jeudi 10 décembre 2009

L'osmose, source d'énergie

Nous vous parlons régulièrement de la technique de traitement de l'eau par osmose inverse, souvent utilisée pour le dessalement des eaux de mer. Cette technique consiste à produire de l'eau douce en mettant sous pression un réservoir d'eau salée bordé par une membrane très fine. Il se trouve que le procédé d'osmose simple (non pas inverse, donc), présente la caractéristique symétrique de permettre la production d'énergie.
Une centrale vient ainsi d'ouvrir en Norvège, qui fonctionne uniquement grâce au mélange d'eau douce et d'eau salée à travers une membrane filtrante. Cette unité est le fruit de recherches entamées en 1992 par la compagnie norvégienne Statkraft, mettant en évidence l'énergie dynamique induite par la mise en présence de sources d'eaux comportant différent degrés de salinité. Concrètement, l'eau moins salée a tendance à venir se mélanger à l'eau plus salée, jusqu'à obtention d'une salinité homogène. Ce mouvement induit une certaine pression au niveau du réservoir d'eau salée, pression qui permet d'entraîner une turbine. Il suffit dès lors de construire des unités de production électrique à l'endroit où se mêlent eau douce et eau salée, par exemple à l'embouchure des fleuves.
L'installation norvégienne actuelle ne constitue qu'un prototype, mais le potentiel de cette énergie hydrique propre et renouvelable est d'ores et déjà énorme : une première usine de 25 Mwh doit être mise en chantier, et à terme, on estime que la production européenne pourrait se développer jusqu'à atteindre 1600 Twh, ce qui représente... la moitié de la production actuelle !

mardi 8 décembre 2009

Un pôle mondial de compétitivité Eau à Montpellier ?

La réponse est attendue dans quelques jours : Montpellier attend d'être désignée "pôle mondial de compétitivité sur l'eau". L'État, via une mission interministérielle doit donner sa réponse que tous les acteurs de la région espèrent positive. Une façon de sacrer l'investissement du Languedoc- Roussillon autour de ce thème précieux qui a reçu le soutien des chercheurs, des grands groupes industriels (IBM, Véolia, Suez, Danone...), d'offices nationaux et internationaux et des collectivités locales.

Le pôle de compétitivité travaillera autour de quatre axes thématiques :
- l’identification et la mobilisation des ressources en eau,
-la gestion concertée de la ressource en eau et des usages dans des contextes exacerbés par les changements globaux,
-la réutilisation des eaux de toutes origines,
-les approches institutionnelles et sociétales en matière d’acteurs et de décisions

Afin de s’assurer de la complémentarité des thèmes et de profiter pleinement du savoir développé dans d’autres pôles de compétitivité ou clusters, des partenariats ont été formalisés. C’est le cas avec les pôles de Mer, Derbi et Risques, le pôle Avenia en Aquitaine et le pôle Environnement du Limousin.
Au-delà de cette mise en réseau national, le pôle mondial de compétitivité Eau bénéficiera de ses propres connexions internationales notamment en Europe et sur l’ensemble du pourtour méditerranéen.
Dernièrement, à l'invitation de l'Agglomération de Montpellier, ce petit monde, actuellement concentré en cluster (1), est parti en mission économique au Pays-Bas et en Belgique pour promouvoir sa filière eau. « Une façon de devenir un pôle de référence dans le domaine de l'eau », a relevé le vice-président Louis Pouget, chargé de l'eau et de l'assainissement. Comme elle l'avait déjà fait pour la filière biotechnologie de la santé puis pour les technologies de l'information et de la communication, elle appuie de tout son poids cette « filière en plein essor ». D'autant que la collectivité, outre ses compétences assainissement, lutte contre les inondations, gère l'eau brute, et va se voir confier, au 1 er janvier prochain, la compétence eau potable. Soit « une maîtrise complète ». Au-delà, le label attendu va permettre de bâtir des relais entre industriels et chercheurs, comme en témoigne la présence d'IBM Montpellier. « Mais c'est l'ensemble de la filière, des labos, des universités, des PME... qu'il convient de coordonner », estime Louis Pouget.

(1) Clustrant : concentration de sociétés industrielles et d'organismes de recherche et d'enseignement supérieur, opérant dans un domaine particulier.

lundi 7 décembre 2009

Congo : un manque d'investissement dramatique



Alors qu'en Afrique sub-saharienne, 60% des gens en moyenne ont accès à l'eau potable, seuls 22% des congolais en bénéficient. Bien sûr, les conséquences sanitaires sont effroyables, et les plus pauvres en paient le plus lourd tribut. Cela va des diarrhées chroniques qui emportent les nourrissons par milliers, jusqu'aux problèmes de déformations lombaires générées par les corvées d'eau, le plus souvent assumées par les femmes et les enfants.

Une grande partie du réseau date de la période coloniale, et n'a pas été rénovée depuis plus de 60 ans. En cause : le manque d'argent à investir, puisqu'au Congo, même les services gouvernementaux ne paient pas leurs factures d'eau. L'amélioration passe donc nécessairement par la restauration d'un modèle économique équilibré : la Banque Mondiale vient de lancer en ce sens un enième projet de viabilisation financière du circuit de l'eau... mais risque une fois de plus de se heurter au tonneau des Danaïdes du manque de volonté politique et de la corruption.

dimanche 22 novembre 2009

De l'eau sur la lune !

On le pressentait, on en parlait le mois dernier, c'est maintenant démontré : des quantités "importantes" d'eau gelée ont été découvertes sur la Lune, a annoncé vendredi 13 novembre la Nasa, soulignant le caractère "majeur" de cette découverte aux retombées potentiellement exceptionnelles.
"Nous avons trouvé de l'eau et pas qu'un petit peu, des quantités importantes", a dit lors d'une conférence de presse Anthony Colaprete, le responsable scientifique de la mission LCROSS (Lunar CRater Observation and Sensing Satellite) qui a permis cette découverte.
Dans un cratère "de 20 à 30 mètres, nous avons trouvé l'équivalent d'au moins une dizaine de seaux de 7,5 litres chacun", a-t-il ajouté, notant qu'il s'agissait seulement des premiers résultats. Un autre membre de l'équipe, Gregory Deloy, de l'Université de Californie (ouest), a jugé cette découverte "extraordinaire" et "majeure". "C'est exaltant, (car) cela montre une nouvelle image de la Lune ", a-t-il ajouté.
Lors de la mission effectuée le 9 octobre, la Nasa a envoyé la sonde LCROSS s'écraser dans un cratère, appelé Cabeus, près du pôle sud de la Lune, afin d'étudier les projections de matériaux ayant résulté de l'impact. C'est de cette manière que l'eau a été découverte.
"La concentration et la distribution de l'eau ainsi que d'autres substances nécessitent davantage d'analyse", a souligné Anthony Colaprete, ajoutant "qu'on peut dire sans se tromper que le cratère Cabeus contient de l'eau (gelée, ndlr)". La température à cet endroit est extrêmement froide et avoisine les moins 250 degrés.
Michael Wargo, responsable scientifique lunaire de la Nasa, a de son côté mis en avant les perspectives qu'offraient cette découverte. "Nous levons le voile des mystères de notre plus proche voisin et du même coup du système solaire", a-t-il dit, remarquant que la Lune détenait "de nombreux secrets". Cette découverte "fait avancer notre compréhension" de la Lune et du système solaire, a-t-il renchéri.
La Nasa avait sélectionné cette région près du pôle sud de la Lune pour y chercher de l'eau après qu'une autre sonde eut détecté précédemment d'importantes émanations d'hydrogène, qui peut se traduire par la présence de glace.

vendredi 20 novembre 2009

De l'eau pour l'Afrique !

Saisissant, minimal, ce clip tourné pour la croix-rouge allemande mérite une belle diffusion ! Parce que les infrastructures permettant d'acheminer de l'eau potable vers les populations africaines, de traiter leurs eaux usées, ça s'appelle tout simplement... la vie !


jeudi 19 novembre 2009

Le nucléaire algérien adossé à la plus grosse réserve d’eau douce du monde


On le sait trop peu, mais un réacteur nucléaire de 1300 Mwatts exige 43 mètres cube d'eau / seconde pour son refroidissement... il va sans dire que le potentiel hydrique d'une région est donc une condition sine qua non à toute nouvelle implantation. Surtout quand on pense à opter pour la technologie française de troisième génération qui utilise l’EPR, un système de réacteur à eau pressurisée, qui consomme jusqu'à 50 mètres cube / seconde.
En Algérie, la majorité des centrales nucléaires que compte construire le pays à l’horizon 2028, seront installées sur les zones d’affleurement de la nappe albienne, très profonde (plusieurs centaines de mètres), immense (elle recouvre tout le Sahara central jusqu'en Libye), et qui semblait être inépuisable.
La nappe albienne est l’une des plus grandes sources d’eau potable de la planète. Mais elle n'est pas renouvelable. Elle est actuellement exploitée dans la région de Touggourt pour l’irrigation des périmètres agricoles. Selon les études prospectives faites par les autorités algériennes, les dix réacteurs nucléaires en projet dans la zone des hauts plateaux vont en principe couvrir les besoins du pays en matière de consommation énergétique. Mais quel sera l'impact pour cette réserve d'eau douce ? Ce programme d'équipement n'aurait-il pas dû être pensé en articulation avec les grandes infrastructures de dessalement qui se construisent sur le littoral algérien ?

mercredi 18 novembre 2009

Mer ou montagne ? La qualité des eaux de baignade irlandaises sur internet

Pour les Irlandais qui hésiteraient entre une baignade ou une balade en campagne, l'Agence irlandaise de protection de l'environnement vient de mettre au point un outil d'aide à la décision fort précieux, en partenariat avec IBM : sur ce site, on peut en effet consulter la qualité des eaux de baignade de plus de 130 plages et des principaux lacs d'Irlande. On trouve aussi des informations sur l'ensoleillement, etc.
L'Irlande cherche ainsi à faire adhérer de manière plus prescriptive ses communes en front de mer à la directive européenne de 2006 sur la qualité des eaux de baignade, en leur proposant de mutualiser leurs informations au sein d'une interface commune. Apparemment, ce système de suivi en ligne est unique en Europe : si les données ne sont pas actualisées en temps réel, c'est déjà beaucoup mieux que d'attendre un an le bilan papier pour savoir dans quelle eau on s'est baigné !

mardi 17 novembre 2009

Hanoi cherche à satisfaire les besoins en eau potable des habitants

À Hanoi, nombre d'habitants des arrondissements de Thanh Tri, Hoàng Mai, Hoàn Kiêm, Dông Da et Thanh Xuân manquent d'eau potable, bien que l'usine de traitement des eaux du sông Dà (rivière Noire), avec sa capacité de traitement de 300.000 m3, soit suffisante.

La faute aux infrastructures encore insuffisantes pour assurer l'adduction d'eau potable vers la capitale.

Face à cette situation, la compagnie d'eau potable de la capitale vient de mettre en œuvre le plan de réception et de répartition de l'eau potable de l'usine de traitement des eaux de la rivière Dà, lequel relève du projet d'exploitation des eaux de cette rivière. Selon le projet, le volume de 30.000 m3/jour distribué en 2008 sera porté cette année à près de 70.000 m3/jour au profit de 76.000 personnes, soit le 1/5 de la capacité totale de l'usine de traitement des eaux du sông Dà.

source : cvn

Toujours selon le plan, le projet d'exploitation des eaux du sông Dà prévoit 14 axes d'adduction en direction de Hanoi, mais en réalité, 3 de ceux-ci sont seulement opérationnels pour une capacité de 100.000 m3/jour, alimentant les zones du Centre national de conférences, Nga Tu So et Hô Tùng Mâu. Si leur construction est achevée. Pourtant, ces axes ne sont pas encore connectés aux quartiers qu'ils doivent desservir faute d'infrastructures adéquates. Selon la compagnie d'alimentation en eau potable de Hanoi, cette situation résulte des difficultés de libération des terrains.

Devant cet état de chose, le Comité populaire de Hanoi a consacré 157 milliards de dôngs pour la construction des infrastructures nécessaires.

Selon les scientifiques, l'exploitation des eaux de la rivière est une meilleure solution que celle des nappes phréatiques, car elle présente moins de risques en termes de pollution, respecte les normes de consommation du ministère de la Santé, et constitue une ressource stable, même en saison sèche.

Ainsi, pour satisfaire les besoins en eau potable des citadins, Hanoi doit régler les problèmes de son réseau d'adduction afin d'alimenter chaque quartier de son agglomération. Un mécanisme adéquat de fixation des prix doit également être élaboré afin d'attirer plus d'entreprises dans le secteur de la distribution d'eau potable, un mécanisme qui d'ailleurs assure un certain équilibre entre les intérêts des producteurs et des consommateurs. Récemment, la sarl d'alimentation en eau propre Vinaconex a demandé au Comité populaire de Hanoi de ratifier un plan de réajustement du prix de vente en gros de l'eau potable de l'usine de traitement des eaux de la rivière Dà vers Hanoi tout en assurant les intérêts légitimes des fournisseurs d'eau potable.

lundi 16 novembre 2009

La Catalogne prévoit de recycler les eaux usées

La Catalogne prévoit de se mettre en position de recycler 275 000 mètres cube d'eaux usées par jour en cas de stress hydrique d'ici 2020. Ce programmes est sans précédent en Espagne, et représente une inflexion dans une politique jusqu'ici assez polarisée sur les solutions de dessalement.
L'Agence de l'eau de Catalogne a donc missionné l'Institut catalan de recherche sur l'eau pour étudier les possibilités de traitement et recyclage des eaux usées par des procédés de micro-filtration, traitement uv, et chlorisation, afin de potabiliser l'eau du fleuve Llobregat.
L'institut catalan de recherche sur l'eau va étudier l'eau traitée selon plus de 150 paramètres, avant de rendre un rapport en fonction duquel le gouvernement catalan prendra ou non la décision d'autoriser le recyclage des eaux usées en cas d'urgence ou de sécheresse importante.

dimanche 15 novembre 2009

La capacité mondiale de dessalement atteint les 60 millions de mètres cube / jour

Selon le 22ème GWI/IDA Worldwide Desalting Plant Inventory, grâce aux 700 unités de dessalement construites à travers le monde au cours de cette année, la capacité mondiale atteint pour la première fois les 60 millions de mètres cubes par jour. Signe de l'accélération, les capacités de production ont augmenté de + de 10% sur la seule année 2009, et de presque 30% depuis 2007, affirme un rapport présenté au congrès mondial de l'International Desalination Association, le 8 novembre à Dubai.
La demande, traditionnellement tirée par les pays du Moyen-Orient, mais aussi le pourtour méditerranéen, trouve un second souffle dans les mégapoles de Chine et d'Inde. 250 usines sont en construction actuellement, pour un potentiel de traitement journalier supérieur à 9 millions de mètres cubes.
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