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jeudi 23 juillet 2009

Les nouveaux défis de l'eau, « Pour une culture de la responsabilité », Antoine Frérot


La publication d’ouvrages sur l’eau et ses problématiques a été particulièrement importante cette année. Ainsi je ne suis arrivée à la lecture du livre intitulé « Pour une culture de la responsabilité » que cet été. Son auteur, Antoine Frérot, ancien élève de l'École Polytechnique et Docteur de l'École Nationale des Ponts et Chaussées, est actuellement directeur général de Veolia Eau. Ma tentative d’avoir une connaissance exhaustive de tous les ouvrages qui paraissent sur le sujet me permet de souligner que ce livre s’illustre par son approche concrète et réaliste, me semble t-il des grands enjeux liés à l’eau.

En effet, cet ouvrage fait le point sur les grands enjeux actuels de l’eau dans le monde dans l’objectif « de démontrer qu’il est possible d’avoir, face à la question de l‘eau, une réflexion qui privilégie l’action tout en allant dans le sens de l’intérêt général ». De plus, ’auteur partage l’opinion de son préfacier, Ángel Gurría, secrétaire général de l’OCDE et membre du conseil consultatif pour l’eau et l’assainissement auprès du secrétariat de l’ONU, selon lequel « l’irresponsabilité des hommes a fait de l’eau un des principaux problèmes pour les hommes de ce siècle ».

En visant à « dépassionner » les débats et les amener sur le terrain de l’objectivité, il trace de nouvelles perspectives sur les questions de ressources, de modèles financiers, de solidarité et de gouvernance. Les propositions, enrichies d’exemples concrets, s’appuient sur une double conviction : les réponses ne peuvent pas être globaalisantes ni idéologiques, et les progrès ne verront pas le jour sans logique de coopération et de dialogue entre les acteurs.


La
première partie détaille le problème de l’eau dans le monde contemporain. Selon l’auteur, afin de ne pas « polluer » le débat autour des solutions, ce problème doit être pris de façon à la fois sérieuse et calme, c’est-à-dire en évitant à la fois l’indifférence et le catastrophisme.

Quelques idées fortes de cette partie, essentiellement pédagogique :

  • Il ne faut pas se tromper de responsable. C’est bien la croissance démographique qui génère le problème de l’eau et non pas une évolution naturelle, car la quantité d’eau sur notre planète, comme on le sait bien, reste stable. Nous sommes responsables du problème de l’eau. « A Jakarta, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’évacuation des eaux usées ont été conçus à l’origine pour une population de 500 000 personnes. Aujourd’hui, la capitale indonésienne dépasse les 15 millions d’habitants et subit une pénurie d’eau permanente »
  • La demande a augmenté avec la démographie, mais elle a augmenté d’une façon irraisonnée : surexploitation agricole, réseaux d’adduction et d’assainissement inadaptés et insuffisamment entretenus, pompage excessif de nappes phréatiques…
  • La conséquence est une diminution de la qualité de l’eau, qui entraîne notamment la pollution durable des nappes phréatiques et des crises sanitaires (notamment les épidémies de choléra). « Dans les pays en développement, 90 % des eaux usées sont rejetées sans traitement. Le potentiel destructeur des eaux usées ni collectées ni traitées est explosif. Les bombes sanitaires sont amorcées, prêtes à exploser en série »
  • Or, le problème de l’eau est central pour le développement des pays : l’eau détermine en grande partie la santé des individus, mais aussi le développement économique ou scolaire. La question est au cœur des objectifs du millénaire. Selon l’auteur, si l’on veut les respecter, il faudra apporter « l’eau potable à 900 millions d’individus et l’assainissement à 1,3 milliards d’ici 2015 » (soit dans sept ans).

Dans un deuxième chapitre, qu’il nomme « les faux amis de l’eau », l’auteur s’attache à dénoncer de fausses vérités ou lieux communs, qui à force de focaliser les attentions détournent des vrais problèmes :

  • Même si le réchauffement climatique aura des conséquences sur la ressource en eau, il ne faut pas surestimer son impact, car on risque d’oublier que la cause principale est essentiellement un manque d’engagement et d’organisation collectif. « Avec le martèlement médiatique généralisé sur le réchauffement climatique, on tend à oublier que les problèmes actuels d’eau dans le monde proviennent de l’homme, et non de la nature. Leur origine se trouve bien plus dans l’augmentation de la population et de la demande en eau par habitant que dans les évolutions climatiques en cours » Il ne faut pas surestimer le risque de « guerres de l’eau ». Au contraire, on voit se développer une « hydrosolidarité » à l’échelle mondiale ainsi que de nouvelles attitudes. Les pays développés prennent en compte la question climatique dans leur gestion de l’eau à long terme.
  • En ce qui concerne le financement du service d’eau, deux solutions mises en avant sont, selon l’auteur, impraticables : la gratuité totale et le recouvrement total par l’usager. Elles ne sont pas praticables dans les pays en développement : la gratuité ne permet pas d’entretenir les réseaux d’eau et le recouvrement par l’usager empêche l’accès des plus pauvres. Elles ne prennent pas en compte toutes les dimensions du service dans les pays développés : le consommateur paye certains services qui profitent à la collectivité, et qui devraient donc être plutôt financés par l’impôt. Il propose une solution mixte, qu’il nomme « recouvrement socialement acceptable ». « L’application du principe « l’eau paie l’eau », en vigueur dans les pays développés est irréaliste dans les pays en développement. Les investissements à réaliser y sont beaucoup trop lourds pour être supportés uniquement par les abonnés du service. Dans les pays en développement, la notion de ‘recouvrement acceptable des coûts’ doit se substituer au principe de ‘recouvrement intégral des coûts’ »

  • Selon l’auteur, le secteur privé, souvent dénoncé comme hégémonique ou responsable de tous les maux, serait insuffisamment représenté dans le secteur de l’eau (moins de 10 % à l’échelle mondiale). Cela serait essentiellement dû à des contrats mal conçus dans le passé et à un manque d’expérience. L’auteur cite la dernière étude de la Banque mondiale selon laquelle « seuls 8% des partenariats public-privé mis en œuvre depuis 1990 ont été annulés avant la fin des contrats ».

  • Antoine Frérot refuse la critique selon laquelle l’eau serait chère. « Dressant un parallèle hâtif avec l’or noir, on assimile parfois l’eau à l’or bleu. Il n’en est rien : l’eau n’est pas le pétrole. Le pétrole est une ressource fossile, exploitée de façon minière ; l’eau, une ressource renouvelable ». De la même façon, il dénonce un autre amalgame « l’eau n’est pas non plus l’électricité. C’est un produit facile à stocker, mais cher à transporter sur de longues distances. En somme, elle est l’inverse exact de l’électricité dont le transport est simple et peu couteux, mais dont le stockage est très difficile ». Pour pousser la comparaison il nous confronte à la réalité des couts de l’eau dans nos pays développés. Ainsi , « L’eau n’est pas un poste de dépense important dans les pays développés : En 2006, « en France, la facture d’eau représente en moyenne 1 euro par jour et par famille, pour 330 litres délivrés puis épurés quotidiennement. Les ménages consacrent à l’eau et l’assainissement 0,8 % de leur budget moyen, c’est à dire trois fois moins que pour les télécommunications (2,4 %) et quatre fois moins que pour l’électricité (3,8 %). En d’autres termes, l’eau est un des services publics les moins chers ». Dans les pays en développement, le prix serait trop faible, ce qui revient finalement à un entretien et à un raccordement insuffisants des réseaux, d’où une exclusion des populations les plus pauvres.

  • Enfin, il constate que le financement des Objectifs du Millénaire est insuffisant. « L’eau et l’assainissement bénéficient chaque année d’environ 3 milliards de dollars d’aide publique au développement. Or les investissements supplémentaires pour atteindre les Objectifs du millénaire dans l’eau et l’assainissement ont été chiffrés de 10 à 30 milliards de dollars par an. Le seuil minimum de 10 milliards correspond à l’emploi de techniques « durables et bon marché ». Même si la totalité de cette somme ne saurait provenir de l’aide publique au développement, on reste loin du compte » L’aide publique est indispensable et trop faible. Les nouvelles formes d’aide au développement (aides conditionnées aux résultats, associations bailleurs de fonds internationaux - opérateurs privés) permettent de débloquer des fonds.

Dans une troisième partie, l’auteur cherche à présenter des solutions et de nouveaux modèles de gestion de la ressource.

  • Antoine Frérot, considère que le droit à l’eau doit être inscrit dans les faits.

  • Il faut accroître la ressource en réduisant le gaspillage, en utilisant davantage le recyclage de l’eau et le dessalement de l’eau de mer (par exemple l’usine d’Ashkelon en Israël fournit 15% de l’eau potable du pays, dans une zone qui souffre de grave pénurie d’eau). De même, l’utilisation plus importante des eaux de pluie à des fins industrielles serait utile.

  • Dans les pays développés, les modèles de financement devraient évoluer. Deux pistes sont évoquées : le recours à l’impôt et la rémunération aux performances des opérateurs, comme cela est réalisé à Indianapolis. « A Indianapolis, ville de 1,1 millions d’habitants, dont Veolia Eau gère le service d’eau et d’assainissement, notre rémunération comprend une partie fixe et une partie variable. Le montant de cette dernière dépend du respect des performances exigées. Par exemple : respecter à 99,9% les standards de qualité d’eau établis par l’Environmental Protection Agency, ou encore, obtenir un taux de satisfaction des clients de 90%. Ce système d’indicateurs et de rémunération variable incite l’opérateur à améliorer ses performances »

  • Dans les pays en développement, l’enjeu est d’accroître la solidarité et de développer des formes innovantes de « social business ». L’auteur cite une joint-venture créée avec Muhamad Yunus (inventeur du microcrédit et prix Nobel de la Paix 2006). Une unité de production a été installée pour alimenter en eau potable une ville de 25 000 habitants. L’investissement est remboursé par les ventes d’eau, de façon progressive . La Grameen Bank a calculé un prix de vente de l’eau en fonction des capacités financières des habitants, soit 1.5 centimes les 10 litres. « Social business », car la joint venture fonctionne sur la règle : « pas de perte, pas de dividendes ».

  • Pour finir, le problème de l’eau ne peut être résolu qu’avec une amélioration de la gouvernance mondiale, qui implique une bonne volonté de chacun.

L’intérêt du livre est de dresser un tableau assez complet des problématiques de l’eau, mais de proposer aussi des idées nouvelles. L’auteur a cherché à sortir des débats classiques public/privé, prix/gratuité, etc.

On ne peut que partager le constat de l’importance du problème de l’eau, et sa volonté de renoncer au catastrophisme et à l’idéologie pour chercher (et trouver) collectivement des solutions concrètes.

mardi 7 juillet 2009

Une chaîne d'info dédiée à l'eau !

On en rêvait, elle est arrivée : la chaîne de télévision en ligne dédiée à la gestion de l’eau The Water Channel.tv vient d’être lancée.

Cette chaîne propose plus de 190 vidéos et de nouveaux contenus sont mis en ligne tous les jours, certaines fort instructives, à l'exemple de celle ci-dessous, "I want to be a water expert", tournée à l'occasion du Children World Water forum dont nous nous sommes fait l'écho ici. The Water Channel est un partenariat entre le consultant en gestion de l’eau MetaMeta Communication, l’Unesco-IHE, le réseau international pour la gestion des ressources d’eau Cap-Net, le Fonds international pour le développement de l’agriculture (IFAD), l’Union internationale pour la protection de la nature et l’entreprise en communication numérique Nymphea.

Plus d'infos sur http://www.thewaterchannel.tv


samedi 27 juin 2009

L'eau et la crise économique

L'observateur de l'OCDE alerte sur le fait que les débats sur les plans de relance budgétaire à court terme et l'avènement d'économies à « croissance verte » font l'impasse sur une chose essentielle : l'eau.

La « Réponse stratégique de l'OCDE à la crise financière et économique » omet de mentionner l'eau. D'autres études commettent la même erreur. Sous-estiment-elles les avantages directs et indirects de l'eau, ou ne perçoivent-elles tout simplement pas les coûts de la négligence et de l'inaction ?

De fait, il existe peu, voire pas de chiffres fiables sur les dépenses, les coûts et les avantages liés à l'eau. Les spécialistes du secteur de l'eau ont l'impression que dans la situation actuelle, les coûts outrepassent les avantages perçus. S'ils disent vrai, la perspective d'un avenir durable s'éloigne. Sans informations solides, comment les experts peuvent-ils convaincre les décideurs de la gravité de la situation actuelle ? Il est temps de revenir aux fondamentaux.

La crise économique est l'occasion de susciter une prise de conscience du rôle vital de l'eau. Il est urgent de rattraper le temps perdu et de faire face aux pressions grandissantes sur les ressources en eau - dues à la croissance démographique, à nos modes de vie ou au changement climatique - avec tout le sérieux que requiert la situation.

Une partie du problème tient au manque d'intérêt de nombreux responsables politiques pour l'eau. Déjà avant la crise, les fonds publics et privés nécessaires à l'entretien et à l'extension des services d'eau étaient inadéquats. Les risques perçus des investissements dans l'eau sont apparus de plus en plus importants, entraînant une baisse des investissements dans les nouveaux ouvrages et l'entretien. Des approches irréalistes de recouvrement des coûts ont entraîné des performances opérationnelles insatisfaisantes, une couverture réduite et une baisse de la qualité des services. Les particuliers et les entreprises, notamment dans les pays les moins avancés, n'ont pas un accès suffisant à l'eau potable, à l'assainissement et aux autres services essentiels. Les Objectifs du Millénaire pour le développement sont loin d'être atteints. Selon le Rapport mondial sur le développement humain du PNUD de 2006, les investissements annuels nécessaires pour atteindre les objectifs liés à l'eau et à l'assainissement devraient représenter environ 2,7 % du PIB, soit 7 milliards de dollars US par an pour la seule Afrique subsaharienne. C'est bien plus que les 0,3% du PIB, ou 800 millions de dollars, consacrés à l'eau actuellement.

Cette situation risque d'empirer avec la crise, la Banque mondiale ayant récemment constaté que la diminution des investissements publics a particulièrement touché l'investissement dans les infrastructures de l'eau. Enfin, si rien n'est fait, les coûts de la négligence et de l'inaction seront catastrophiques, et se répercuteront dans tous les secteurs de l'économie : les pénuries feront disparaître des emplois dans l'agriculture et l'industrie ; les individus et les familles en ressentiront les effets sur leur niveau de vie, et une ressource indispensable à la vie sera menacée.

L’agriculture, premier utilisateur d'eau, sera frappée de plein fouet, avec une baisse des rendements, entraînant des pénuries alimentaires et une hausse des prix des produits de base, ce qui pourrait paralyser les échanges avec les économies émergentes. Le secteur énergétique sera également menacé et le développement d'énergies à faibles émissions de carbone sera ralenti. Le secteur manufacturier sera lui aussi menacé par la cherté et la rareté de l'eau et des produits qui en dépendent.

Un échec dans le traitement des eaux polluées et la protection des populations et des écosystèmes aquatiques aggraverait les coûts liés aux affections et aux maladies, avec des répercussions sur l'éducation et la productivité, sans parler de la perte d'une partie des ressources en eau utilisables et de la destruction de certains écosystèmes. Quel sera le coût de ces conséquences de l'inaction, et à quel prix pourra-t-on les éviter ? Nul ne le sait, mais nous devons tout faire pour éviter ce scénario.

C'est ici que peuvent intervenir les gouvernements, les entreprises et des organisations internationales telles que l'OCDE. Des stratégies nationales doivent assurer les investissements nécessaires aux infrastructures et aux services de l'eau. Par exemple, il conviendrait désormais de préaffecter une partie des fonds publics issus des plans de relance budgétaire au financement de l'amélioration des infrastructures de l'eau. Après tout, comme l'OMS et d'autres l'ont constaté, le rapport coûts-avantages de tels investissements se situe aux alentours de 1/8, et peut atteindre 1/40 dans certains cas (voir « Global cost-benefit analysis of water supply and sanitation interventions », Hutton, Haller and Bartram, WHO Journal of Water and Health, 5 avril 2007). Les investissements consacrés à l'eau doivent ainsi figurer en bonne place dans les plans de relance à court terme, mais il faudra aussi les maintenir par la suite.

Quant aux entreprises, beaucoup d'entre elles s'efforcent depuis des années d'utiliser l'eau de façon plus efficiente, notamment en améliorant leurs technologies. Elles devraient toutefois redoubler d'efforts, en collaborant avec des associations telles que le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable ou la Water Environment Federation en cherchant à s'engager aux côtés des autres acteurs pour trouver de meilleures manières d'utiliser et de gérer l'eau. Elles devront en outre continuer d'encourager les responsables politiques à valoriser et à promouvoir la conservation de l'eau.

L'OCDE peut elle aussi apporter sa pierre en approfondissant ses analyses sur l'économie de l'eau, afin d'évaluer la situation actuelle de l'investissement et d'aider à préparer l'avenir. Selon le BIAC, ces analyses devraient mettre en évidence les avantages économiques de l'accès à une eau salubre, ainsi que le coût de l'inaction. Elles pourraient aussi démontrer la valeur des nouvelles stratégies de financement pour l'ensemble de l'économie. Les décideurs doivent être bien informés pour pouvoir mobiliser à court terme les fonds nécessaires aux infrastructures de l'eau et stimuler les investissements à long terme en faveur du développement durable.

La crise mondiale est grave, mais la catastrophe peut être évitée. Le débat sur l'adoption de plans de relance et l'essor d'économies solides offre une occasion unique de revenir aux fondamentaux - or quoi de plus fondamental pour la vie que l'eau ?

Le BIAC est le Comité consultatif économique et industriel auprès de l'OCDE. Voir www.biac.org

Pour voir les travaux de l'OCDE sur l'eau, www.oecd.org/eau


source : L'Observateur de l'OCDE n° 272

samedi 14 mars 2009

Rapport mondial des Nations-Unies sur les ressources en eau : une pression inedite

La demande en eau n’a jamais été aussi forte. En cause : la croissance démographique, l’évolution des modes de consommation alimentaire ou encore les besoins accrus en énergie. C’est ce que souligne la troisième édition du Rapport mondial des Nations Unies sur l’évaluation des ressources en eau, présenté le 12 mars à la presse, en amont du 5ème Forum mondial de l’eau qui se tient à Istanbul (Turquie) du 16 au 22 mars.

Le rapport, qui est publié tous les trois ans, présente une évaluation complète des resources en eau douce de la planète. Cette nouvelle édition, intitulée "L’eau dans un monde qui change", insiste notamment sur le rôle joué par l’eau dans le développement et la croissance économique.

« Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource », a déclaré le Directeur général, Koïchiro Matsuura, qui présentera officiellement le rapport au nom des Nations Unies le 16 mars à Istanbul.

Alors que la demande augmente, certains pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau. Les effets attendus du changement climatiquedevraient encore accentuer ce phénomène. Une compétition pour l’eau se dessine – entre les pays, entre les zones urbaines et rurales, mais aussi entre les différents secteurs d’activité - qui risque de se traduire à l’avenir par une politisation plus marquée des questions relatives à l’eau.

Des politiques existent pourtant qui permettent de réduire les déperditions, d’améliorer la gestion de l’eau ou de réduire la demande. De fait, de nombreux pays ont déjà pris des mesures légales pour protéger leurs ressources en eau. Mais, constate le rapport, les réformes n’ont guère porté leurs fruits jusqu’ici car les actions menées restent trop souvent cantonnées au seul secteur de l’eau. Or, pour être efficaces, celles-ci doivent aussi impliquer les décideurs dans des domaines tels que l’agriculture, l’énergie, le commerce ou la finance, qui ont un impact déterminant sur la gestion de l’eau. Le rapport met aussi l’accent sur l’importance des partenariats entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile.

vendredi 16 janvier 2009

De l'eau dans l'univers des origines

Grâce au radiotélescope Effelsberg, des astronomes ont détecté la présence d’eau à plus de 11 milliards d’années lumière de la terre. Un record riche en enseignements sur les débuts de l’Univers.
De la vapeur d’eau a été repérée au coeur du quasar MG J0414 situé à 11.1 milliards d’années lumière de la Terre ce qui correspond à une époque où l’univers n’avait qu’un cinquième de son âge actuel. Les quasars sont des galaxies lointaines dont le noyau est extrêmement lumineux et énergétique.
La vapeur d’eau se trouve, selon les astrophysiciens, dans le nuage de poussières et de gaz qui alimente le trou noir supermassif logé au centre du quasar. Elle n’a pu être détectée qu’en raison de conditions d’observations exceptionnelles. Une galaxie plus proche, située dans le même axe, a en effet servi de lentille gravitationnelle et facilité l’observation du quasar.
Ce phénomène de lentille gravitationnelle, se produit lorsqu’un objet très massif (une galaxie ou un trou noir) se trouve entre un observateur et une source « lumineuse » lointaine. La masse de l’objet crée un fort champ gravitationnel, qui aura comme effet de faire dévier et d’amplifier les rayons lumineux qui passeront près de lui.
Dans le cas de MG J0414, les astronomes ont ainsi disposé de quatre images distinctes du quasar. Sans cette lentille, au lieu des quatorze heures d’observation nécessaires à cette découverte, il aurait fallu réaliser 580 jours d’observation continue pour obtenir le même résultat. Le compte-rendu de ces travaux est publié dans l’édition du 18 décembre de la revue Nature.
C’est la première fois qu’un tel nuage de gaz dense est observé dans les premiers instants de l'Univers. Cela prouve que les conditions nécessaires à la formation de molécules d’eau existaient 2.5 milliards d’années après le Big-Bang.

vendredi 19 septembre 2008

Bilan du congrès de l'eau de Montpellier

Le Congrès mondial de l'eau, s’est déroulé du 1er au 4 septembre à Montpellier, en présence des représentants de 125 pays et de 1 400 experts. Cette manifestation était organisée par l’Association internationale des ressources en eau (IWRA) en partenariat avec l'Institut languedocien de recherche sur l'eau et l'environnement, l'association VERSeau Développement et le Laboratoire hydrosciences de Montpellier.

Le thème principal de ce Congrès était « changements globaux et ressources en eau face à des pressions toujours plus nombreuses et diversifiées. »

Voici une petite vidéo de reportage sur le congrès :

http://www.lepost.fr/article/2008/09/05/1258391_xii-congres-mondial-de-l-eau-l-eau-a-la-bouche.html#xtor=RSS-33

Claude Allet, directeur de l'aménagement et du patrimoine de BRL (Compagnie Nationale d'Aménagement de la Région du Bas Rhône et du Languedoc), Jean-Michel Citeau, spécialiste de la gestion des bassins hydrographiques transfrontaliers, Sébastien Chazot, expert en hydrologie à BRL, et Jean-Claude Festor, directeur général adjoint de la région languedoc-roussillon en charge des aménagement portuaires, ont présenté le programme Aqua2020, qui est une démarche de prospective assez unique en France, que devraient réaliser de façon plus approfondie les agences de l’eau ou les comités de bassin pour préparer leurs schémas d’aménagement et de gestion des eaux. Le Languedoc-Roussillon va connaître une croissance démographique de 30% (soit environ 550 000 habitants en plus), ce qui pourrait conduire à une consommation supplémentaire de 60Mm3 par an. La tendance est à la décroissance de l’irrigation, mais il n’est pas certain que cette tendance perdure. Enfin, les milieux aquatiques sont dégradés ou en dangers (situation hélas relativement fréquente), d’où des objectifs pour appliquer la directive cadre européenne sur l’eau.

De nombreux autres posters ont été présentés, téléchargeables sur le site du Congrès.

A noter un élément important, qui est la prise de position de Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondial : selon lui, compte tenu des évolutions climatiques, « la gestion des ressources en eau de la planète doit être complètement repensée », rapporte le quotidien Le Monde en date du 4 septembre.

Le message du congrès résume les nouveaux enjeux de l’eau que constituent l’augmentation de la pollution et la concentration de la demande en eau dans l’espace (urbanisation).

Nous avons beaucoup entendu l’idée que les réponses doivent être données par les collectivités territoriales et que chaque situation est particulière. On sait combien la question de l'eau est politisée et confisquée en France par diverses idéologies : le rappel du congrès à une approche concrète, particularisée au niveau local nous parait extrêmement salutaire...

On peut voir le site officiel du Congrès ici .


dimanche 17 août 2008

La gestion de l'eau de Madagascar confiée à unministère dédié

A Madagascar, le chef de l’Etat Marc Ravalomanana a, dès son retour du Sommet de l’Union Africaine, nommé Jean Donné Rasolofoniaina Ministre de l’Eau afin qu’il prenne en charge tous les projets de l’eau à Madagascar. Le président a ainsi décidé de mettre en place un département indépendant pour gérer le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Selon le journal Allafrica, « la tâche du nouveau Ministre de l’Eau ne sera pas facile » car seulement « 66% des habitants en milieu urbain ont accès à l’eau potable et 14% en milieu rural. »



vendredi 4 juillet 2008

Gestion de l’eau agricole : l’Afrique s’organise

NAIROBI, 19 juin (Xinhua) -- Les pays africains ont adopté, lors d'une réunion à Nairobi, un document demandant une approche appropriée à la crise alimentaire qui touche le continent.
Près de 140 délégués de 37 pays africains, réunis du 16 au 18 juin à Nairobi avant la Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique, ont estimé qu'il était nécessaire d'améliorer la gestion de l'eau dans le secteur de l'agriculture et dans le commerce entre pays africains.
Ils se sont également engagés à s'attaquer aux questions de la gestion des terres, de la sécurité alimentaire, de la réforme agraire, du développement rural, du partage des connaissances et de la formation de professionnels.
Pour les délégués, la gestion de l'eau agricole est une priorité pour la mise en œuvre du Programme global de développement de l'agriculture en Afrique (CAADP).
"L'objectif de 60 % d'augmentation de l'eau agricole d'ici à 2015 prévu par le CAADP ne sera pas atteint si le taux de croissance annuelle de 1 % est maintenu", souligne un document publié à l'issue de la réunion.
Les délégués ont rappelé aux ministres africains de l'Agriculture les nouvelles opportunités d'investissement dans la récolte des eaux agricoles, soulignant la nécessité d'améliorer le potentiel de productivité des terres alimentées par l'eau de pluie et le besoin de garantir des ressources en eau fiables et d'intégrer certaines pratiques agricoles pour permettre à l'Afrique d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sur la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.
Les délégués ont aussi convenu de développer les infrastructures facilitant l'accès au marché pour les produits agricoles et d'investir dans la recherche sur la gestion de l'eau agricole pour s'adapter au changement climatique et en limiter les impacts.
Un marché commun africain transcendant les frontières des régions et des sous-régions offrirait selon les experts un espace économique de nature à favoriser les investissements privés au niveau des économies régionales.
"Cela implique d'accélérer le processus d'intégration des marchés pour créer une zone de libre échange sur le continent", ont-ils estimé.
Les experts ont par ailleurs reconnu que le commerce entre pays africains était confronté à certains problèmes comme la faible production et productivité agricoles, le manque d'infrastructures, les pratiques commerciales inéquitables des pays développés et un financement insuffisant du secteur agricole.

http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-06/20/content_655074.htm
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