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lundi 8 mars 2010

20 000 yeux sous les mers : un programme pour la communauté des plongeurs sous-marins

L’Agence des aires marines protégées lance un programme de coordination et de mise en réseau des observateurs subaquatiques en France métropolitaine et en Outre-mer.
Premier partenaire de ce programme: la Fédération française d’études et de sports sous- marins (FFESSM). L’Agence des aires marines protégées et la FFESSM ont signé lundi 1 er mars une convention de partenariat, à l’Institut Océanographique de Paris.

Sollicitée par les plongeurs sous-marins dès sa création en 2006, l’Agence des aires marines
protégées, établissement public dédié à la protection du milieu marin et à la création et gestion des aires marines protégées en particulier, a donc répondu favorablement à cette demande en planifiant un ambitieux programme visant à favoriser, en métropole et en Outre-mer:
- La mise en réseau des initiatives déjà existantes de plongeurs afin de les recenser et leur offrir une lisibilité nationale tant elles sont dispersées en métropole et en outre-mer
- La mise en œuvre de protocoles d’observations adaptés, de type Vigie-Nature (recensement de quelques espèces phares) permettant d’avoir une photographie assez précise de la répartition et de l’abondance de quelques espèces.
- Le renforcement des liens entre les gestionnaires d’aires marines protégées, les scientifiques et les observateurs sous-marins permettant de construire des partenariats forts autour d’un objectif commun : la protection de la mer.
Les plongeurs, en bouteille ou en plongée libre (apnée, pêche, notamment) sont depuis longtemps impliqués sur ces questions mais de façon ponctuelle. Leur capacité à participer et promouvoir des programmes d’inventaires, de suivis ou de connaissance de la vie marine est immense, allant de la remontée d’information sur la présence de Caulerpa taxifolia, par exemple, en Méditerranée, à la participation à des inventaires très précis ayant conclu à l’identification de Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique en Mer (ZNIEFF) en Bretagne notamment.
La FFESSM, fondée en 1955, agréée par le Ministère chargé des sports et délégataire de l’Etat, regroupant plus de 140 000 licenciés, se présente comme un acteur incontournable. Elle s’est par ailleurs investie sur la Charte Internationale du Plongeur Responsable et est membre du Comité National de Concertation sur les aires marines protégées depuis 2006. Même si le monde de la plongée n’est pas uniquement représenté par la FFESSM, les questions développées autour de la protection de l’environnement sont largement partagées.

Le Grenelle de la Mer : un océan de projets à concrétiser…
Dans le Grenelle de la mer mis en œuvre par le Ministère du développement durable, plusieurs engagements indiquent de très nombreux points de convergences entre l’Agence des aires marines protégées et la FFESSM :
- l’encouragement de la plongée sous-marine dans le cadre d’une gestion intégrée au service de la protection, de la découverte, et du respect du milieu sous-marin (engagement 57 b),
- la promotion des pratiques sportives comme vecteur de sensibilisation et d’éducation des différents publics aux valeurs et comportements adéquats aux espaces littoraux et marins (engagement 104 a),
- la réalisation d’un état de référence et l’accélération de l’exploration des mers et des fonds via ‘la coordination et la production de connaissances […]’ (engagement 120 a) et la mise ‘en place les moyens financiers nécessaires à l’acquisition des données’ (engagement 120 b),
De fait, la signature de cette convention cadre favorisera cette démarche partenariale autour d’objectifs communs. Le réseau de plongeurs est un des axes forts de cette démarche mais d’autres actions seront envisagées et développées par la suite.

Le réseau d’observateurs en plongée, un dispositif clé de ce partenariat
Favoriser et accroître l’implication des observateurs sous-marins à travers des campagnes de collectes ou de relevés qui participent d’une sensibilisation et d’une démarche éco-volontaire plus larges vis-à-vis de la biodiversité marine correspond pleinement à l’esprit de l’année 2010, année internationale de la biodiversité. .
Démultiplier les observations, rendre compte via des systèmes sécurisés, affiner le regard sur le ce fragile espace sous-marin que fréquente le plongeur, tenir en éveil l’observateur sur les répercussions locales des changements globaux, tels sont les grands objectifs de 20 000 yeux sous les mers ! Créer du lien entre toutes ces initiatives, les différents enjeux et les questions qui se posent, participera nécessairement d’une meilleure adhésion au principe général de protéger la mer qui se concrétise aussi par la mise en place d’aires marines protégées : c’est la finalité que souhaite atteindre l’Agence des aires marines protégées.
« 20 000 yeux sous les mers » va se décliner en deux temps. D’abord, faire un état des lieux et bien structurer le projet qui fixe comme priorités le partenariat, la lisibilité nationale et l’accompagnement des dynamiques en cours ou à développer (Vigie nature par exemple).
Dans les prochaines semaines, avec l’ensemble des parties prenantes et en lien avec le Ministère du développement durable, l’Agence des aires marines protégées et la société BC Link, prestataire retenu par marché public, mettront en place un comité de suivi du projet et travailleront sur un site internet dédié. Procéder au référencement le plus exhaustif possible en termes de réseaux de plongeurs déjà existants, d’actions en cours ou à développer, de besoins d’accompagnement, de protocoles, de correspondants-réseaux potentiels, constituera la part la plus importante de la première partie du cahier des charges.
En parallèle, des réflexions seront menées au niveau du Parc Naturel Marin d’Iroise afin de lancer pour l’été prochain, en tant que site-test, une opération coordonnée de type « vigie-nature » pour quelques espèces de par leur rareté supposée, de par leur statut de protection associé ou en tant qu’espèce indicatrice d’une perturbation ou d’un état de conservation du milieu marin. Ce sera la première étape de la phase d’animation de ce projet.

Source : Agence des aires marines protégées

vendredi 12 février 2010

Eau, Environnement, Alimentation, Climat : une nouvelle alliance des acteurs clés de la recherche

Douze acteurs de la recherche scientifique* se regroupent pour créer l'Alliance nationale de recherche pour l'Environnement AllEnvi. Quatrième alliance de recherche après les alliances pour la santé (Aviesan), l'énergie (Ancre) et le numérique (Allistene). AllEnvi a pour principale mission d'organiser, en métropole et en outre-mer, une meilleure synergie des acteurs de la recherche sur les problématiques scientifiques liées à l'alimentation, à l'eau, au climat et aux territoires.
Le récent sommet de Copenhague a placé la question du changement global et de la croissance verte au coeur des défis économiques, des préoccupations sociétales et des relations internationales. Le changement global affecte non seulement le climat, mais aussi l'environnement, l'accès à l'eau, l'alimentation et l'agriculture durables. L'existence d'une recherche forte et coordonnée sur ces questions environnementales est déterminante pour apporter une réponse à la hauteur des enjeux. La France a considérablement augmenté son effort de recherche, puisque le projet de loi « Grenelle I » affecte un milliard d'euros de fonds publics à la recherche environnementale, qui figure également parmi les axes prioritaires de la stratégie nationale pour la recherche et l'innovation (SNRI).
En réunissant les douze acteurs d'une recherche "particulièrement morcelée", l'Alliance "AllEnvi" doit leur permettre de "dépasser les frontières administratives" pour aboutir à "une programmation conjointe", a déclaré la ministre de la Recherche Valérie Pécresse.
Face au "droit au développement réclamé par les pays du Sud" lors du sommet sur le climat à Copenhague, il faut "proposer des alternatives crédibles", selon la ministre qui a souligné le rôle que pourra jouer la nouvelle alliance en matière de coopération internationale.
Il faut "inventer un nouveau modèle de croissance verte", a résumé Roger Genet, directeur général du Cemagref (Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement), qui préside l'AllEnvi.
"Concevoir des plantes plus résistantes au manque d'eau", pourrait être un des objectifs, selon Marion Guillou, présidente de l'Institut national de recherche agronomique (Inra).
Pour le président de l'Ifremer Jean-Yves Perrot, la "métamorphose" doit aussi concerner le monde marin, "milieu naturel d'un intérêt considérable".

(*) BRGM, CEA, Cemagref, Cirad, CNRS, CPU, Ifremer, Inra, IRD, LCPC, Météo France et MNHN

mardi 12 janvier 2010

Un SDAGE qui va plus loin que le Grenelle

Devenu 101ème département français en mars 2009, Mayotte a dû mettre sa politique de l’eau au diapason européen. L’île vient d’adopter son premier schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) pour 2010-2015. Les douze bassins français sont donc désormais tous dotés de leur Sdage.
Le budget cumulé des actions qui composent le Sdage de Mayotte atteint 170 millions d’euros, dont 100 millions seront dédiés à l’assainissement et 36 millions à lutter contre les autres formes de pollution (déchets, eaux pluviales, rejets polluants…). Un objectif de 74% des masses d’eau en très bon état, bon état ou bon potentiel à l’horizon 2015 a été fixé, à comparer aux objectifs nationaux de 66% définis par le Grenelle Environnement.
A Mayotte, les cours d’eau sont en effet peu perturbés par les activités humaines dans les zones amont ; dans les zones aval, la ressource a été détériorée par l’urbanisation, les routes, les captages et des rejets par les particuliers (lessive, nettoyage des véhicules, dépôt de déchets). Mais l’environnement reste « exceptionnel », d’après le Comité de bassin.

source : hydroplus

mardi 18 novembre 2008

L'eau du Grenelle de l'environnement

L’Assemblée nationale a, comme on sait, voté en première lecture le projet de loi d’orientation sur le Grenelle de l’environnement. Cette « feuille de route » définit les objectifs à long terme et les mesures concrètes à prendre en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables. Ce texte, qui sera suivi d’un Grenelle 2 précisant les moyens de la mise en œuvre des actions envisagées, couvre notamment le secteur de l’eau et définit un certain nombre d’objectifs censés contribuer à retrouver et garantir une bonne qualité écologique de l’eau.

Les objectifs sont :

  • L’interdiction des phosphates dans tous les produits de lessive à partir de 2012, sauf pour ceux qui sont destinés au lavage industriel pour lesquels la date est 2015, ce qui laissera le temps aux industriels pour la recherche de solutions alternatives.

  • La protection renforcée des 500 captages les plus menacés par des pollutions diffuses, en particulier des nitrates et des phytosanitaires, ainsi que la modernisation du parc de stations d’épuration dans les meilleurs délais techniquement réalisables.

  • Le développement de la récupération et de la réutilisation des eaux pluviales et des eaux usées dans le respect des contraintes sanitaires.

  • La réduction de la présence dans les milieux aquatiques des substances dangereuses prioritaires identifiées par la réglementation européenne.

  • Le partage de la ressource en eau entre les différents usages, en respectant l’écologie des hydrosystèmes et en maintenant la priorité de l’utilisation de l’eau potable.

  • La préservation et la reconstitution de la continuité écologique des milieux aquatiques, en particulier l’effacement des obstacles les plus problématiques pour la migration des poissons.

  • La restauration et l’entretien des zones humides et des réservoirs biologiques essentiels à la biodiversité et au bon état écologique des masses d’eau superficielles.

  • Le renforcement de la surveillance des milieux aquatiques afin de mieux évaluer les pollutions historiques, notamment dans les sédiments et les pollutions émergentes.

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