jeudi 27 novembre 2008

Journée mondiale des toilettes

Ce titre peut paraître surprenant, mais c’est pourtant un problème dramatique que pointait l’événement. Le 19 novembre dernier a en effet eu lieu la « Journée mondiale des toilettes », organisée à l’initiative de l’ONU dans le cadre de « l’année internationale de l’assainissement. »

Par cet évènement les Nations Unies ont souhaité lutter contre la mortalité infantile et rappeler que l'absence d'assainissement et d'hygiène représente l'une des causes indirectes mais essentielles de la malnutrition dans le monde, notamment par la propagation de maladies empêchant l'enfant de se nourir. Pour Action contre la Faim, « l’objectif aujourd’hui est que l’assainissement devienne une priorité dans les stratégies de développement et d’intervention d’urgence. La problématique des latrines doit être intégrée de façon systématique à la problématique de l’eau. »
L’assainissement constitue de surcroît une problématique économique majeure : selon l'étude annuelle de Global Water Intelligence, l'assainissement des eaux usées représentera 140 milliards de dollars d'investissements en 2016, contre un peu de plus de 80 milliards de dollars actuellement.
Mais, comme le souligne la Coalition Eau, l’assainissement reste un sujet tabou que l’on n’évoque pas facilement en public dans toutes les sociétés. Selon Cecilia Martinsen – Directeur de projet à l’Institut National de l’Eau de Stockholm, spécialiste des questions d’assainissement - « la crise de l’assainissement est toujours mise de côté lorsqu’on évoque les questions de l’eau ou du développement. » Nathanaël Legeard - coordinateur technique de l’association Toilettes du monde -reconnaît de son côté qu’il est « difficile de mobiliser les acteurs politiques sur ce sujet. »
Ce constat a récemment fait l’objet d’une publication d’intérêt, puisque dans son livre intitulé « Le gros besoin : le monde honteux des déchets humains et son importance », Rose George, journaliste et écrivain, avance que le « gros besoin » de l'humanité, c'est celui d'avoir des toilettes dignes de ce nom. Elle rappelle que des institutions transnationales telles que la Banque mondiale et Water- Aid - une association britannique lancée par de grandes entreprises de traitement et de distribution d'eau - jouent un rôle important dans la définition de sanitaires convenables et considèrent que « si la collecte des eaux usées est à la base du progrès sanitaire, leur traitement crée à son tour des problèmes préoccupants. »

dimanche 23 novembre 2008

Bilan du colloque « l’eau pour la paix, la paix pour l’eau »

Lors du colloque international « l’eau pour la paix, la paix pour l’eau » qui s’est tenu le 13 novembre à Paris, organisé par la Fondation Chirac pour le développement durable et le dialogue des cultures, l'Unesco et l'Agence française de développement, Jacques Chirac a proposé la mise en place d'une taxe applicable au transport maritime, pour financer l'accès à l'eau et à l'assainissement. L'ancien président a souhaité aussi que l'Union pour la Méditerranée (UPM) se penche sur la question de la gestion des eaux du Jourdain et prenne à ce sujet une « grande initiative. » Deux thèmes en particulier ont été abordés dont les recommandations seront transmises au 5ème forum sur l’eau qui doit se tenir à Istanbul au printemps prochain : les eaux transfrontalières, d’une part et l’accès à l’eau dans les États fragiles, d’autre part.
Ce colloque, en se basant sur le constat que « près de 96% des réserves d’eau douce de la planète se trouvent dans des aquifères souterrains majoritairement transfrontaliers », visait à promouvoir la mise en œuvre des mécanismes juridiques internationaux pour prévenir les nombreux conflits qui peuvent naître de l’exploitation de ces réserves d’eau.
Dans son discours, Jacques Chirac a appelé la communauté internationale à prendre sérieusement en main la question de l’accès à l’eau et à l’assainissement : « 900 millions d’habitants de notre planète, 900 millions ! N’ont toujours pas accès à l’eau potable. Pourrons-nous plus longtemps tolérer ce scandale ? Pourrons-nous longtemps encore tolérer que chaque jour, dix mille enfants meurent d’avoir bu une eau insalubre ? » Jacques Chirac a expliqué qu'« il est urgent de fixer et de faire adopter des règles de partage et d’arbitrage de la gestion de l’eau. » Selon lui, ce n’est pas la ressource qui manque mais une bonne gestion de distribution de l’eau au niveau mondial, régional et local. « On sait aujourd’hui que des civilisations sont mortes d’avoir été privées d’eau, que cette privation ait été le fruit de circonstances climatiques particulières, d’une mauvaise gestion de la ressource, ou de la mise à sac délibérée des techniques ancestrales. » « Il faut avoir une vision stratégique du partage des ressources. Une vision stratégique qui consacre l’eau comme un bien commun, à l’abri de tout accaparement. » Il propose en parallèle de poursuivre l’effort de l’aide publique en maintenant l’objectif de 0,7 % du PIB consacré à l’aide au développement. « L’effondrement des crédits d’aide, dans la quasi-totalité des pays du Nord, est une honte, une faute morale et une erreur stratégique. »
Michel Camdessus – membre du conseil d'administration de la Fondation Chirac et ancien directeur général du Fonds monétaire international - a estimé pour sa part que la crise financière associée à la crise alimentaire, à la crise énergétique et à la crise climatique provoque « une situation très dangereuse et très nouvelle. » Il a formulé le souhait qu'une « situation aussi grave » puisse rendre « plus active » la coopération internationale.
Heureux écho politique de ces préoccupations, Noah Kinarti - responsable israélien - a affirmé que l’État d’Israël reconnaît le droit aux palestiniens d’utiliser les ressources en eau. « Les deux parties ont toujours veillé à garder la question de l’eau hors du cercle des affrontements. » Il a souligné qu’« à plusieurs reprises, nous sommes allés ensemble sur le terrain pour résoudre les conflits ponctuels qui se présentaient. Grâce à cette bonne foi, les questions de l’eau sont les seules qui ont pu être réglées et qui continuent de l’être, même sous les bombes. Nous continuerons à œuvrer ensemble. »
Globalement, les intervenants ont tous confirmé qu’il existe un « changement d’attitude » vis-à-vis de l’eau et même si des conflits existent, « finalement le bon sens prévaut » toujours. « Il faut être audacieux, mais nous pouvons réussir si nous le voulons », a ainsi conclu l’ancien président français.

mercredi 19 novembre 2008

Enjeux de l'eau en Chine


Le tronçon du projet de diversion d'eau nord-sud reliant Pékin à à la ville de Shijiazhuang a été achevé le 19 octobre dernier. Par ce tronçon, l’eau de la province Hebei est acheminée vers la capitale mais pourrait prochainement approvisionner aussi la Chine centrale, qui commence à mettre en place une politique de gestion de l'eau soucieuse de la préservation de la ressource et des impacts de sa politique industrielle sur l'environnement. La longueur totale du tronçon serait alors de 1.400 kilomètres.
Parallèlement, les autorités de Chine centrale étudient la possibilité de fermer temporairement quelques usines très polluantes et d’ouvrir un large réservoir d’eau afin de venir en aide à 78.000 personnes de la région du Hunan qui n’ont plus accès à l’eau du fait d’une période de sécheresse intense.

mardi 18 novembre 2008

L'eau du Grenelle de l'environnement

L’Assemblée nationale a, comme on sait, voté en première lecture le projet de loi d’orientation sur le Grenelle de l’environnement. Cette « feuille de route » définit les objectifs à long terme et les mesures concrètes à prendre en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables. Ce texte, qui sera suivi d’un Grenelle 2 précisant les moyens de la mise en œuvre des actions envisagées, couvre notamment le secteur de l’eau et définit un certain nombre d’objectifs censés contribuer à retrouver et garantir une bonne qualité écologique de l’eau.

Les objectifs sont :

  • L’interdiction des phosphates dans tous les produits de lessive à partir de 2012, sauf pour ceux qui sont destinés au lavage industriel pour lesquels la date est 2015, ce qui laissera le temps aux industriels pour la recherche de solutions alternatives.

  • La protection renforcée des 500 captages les plus menacés par des pollutions diffuses, en particulier des nitrates et des phytosanitaires, ainsi que la modernisation du parc de stations d’épuration dans les meilleurs délais techniquement réalisables.

  • Le développement de la récupération et de la réutilisation des eaux pluviales et des eaux usées dans le respect des contraintes sanitaires.

  • La réduction de la présence dans les milieux aquatiques des substances dangereuses prioritaires identifiées par la réglementation européenne.

  • Le partage de la ressource en eau entre les différents usages, en respectant l’écologie des hydrosystèmes et en maintenant la priorité de l’utilisation de l’eau potable.

  • La préservation et la reconstitution de la continuité écologique des milieux aquatiques, en particulier l’effacement des obstacles les plus problématiques pour la migration des poissons.

  • La restauration et l’entretien des zones humides et des réservoirs biologiques essentiels à la biodiversité et au bon état écologique des masses d’eau superficielles.

  • Le renforcement de la surveillance des milieux aquatiques afin de mieux évaluer les pollutions historiques, notamment dans les sédiments et les pollutions émergentes.

lundi 17 novembre 2008

Le fleuve Amazone pollué au mercure


L’association « Conciencia global » dénonce les problèmes de l’eau au Brésil.
L’association révèle que dans les 50 dernières années, 1 300 tonnes de mercure ont dû être versées dans le fleuve Amazone.
Si, en amont, la pollution est le fait de l'activité des orpailleurs clandestins qui utilisent le mercure pour amalgamer l'or, dans les régions les plus riches du pays comme dans les Etats de Sao Paulo et Rio de Janeiro la contamination de l’eau est surtout due à un manque de traitement des eaux usées et à un système d’assainissement basique insuffisant.

dimanche 16 novembre 2008

Californie : la pénurie d'eau préoccupe à tous les niveaux

A Los Angeles, PBS - la chaîne de la télévision publique - a diffusé le dernier épisode de la série « L’eau de Californie », produite par Huell Howser et cosignée par l’Association des agences californiennes de l’eau, intitulé : « Serrer la ceinture de l’eau. » Cette émission a proposé les modifications à long terme qu’il faudrait entreprendre pour obliger les habitants à réduire leur utilisation de l’eau et pour éviter les retombées de la sécheresse.
La Californie fait en effet face à une des plus graves sécheresse de son histoire : Steve Nemeth - qui relève les niveaux de stockage à Sacramento pour le département d'Etat des Ressources en Eau - a déclaré que le niveau des réservoirs n’avait pas été aussi bas depuis septembre 1994.
En conséquence, les projets d'extension des infrastructures se multiplient : le secrétaire de l'intérieur Dirk Kempthorne a ainsi inauguré le lancement des travaux du projet de construction du réservoir d'eau à Imperial Valley sur le fleuve Colorado. Ce réservoir stockera l'eau du fleuve Colorado qui s’écoule vers le Mexique, et approvisionnera en eau les Etats de la Californie méridionale côtière, du Nevada méridional et de l'Arizona central.
La population commence à prendre conscience de la gravité de la situation, et exprime une inquiétude qui se traduit par exemple par la nouvelle campagne publicitaire d’affichage nationale dans laquelle l’association « Les Californiens pour la stabilisation de la population » (CAPS) insiste sur la pénurie d’eau qui frappe le pays et affirme que la seule solution pour régler le problème de l’eau est la « meilleure gestion de la croissance démographique, menée par une réduction de l’immigration. »

samedi 15 novembre 2008

Congo : pénurie d'eau potable

On connait les difficultés récurrentes que le pays rencontre pour assurer un accès continu à l'eau sur l'ensemble de son territoire. Le site d’information Allafrica.com rapportait récemment que la Régie de distribution d'eau (Regideso) ne fournit plus en eau potable le quartier Azuati de la commune de Ngaba, dont les habitants devraient par conséquent s’approvisionner dans le quartier Kitona voisin. Les ruptures de distribution seraient dus en l'occurence « aux constructions anarchiques érigées sur les tuyaux du réseau. »
Ces problèmes génèrent des conséquences dramatiques, qui vont au-delà de la seule question sanitaire : Mediacongo.com rapporte que dans la province du Kasaï Occidental, le flux d’électricité étant défectueux, la distribution d’eau en pâtit et alors que les femmes vont chercher de l’eau dans des quartiers voisins, leurs fillettes « se font violer même à la maison quand leur maman sont à la recherche d'eau. » Quant aux sources d’eau elles-mêmes, elles deviennent « des lieux prédilection pour la délinquance juvénile. »

vendredi 14 novembre 2008

La crise financière à l’agenda du 5ème forum mondial sur l’eau

Alors que s’est ouvert le 5ème Forum mondial de l’eau, Loïc Fauchon - président du Conseil mondial de l’eau (CME), s’intéresse aux répercussions possibles de la crise sur le secteur.
De son point de vue, « personne ne peut ignorer que la crise financière aura des impacts sur les moyens dévoués à l’amélioration de la situation du secteur de l’eau.» Il ajoute que tous les pays, riches et pauvres en subiront les conséquences et devront réagir par rapport à ces impacts. Il insiste pour que le Forum à venir soit l’occasion de rappeler aux grands décideurs qu’ils ne « doivent pas relâcher leurs efforts dans le domaine du développement humain et donc de la gestion de l’eau. Les prochains mois seront décisifs pour le secteur de l’eau qui devra disposer de suffisamment de ressources financières pour continuer à apporter l’eau potable au plus grand nombre. »

jeudi 13 novembre 2008

L’Algérie poursuit son équipement en infrastructures de dessalement

Le 19 octobre 2008, Chakib Khellil - ministre de l’Energie et des mines - a annoncé la livraison de la station de dessalement d’eau de mer de Cap Djinet pour octobre 2010.
Il a ajouté que cette station entre dans le cadre de la « politique nationale visant à assurer l’autonomie dans l’approvisionnement des citoyens en eau potable durant les quelques années à venir. » Avec la mise en service de cette station et de celles d'El-Hamma à Alger, d'Oueb-Sebt et Souf, la capacité de production d’eau dessalée devrait atteindre les 700 000 m3 par jour.
Le dessalement connaît actuellement un développement exponentiel au niveau mondial. L’Association international de dessalement a rendu public un rapport réalisé par le centre de recherches Global water intelligence sur le secteur du dessalement de l’eau de mer qui indique que le montant des capacités de dessalement a augmenté de 43% en 2007. Au cours du premier semestre 2008, « les capacités ont d’ores et déjà augmenté de 39%. »

mercredi 12 novembre 2008

Une première carte des ressources d’eau transfrontalières

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a publié le 22 octobre la première carte mondiale des réserves d'eau souterraines transfrontalières pour améliorer la connaissance et la gestion des ressources aquifères partagées.
Selon l'organisation, « près de 96% de l'eau douce de la planète se trouve dans les aquifères souterrains, dont une grande majorité est transfrontalière, mais malgré l'importance stratégique de ces ressources, il n'existe jusqu'à présent aucun inventaire mondial. » La carte, qui indique la localisation de ces réserves d'eau souterraines, renseigne aussi sur leur qualité et leur taux de recharge.
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