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lundi 18 octobre 2010

La pollution sonore affecte la vie marine

Des scientifiques européens et américains pensent avoir découvert un moyen révolutionnaire de comprendre les effets des sons de haute intensité sur les mammifères marins, notamment les baleines et les dauphins. D'après les chercheurs, l'augmentation de transports maritimes, l'exploitation et la production pétrolières ainsi que les exercices militaires ont intensifié les niveaux de bruit dans l'océan ces dernières années. Leurs travaux portaient principalement sur l'utilisation de sonars, mais ils espèrent que les forces navales utiliseront à l'avenir leur logiciel pour décider du moment et du lieu où l'on peut utiliser un sonar en toute sécurité. Les résultats ont récemment été publiés dans la revue Public Library of Sciences (PLoS) ONE.

Des chercheurs de l'université de Californie à San Diego (UCSD), aux États-Unis et du zoo Kolmården, en Suède ont développé une méthode de surveillance des effets des sons sur les mammifères marins, laquelle intègre des méthodes informatiques avancées, des scanners de tomodensitométrie (TM) et des méthodes informatiques modernes.

Cette technologie permet aux scientifiques de simuler les sons propagés par le biais d'un spécimen virtuel et de révéler les interactions entre le son et les mammifères. Il leur donne également la possibilité d'étudier une image en trois dimensions (3D) de l'intérieur de la tête de ces mammifères, tels que la baleine de Cuvier (également connue sous le nom de baleine à bec d'oie), laquelle ressent les effets négatifs de la pollution sonore générée notamment par les sonars.

«Notre logiciel d'analyse numérique permet de mener des recherches fondamentales sur le mécanisme de la production sonore et l'ouïe de ces baleines, de simuler l'exposition aux niveaux de pression sonore qui serait irréalisable sur des animaux vivants, ou d'évaluer les diverses stratégies d'atténuation», expliquait le professeur Petr Krysl, un ingénieur structurel de l'UC San Diego qui a développé les méthodes informatiques pour ces recherches. «Nos recherches nous permettront de comprendre et, à terme, de réduire les effets potentiellement négatifs des sons de haute intensité sur les organismes marins», ajoutait-il.

«Les hommes exposent les animaux des océans du monde entier à une quantité de sons considérable; il s'agit d'un sérieux problème étant donné que de nombreux organismes marins ont recours à ces sons comme principale modalité sensorielle car la lumière pénètre très peu dans l'eau», expliquait le Dr Krysl. Les chercheurs ont concentré leurs recherches sur la baleine de Cuvier car «certaines se sont échouées et sont mortes en présence d'un sonar de la marine; par ailleurs, les découvertes concernant les mécanismes d'audition chez la baleine de Cuvier s'appliquent également au grand dauphin, certainement à tous les types de cétacés à dents et probablement à d'autres animaux marins.»

Le Dr Krysl expliquait que ce projet «a permis de faire des progrès considérables sur la biologie fondamentale des mammifères marins» étant donné que «l'ouïe est un sens essentiel pour la vie sous l'eau, où les animaux se servent de ce qu'ils entendent pour chasser, naviguer et également pour les interactions sociales». Cependant, ajoutait-il, la recherche de l'équipe a prêté une attention particulière à l'utilisation des sonars par la marine.

D'après les chercheurs de l'UCSD, la marine devait pouvoir répondre à des questions telles que la sûreté de l'utilisation des sonars et la minimalisation de leur impact sur la vie marine. Il ajoutait que «cela n'était pas envisageable sans comprendre la biologie et l'acoustique des habitants des océans», d'où l'importance de ses recherches.

L'étude était en partie parrainée par l'US Chief of Naval Operations (CNO), et le Dr Krysl expliquait que son équipe poursuivrait «ses recherches sur la baleine de Cuvier et mènerait des expériences de validation sur le grand dauphin». Il ajoutait qu'il prévoyait «de perfectionner la modélisation qui permettra à l'équipe d'étudier l'intégralité de la voie sonore de l'eau de mer à l'entrée dans la cochlée» et déclarait que ces projets «répondaient à plusieurs objectifs importants du projet de la marine consistant à mieux comprendre la démographie, les seuils d'exposition acoustique et des stratégies d'atténuation pour les ressources marines vivantes.

Source : Université de Californie, San Diego
http://www.ucsd.edu/

dimanche 10 octobre 2010

Collision entre deux navires au large des Pays-Bas, une fuite de kérosène détectée

Un tanker grec transportant du carburant et un bateau porte-conteneurs chypriote sont entrés en collision à près de 30 kilomètres de la côte néerlandaise à Scheveningen, entraînant le déversement de kérosène dans la mer, d’après ce que les gardes-côtes des Pays-Bas ont déclaré mardi.
Peter van Oorschot, porte-parole des gardes côtes nationaux a déclaré que le tanker Mindoro présentait un trou de cinq à six mètres de diamètre, juste au-dessus de sa ligne d’eau, duquel s’échappe du kérozène.
« La fuite est désormais stoppée, ils ont pompé le carburant du compartiment qui fuyait dans un autre réservoir sur le bateau. Il reste une nappe de carburant sur l’eau et elle risque d’exploser à tout moment » a déclaré Peter van Oorschot.
Le kérozène flotte sur l’eau sur une zone de trois kilomètres sur un demi kilomètre, mais un navire de dispersion du pétrole présent sur les lieux a déclaré qu’il n’était pas nécessaire de nettoyer le pétrole puisqu’il devrait s’évaporer naturellement.
Peter van Oorschot n’a pas été en mesure de dire quelle quantité de kérozène le tanker transportait ni combien il en avait perdu, mais il a ajouté que seulement une petite quantité de kérozène semblait s’être déversée dans la mer.
Il a ajouté que le temps était clair, le vent modéré et que les vagues mesuraient un peu moins d’un mètre.
Mariska Verbeij au Ministère des Transports des Pays-Bas a indiqué qu’il n’y avait pas de danger pour la santé publique ou l’environnement.
Le porte-parole de la police, Ed Kraszewski a indiqué que la cause de la collision n’était pas encore connue et qu’une enquête pourrait prendre au moins plusieurs jours.
Les autorités néerlandaises tentaient d’amener le tanker, qui est actuellement ancré sur le site de l’accident, au port d’Amsterdam ou de Rotterdam d’ici demain.
Le bateau chypriote Jork Ranger compte une équipe de douze personnes et a été autorisé à continuer son trajet en direction de Rotterdam après l’accident.
Le tanker grec faisait route vers Scheveningen avant d’aller jusqu’à Amsterdam, où se trouve l’aéroport de Schiphol.
La police est actuellement à bord du tanker pour interroger l’équipage et vérifier les instruments du navire et commencera une enquête dans le navire chypriote lorsqu’il aura atteint le port de Rotterdam.
La Mer du Nord abrite certaines des voies de navigation les plus empruntées du monde, et Rotterdam est l’un des plus grands ports d’Europe, mais aucun délai de livraison n’a été signalé jusqu’à présent, d’après la police.
Un porte-parole du port de Rotterdam a déclaré que le bateau chypriote était en route pour Rotterdam depuis Saint Petersburg.

Source AFP

jeudi 11 février 2010

La mer Baltique : une eau en danger

L’ouverture aujourd'hui du sommet d’Helsinki rassemblant les 9 pays riverains de la mer baltique nous donne l’occasion de porter notre attention sur cette mer en péril. Le constat de la forte vulnérabilité de cette petite mer n’est pas nouveau et pourtant peut-on véritablement parler de progrès ?

La mer Baltique est une petite mer contiguë à l’Océan Atlantique. C’est une mer semi-fermée très peu profonde La Baltique recouvre avec le Kattegat une superficie totale d’environ 450 000 kilomètres carrés, avec un volume aquatique de 21 700 km³. Considérant ces caractéristiques certains la considère plus comme un grand Lac que comme une mer.

Ainsi, alors que l'océan Atlantique bénéficie d'un brassage perpétuel de ces eaux, les mers telles que la mer Baltique ou la mer Méditerranée sont cernées de côtes surpeuplées et polluantes. Si la mer Méditerranée échappe à ce phénomène d’étouffement grâce à un volume d'eau important lié à sa profondeur (1000 mètres), la mer Baltique avec une profondeur moyenne de 56 mètres peut être considérée d’avantage comme un lac et certains experts estiment à presque 30 ans le temps nécessaire pour renouveler la totalité de ces masses d'eau. De plus, en raison des conditions physiques particulières qui y règnent (salinité et oxygénation), l'écosystème marin de la Baltique est très vulnérable. Les eaux peu profondes, enclavées et saumâtres de la Baltique sont particulièrement vulnérables à la pollution car elles mettent beaucoup plus longtemps que les autres mers pour éliminer les substances toxiques. Ainsi, toute perturbation de l'environnement due aux activités humaines à des effets gravement préjudiciables. Les activités des 85 millions de riverains qui peuplent son bassin versant, qui s’étend sur des Etats fortement industrialisés qui au demeurant pratiquent l’agriculture intensive, représentent un risque majeur pour cet écosystème marin.

Le président et le Premier ministre finlandais Tarja Halonen et Matti Vanhanen ont donc convoqué un nouveau Sommet pour tenter de débloquer la situation entre les neuf pays riverains : Russie, Finlande, Suède, Danemark, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Allemagne. Ont également été invités la Norvège en tant que voisin et contributeur aux efforts d'assainissement de la Baltique, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, des responsables de milieux d'affaires, ainsi que des ONG. Au total, ce sont environ 400 personnes qui sont attendues à Helsinki. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a annoncé sa participation, ainsi que ses homologues estonien, norvégien et danois. La Lettonie et la Lituanie seront représentées par leur président et la Suède le sera plus symboliquement par son roi Carl XVI Gustaf.
Après l'échec du sommet de Copenhague sur le climat, le sommet de la Baltique veut "se concentrer sur la mise en œuvre et l'action", plutôt que d'être une plate-forme de négociation, ou d'accoucher d'une simple déclaration, a affirmé Jari Luoto, l'ambassadeur finlandais pour la Baltique.

En août 1970, conscients que les mesures nationales ne suffiraient pas à protéger ce milieu marin des représentants de tous les États riverains de la Baltique se sont réunis pour la première fois dans le cadre d’une conférence traitant de la lutte contre la pollution de cette mer par les produits pétroliers. À la suite de la conclusion de la «Convention de Gdansk sur la pêche et la conservation des ressources vivantes de la mer Baltique» en octobre 1973, la capture des principales espèces de poissons de la Baltique a été réglementée au niveau international par la Commission internationale de la pêche en mer Baltique, créée entre-temps et dont le siège est à Varsovie. Elle utilise comme fondement scientifique les données du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) provenant d’estimations effectuées sur certains stocks de poissons de la Baltique. Les Etats de la Baltique ont adopté, sur la base d’un projet finlandais, en 1974 la Convention d'Helsinki (Convention sur la protection de l'environnement marin de la zone de la mer Baltique), entrée en vigueur en 1980 et renforcée en 1992. Ce programme commun d'action globale en faveur de l'environnement de la mer Baltique a répertorié 132 sites et zones particulièrement polluants dans le bassin. Sur la liste figurent de nombreuses sources de pollution à la fois urbaine et industrielle, notamment plusieurs grandes villes, qui contaminent la mer Baltique par l'intermédiaire de leurs cours d'eau. Si la situation s’est quelque peu améliorée, le nombre de sites critiques étant passés de 132 à 89, grâce à d’importants investissements, le constat demeure cependant inquiétant.

La Commission d’Helsinki pour la protection de la mer Baltique (HELCOM) établit tous les cinq ans des comptes-rendus périodiques sur l’état de la mer Baltique. Les Etats riverains de la Baltique et l'UE, sont certes parvenus à un consensus sur leur volonté d’assainir la mer d'ici 2021, mais malgré cette volonté harmonieuse peine cependant à se concrétiser.

De par sa structure la mer baltique est sujette à la stratification thermique des masses d'eau. Ce phénomène, observé le plus souvent dans les lacs, limite le mélange des eaux froides profondes et des eaux plus chaudes de surface. Cette stratification créée des conditions favorables pour l'accumulation du phosphore en profondeur. Pour les chercheurs, un rétablissement plus permanent de la situation est possible seulement si les charges de phosphore et d'azote sont sensiblement réduites dans la mer Baltique entière ce qui sous-entend de limiter encore plus fortement les rejets polluants des activités côtières.
Ainsi, selon le spécialiste de biologie marine de l'Université de Gdansk, le professeur Maciej Wolowicz, le plus grand danger est probablement un processus biologique complexe privant la Baltique de son oxygène, l'eutrophisation. "C'est comme une désertification du fond de la Baltique et c'est assez répandu", commente M. Wolowicz.

L'eutrophisation, qui provoque l'appauvrissement en oxygène des eaux profondes constitue un des principaux problèmes de cette mer quasi-fermée. Un excès de substances nutritives dans l'eau de mer tels que l'azote et le phosphore provoque la prolifération d'algues et d'autres végétaux qui appauvrissent le milieu en oxygène. Ces substances sont introduites par les eaux usées urbaines, l'agriculture littorale, la pollution industrielle et les dépôts atmosphériques.

Une étude océanographique menée en 2006 par l'Institut finlandais de recherche marine et l'Institut finlandais de l'environnement témoigne d'une raréfaction de la faune dans le Golfe de Finlande. Les mesures physico-chimiques font état d'une concentration en oxygène très faible dans les eaux profondes. Le mélange vertical des eaux est très limité ce qui provoque une raréfaction de l'oxygène en profondeur au profit d'autres gaz comme le sulfure d'hydrogène. Les concentrations en phosphore ont également augmenté et provoqué la multiplication des algues. Les concentrations en phosphore mesurées cette année étaient dans la plupart des cas plus hautes que celles mesurées l'été passé.
En outre la surveillance biologique de la faune profonde a donné les plus mauvais résultats observés jusqu'à présent. Une faune abondante et diversifiée n'a été trouvée qu'en 4 points d'observation sur les 47 étudiés. Pas moins de 37 points de mesure étaient entièrement exempts d'animaux. Sachant que la faune profonde est un bon indicateur de l'état à long terme du fond de mer et particulièrement des changements du régime de l'oxygène, ces résultats sont inquiétants.

"Il y a un siècle il y avait environ 100.000 phoques gris dans la Baltique. Dans les années 1980 leur population était tombée à 2.000-3.000", explique Iwona Pawliczka, biologiste à la station maritime de recherche de l'Université de Gdansk sur la presqu'île de Hel.

"Nous ne connaissons pas toutes les raisons pour lesquelles les phoques ont disparu de la côte polonaise de la Baltique", dit-elle ajoutant que les pollutions chimiques, qui ont rendu les femelles stériles, ainsi que la chasse ont contribué à décimer ces mammifères.
Près de la Suède, dans le nord de la Baltique, on compte à présent environ 20.000 individus mais au sud, sur la côte polonaise, il n'en reste que quelques dizaines, précise Mme Pawliczka.

La situation du marsouin commun, petit cétacé autrefois répandu dans toute la Baltique, est encore plus précaire. La chasse, les filets de pêche, les produits chimiques et la pollution sonore l'ont pratiquement exterminé. Les experts en ayant répertorié moins de 250 dans les eaux de la Baltique, ils sont considérés comme une espèce en grand danger.

Au risque majeur identifié de l’eutrophisation, il faut ajouter une surexploitation piscicole, les menaces liées aux substances dangereuses et les risques liés au trafic maritime en expansion, ainsi que les rejets pétroliers ou chimiques. Ainsi, pas plus tard que cette semaine, un navire finlandais a perdu quatre conteneurs dans la mer Baltique, dont l’un est rempli de matières dangereuses à savoir des tonnes de substances inflammables et nocives pour l’environnement marin, sans compter d’autres produits polluants.
L’accident s’est produit ce dimanche 7 février dans les eaux internationales, au sud de l‘île suédoise de Gotland. Parti de Rotterdam, le cargo se rendait à Saint-Pétersbourg en Russie.
Embarqués à bord d’un avion et armés de radars et de caméras, des garde-côtes suédois ont tenté toute la matinée de repérer les conteneurs égarés. Sans succès.
Pour l’heure, on ne sait donc pas quelle quantité de déchets toxiques s’est répandue dans la mer.
Quant aux causes de l’accident, les autorités finlandaises devraient ouvrir une enquête dans les jours à venir.

Dans un registre identique, les possibles impacts environnementaux du projet de construction entre la Russie et l'Allemagne du gazoduc NordStream sur le fond maritime ont créé des controverses entre pays riverains.

"Les lois et réglementations sont essentielles mais si les gens n'ont pas conscience des effets de leurs actions sur l'environnement, les réglementations resteront inefficaces", insiste le professeur Maciej Wolowicz.

La directrice du centre de recherche marine auprès de l'Institut finlandais de l'environnement (SYKE), Mari Walls, conserve cependant une part d’optimisme et reconnaît que la mer propose paradoxalement des solutions écologiques innovantes. Les innovations dans les domaines par exemple du recyclage des eaux usées ou de la sécurité maritime mais également l’utilisation des algues issues de l’eutrophisation seront ainsi au cœur des discussions des quelque 400 délégués -leaders politiques, entrepreneurs, chercheurs et membres de la société civile- attendus à Helsinki.

Etendre le système WQT pour lutter contre la pollution des océans

Personne ne croyait Al Appleton dans les années 1980, quand il a commencé à exposer à la ville de New York son projet ‘WQT’(Water Quality Trading). Il s’agit d’un système qui vise à réduire la pollution dans les rivières et les lacs en donnant une aide financière aux agriculteurs qui acceptaient d’adopter une attitude non polluante dans leurs exploitations.
Il faisait valoir à l’époque que cela ferait économiser plusieurs milliards de dollars de travaux de filtration à la ville, ce qui a été vérifié depuis.
Au vue de la dégénération des récifs coralliens et d’autres écosystèmes océaniques, l’idée serait maintenant d’étendre ce modèle d’action aux zones côtières.
Si les scientifiques pensent que cela pourrait fonctionner, il convient de prendre en compte des particularités propres à l’océan que n’ont pas les lacs et rivières, et en particulier la taille.
De plus, réunir toutes les industries impliquées dans la pollution des océans dans ce système est un grand défi tellement la pollution marine est presque impossible à tracer.
Cette difficulté à évaluer avec exactitude les sources de pollution de l'eau pourrait ralentir le développement de l’action, mais on estime que cela peut être surmonté en encourageant autant d'intervenants que possible à rejoindre cette initiative notamment en commençant par les bassins intérieurs et les voies navigables.

mercredi 30 septembre 2009

Le piratage écologique : une nouvelle menace pour les mers


Après des mois d'investigations, la justice vient de mettre la main sur la première preuve concrète de l'existence d'un trafic mafieux de déchets toxiques en Méditerranée.
L'épave en question, contenant a priori 120 bidons de déchets radioactifs, a été retrouvée début septembre, à 500 m de profondeur au large des côtes de Calabre. Depuis des années, des associations de défense de l'environnement et des magistrats enquêtent sur ce business: la 'Ndrangheta (mafia calabraise) est soupçonnée de se faire payer pour se débarrasser en mer de déchets hautement toxiques.
Sa technique ? Racheter de vieux navires, les remplir de déchets puis les couler au large, avec de la dynamite. Malgré de nombreuses pistes, jamais personne n'avait mis la main sur une épave, si bien qu'au fil des années, l'existence de ce trafic semblait presque être un fantasme. L'affaire semble maintenant bien réelle. D'autant que c'est le témoignage d'un repenti, Francesco Fonti, qui a permis de trouver cette première épave - dont l'identification doit encore être confirmée par des tests scientifiques.
Dès 2006, Francesco Fonti a avoué avoir participé au sabordage de trois bateaux chargés de déchets toxiques. Il y aurait donc au moins deux autres cargos à retrouver... Et même plus ! "Nous estimons que la mafia a dû couler au moins une trentaine de bateaux, avance Sebastiano Venneri, vice-président de Legambiente, association écolo qui dénonce ce business depuis 1994. À la lumière de cette découverte, toutes les enquêtes doivent maintenant être réouvertes."
Principale difficulté ? Les recherches en mer sont coûteuses et fastidieuses. "C'est aussi une enquête de longue haleine car la N'drangheta n'est que le dernier maillon de la chaîne. Ce n'est pas la mafia qui produit les déchets et qui les fait arriver jusqu'ici. C'est elle qui les fait disparaître. Elle offre des moyens logistiques pour un trafic d'envergure internationale", précise le procureur Bruno Giordano.
"Cette méthode de sabordage de bateaux a surtout été utilisée en Méditerranée dans les années 80-90", ajoute-t-il. Maintenant, "le trafic de déchets continuerait ailleurs", au large de l'Afrique ou sur la terre ferme, selon lui. Au-delà de l'enquête, la découverte de cette épave soulève des questions environnementales. Si le danger pour les baigneurs semble écarté, la chaîne alimentaire, à travers les poissons, a pu être contaminée. Et on peut craindre le pire quant à ce qui repos au fond des océans.




dimanche 30 août 2009

En Bretagne, les autorités publiques bataillent contre l’algue tueuse

Les algues peuvent-elles tuer ? La mort d'un cheval sur le littoral des Côtes-d'Armor, fin juillet, dans une zone où prolifèrent des algues vertes et où plusieurs incidents ont déjà eu lieu, a ramené le projecteur sur le phénomène des marées vertes, sensible depuis les années 1970 dans plusieurs régions du monde, notamment en Bretagne.
L'état et les collectivités locales mènent depuis 10 ans des actions préventives pour tenter d’enrayer ce phénomène. Le 7 aout, a l’occasion d’une conférence sur le sujet la préfecture des Côtes d'Armor a rappelé que ce phénomène apparaît chaque année de mai à octobre. Selon la préfecture la prolifération de ces algues sur ce littoral est due à la combinaison de 3 facteurs. D’une part, la topographie de la Baie de Saint Brieuc ou de Saint-Michel en Grève, qui sont des baies fermées. D’autre part, une température de l'eau, un éclairement suffisant et le fait que les baies sableuses peu profondes sont ainsi des sites particulièrement favorables au développement des algues vertes. Enfin, la présence d’une surcharge d’azote dans l’eau des rivières qui se jettent dans ces baies. L'apport azoté sur les sols trop souvent plus important que les possibilités d'absorption réelles des plantes, entraine le surplus d'azote a ruisselé vers les rivières et a entraîné leur surcharge en azote. Cet azote s'est logiquement retrouvé rejeté en mer ce qui permet aux algues vertes de proliférer.
Fort de ces constats, l’autorité publique a souligné qu’en Bretagne, la lutte contre le développement du phénomène des algues vertes s'inscrit dans le cadre plus général de la reconquête de la qualité de l'eau. La politique que l'Etat a développé depuis plus de 10 ans a permis de mettre en place un certain nombre d'outils pour reconquérir cette qualité de l'eau et donc agir sur le phénomène des algues vertes.
Enfin la préfecture à profiter de cette occasion pour énoncer les 6 axes d’interventions développés par les autorités dans son action de reconquête.

1 - Les programmes d'action Directive Nitrates :
Ces programmes visent à mieux protéger les eaux contre la pollution par les nitrates d'origine agricole.
Ces programmes ont imposé aux exploitants agricoles, depuis 1996, une quinzaine de mesures dont le but est de limiter les taux de nitrates dans les rivières : limitation des apports azotés sur certaines zones du département (zone d'excédent structurel : limitation de l'apport à 170 ou 140 unités d'azote par hectare), limitation d'extension des cheptels sur certains secteurs sensibles, obligation de stockage des effluents d'élevage... Le 4ème plan d'actions signé par le Préfet le 29 juillet 2009 renforce ce dispositif en prévoyant notamment la mise en place de bandes enherbées ou boisées le long de tous les cours d'eau, la couverture hivernale des sols en zone vulnérable...

2 - Les programmes d'action Bassins Versants contentieux
Programme d'actions mis en oeuvre dans 9 bassins versants bretons dont 6 dans les Côtes d'Armor suite au contentieux ouvert par la commission européenne contre la France portant. Ce programme vise en particulier à limiter sur ces zones, les apports d'azote.

3 - La mise en place de moyens incitatifs : les mesures agri-environnementales (MAE)
- mise en place d'aides financières à l'attention des exploitants agricoles afin de modifier leur système d'exploitation et ainsi utiliser moins d'azote :
- favoriser l'agriculture biologique
- favoriser le développement d'un système d'élevage fondé sur le fourrage plus économe en apport d'engrais (azote)

4 - Les contrôles des exploitations agricoles
L'Etat a fortement renforcé le contrôle des exploitations agricoles : 1500 exploitations vérifiées chaque année sur l'ensemble du département sur 9 000 exploitations
- 16% des exploitations costarmoricaines sont contrôlées chaque année par 20 inspecteurs de l'Etat

5- Les actions d'accompagnement et de soutien des collectivités
L'Etat sensibilise chaque année les acteurs intervenant en matière de ramassage des algues vertes sur les aspects sanitaires de ce phénomène par l'envoi annuel aux communes littorales et aux professionnels du secteur de conseils et de recommandations, ainsi que de consignes pour l'information du public.
Les maires, en tant qu'autorité de police sur le territoire communal, organisent avec efficacité depuis de longues années cette collecte et ont pris les mesures de prévention et de réglementation des zones touchées par les algues vertes.

6-L'accompagnement financier des communes par l'Etat
L'Etat a ouvert la possibilité pour les communes concernées de recevoir des subventions d'investissement afin de participer au financement d'équipement nécessaire à la collecte et au traitement des algues échouées.
Espérons que ces actions seront efficaces, mais en ce qui nous concerne, il nous semble que le volet sensibilisation et accompagnement pédagogique de la filière agricole est un peu faible…

vendredi 21 août 2009

L'agonie de la mer Morte


Entre la Jordanie et Israël apparaissent les rives de la mer Morte. Elle expire là, sous un soleil de plomb, abreuvée d’un flot de baigneurs indolents, incapables de la moindre brasse dans cette eau dont le taux de salinité, 33 %, est dix fois plus élevé que dans les océans. Une goutte dans les yeux brûlerait comme de l’acide. Mais pour la peau, cette concentration unique de minéraux et de micro-organismes possède toutes les vertus. L’air y est aussi plus pur qu’ailleurs, la pollution quasi inexistante. Un monde à part, qui peu à peu s’évapore, ne recueillant de sa source que des larmes : le fleuve Jourdain s’épuise à irriguer l’agriculture, l’industrie, les villes.
À cela s’ajoutent le réchauffement climatique et surtout l’exploitation de la potasse, qui engloutit chaque année 300 millions de mètres cubes d’eau, soit un quart des pertes de la mer Morte. Alors, bien sûr, le niveau descend – de 1 mètre par an, c’est le plus bas du globe, à moins 420 mètres – et la terre, bouleversée, se venge. Depuis les années quatre-vingt, le sol s’affaisse, criblant les côtes de cratères bouillonnant d’eau sale. Peut-on ressusciter la mer Morte ? Le projet pharaonique d’un canal creusé sur 200 kilomètres jusqu’à la mer Rouge pourrait renflouer ce « grand lac », tout en approvisionnant par dessalement les pays riverains. Cette solution inquiète pourtant les écologistes pour qui seule la réhabilitation du Jourdain peut éviter un désastre.

mercredi 19 août 2009

Création d'un réseau méditéranéen de lutte contre la pollution marine.

Des enquêteurs et des procureurs de neufs pays de la côte méditerranéenne ont récemment rassemblé leurs efforts pour intensifier la lutte contre la pollution marine.
La première réunion officielle du Réseau méditerranéen des procureurs, tenue en juin dans les bureaux de Marseille de la Banque mondiale, a insufflé une nouvelle dynamique afin d’encourager l’application de la législation et des traités environnementaux. Ces derniers prévoient des dispositions permettant d’éviter la pollution marine de sources terrestre, navale et aérienne.
Cette réunion a bénéficié de l’appui de la Banque mondiale, par l'intermédiaire de son Programme d'assistance technique sur l’environnement en Méditerranée, aussi appelé METAP, et a été organisée en partenariat avec le ministère français de la Justice et l’Organisation internationale de droit du développement. Cette réunion a permis de rassembler des représentants venant d’Algérie, d’Égypte, d’Espagne, de France, d’Italie, de Malte, du Maroc, de Tunisie et du Liban. La promotion de la coopération régionale et la mise en application des dispositions prévues dans les traités existants constituent les principaux objectifs de ce nouveau réseau.
« Les instruments juridiques ont longtemps été au centre de l’attention. Mais il est à présent urgent de commencer à collaborer pour s’assurer que ces lois soient mises à profit et soient respectées », a affirmé Dominique Bichara, conseillère juridique principale à la Banque mondiale chargée des régions de l’Europe de l’Est, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Il y a quinze ans, très peu de pays méditerranéens se souciaient de la préservation des zones côtières. Aujourd’hui, tous les pays disposent d’agences et d’un ministère de l’environnement, ainsi que d’une législation environnementale, et ceci est partiellement le fruit du travail du Programme d'assistance technique sur l’environnement en Méditerranée.
L’application des lois environnementales reste cependant inégale autour du bassin méditerranéen. Les juges, les procureurs et les enquêteurs sont souvent confrontés à un manque de formation, d’expérience, de capacités et d’équipements essentiels pour être en mesure de gérer des cas de plus en plus complexes. Ils ne disposent peut-être pas toujours des instruments nécessaires pour décourager les déversements dans la mer. Cette situation freine les efforts entrepris en matière de protection de la biodiversité dans la Méditerranée. En l’absence d’un système judiciaire robuste et de services chargés des enquêtes et des poursuites, les pollueurs continueront à déverser des déchets dans la mer et à chercher de nouvelles zones de déversement, a affirmé Mme Bichara.
À travers le partage de l’expérience et des pratiques d’excellence, le réseau de procureurs favorisera la collaboration entre les enquêteurs et les procureurs méditerranéens en vue de faire respecter les dispositions juridiques internationales.
Le réseau, qui se réunira annuellement, peut également aider à la création d’un système d’alerte contre les déversements d’hydrocarbures ou autres catastrophes. Enfin, le groupe pourrait également jouer un rôle important dans l’harmonisation des procédures et des sanctions sur l’ensemble de la région méditerranéenne afin d’éliminer les « paradis » des pollueurs.
« Sans conteste, le débat dans le domaine est désormais lancé tout comme existe la volonté d’accélérer l’application des mesures pour préserver la biodiversité de la Méditerranée. Les membres du réseau ont maintenant un nom, un numéro de téléphone et des coordonnées où les contacter, » a souligné Mme Bichara.
La Méditerranée constitue l’un des milieux naturels présentant la plus grande biodiversité de la planète. Cependant, l’accroissement de la population régionale exerce de plus en plus de pressions sur cet écosystème. A savoir que les 22 pays côtiers de la mer Méditerranée comptent plus de 400 millions d’habitants, dont 143 millions vivent sur le littoral.
Selon les estimations d’une étude de 2008, menée par la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement, environ 80 % de la pollution marine de la mer Méditerranée est d’origine terrestre. D’après la même étude, plus de la moitié des zones urbaines du littoral dotées d’une population supérieure à 100 000 habitants ne disposent pas d’usines de traitement des eaux et déversent 60 % de leurs déchets directement dans la mer.

lundi 3 août 2009

La pollution des mers manifestée par les coquillages


Depuis une vingtaine d'années, les proliférations d'algues toxiques, dues à la pollution maritime, se multiplient sur les littoraux du monde entier et sont devenues une source de préoccupation. Un indicateur particulièrement flagrant de cette pollution est la concentration de polluants dans les coquillages : filtrant l'eau de mer, ceux-ci retiennent les polluants.
Trois types de contaminants s'y accumulent : les résidus chimiques, les pollutions microbiologiques (liés aux dysfonctionnements des stations d'épuration et aux activités agricoles) et, depuis une vingtaine d'années, les substances toxiques produites par certaines espèces de micro-algues. Ces dernières peuvent provoquer des désordres gastro-intestinaux ou neurologiques.
Toutes les régions du monde sont touchées par ces proliférations, et la consommation de coquillages, qui a été multipliée par 15 en un demi-siècle dans le monde, est devenue une pratique alimentaire à risque : "Les Etats-Unis et le Canada sont davantage concernés par les toxines paralysantes et amnésiantes, qui peuvent produire des intoxications graves. Des cas mortels ont été recensés au Canada dans les années 1980, observe Catherine Belin, directrice du réseau de surveillance du phytoplancton et des phycotoxines (REPHY) créé par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) en 1984. Les toxines diarrhéiques dominent en Europe." C'est le cas en France, où tout le littoral est affecté. Des toxines paralysantes ou amnésiantes y sont également repérées plus ponctuellement. Mais aucune intoxication mortelle n'a été recensée en France.
Le phénomène a été clairement caractérisé pour la première fois dans les années 1970. Les pollutions ont ensuite augmenté de manière importante dans les années 1990, avant de se stabiliser dans les années 2000. En cause : les eaux de ballast des navires, qui ont propagé les algues toxiques sur tout le globe. La pollution locale est un facteur aggravant : l'afflux d'azote et de phosphore venu des villes et des exploitations agricoles favorise les efflorescences d'algues.
Les scientifiques s'inquiètent aujourd'hui de nouveaux risques émergents à cause de l'impact du réchauffement climatique. Ainsi l'Ostreopsis, habituée aux eaux tropicales, prolifère de plus en plus en Méditerranée. Cette algue produit une substance toxique qui se disperse dans l'air, provoquant des troubles respiratoires. Des fermetures préventives de plages ont déjà eu lieu en France, en Espagne et en Italie. Lors de tests biologiques, qui consistent à injecter des extraits de glandes digestives de coquillages ayant cotoyé ces algues à des souris, on aboutit à la mort des animaux en vingt-quatre heures.
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