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mardi 12 janvier 2010

Les américains s'intéressent à l'eau en Algérie

Nous vous en parlions ici même, l'eau est un secteur en plein développement en Algérie. Une enveloppe de 19 milliards de dollars est destinée au développement des infrastructures hydroliques pour la période 2010-2014. Aussi les sociétés d'études ont-elles de beaux jours devant elles, et le marché aiguise de nouveaux appétits : Abdelmalek Sella, ministre des Ressources en eau, a ainsi soumis à l’USTDA (US Devlopment Agency) une liste des projets à réaliser. Il est question de la construction de plusieurs grands barrages, d’une cinquantaine d’usines d’épurations, d’un système de raccordement et de contrôle électroniques qui permettra de mieux gérer les réserves d’eau de la cinquantaine de barrages déjà existants, et enfin de l’installation d’un système d’irrigation couvrant 23 000 hectares de terres cultivables.

Sellal avait déjà été approché par les américains dans le cadre d'un projet de partenariat concernant l’assainissement d’eau, très investi par les entreprises françaises : la Société des eaux de Marseille (SEM) gère l’assainissement de la wilaya de Constantine, Suez est présente via ses filiales Dégremont et Aguas de Barcelona, OTV a également réalisé trois stations d’épuration à Skijda, Annaba et Sidi Merouane...

On observe ainsi un virage dans la politique de développement économique algérienne, qui cherche à prendre une certaine autonomie vis-à-vis de l'ancienne puissance coloniale. Reste à savoir si les algériens en tireront les bénéfices !

mercredi 16 décembre 2009

Zoom sur la désinfection de l'eau par UV

Plusieurs technologies cohabitent dans le traitement de l'eau, selon la qualité des eaux à traiter et les infrastructures mises en place : traitement chimique (chlore...), filtration, photocatalyse... mais les acteurs majeurs du secteur tels que Veolia ou Suez, s'intéressent de plus en plus à une technique nouvelle : la désinfection par UV, qui pourrait représenter un marché de plus de 2 milliards de dollars en 2011 et entre 7 et 8 milliards en 2012.
La principale motivation est écologique : hormis le recyclage des lampes, cette solution ne pose pas de problématique d'effluents ou de déchets. Le développement de la fibre optique, qui potentialise considérablement cette technologie, est également moteur. Enfin, les applications débordent largement la seule question du traitement de l'eau, puisque cette technique est également à l'étude dans les domaines de la stérilisation des aliments, de la chimie, des équipements type piscines ou encore de la santé.
Le traitement UV est efficace contre la plupart des microbes; il est même plus efficace que le chlore contre certains organismes comme le Cryptosporidium. Par contre, la désinfection par rayonnement UV requiert une faible turbidité de la ressource, son fonctionnement nécessite une surveillance étroite, et sa mise en place nécessite évidemment des infrastructures importantes. Dernier écueil, le traitement UV fonctionne à l'instant T, mais ses effets ne se poursuivent pas pendant l’acheminement de l’eau, contrairement aux désinfectants classiques tel que le chlore . Cette technologie serait-elle finalement davantage adaptée à des équipements individuels ? Certainement pas, si l'on renonce à l'idée de la solution-miracle unique qui permettrait de résoudre l'ensemble des contraintes sanitaires, écologiques et économiques du traitement de l'eau. Le traitement UV deviendra certainement un complément notable, en synergie avec les autres modes de traitement, du panel de solutions dont nous disposerons pour purifier efficacement et « proprement » notre eau dans les années à venir.

mardi 8 décembre 2009

Un pôle mondial de compétitivité Eau à Montpellier ?

La réponse est attendue dans quelques jours : Montpellier attend d'être désignée "pôle mondial de compétitivité sur l'eau". L'État, via une mission interministérielle doit donner sa réponse que tous les acteurs de la région espèrent positive. Une façon de sacrer l'investissement du Languedoc- Roussillon autour de ce thème précieux qui a reçu le soutien des chercheurs, des grands groupes industriels (IBM, Véolia, Suez, Danone...), d'offices nationaux et internationaux et des collectivités locales.

Le pôle de compétitivité travaillera autour de quatre axes thématiques :
- l’identification et la mobilisation des ressources en eau,
-la gestion concertée de la ressource en eau et des usages dans des contextes exacerbés par les changements globaux,
-la réutilisation des eaux de toutes origines,
-les approches institutionnelles et sociétales en matière d’acteurs et de décisions

Afin de s’assurer de la complémentarité des thèmes et de profiter pleinement du savoir développé dans d’autres pôles de compétitivité ou clusters, des partenariats ont été formalisés. C’est le cas avec les pôles de Mer, Derbi et Risques, le pôle Avenia en Aquitaine et le pôle Environnement du Limousin.
Au-delà de cette mise en réseau national, le pôle mondial de compétitivité Eau bénéficiera de ses propres connexions internationales notamment en Europe et sur l’ensemble du pourtour méditerranéen.
Dernièrement, à l'invitation de l'Agglomération de Montpellier, ce petit monde, actuellement concentré en cluster (1), est parti en mission économique au Pays-Bas et en Belgique pour promouvoir sa filière eau. « Une façon de devenir un pôle de référence dans le domaine de l'eau », a relevé le vice-président Louis Pouget, chargé de l'eau et de l'assainissement. Comme elle l'avait déjà fait pour la filière biotechnologie de la santé puis pour les technologies de l'information et de la communication, elle appuie de tout son poids cette « filière en plein essor ». D'autant que la collectivité, outre ses compétences assainissement, lutte contre les inondations, gère l'eau brute, et va se voir confier, au 1 er janvier prochain, la compétence eau potable. Soit « une maîtrise complète ». Au-delà, le label attendu va permettre de bâtir des relais entre industriels et chercheurs, comme en témoigne la présence d'IBM Montpellier. « Mais c'est l'ensemble de la filière, des labos, des universités, des PME... qu'il convient de coordonner », estime Louis Pouget.

(1) Clustrant : concentration de sociétés industrielles et d'organismes de recherche et d'enseignement supérieur, opérant dans un domaine particulier.

samedi 26 septembre 2009

Le recyclage des eaux usées et le traitement des boues ont le vent en poupe

Les industriels français ont décroché ce mois-ci deux chantiers révélateurs d'une accélération dans l'équipement mondial en infrastructures de recyclage des eaux usées et des boues : si le marché était encore confidentiel il y a quelques années, l'urgence écologique, associée à des progrès technologiques récents, a fait émerger un segment à part entière dans la chaîne de l'eau.
En joint-venture égalitaire avec la société brésilienne de traitement d’eau, Enfil, Veolia Eau Solutions & Technologies, tout d'abord, s’est vue confier par la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras la conception et la réalisation d’une usine de traitement et de recyclage de l’eau. Le contrat Veolia Eau totalise 119 millions d’euros.
Cette station, localisée au sein de la future raffinerie d’Abreu e Lima, Etat du Pernambuco, produira 2 100 m3 par heure, auxquels s’ajoutent 580 m3 par heure d’eau recyclée pour des besoins industriels. Dotée de cinq unités la production d’eau pure et d’eau déminéralisée, ainsi que d’une unité de déshydratation des boues, l’usine devrait fonctionner à partir de 2011.
Par ailleurs, en Chine, Suez Environnement a annoncé le 21 septembre la signature d'un contrat de conception, de construction et d'exploitation de la première usine de traitement de boues de la province de Jiangsu, en Chine avec le China-Singapore SuzhouIndustrial Park.
L’usine de traitement conçue pour pouvoir traiter 300 tonnes de boues par jour (avec 3 lignes de séchage) pourra traiter l’ensemble des boues industrielles et municipales rejetées par le parc, a précisé Suez Environnement. La première tranche du projet devrait entrer en exploitation d’ici la fin 2010. Le groupe prévoit de doubler la capacité de l’usine dans les 5 ans à venir.

mardi 29 avril 2008

Francesca McCann : Croissance du secteur de l'eau

Un article publié dans Le Temps du 25 avril 2008 se consacre aux opportunités du marché de l’eau à partir d’une analyse de Francesca McCann, l'un des quatre seuls analystes du domaine à Wall Street qui suit le secteur depuis cinq ans pour Stanford.C'est un marché dont les revenus annuels atteignent 320 à 380 milliards de francs suisses dans le monde et qui croît de 5% par an. L’analyste souligne que des multinationales comme General Electric, Veolia, Siemens ou Suez « paient très cher la volonté de se renforcer dans certains créneaux, jusqu'à 30 fois le bénéfice d'exploitation avant amortissements », tout en maintenant des valeurs positives dans diverses spécialités, notamment le traitement de l'eau à des fins industrielles, le recyclage, le secteur des infrastructures liées à l'eau, ou des spécialités plus pointues comme la désalinisation, l'irrigation ou le négoce de droits de propriété, qui vont demeurer en forte croissance « pour au moins dix ans.»
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