vendredi 12 février 2010

Eau, Environnement, Alimentation, Climat : une nouvelle alliance des acteurs clés de la recherche

Douze acteurs de la recherche scientifique* se regroupent pour créer l'Alliance nationale de recherche pour l'Environnement AllEnvi. Quatrième alliance de recherche après les alliances pour la santé (Aviesan), l'énergie (Ancre) et le numérique (Allistene). AllEnvi a pour principale mission d'organiser, en métropole et en outre-mer, une meilleure synergie des acteurs de la recherche sur les problématiques scientifiques liées à l'alimentation, à l'eau, au climat et aux territoires.
Le récent sommet de Copenhague a placé la question du changement global et de la croissance verte au coeur des défis économiques, des préoccupations sociétales et des relations internationales. Le changement global affecte non seulement le climat, mais aussi l'environnement, l'accès à l'eau, l'alimentation et l'agriculture durables. L'existence d'une recherche forte et coordonnée sur ces questions environnementales est déterminante pour apporter une réponse à la hauteur des enjeux. La France a considérablement augmenté son effort de recherche, puisque le projet de loi « Grenelle I » affecte un milliard d'euros de fonds publics à la recherche environnementale, qui figure également parmi les axes prioritaires de la stratégie nationale pour la recherche et l'innovation (SNRI).
En réunissant les douze acteurs d'une recherche "particulièrement morcelée", l'Alliance "AllEnvi" doit leur permettre de "dépasser les frontières administratives" pour aboutir à "une programmation conjointe", a déclaré la ministre de la Recherche Valérie Pécresse.
Face au "droit au développement réclamé par les pays du Sud" lors du sommet sur le climat à Copenhague, il faut "proposer des alternatives crédibles", selon la ministre qui a souligné le rôle que pourra jouer la nouvelle alliance en matière de coopération internationale.
Il faut "inventer un nouveau modèle de croissance verte", a résumé Roger Genet, directeur général du Cemagref (Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement), qui préside l'AllEnvi.
"Concevoir des plantes plus résistantes au manque d'eau", pourrait être un des objectifs, selon Marion Guillou, présidente de l'Institut national de recherche agronomique (Inra).
Pour le président de l'Ifremer Jean-Yves Perrot, la "métamorphose" doit aussi concerner le monde marin, "milieu naturel d'un intérêt considérable".

(*) BRGM, CEA, Cemagref, Cirad, CNRS, CPU, Ifremer, Inra, IRD, LCPC, Météo France et MNHN

jeudi 11 février 2010

La mer Baltique : une eau en danger

L’ouverture aujourd'hui du sommet d’Helsinki rassemblant les 9 pays riverains de la mer baltique nous donne l’occasion de porter notre attention sur cette mer en péril. Le constat de la forte vulnérabilité de cette petite mer n’est pas nouveau et pourtant peut-on véritablement parler de progrès ?

La mer Baltique est une petite mer contiguë à l’Océan Atlantique. C’est une mer semi-fermée très peu profonde La Baltique recouvre avec le Kattegat une superficie totale d’environ 450 000 kilomètres carrés, avec un volume aquatique de 21 700 km³. Considérant ces caractéristiques certains la considère plus comme un grand Lac que comme une mer.

Ainsi, alors que l'océan Atlantique bénéficie d'un brassage perpétuel de ces eaux, les mers telles que la mer Baltique ou la mer Méditerranée sont cernées de côtes surpeuplées et polluantes. Si la mer Méditerranée échappe à ce phénomène d’étouffement grâce à un volume d'eau important lié à sa profondeur (1000 mètres), la mer Baltique avec une profondeur moyenne de 56 mètres peut être considérée d’avantage comme un lac et certains experts estiment à presque 30 ans le temps nécessaire pour renouveler la totalité de ces masses d'eau. De plus, en raison des conditions physiques particulières qui y règnent (salinité et oxygénation), l'écosystème marin de la Baltique est très vulnérable. Les eaux peu profondes, enclavées et saumâtres de la Baltique sont particulièrement vulnérables à la pollution car elles mettent beaucoup plus longtemps que les autres mers pour éliminer les substances toxiques. Ainsi, toute perturbation de l'environnement due aux activités humaines à des effets gravement préjudiciables. Les activités des 85 millions de riverains qui peuplent son bassin versant, qui s’étend sur des Etats fortement industrialisés qui au demeurant pratiquent l’agriculture intensive, représentent un risque majeur pour cet écosystème marin.

Le président et le Premier ministre finlandais Tarja Halonen et Matti Vanhanen ont donc convoqué un nouveau Sommet pour tenter de débloquer la situation entre les neuf pays riverains : Russie, Finlande, Suède, Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Allemagne. Ont également été invités la Norvège en tant que voisin et contributeur aux efforts d'assainissement de la Baltique, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, des responsables de milieux d'affaires, ainsi que des ONG. Au total, ce sont environ 400 personnes qui sont attendues à Helsinki. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a annoncé sa participation, ainsi que ses homologues estonien, norvégien et danois. La Lettonie et la Lituanie seront représentées par leur président et la Suède le sera plus symboliquement par son roi Carl XVI Gustaf.
Après l'échec du sommet de Copenhague sur le climat, le sommet de la Baltique veut "se concentrer sur la mise en œuvre et l'action", plutôt que d'être une plate-forme de négociation, ou d'accoucher d'une simple déclaration, a affirmé Jari Luoto, l'ambassadeur finlandais pour la Baltique.

En août 1970, conscients que les mesures nationales ne suffiraient pas à protéger ce milieu marin des représentants de tous les États riverains de la Baltique se sont réunis pour la première fois dans le cadre d’une conférence traitant de la lutte contre la pollution de cette mer par les produits pétroliers. À la suite de la conclusion de la «Convention de Gdansk sur la pêche et la conservation des ressources vivantes de la mer Baltique» en octobre 1973, la capture des principales espèces de poissons de la Baltique a été réglementée au niveau international par la Commission internationale de la pêche en mer Baltique, créée entre-temps et dont le siège est à Varsovie. Elle utilise comme fondement scientifique les données du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) provenant d’estimations effectuées sur certains stocks de poissons de la Baltique. Les Etats de la Baltique ont adopté, sur la base d’un projet finlandais, en 1974 la Convention d'Helsinki (Convention sur la protection de l'environnement marin de la zone de la mer Baltique), entrée en vigueur en 1980 et renforcée en 1992. Ce programme commun d'action globale en faveur de l'environnement de la mer Baltique a répertorié 132 sites et zones particulièrement polluants dans le bassin. Sur la liste figurent de nombreuses sources de pollution à la fois urbaine et industrielle, notamment plusieurs grandes villes, qui contaminent la mer Baltique par l'intermédiaire de leurs cours d'eau. Si la situation s’est quelque peu améliorée, le nombre de sites critiques étant passés de 132 à 89, grâce à d’importants investissements, le constat demeure cependant inquiétant.

La Commission d’Helsinki pour la protection de la mer Baltique (HELCOM) établit tous les cinq ans des comptes-rendus périodiques sur l’état de la mer Baltique. Les Etats riverains de la Baltique et l'UE, sont certes parvenus à un consensus sur leur volonté d’assainir la mer d'ici 2021, mais malgré cette volonté harmonieuse peine cependant à se concrétiser.

De par sa structure la mer baltique est sujette à la stratification thermique des masses d'eau. Ce phénomène, observé le plus souvent dans les lacs, limite le mélange des eaux froides profondes et des eaux plus chaudes de surface. Cette stratification créée des conditions favorables pour l'accumulation du phosphore en profondeur. Pour les chercheurs, un rétablissement plus permanent de la situation est possible seulement si les charges de phosphore et d'azote sont sensiblement réduites dans la mer Baltique entière ce qui sous-entend de limiter encore plus fortement les rejets polluants des activités côtières.
Ainsi, selon le spécialiste de biologie marine de l'Université de Gdansk, le professeur Maciej Wolowicz, le plus grand danger est probablement un processus biologique complexe privant la Baltique de son oxygène, l'eutrophisation. "C'est comme une désertification du fond de la Baltique et c'est assez répandu", commente M. Wolowicz.

L'eutrophisation, qui provoque l'appauvrissement en oxygène des eaux profondes constitue un des principaux problèmes de cette mer quasi-fermée. Un excès de substances nutritives dans l'eau de mer tels que l'azote et le phosphore provoque la prolifération d'algues et d'autres végétaux qui appauvrissent le milieu en oxygène. Ces substances sont introduites par les eaux usées urbaines, l'agriculture littorale, la pollution industrielle et les dépôts atmosphériques.

Une étude océanographique menée en 2006 par l'Institut finlandais de recherche marine et l'Institut finlandais de l'environnement témoigne d'une raréfaction de la faune dans le Golfe de Finlande. Les mesures physico-chimiques font état d'une concentration en oxygène très faible dans les eaux profondes. Le mélange vertical des eaux est très limité ce qui provoque une raréfaction de l'oxygène en profondeur au profit d'autres gaz comme le sulfure d'hydrogène. Les concentrations en phosphore ont également augmenté et provoqué la multiplication des algues. Les concentrations en phosphore mesurées cette année étaient dans la plupart des cas plus hautes que celles mesurées l'été passé.
En outre la surveillance biologique de la faune profonde a donné les plus mauvais résultats observés jusqu'à présent. Une faune abondante et diversifiée n'a été trouvée qu'en 4 points d'observation sur les 47 étudiés. Pas moins de 37 points de mesure étaient entièrement exempts d'animaux. Sachant que la faune profonde est un bon indicateur de l'état à long terme du fond de mer et particulièrement des changements du régime de l'oxygène, ces résultats sont inquiétants.

"Il y a un siècle il y avait environ 100.000 phoques gris dans la Baltique. Dans les années 1980 leur population était tombée à 2.000-3.000", explique Iwona Pawliczka, biologiste à la station maritime de recherche de l'Université de Gdansk sur la presqu'île de Hel.

"Nous ne connaissons pas toutes les raisons pour lesquelles les phoques ont disparu de la côte polonaise de la Baltique", dit-elle ajoutant que les pollutions chimiques, qui ont rendu les femelles stériles, ainsi que la chasse ont contribué à décimer ces mammifères.
Près de la Suède, dans le nord de la Baltique, on compte à présent environ 20.000 individus mais au sud, sur la côte polonaise, il n'en reste que quelques dizaines, précise Mme Pawliczka.

La situation du marsouin commun, petit cétacé autrefois répandu dans toute la Baltique, est encore plus précaire. La chasse, les filets de pêche, les produits chimiques et la pollution sonore l'ont pratiquement exterminé. Les experts en ayant répertorié moins de 250 dans les eaux de la Baltique, ils sont considérés comme une espèce en grand danger.

Au risque majeur identifié de l’eutrophisation, il faut ajouter une surexploitation piscicole, les menaces liées aux substances dangereuses et les risques liés au trafic maritime en expansion, ainsi que les rejets pétroliers ou chimiques. Ainsi, pas plus tard que cette semaine, un navire finlandais a perdu quatre conteneurs dans la mer Baltique, dont l’un est rempli de matières dangereuses à savoir des tonnes de substances inflammables et nocives pour l’environnement marin, sans compter d’autres produits polluants.
L’accident s’est produit ce dimanche 7 février dans les eaux internationales, au sud de l‘île suédoise de Gotland. Parti de Rotterdam, le cargo se rendait à Saint-Pétersbourg en Russie.
Embarqués à bord d’un avion et armés de radars et de caméras, des garde-côtes suédois ont tenté toute la matinée de repérer les conteneurs égarés. Sans succès.
Pour l’heure, on ne sait donc pas quelle quantité de déchets toxiques s’est répandue dans la mer.
Quant aux causes de l’accident, les autorités finlandaises devraient ouvrir une enquête dans les jours à venir.

Dans un registre identique, les possibles impacts environnementaux du projet de construction entre la Russie et l'Allemagne du gazoduc NordStream sur le fond maritime ont créé des controverses entre pays riverains.

"Les lois et réglementations sont essentielles mais si les gens n'ont pas conscience des effets de leurs actions sur l'environnement, les réglementations resteront inefficaces", insiste le professeur Maciej Wolowicz.

La directrice du centre de recherche marine auprès de l'Institut finlandais de l'environnement (SYKE), Mari Walls, conserve cependant une part d’optimisme et reconnaît que la mer propose paradoxalement des solutions écologiques innovantes. Les innovations dans les domaines par exemple du recyclage des eaux usées ou de la sécurité maritime mais également l’utilisation des algues issues de l’eutrophisation seront ainsi au cœur des discussions des quelque 400 délégués -leaders politiques, entrepreneurs, chercheurs et membres de la société civile- attendus à Helsinki.

Etendre le système WQT pour lutter contre la pollution des océans

Personne ne croyait Al Appleton dans les années 1980, quand il a commencé à exposer à la ville de New York son projet ‘WQT’(Water Quality Trading). Il s’agit d’un système qui vise à réduire la pollution dans les rivières et les lacs en donnant une aide financière aux agriculteurs qui acceptaient d’adopter une attitude non polluante dans leurs exploitations.
Il faisait valoir à l’époque que cela ferait économiser plusieurs milliards de dollars de travaux de filtration à la ville, ce qui a été vérifié depuis.
Au vue de la dégénération des récifs coralliens et d’autres écosystèmes océaniques, l’idée serait maintenant d’étendre ce modèle d’action aux zones côtières.
Si les scientifiques pensent que cela pourrait fonctionner, il convient de prendre en compte des particularités propres à l’océan que n’ont pas les lacs et rivières, et en particulier la taille.
De plus, réunir toutes les industries impliquées dans la pollution des océans dans ce système est un grand défi tellement la pollution marine est presque impossible à tracer.
Cette difficulté à évaluer avec exactitude les sources de pollution de l'eau pourrait ralentir le développement de l’action, mais on estime que cela peut être surmonté en encourageant autant d'intervenants que possible à rejoindre cette initiative notamment en commençant par les bassins intérieurs et les voies navigables.

mercredi 10 février 2010

L’accès à l’eau : défi majeur de l’Inde

La situation de l’accès à l’eau en Inde devient de plus en plus problématique chaque jour. Les besoins en eaux sont énormes tant pour les cultures, les industries que pour la population. L’accès à l’eau devient un enjeu majeur tant sur le plan économique que géopolitique que sur le plan du développement à proprement parler. Le collectif 2030 water resource group estime que si, d’ici 2030, de sérieux changements ne sont pas mis en place, le pays ne pourra plus subvenir qu’à la moitié de ses besoins.
La grande pollution industrielle et domestique des rivières rend l’eau impropre à la consommation, le pompage excessif qui épuise les nappes souterraines mais aussi la vétusté du réseau de distribution et les complexités de gestion sont autant se facteurs qui rendent l’accès à l’eau de plus en plus difficile. La qualité de l’eau s’en ressent énormément.
Le gouvernement indien a commencé à prendre diverses mesures de restriction pour ne pas faire face à ce problème : rationnement de l’eau à Bombay ou à New Dehli où il n’est possible de n’avoir de l’eau seulement deux heures par jour, installation de système de collecte d’eau de pluie, assainissement par les plantes, réaménagement des systèmes de distribution …
Et le combat pour l’eau ne fait que commencer. La population, les industriels, le gouvernement et les pays limitrophes – dont la Chine, notamment, qui contrôle, en amont la plupart des rivières de l’Inde– se livrent une guerre sans merci où l’accès à l’eau devient l’enjeu majeur.

Explication sur le mystère du lac de Génos-Loudenvielle

Depuis quelques jours, le niveau du lac de Génos-Loudenvielle s'abaisse et sur les berges, le paisible promeneur est intrigué. C'est qu'il a été décidé d'anéantir, par un procédé simple, écologique, naturel et sans herbicides, les plantes aquatiques qui abondent et envahissent les hauts fonds du lac. En effet, en cette période de froidure, les plantes, qui ne sont plus protégées par l'eau, sont exposées au gel qui devrait détruire leurs parties végétatives et peut-être leurs racines. Ces plantes prospèrent sur les bords immergés du lac dont le fond est riche en alluvions apportées par la Neste et où la lumière pénètre en raison du peu de profondeur. Ce n'est donc pas la pollution qui accélère leur développement, car les cours d'eau du Haut-Louron ne reçoivent plus d'effluents polluants depuis la mise en service de la station d'épuration du Pont d'Estagnon en 2005. Les eaux usées de Val-Louron, de Peyragudes, de Loudenvielle et de Génos sont acheminées et traitées dans cette même station d'épuration.
D'autre part, cette baisse de niveau du lac est effectuée sous surveillance, en coordination avec la SHEM (Société hydroélectrique du Midi) qui gère le débit et les Coteaux de Gascogne, société qui surveille l'alimentation du canal de la Neste approvisionnant le piémont.
Voilà l'explication de la baisse de niveau du lac de Génos-Loudenvielle. Et maintenant, en lecteurs informés, « faisons fi » des fausses idées qui racontent que les eaux du lac de Génos-Loudenvielle alimenteraient les canons à neige des stations de ski de la Vallée du Louron !

Source : La Depeche

mardi 9 février 2010

Recherche : collecter l’eau grâce aux araignées

En observant de plus près les toiles d‘araignée, on s’est s’aperçoit qu’elles possèdent une propriété particulière : elles peuvent collecter l’eau. Qui ne s’est jamais extasié devant ces colliers de rosée ? …
Le principe a été étudié par des chercheurs chinois qui ont travaillé à reproduire ce procédé à l’usage de l’homme. La structure du fil de la toile d’araignée est comme un collier de perles qui, au contact de l’eau contenu dans l’air, vont soudainement se rétrécir et prendre la forme de nœuds en forme de fuseaux sur lesquels la vapeur d’eau va se condenser. C’est ce qu’on observé des chercheur chinois grâce à leurs microscopes électroniques.
Suite à cette découverte, Lei Jiang, du laboratoire national pour les sciences moléculaires de Pékin a reproduit un fil synthétique qui possède les mêmes propriétés. Ce processus, produit à une échelle industrielle pourrait permettre d’envisager dans le futur une nouveau moyen d’avoir de l’eau en récoltant celle qui est présente dans l’air. Des installations de ce type sont actuellement en train d’être aménagées dans les régions arides des Andes chiliennes.

Vers l’élaboration d’une cartographie des zones inondables en Algérie

Une cartographie de toutes les zones inondables en Algérie est en voie d’élaboration pour définir les zones à risques, a affirmé à Alger le directeur de l’assainissement et de la protection de l’environnement auprès du ministère des Ressources en eau, M. Hacen Aït Amara.
«La réalisation de cette carte est une nécessité impérieuse et d’une grande importance non seulement pour le secteur des ressources en eau, mais également pour celui de l’habitat car elle permettra d’identifier les zones inondables», a-t-il expliqué sur les ondes de la radio nationale. Il a ajouté dans ce sens que l’Etat a réservé une enveloppe qui avoisine les 40 milliards de DA dans le cadre du programme quinquennal 2010/2014 pour protéger les villes algériennes des inondations. Des systèmes de protection ont ainsi été mis en place pour sécuriser certaines régions à risque, a fait savoir le même responsable, soulignant à titre d’exemple qu’une infrastructure chargée de mobiliser et de capter toutes les eaux venant du massif de Bouzareah pour les envoyer en mer, sera mise en service dans le prochain mois (février) : «Cette réalisation permettra de sécuriser la partie centre de Bab El Oued».
M. Amara a également avancé qu’un autre projet pour sécuriser la ville de Sidi Bel Abbès et stopper les eaux qui viennent de l’oued Mekerra est en voie d’achèvement. S’agissant du grand projet de lutte contre le phénomène de la remontée des eaux dans la cuvette de Ouargla et d’El Oued et qui a coûté 60 milliards de DA, le même responsable a souligné que sa réception totale est prévue pour le 1er trimestre 2010.Abordant le projet de transfert des eaux traitées de l’oued El Harrach (Alger), dont la capacité est estimée à 70 millions de m3, vers le barrage de Douéra pour leur réutilisation dans l’agriculture, sa mise en service est «imminente», selon lui. Par ailleurs, un «programme ambitieux» de réalisation d’installations d’épuration a été initié, a indiqué le directeur de l’assainissement, soulignant que 40 stations d’épuration des eaux usées seront réalisées dans le cadre du programme quinquennal 2010/2014 pour lesquelles un budget de 80 milliards de DA a été dégagé. Le montant global alloué à la réalisation des actions retenues dans la stratégie du secteur en matière de l’épuration des eaux usées au cours de ces dernières années s’élève à plus de 200 milliards de DA, a-t-il précisé. Le parc des stations d’épuration des eaux usées opérationnelles dépasse, actuellement, les 100 stations, a-t-il fait savoir, soutenant que l’Algérie dispose d’une capacité installée de plus de 550 millions de m3/an au moment où le volume des eaux usées rejetées à l’échelle nationale est estimé à près de 750 millions de m3. «Sur la capacité installée, nous produisons entre 40 et 50%, soit un volume qui avoisine les 300 millions de m3, destinés exclusivement à l’irrigation», a-t-il ajouté. Il a assuré que l’eau épurée dans ces stations ne pose aucun problème du point de vue qualité : «C’est une eau qui répond parfaitement aux normes établies par l’Organisation mondiale de la santé [OMS]», a-t-il souligné, ajoutant que chaque station dispose d’un laboratoire in situ pour analyser l’eau traitée.

Source : La Tribune

dimanche 7 février 2010

Chine : des carpes argentées pour nettoyer le lac Taihu

Des habitants des provinces orientales du Jiangsu, du Zhejiang, et de la municipalité de Shanghai, ont acheté 330 000 frais de carpe argentée pour aider à nettoyer le lac Taihu, troisième plus grand lac d'eau douce en Chine avec une superficie de 2 400 km² et pollué par les algues, ont annoncé lundi les autorités locales de la pêche.
Cette campagne de don a été lancée le 19 janvier par 20 organisations de médias locaux.
Les frais qui se nourrissent d'algue devraient être jetés dans le lac le 23 février, a indiqué Fan Xiao, responsable de l'Administration de la Pêcherie du lac Taihu.
Coûtant 0,6 yuan (0,09 dollars), une carpe argentée devrait manger près de 50 kg d'algues d'ici fin septembre 2010, quand elle pèsera de 1,5 à 2 kg.
"Quand j'étais petit, l'eau du Lac Taihu était pure, mais la qualité de l'eau s'est détériorée il y a plusieurs années", rappelle Zhao Meizhen, un enseignant retraité âgé de 90 ans, qui a acheté 500 frais.
Le gouvernement a commencé à utiliser des carpes argentées pour nettoyer le lac en février 2008, suite à une pollution endémique en 2007 provoquée par des algues vertes, ce qui a affecté l'approvisionnement d'eau potable pour les 17 millions d'habitants, a précisé Fan Xiao.
Les coûts de cette campagne sont partagés par les fonds du gouvernement et les donations publiques.
Cette année, les fonds du gouvernement sont estimés à 12 millions de yuans. "Le traitement biologique de l'algue a été prouvé comme efficace", a-t-il conclu.

Source : Xinhua

jeudi 4 février 2010

Sauver le Coorong : plus d'eau douce, moins de barrages

L'importance écologique de l'écosystème constitué par la lagune du Coorong et les lacs Alexandrina et Albert à l'embouchure du fleuve Murray a été reconnue par la convention internationale RAMSAR pour la protection des zones humides en 1985. Cependant la diminution du débit du Murray pendant les dernières décennies a fortement détérioré cet environnement unique dont dépendent de nombreuses colonies d'oiseaux aquatiques et d'oiseaux migrateurs.

La réduction du débit du Murray résulte de l'exploitation intensive du fleuve en amont pour alimenter les systèmes d'irrigation et de la sécheresse qui sévit depuis quelques années. Pour la première fois depuis 7000 ans le niveau des lacs Alexandrina et Albert se trouve au-dessous du niveau de la mer. Les eaux des lacs et de la lagune sont devenues tellement salines que de nombreuses espèces de plantes et de poissons ne peuvent plus y vivre. Les espèces d'oiseaux aquatiques natifs et les oiseaux migrateurs fréquentent donc beaucoup moins cette région. Des organismes marins et estuariens envahissent les eaux des lacs devenues plus salines et menacent la survie des espèces acclimatées à des eaux plus douces.

Des écologistes de l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, de l'Université d'Adélaïde et de l'Université Flinders ont publié un rapport qui rend compte de l'état de l'écosystème et examine les moyens d'arrêter sa détérioration. L'analyse indique qu'augmenter le débit du fleuve est le seul scénario qui permettra la survie à long terme de ces zones humides. Il faudrait une augmentation d'environ un tiers du débit naturel du fleuve Murray non loin de son embouchure par rapport au débit actuel, soit 3800 gigalitres supplémentaires par an.

Le rapport reconnait les aspects positifs de certaines mesures introduites par le gouvernement fédéral et par le gouvernement de l'Etat d'Australie Méridionale telles que le rachat d'allocations d'eau. Dans ce système, le gouvernement du Commonwealth rachète aux propriétaires leurs quotas d'eau et utilise cette eau pour améliorer le débit de certains cours d'eau. Par contre, le rapport recommande de ne pas poursuivre dans la voie des solutions "artificielles" - qui sont partiellement responsables du déclin écologique du Coorong - comme la construction de barrages et de canaux pour déconnecter ou connecter certaines composantes du système.

Selon les chercheurs, certaines mesures prises pour éviter la formation de sols acides sulfatés (comme la construction de barrages sur des cours d'eau douce) sans prendre en compte les autres problèmes écologiques auraient aggravé la situation.

Le rapport intitulé "Engineering a crisis in a Ramsar wetland: the Coorong, Lower Lakes and Murray Mouth Australia" peut être consulté en utilisant le lien internet suivant:

mardi 2 février 2010

Pollution de l’eau : la Chine condamne

Cinq personnes ont été condamnées dans l'est de la Chine à des peines de prison allant jusqu'à deux ans et cinq mois pour avoir déversé des déchets industriels et privé d'eau potable il y a un an une ville de cinq millions d'habitants, a rapporté Chine Nouvelle. Trois responsables d'une entreprise chimique de la ville de Huai'an, dans la province du Jiangsu, avaient fait appel en février dernier à deux hommes d'affaires pour se débarrasser de leurs déchets dans un canal d'irrigation connecté au réseau d'eau potable. Des habitants s'étaient plaints de la mauvaise odeur de l'eau du robinet, ce qui avait permis de découvrir l'origine de la pollution. La municipalité avait été obligée de cesser l'alimentation en eau potable pendant une semaine. Le tribunal a condamné les auteurs de la pollution vendredi, leur infligeant aussi une amende d'un million de yuans (100.000 euros) à la société pétrochimique, qui devra également verser 350.000 yuans de dommages et intérêts à la compagnie d'eau de la ville.

source AFP
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