles ont été causés", a souligné pour Le Monde Uri Shani, qui dirige la Water Authority à Mekorot.
Les prochaines années risquent d'être pires. Une série de mesures ont été et vont être prises. L'arrosage public pourrait être interdit dès l'an prochain. "Israël deviendra jaune et il faudra apprendre à nager dans des piscines vides", a prévenu Uri Shani. Les quantités d'eau utilisées par l'agriculture seront réduites d'un tiers. Une campagne nationale a été lancée pour inciter la population à économiser l'eau. Son prix va augmenter. Depuis quatre ans, il pleut de moins en moins. Pour l'année 2008, le déficit prévu sera de 350 millions de mètres cubes. Et la consommation domestique augmente de 4 % par an.
Le manque de pluie frappe aussi durement la Cisjordanie. Un tiers en moins au cours du dernier hiver. "2008 a été déclarée année de sécheresse. La situation au sud et à l'est d'Hébron, à Bethléem, à Jénine est préoccupante", dit Ayman Rabie, responsable de l'organisation non gouvernementale (ONG) Palestinian Hydrology Group. L'approvisionnement venant d'Israël a été réduit de 20 à 30 %, affirme l'Office de coordination pour les affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Il y a désormais des coupures d'eau. Des camions-citernes pallient les manques, mais l'eau est quatre fois plus chère.
A Gaza, "c'est catastrophique", raconte M. Al-Attili, qui explique que la nappe phréatique est à un niveau critique, qu'elle est totalement polluée par l'eau de la mer et par les rejets des eaux usées qui ne sont pas traitées. "Seuls ceux qui ont les moyens peuvent s'acheter un appareil pour purifier l'eau. On va au-devant d'une catastrophe sanitaire", s'alarme Ayman Rabie.
L'eau est un enjeu majeur des négociations entre Palestiniens et Israéliens pour la création d'un Etat palestinien. Le processus d'Oslo avait laissé cette question capitale de côté. Les Israéliens consomment 3,5 fois plus d'eau que les Palestiniens et contrôlent complètement les ressources en eau de la Cisjordanie.