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mardi 22 juin 2010

La gouvernance de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Le 5e Forum des partenaires internationaux a eu lieu, au début du mois de juin, à Gammarth, ville au nord de Tunis, sur le thème "Gouvernance de l'eau au Moyen-Orient et Afrique du Nord: le partage des avantages, coûts et des responsabilités".
Ce forum de cinq jours est organisé par le ministère de l'Agriculture, des ressources en eau et de la Pêche, en liaison avec l’Agence allemande de coopération technique "GTZ", et le Conseil arabe de l'eau.
Lancé en 2005, le projet de gouvernance de l'eau dans ces régions du Moyen Orient et d’Afrique du Nord (MENA) vise à renforcer la coopération régionale en termes de ressources en eau et à jeter les bases d'une stratégie participative pour permettre la sécurité alimentaire et hydrique.
Il cherche également à mettre en place un réseau de partenaires pour sensibiliser toutes les couches sociales sur les problèmes liés à la question de l'eau.
Le forum offre ainsi l’occasion pour tous les partenaires des différents pays : Égypte, Maroc, Tunisie, Jordanie, Palestine, Syrie et Yémen, d'échanger leurs expertises et de renforcer leur coopération en matière de gouvernance de l'eau.
Inaugurant la rencontre, M. Abdessalem Mansour ministre tunisien de l'Agriculture, des Ressources en Eau et de la Pêche a appelé les pays de la région à établir un guide sur la gouvernance de l'eau et de mettre en place une stratégie visant à garantir l'autosuffisance de l'eau. Il a fait remarquer que, malgré le déficit hydrique qui caractérisent la région, la quantité d'eau consommée en Tunisie est estimée à 480 mètres cubes annuels par habitant, comparativement à une moyenne internationale de 500 mètres cubes.
Les ressources en eau en Tunisie dépend des aléas climatiques, y compris la succession des périodes de sécheresse, des bassins de collecte d'eau, des barrages et de l'exploitation des réserves d'eau souterraines.
Lors de son allocution, Abdessalem Mansour a rappelé les objectifs fixés par le programme présidentiel portant principalement sur l'élaboration d'études prospectives d’ici 2050 et la mobilisation de 95% des ressources en eau d'ici 2016.
Source : Zawya

mardi 8 juin 2010

La Tunisie appelle les pays de la région à une meilleure gouvernance de l’eau

Cette semaine, à l’occasion de la 5ème édition du Forum international des partenaires sur la gouvernance de l’eau, organisée à Gammarth (banlieue nord de Tunis), Andessalem Mansour, ministre tunisien de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a appelé à mettre en place une stratégie propre à garantir l'autosuffisance en eau pour la région du Moyen-Orient et du Nord de l'Afrique (MENA). Il a aussi appelé les pays de la région à élaborer un guide sur la gouvernance de l'eau.
Le ministre tunisien a fait savoir que l'objectif principal consiste à faire face au déficit hydrique dans la région, à gérer de manière durable les ressources disponibles, et à réaliser les objectifs de développement durable dans la région MENA.
Dans cette perspective, il y a lieu de mettre en œuvre un système d'information cohérent devant regrouper l'ensemble des données relatives au secteur de l'eau dans la région, de développer la recherche scientifique dans ce domaine, de favoriser le transfert des TIC, de lutter contre les changements climatiques et d'améliorer la compétitivité de tous les secteurs liés à l'eau.
Les travaux de la 5e édition du forum international des partenaires ont démarré sur le thème "la gouvernance de l'eau dans la région du Moyen-Orient et du Nord de l'Afrique (MENA): partage des bénéfices, des coûts et des responsabilités".
Lancé en 2005, ce projet de gouvernance de l'eau dans la région MENA a pour objectif de renforcer la coopération régionale en matière de gestion des ressources en eau et de jeter les bases d'une stratégie participative devant aider à la réalisation de la sécurité alimentaire et hydrique.
Le forum constitue une occasion pour l'ensemble des partenaires de ce projet (Egypte, Maroc, Tunisie, Jordanie, Palestine, Syrie et Yémen) d'échanger les expertises et de renforcer la coopération en matière de gouvernance de l'eau dans la région.

dimanche 21 février 2010

Syrie : l’exode de la sécheresse

La sécheresse dans l’est et le nord-est de la Syrie ont poussé quelque 300 000 familles à s’installer dans des agglomérations telles qu'Alep, Damas et Deir ez Zor pour chercher du travail. Il s’agit de l'un des plus importants déplacements internes des dernières années au Moyen-Orient.
Le secteur agricole du pays, qui, jusqu'à une période récente, employait 40 pour cent de la main-d'oeuvre syrienne et représentait 25 pour cent du produit intérieur brut, a été durement touché, mais les fermiers eux-mêmes sont les plus éprouvés, selon de hauts responsables humanitaires.
Dans certains villages, jusqu'à 50 pour cent de la population a migré vers les villes des alentours.

« Les agriculteurs qui dépendent d'une seule culture sont en difficulté. Ils n'ont rien d'autre pour les aider et ils doivent partir », a dit Abdulla Bin Yehia, représentant de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) à Damas.

Ceux qui possèdent du bétail ont vu le prix du fourrage augmenter de 75 pour cent, selon la FAO, ce qui a conduit à la mort de jusqu'à 80 pour cent du cheptel des petites et moyennes exploitations agricoles.

Plus d'un million de personnes, qui se trouvaient déjà près du seuil de pauvreté à cause de leurs faibles revenus, ont été touchées par la sécheresse. Selon des experts, les méthodes d'irrigation archaïques et peu économiques des agriculteurs contribuent également au problème.

Aggravation de la situation
En Syrie, les pénuries d'eau se sont aggravées année après année. En 2006, les régions du nord-est comme Hasakeh et Qamishli ont été les premières à ressentir les effets du manque de précipitations. Depuis lors, les agriculteurs et les cultivateurs du sud et du sud-est – à l'est et à l'ouest de Deir ez Zor et au sud de Damas, dans la région de Sweida – souffrent d'une diminution importante des précipitations.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et le gouvernement syrien ont abordé la question le 15 février lors d’une séance de formation dans la ville de Deir ez Zor, dans l'est de la Syrie, pour faciliter la distribution de nourriture d'urgence.

Lors d'une des réunions de la Société économique syrienne à Damas, en janvier, de hauts fonctionnaires ont révélé pour la première fois l'étendue de la sécheresse dans l'est de la Syrie. Selon Khader al-Muhaisen, qui s'est exprimé au nom de l'Union des paysans syriens, près de 60 000 familles possédant un cheptel de 100 têtes ou moins ont perdu la moitié de leur bétail et le niveau de pauvreté atteint 80 pour cent.

Lutter contre la sécheresse
Un certain nombre d'initiatives ont été présentées pour réduire les conséquences de la sécheresse dans les communautés rurales syriennes. Entre autres, un programme fait appel à l'Organisme général syrien de l'eau potable et du drainage des eaux usées, à la FAO et à la Direction suisse du développement et de la coopération (DDC) et espère mener à terme un projet de 40 millions de dollars pour fournir de l'eau potable à 130 000 personnes dans la région d'Hasakeh d'ici à la fin 2010.
En outre, le ministère de l'Agriculture et de la Réforme agraire et la FAO ont signé en janvier un document visant à renforcer la capacité des systèmes d'alerte précoce en collaboration avec la DDC, qui apportera un financement de 476 000 dollars et une assistance technique.
Des centaines de milliers de personnes ont quitté leurs fermes et leurs communautés. Les précipitations de cette année pourraient donc tomber en pure perte, car personne n'est présent pour travailler la terre ni pour faire pousser et cultiver les plantes.
M. Bin Yehia, de la FAO, a dit que son organisation encourageait les habitants à retourner dans leurs villages en offrant gratuitement du blé et d'autres semences aux agriculteurs. Mais il a dit à IRIN : « leur retour dans leurs communautés est entièrement volontaire, mais ces incitations sont importantes pour leur donner espoir et foi en leur terre et leur avenir ».

Obstacle financier
Cependant, le principal obstacle à l'aide aux communautés de l'est et du nord-est de la Syrie reste le financement. En août dernier, 48 millions de dollars d'aide internationale ont été promis pour mettre en œuvre le plan de réponse à la sécheresse en Syrie. Fin janvier, seule une petite partie de cet argent avait été reçue, selon les informations parues dans les médias locaux.

« Nous sommes actuellement dans une période de l'année cruciale pour les agriculteurs. Nous avons eu assez de pluie pour que les graines germent, mais deux situations peuvent encore survenir. S'il n'y a pas davantage de précipitations dans les régions touchées par la sécheresse au cours des six ou sept prochaines semaines, nous pourrions ne pas avoir de récoltes du tout. Et si ces régions connaissent une période de gel, les cultures seront détruites et les agriculteurs n’auront plus rien pendant encore un an », a dit M. Bin Yehia, de la FAO.

Jusqu'à présent, les précipitations enregistrées dans l'ensemble du pays pour cet hiver ont été plus importantes que les années précédentes et beaucoup espèrent que cela continue en mars, lorsque les cultures ont le plus besoin d'eau.

Mais les responsables font preuve de prudence : « Ce n'est qu'à la fin mars ou au début du mois d’avril que nous pourrons dire si les récoltes de cette année seront bonnes ou non. Pour l'instant, nous pouvons seulement dire “jusqu'ici tout va bien” », a dit M. Bin Yehia.

Source : IRIN News

dimanche 11 octobre 2009

Réunion de crise au Moyen-Orient sur le partage des eaux de l’Euphrate

Nous vous en parlions ici, en juillet, l'Irak, qui fait face à une importante sécheresse, avait réclamé une réunion urgente avec la Syrie et la Turquie après la chute de moitié du débit de l'Euphrate. Chose faite : les ministres turc, syrien et irakien chargés du dossier de l'eau se sont retrouvés à Ankara pour discuter notamment du partage des ressources hydrauliques de l'Euphrate et du Tigre. Ankara a d'ores et déjà indiqué qu'elle ne pouvait en principe fournir plus d'eau à ses voisins en raison de ses besoins hydrauliques.
Long de 2.800 km, l'Euphrate prend sa source en Turquie et traverse la Syrie et l'Irak. Depuis des années, Bagdad et surtout Damas demandent un partage plus équitable, accusant Ankara de lui rationner l'eau, surtout pendant l'été, en raison du gigantesque projet GAP d'irrigation et de construction de barrages sur l'Euphrate et le Tigre pour développer le sud-est anatolien.
Aux termes d'un accord, la Turquie accepte de laisser s'écouler une moyenne annuelle de 500 m3 par seconde des eaux de l'Euphrate vers la Syrie. "La Turquie laisse couler actuellement en moyenne un peu plus que ce débit. Nous reconnaissons que l'Irak et la Syrie ont besoin d'eau (...) mais nous ne sommes pas non plus riches en eau. De ce fait, nous ne pouvons dépasser d'une façon considérable ce débit qui est très convenable", a indiqué aux journalistes le ministre turc de l'Energie et des ressources naturelles, Taner Yildiz, avant le début de la réunion.
Le ministre turc de l'Environnement, Veysel Eroglu, le ministre syrien de l'Irrigation, Nader Bounni, et le ministre irakien des Ressources hydrauliques, Latif Rachid, doivent se pencher sur la "supervision saisonnière de l'eau laissée (à la Syrie et l'Irak) depuis l'Euphrate et la sécheresse", selon un communiqué des services de M. Eroglu. Les parties doivent aussi discuter en présence d'experts des trois pays de l'installation sur certains points de ces deux fleuves de stations communes de relevage hydrauliques.

Source : AFP

samedi 2 mai 2009

La crise de l’eau au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) sont universellement reconnus comme la région la plus sèche et la plus pauvre en eau dans le monde, et cette situation affecte de plus en plus le développement économique et social de la plupart des pays de la région. Avec 5 % de la population mondiale, MENA dispose de moins de 1 % des ressources d’eau douce du monde. Malgré ces caractéristiques, de nombreux pays continuent à utiliser des quantités considérables de ces rares ressources en soutenant des institutions publiques d'irrigation et d’adduction d’eau inefficaces.
Au niveau mondial, la quantité moyenne d’eau disponible est proche de 7 000 m3/personne/an, contre 1 200 m3 environ/personne/an pour la région. La région a la plus grande variabilité de précipitations au monde. En outre, alors que la population devrait passer de quelque 300 millions d’habitants aujourd’hui à 500 millions environ en 2025, les quantités disponibles par habitant devraient diminuer de moitié à l’horizon 2050. 
La provenance de l’eau varie d’un pays à l’autre. Certains pays, tels que l’Égypte et l’Irak comptent pour l’essentiel sur les eaux de surface issues des grands fleuves internationaux qui les traversent. D’autres, comme le Yémen, Djibouti et les États arabes du Conseil de coopération du Golf dépendent presque exclusivement des nappes souterraines et de la dessalinisation, tandis que d’autres encore utilisent à la fois l’eau de surface et l’eau souterraine. La plupart des pays mobilisent presque toutes les eaux de surface disponibles et une grande partie des principaux cours d’eau n’atteignent pas l’océan.
La région MENA est aussi particulièrement exposée aux effets du changement climatique du fait de ses disponibilités très faibles en eau et de ses niveaux de précipitations extrêmement variables, de sa forte dépendance à l’égard de l’agriculture, secteur sensible aux évolutions du climat, ainsi qu’à cause des fortes concentrations de population et d’activité économique dans des zones urbaines côtières soumises aux inondations. Les simulations du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prédisent un accroissement de la variabilité des températures et des ressources en eau dans plusieurs pays de la région. Les eaux de précipitation enregistreront des diminutions allant jusqu’à 30 % d’ici à 2050. Ceci aura une incidence sur la production agricole et augmentera la forte dépendance de la région vis-à-vis des importations de produits alimentaires. Les modèles climatiques prévoient également une augmentation du niveau de la mer de plus de 0,5 mètre d’ici à la fin du siècle, exposant ainsi les zones côtières de basse altitude en Tunisie, aux Émirats Arabes Unis (EAU) et en Égypte à des risques particuliers.
Au cours des dernières décennies, les pays de la région ont réagi à la pénurie d’eau principalement en investissant considérablement dans les infrastructures. La couverture des réseaux d’alimentation en eau a augmenté de façon remarquable. Plus des trois quarts de la population des pays emprunteurs de la région MENA ont maintenant accès à de l’eau salubre et à des systèmes d’assainissement améliorés, bien que ces services soient souvent intermittents. De nombreux pays ont effectué des investissements majeurs dans les infrastructures de stockage de l’eau et ont beaucoup investi pour étendre leurs réseaux d’irrigation. En outre, la région occupe un poste avancé dans le monde pour l’application de technologies non traditionnelles telles que la dessalinisation et la réutilisation des eaux usées. Toutefois, ces investissements n’ont pas toujours été accompagnés par les réformes nécessaires sur les plans institutionnel et de l’action gouvernementale et ne génèrent pas souvent de rendements économiques optimums. Les politiques autres que celles relatives à l’eau créent des incitations pour une utilisation non efficiente de l’eau pour la production agricole, secteur qui utilise 85 % de l’eau de la région.
De nombreux problèmes structurels pénalisent la gestion des resources de la region. En premier lieu, l’utilisation excessive et inefficiente de l’eau : sept pays de la région utilisent plus d’eau que ne permettent leurs réserves renouvelables, et nombre d’entre eux gaspillent l’eau dont ils disposent. Les pays du Golf, par exemple, ont la consommation d’eau domestique par habitant la plus élevée au monde – atteignant plus de 600 litres par personne par jour, soit plus de deux fois la consommation moyenne aux Etats-Unis. Les fuites dans les réseaux urbains représentent souvent une perte de ressources de 40 à 50 %, et plus de la moitié des quantités d’eau prélevées pour l’agriculture n’atteignent pas les cultures qu’elles devraient irriguer.
Par ailleurs, les politiques mises en oeuvre jusqu’à present se sont révélées inefficaces : les politiques axées sur la sécurité alimentaire et le maintien de l’emploi dans les régions rurales ont conduit à la mise en place de mécanismes tarifaires et non tarifaires pour protéger l’agriculture. De ce fait, l’agriculture absorbe quelque 85 % de l’eau pour cultiver des produits agricoles que les pays auraient intérêt à importer parfois. L’eau détournée pour les besoins agricoles nécessite souvent des investissements coûteux pour pourvoir aux besoins de la consommation domestique et commerciale. Les politiques à caractère social sur le prix de l’eau compromettent le recouvrement des coûts, réduisent l’entretien, aggravent la qualité des services et constituent une menace pour la viabilité financière des services d’utilité publique dans de nombreux pays de la région.
Dans ce contexte, le recours excessif aux financements publics a sa part de responsabilité : les dépenses publiques consacrées à l’eau comptent pour 1 à 5 % du PIB dans la région et un quart des dépenses publiques d’investissement. Cependant, une grande partie des dépenses publiques ne génèrent pas toujours les bénéfices attendus. Les investissements sont parfois mal programmés (par exemple, des barrages peuvent se retrouver sans infrastructures d’irrigation pour exploiter l’eau emmagasinée) et le recouvrement insuffisant des coûts diffère les travaux d’entretien et de réhabilitation des installations. Seuls deux pays de la région disposent de services d’utilité publique qui couvrent leurs coûts opérationnels et de gestion (O&G) et la participation du secteur privé aux services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’irrigation reste encore modeste, sauf dans un nombre limité de cas, comme au Maroc, en Iran et aux EAU.

On observe parallèlement avec inquiétude la dégradation de la qualité de l’eau : l’insuffisance des équipements d’assainissement a contaminé les eaux de surface et les eaux souterraines, entraînant des conséquences préjudiciables sur l’environnement et la santé publique. En Iran, par exemple, les maladies et les décès imputables aux déficiences de la collecte et du traitement des eaux usées ont coûté à peu près 2,2 % du produit intérieur brut (PIB) en 2002 !


Il semble donc indispensable d’élaborer des plans pour la transformation des modes d’utilisation de l’eau pour l’agriculture. La population croissante et les changements climatiques réduiront inévitablement le volume d’eau douce disponible pour l’agriculture. Les paysans devront ainsi s’adapter lorsque les aquifères seront épuisées et que les eaux de surface deviendront trop aléatoires et/ou seront polluées, ou la transition pourra être atténuée et mise à profit dans une certaine mesure en mettant en œuvre des réformes des dispositifs juridique, financier et institutionnel propres à accroître la productivité de l’eau. Les pays auront peut-être besoin d’envisager des mécanismes de protection sociale notamment pour les ménages pauvres des zones rurales.
Par ailleurs, il est urgent d’améliorer les services de distribution d’eau et d’assainissement en milieu urbain. Les populations urbaines plus importantes exerceront une pression croissante sur les opérateurs pour qu’ils développent les services de distribution d’eau potable et d’assainissement domestique. L’amélioration des résultats dans le secteur de l’eau et l’assainissement est essentiellement un problème institutionnel. Les pays devront ainsi revoir les politiques tarifaires en vigueur, les réglementations, la coordination inter-sectorielle, ainsi que la gouvernance en ouvrant le secteur à la société civile.

lundi 10 novembre 2008

Les eaux usées, un enjeu majeur en Palestine


Le 28 octobre s’est ouverte en Jordanie la conférence EuroMed, consacrée au problème de la gestion de la ressource en eau et de la dépollution de la Méditerranée, un des thèmes prioritaires d’action de l’Union pour la Méditerranée.

Au moyen-orient, le traitement de l’eau se heurte notamment à la coopération insuffisante entre Israéliens et Palestiniens, sur fond de tensions géopolitiques et de répartition inégale de la ressource : selon des propos de partisans pro-palestiniens relayés par le site Cherada.com, Israël possède « 13 % de l’eau de la région mais en contrôle 60%. » Dans les territoires palestiniens, le rationnement est de rigueur, alors que la plus grande partie des eaux usées se déverse directement dans la nature. Seule une petite partie des villes et villages de Cisjordanie est connectée à un réseau d’évacuation.

De grandes agglomérations comme Naplouse ou Hébron, qui comptent plusieurs centaines de milliers d’habitants, ne disposent d’aucune station d’épuration. Dans un récent rapport, le ministère israélien de l’environnement note que 95 % des eaux usées en Cisjordanie ne sont pas traitées et menacent directement la nappe phréatique la plus profonde et la plus abondante.

« La situation dans les territoires palestiniens est la pire des pays de la région », regrette Omar Zimmo, ingénieur en génie civil à l’université de BirZeit, interrogé par La Croix (article du 28 octobre 2008). « Pendant longtemps, les gens ont pensé que la nature pouvait tout absorber, mais avec les grandes concentrations de population en zones urbaines, c’est devenu insoutenable. Les dégâts sur l’environnement sont très importants. »
Conséquence : les eaux usées finissent par s’infiltrer dans le sol et les points stagnants deviennent des réservoirs à moustiques et à maladies (en photo, le village bédouin d’Um-an-Nasser envahi par les eaux usées le 27 mars 2007). « La pollution abîme les sols et affecte les nappes phréatiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’eau potable ne doit pas excéder 50 mg de nitrates par litre. Dans la plupart des localités palestiniennes, on dépasse largement ce taux », poursuit Omar Zimmo.

Ce n’est pourtant pas l’argent qui manque. Pas moins de huit projets de station d’épuration ont été approuvés par les pays donateurs, pour certains depuis une dizaine d’années. Pour l’heure, une seule station, près de Ramallah, a effectivement été mise en fonction.

« Les Israéliens retiennent les autorisations, car ils veulent que les stations d’épuration palestiniennes traitent aussi les eaux usées des colonies israéliennes », explique Omar Zimmo. « Politiquement, c’est inacceptable. Cela revient à reconnaître l’existence de ces colonies. Les donateurs eux-mêmes ne peuvent souscrire à ces conditions. » Faute d’accord sur le statut des colonies juives de Cisjordanie, les projets sont bloqués. Dans la bande de Gaza, la situation est encore plus préoccupante.

Sur la plage de Gaza, quelques centaines de mètres après la sortie de la ville, les égouts se jettent directement dans la mer. Plus de la moitié des eaux usées de la bande de Gaza sont ainsi rejetées à la mer sans aucun traitement. Pour le reste, les eaux sont collectées dans des « lagons » à ciel ouvert et infiltrent les sources d’eau potable.

Au-delà des questions de santé publique, le recyclage des eaux usées est une nécessité dans une région où le manque d’eau s’aggrave chaque année. « Nous avons besoin de cette eau », lance Omar Zimmo en faisant jaillir un jet d’eau claire traitée par la station expérimentale qu’il a construite grace à des fonds européens à Ein-Sinya. « Elle n’est pas potable, mais on peut s’en servir pour irriguer les cultures. C’est un progrès énorme. »

mercredi 20 août 2008

Pénurie inquiétante au Moyen-Orient

Le blog Water For The Ages rapporte que plusieurs pays du Moyen Orient subissent une « une diminution des stocks d’eau d’irrigation. »

Pour le blog, « la Syrie, Israël et la Jordanie sont les pays les plus sérieusement et durablement touchés » alors que l’Iraq et Chypre viennent de se déclarer « en état de sécheresse. »

La situation est particulièrement préoccupante en Israël, où le lac de Tibériade, qui fournit un tiers de la consommation nationale, a atteint sa ligne rouge (213 mètres au-dessous du niveau de la mer). A l'automne, il pourrait atteindre la ligne noire au-dessous de laquelle ce grand réservoir serait en péril en raison des risques de salinisation et d'apparition d'algues toxiques. Le niveau de l'ensemble des bassins aquifères n'a jamais été aussi bas. Le bassin de la côte a déjà atteint la ligne noire, ce qui signifie qu'il y a déjà eu des infiltrations d'eau de mer et que "des dégâts peut-être irréversibles ont été causés", a souligné pour Le Monde Uri Shani, qui dirige la Water Authority à Mekorot.

Les prochaines années risquent d'être pires. Une série de mesures ont été et vont être prises. L'arrosage public pourrait être interdit dès l'an prochain. "Israël deviendra jaune et il faudra apprendre à nager dans des piscines vides", a prévenu Uri Shani. Les quantités d'eau utilisées par l'agriculture seront réduites d'un tiers. Une campagne nationale a été lancée pour inciter la population à économiser l'eau. Son prix va augmenter. Depuis quatre ans, il pleut de moins en moins. Pour l'année 2008, le déficit prévu sera de 350 millions de mètres cubes. Et la consommation domestique augmente de 4 % par an.

Le manque de pluie frappe aussi durement la Cisjordanie. Un tiers en moins au cours du dernier hiver. "2008 a été déclarée année de sécheresse. La situation au sud et à l'est d'Hébron, à Bethléem, à Jénine est préoccupante", dit Ayman Rabie, responsable de l'organisation non gouvernementale (ONG) Palestinian Hydrology Group. L'approvisionnement venant d'Israël a été réduit de 20 à 30 %, affirme l'Office de coordination pour les affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). Il y a désormais des coupures d'eau. Des camions-citernes pallient les manques, mais l'eau est quatre fois plus chère.

A Gaza, "c'est catastrophique", raconte M. Al-Attili, qui explique que la nappe phréatique est à un niveau critique, qu'elle est totalement polluée par l'eau de la mer et par les rejets des eaux usées qui ne sont pas traitées. "Seuls ceux qui ont les moyens peuvent s'acheter un appareil pour purifier l'eau. On va au-devant d'une catastrophe sanitaire", s'alarme Ayman Rabie.

L'eau est un enjeu majeur des négociations entre Palestiniens et Israéliens pour la création d'un Etat palestinien. Le processus d'Oslo avait laissé cette question capitale de côté. Les Israéliens consomment 3,5 fois plus d'eau que les Palestiniens et contrôlent complètement les ressources en eau de la Cisjordanie.

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