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jeudi 11 décembre 2008

L’eau à l’horizon 2025


Nous avons déjà fait état de l’étude prospective publiée à la fin du mois d’aout et évaluant les menaces pesant sur l’approvisionnement hydrique de l’humanité. Dans un rapport détaillant les tendances globales à l’horizon 2025, le Conseil national de renseignement américain indique que dès aujourd’hui les pénuries d’eau menacent la sécurité alimentaire et qu’en 2025, 600 millions de personnes dans 21 pays seront touchés par ce phénomène.
Selon ce rapport, cette tendance sera difficile à inverser du fait de l’urbanisation rapide, de la croissance démographique, de la demande en eau croissante de l’agriculture et de la production d’énergie hydroélectrique.
Dans le même sens, un dossier intitulé « La production d'énergie à l'horizon 2050 » dans L’Expansion évoque l’eau comme un défi mondial car « les besoins augmentent de 64 milliards de m3 chaque année. »2 L’hebdomadaire estime que « la seule source d'approvisionnement possible provient du dessalement de l'eau de mer. » Cependant elle est « très énergivore : 5 kilowattheures par m3. Le recours aux énergies fossiles étant limité, il faudrait installer chaque année 30 réacteurs nucléaires EPR ou 65.000 éoliennes de 5 mégawatts. »
Quoiqu’il en soit, il semble que des investissements massifs dans les infrastructures de traitement et de recyclage soient seuls à même de faire face à ces évolutions.

mercredi 19 novembre 2008

Enjeux de l'eau en Chine


Le tronçon du projet de diversion d'eau nord-sud reliant Pékin à à la ville de Shijiazhuang a été achevé le 19 octobre dernier. Par ce tronçon, l’eau de la province Hebei est acheminée vers la capitale mais pourrait prochainement approvisionner aussi la Chine centrale, qui commence à mettre en place une politique de gestion de l'eau soucieuse de la préservation de la ressource et des impacts de sa politique industrielle sur l'environnement. La longueur totale du tronçon serait alors de 1.400 kilomètres.
Parallèlement, les autorités de Chine centrale étudient la possibilité de fermer temporairement quelques usines très polluantes et d’ouvrir un large réservoir d’eau afin de venir en aide à 78.000 personnes de la région du Hunan qui n’ont plus accès à l’eau du fait d’une période de sécheresse intense.

dimanche 16 novembre 2008

Californie : la pénurie d'eau préoccupe à tous les niveaux

A Los Angeles, PBS - la chaîne de la télévision publique - a diffusé le dernier épisode de la série « L’eau de Californie », produite par Huell Howser et cosignée par l’Association des agences californiennes de l’eau, intitulé : « Serrer la ceinture de l’eau. » Cette émission a proposé les modifications à long terme qu’il faudrait entreprendre pour obliger les habitants à réduire leur utilisation de l’eau et pour éviter les retombées de la sécheresse.
La Californie fait en effet face à une des plus graves sécheresse de son histoire : Steve Nemeth - qui relève les niveaux de stockage à Sacramento pour le département d'Etat des Ressources en Eau - a déclaré que le niveau des réservoirs n’avait pas été aussi bas depuis septembre 1994.
En conséquence, les projets d'extension des infrastructures se multiplient : le secrétaire de l'intérieur Dirk Kempthorne a ainsi inauguré le lancement des travaux du projet de construction du réservoir d'eau à Imperial Valley sur le fleuve Colorado. Ce réservoir stockera l'eau du fleuve Colorado qui s’écoule vers le Mexique, et approvisionnera en eau les Etats de la Californie méridionale côtière, du Nevada méridional et de l'Arizona central.
La population commence à prendre conscience de la gravité de la situation, et exprime une inquiétude qui se traduit par exemple par la nouvelle campagne publicitaire d’affichage nationale dans laquelle l’association « Les Californiens pour la stabilisation de la population » (CAPS) insiste sur la pénurie d’eau qui frappe le pays et affirme que la seule solution pour régler le problème de l’eau est la « meilleure gestion de la croissance démographique, menée par une réduction de l’immigration. »

lundi 10 novembre 2008

Les eaux usées, un enjeu majeur en Palestine


Le 28 octobre s’est ouverte en Jordanie la conférence EuroMed, consacrée au problème de la gestion de la ressource en eau et de la dépollution de la Méditerranée, un des thèmes prioritaires d’action de l’Union pour la Méditerranée.

Au moyen-orient, le traitement de l’eau se heurte notamment à la coopération insuffisante entre Israéliens et Palestiniens, sur fond de tensions géopolitiques et de répartition inégale de la ressource : selon des propos de partisans pro-palestiniens relayés par le site Cherada.com, Israël possède « 13 % de l’eau de la région mais en contrôle 60%. » Dans les territoires palestiniens, le rationnement est de rigueur, alors que la plus grande partie des eaux usées se déverse directement dans la nature. Seule une petite partie des villes et villages de Cisjordanie est connectée à un réseau d’évacuation.

De grandes agglomérations comme Naplouse ou Hébron, qui comptent plusieurs centaines de milliers d’habitants, ne disposent d’aucune station d’épuration. Dans un récent rapport, le ministère israélien de l’environnement note que 95 % des eaux usées en Cisjordanie ne sont pas traitées et menacent directement la nappe phréatique la plus profonde et la plus abondante.

« La situation dans les territoires palestiniens est la pire des pays de la région », regrette Omar Zimmo, ingénieur en génie civil à l’université de BirZeit, interrogé par La Croix (article du 28 octobre 2008). « Pendant longtemps, les gens ont pensé que la nature pouvait tout absorber, mais avec les grandes concentrations de population en zones urbaines, c’est devenu insoutenable. Les dégâts sur l’environnement sont très importants. »
Conséquence : les eaux usées finissent par s’infiltrer dans le sol et les points stagnants deviennent des réservoirs à moustiques et à maladies (en photo, le village bédouin d’Um-an-Nasser envahi par les eaux usées le 27 mars 2007). « La pollution abîme les sols et affecte les nappes phréatiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’eau potable ne doit pas excéder 50 mg de nitrates par litre. Dans la plupart des localités palestiniennes, on dépasse largement ce taux », poursuit Omar Zimmo.

Ce n’est pourtant pas l’argent qui manque. Pas moins de huit projets de station d’épuration ont été approuvés par les pays donateurs, pour certains depuis une dizaine d’années. Pour l’heure, une seule station, près de Ramallah, a effectivement été mise en fonction.

« Les Israéliens retiennent les autorisations, car ils veulent que les stations d’épuration palestiniennes traitent aussi les eaux usées des colonies israéliennes », explique Omar Zimmo. « Politiquement, c’est inacceptable. Cela revient à reconnaître l’existence de ces colonies. Les donateurs eux-mêmes ne peuvent souscrire à ces conditions. » Faute d’accord sur le statut des colonies juives de Cisjordanie, les projets sont bloqués. Dans la bande de Gaza, la situation est encore plus préoccupante.

Sur la plage de Gaza, quelques centaines de mètres après la sortie de la ville, les égouts se jettent directement dans la mer. Plus de la moitié des eaux usées de la bande de Gaza sont ainsi rejetées à la mer sans aucun traitement. Pour le reste, les eaux sont collectées dans des « lagons » à ciel ouvert et infiltrent les sources d’eau potable.

Au-delà des questions de santé publique, le recyclage des eaux usées est une nécessité dans une région où le manque d’eau s’aggrave chaque année. « Nous avons besoin de cette eau », lance Omar Zimmo en faisant jaillir un jet d’eau claire traitée par la station expérimentale qu’il a construite grace à des fonds européens à Ein-Sinya. « Elle n’est pas potable, mais on peut s’en servir pour irriguer les cultures. C’est un progrès énorme. »

jeudi 2 octobre 2008

Le Yemen, premier pays arabe sans eau

Le UAE Daily News rapporte que selon des experts le Yémen pourrait être le « premier pays arabe à épuiser ses ressources souterraines en eau. » Afin de sensibiliser la population aux enjeux de la consommation d’eau, le gouvernement a lancé la « première campagne nationale de conservation d’eau du Moyen Orient » en utilisant notamment une mascotte appelée Rowyan, terme qui signifie « J’ai eu assez d’eau. »

mercredi 24 septembre 2008

Un miracle des JO de Pékin ?

Les autorités de la ville Pékin ont annoncé que « les niveaux des nappes phréatiques de la ville ont augmenté d’à peu près 50 centimètres après avoir diminué d’un mètre tous les ans depuis dix ans. » Elles attribuent cette « évolution positive » à la baisse de la demande en eau et aux efforts de recyclage réalisés pour des « Jeux Olympiques environnementaux » ainsi qu’à « d’inhabituelles pluies estivales abondantes. »

Néanmoins, certaines organisations environnementales locales et internationales telle que Probe International sont « sceptiques face à ses déclarations » et recommandent aux autorités de « lancer de véritables efforts de conservation de l’eau. »


mardi 26 août 2008

L'eau des JO

Aqueduc consacre un article à la « crise de l’eau » qui touche la Chine et sa capitale Pékin, une « réalité hydraulique » qui, à l’occasion des Jeux Olympiques, « ne sera que peu visible pour les visiteurs. »
D’après l’ONG canadienne Probe International, Pékin « est en train de devenir l’une des mégapoles les plus sèches de la planète : 25 années de sécheresse et de pollution des ressources hydriques de la ville ont provoqué une diminution constante des réserves d’eau disponibles. » Selon Aqueduc, « les experts les plus pessimistes prévoient qu’au rythme actuel de ses prélèvements, de ses pollutions agricoles et de ses rejets industriels, la Chine aura dans un quart de siècle épuisé l’essentiel de ses ressources hydriques. »

lundi 25 août 2008

Où l'on s'interroge de plus en plus sur l'eau en bouteille...

Le site Alternet.org considère dans un article du 6 août dernier, que le fait de « consommer de l’eau en bouteille atteint des sommets de stupidité » car elle est de « 300 à 3.000 fois plus chère que l’eau du robinet sans être, souvent, de meilleure qualité. »

Afin d’inciter le recyclage des bouteilles d’eau, l’article suggère d’instaurer un « système de consigne comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis pour les canettes en aluminium. »

Dans le même temps, Alternet rapporte qu’une étude menée par Swiss Gas et une association de l’eau - traçant le déroulement entier du cycle de l’eau de son extraction à son arrivée dans les verres - démontre que l’eau du robinet provoque moins d’1% des impacts écologiques engendrés par l’eau en bouteille non réfrigérée.

Selon cette étude même si l’eau du robinet est réfrigérée son impact revient à un quart de celui de l’eau en bouteille.

Cette problématique prend une acuité toute particulière dans les pays où de lourds investissements doivent être envisagés pour mettre en place des infrastructures permetttant de traiter les ressources disponibles: «Avec le prix exigé actuellement du consommateur pour l’achat d’un litre et demi d’eau minérale, nous pourrions dessaler près de deux mètres cubes d’eau » explique le docteur Avi Gafni, coordinateur de recherche et ingénieur hydrologue au sein du Fond National Juif (Keren Kayemeth Léisrael ou KKL). On sait combien la rareté de l'eau est inscrite dans la tension géopolique en Israel : Catholic News Service revient dans un article sur les conflits liés à la pénurie d’eau qui opposent les populations palestiniennes et israéliennes, au moment où « Israël vit son quatrième été consécutif de sécheresse. »

Parallèlement, Marc E. Babej et Tim Pollak, associés chez Raison - firme de consultants en stratégie marketing - publient un article dans Forbes Magazine dans lequel ils démontrent que les industries d’eau en bouteille développent des campagnes d’image de « préservation de l’environnement » dans le but de « faire oublier les impacts écologiques de leur secteur.»

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