
La situation aujourd’hui au Zimbabwé, qui courre depuis plusieurs mois déjà, est catastrophique, et menace les pays limitrophes.
Accès à l'eau, traitement de l'eau, recyclage des eaux usées, pollution de l'eau, gépolitique de l'eau, eau potable, gestion de l'eau...

La situation aujourd’hui au Zimbabwé, qui courre depuis plusieurs mois déjà, est catastrophique, et menace les pays limitrophes.
En Californie, Chico News & Review revient sur la sécheresse et rappelle que les Lac d’Oroville et de Shasta, qui sont les plus grandes réserves de l’Etat, ne sont remplis qu’à 29% (Vickie Newlin - directrice adjointe du département de l’eau et de la conservation des ressources - parle de « plus importante crise hydrique de l’Histoire de la Californie »).
Dans le même temps, un sondage téléphonique auprès des habitants de South Bay (Carson) datant de l’automne 2008 montre que 75% des personnes interrogées se prononcent en faveur du dessalement des eaux de l’océan comme future moyen d’alimentation en eau potable.
La relance du Projet d’eau (State Water Project) de 1951 qui prévoyait la construction d’un canal qui relierait la Californie au fleuve Sacramento, par les administrateurs et planificateurs du réseau hydrique de l'Etat reste largement controversée.
La polémique sur le State Water Project ne fait que s'amplifier : les régulateurs fédéraux qui ont émis de sérieuses restrictions sur le pompage des eaux du Delta estiment que la Californie doit choisir entre un stockage plus important de l’eau et une diminution de son agriculture.
Pour le juge Oliver Wanger, l’ancien système de pompage était défectueux car il ne protégeait pas assez les différentes espèces de poissons du Delta.
La sénatrice Diane Feinstein a souhaité qu’il existe une approche réglementaire et compréhensive du problème du Delta. Elle a fait parvenir une lettre dans ce sens au département de la pêche de Sacramento et une autre aux administrateurs et planificateurs du réseau hydrique de l'Etat.
Jim Beck - président du comté de Kern - a estimé qu’il s’agit « d’une régulation dangereuse qui impacterait sur le long terme les habitant du comté. »
Tim Treloar - directeur du district de Bakersfield - rappelle que les « tarifs de l’eau ne devraient pas affecter les clients de la Compagnie des Eaux de Californie. »
Cam Noltmeyer - membre du groupe Santa Clarica pour l’environnement - estime que l’administration du delta « force les habitants à se rendre compte des limites des ressources en eau » de l’Etat.
L’économiste Jeffrey Michael critique dans le Pacific Economist l’étude principale qui affirme que le canal périphérique résoudrait tous les problèmes de l’eau et constate que les politiques publiques Californiennes exagèrent le futur nombre d’habitants.
Pour Laura King Moon - directrice adjointe des Contractants d’eau de l’Etat - la bureaucratie n’améliore pas l’écosystème du Delta. Elle estime par ailleurs que de bien pires menaces comme l’ammoniaque relâchée par les usines ne sont pas assez réglementées.

Le Conseil d’administration de l’Agence française de développement (AFD) a approuvé le financement pour la Tunisie d’actions d’extension et de réhabilitation des stations d’épuration et des stations de pompage pour un montant de 18,5 millions d’euros et le financement d’un projet d’investissement dans le secteur de l’eau (PISEAU II) de 45 millions d’euros.
Ce financement vise l'amélioration des conditions de vie des citoyens et la protection de l'environnement contre les pollutions hydriques à travers l'amélioration du service de l'assainissement. Il concerne la réhabilitation et l’extension de 19 stations d’épuration et de 130 stations de pompage dans 19 villes tunisiennes de différentes régions du pays.
La Banque africaine de développement a de son côté octroyé un prêt de 22,91 millions d’euros au gouvernement tunisien pour le financement du Projet d’investissement dans le secteur de l’eau – phase 2 (PISEAU II).
Il s’agit du second volet de la Stratégie tunisienne de mobilisation et de gestion de l’eau 2002-2011 qui fait suite au PISEAU I mis en œuvre de 2002 à 2007. Le PISEAU II doit promouvoir une gestion efficiente et intégrée tant des ressources eaux conventionnelles que des ressources en eau non conventionnelles.
Le 22 décembre 2008, a eu lieu une conférence ministérielle sur l’eau, coprésidée par la Jordanie, l’Egypte et la France, avec un double objectif : fixer les lignes directrices d’une stratégie de long terme pour l’eau en Méditerranée. Cette stratégie devrait être approuvée par les ministres en 2010 et soumise aux chefs d’Etat lors du deuxième Sommet pour la Méditerranée envisagé en 2010, et annoncer de premiers projets concrets cohérents avec cette stratégie en vue de mobiliser les instances de gouvernance du Processus et les bailleurs de fonds.
Lors de l’ouverture de cette conférence euro-méditerranéenne sur l'eau, la Jordanie a lancé un appel à la coopération régionale pour mettre en œuvre une gestion durable des ressources en eau au Proche-Orient. A cette occasion, les ministres ont adopté à l’unanimité une déclaration qui prévoit une stratégie méditerranéenne axée sur la préservation de la qualité de l’eau et sur la satisfaction des besoins des populations, grâce notamment à une gestion économe de l’eau dans le secteur économique. En conclusion, Jean-Louis Borloo - ministre français de l’Ecologie - a déclaré que cette conférence ministérielle avait été « un vrai succès aboutissant à un calendrier et à des projets ambitieux dès 2009 » pour la mise en œuvre de la déclaration adoptée.
La Jordanie se montre très sensible à ces problématiques après une année 2008 marquée par une forte sécheresse qui a contribué à la réduction des ressources en eau ; les responsables politiques du pays ont appelé le 26 décembre dernier l’ensemble de la population à prier pour des pluies abondantes.L’absence de précipitations dans les prochaines semaines pourrait avoir de « graves répercussions » sur les récoltes agricoles, notamment dans la vallée du Jourdain. Les autorités ont déjà été contraintes d’arrêter le pompage d’eau à des fins d’irrigation à certains endroits pour assurer l’approvisionnement minimal en eau à la population.

La Commission européenne (CE) fournira à compter de 2009 une évaluation annuelle sur le manque d'eau à l'échelle européenne alors que l'opportunité d'une directive sur la performance des bâtiments en matière de consommation d'eau est à l'étude. « Un effort considérable reste encore à fournir pour améliorer la gestion des besoins en eau au niveau européen et éviter les gaspillages de ressources hydriques, en particulier dans les zones déficitaires », estime Bruxelles dans un rapport de suivi adopté le 19 décembre dernier.
Le centre commun de recherche de la Commission va créer un observatoire et un système d'alerte précoce des sécheresses qui permettra de publier chaque année « une évaluation de l'évolution de l'étendue et des incidences du manque d'eau et de la sécheresse en Europe. » La Commission a également annoncé le lancement d'une étude « visant à déterminer le bien-fondé d'une directive sur la performance des bâtiments en matière de consommation d'eau », sur le modèle de la directive sur la performance énergétique des bâtiments.

On parle beaucoup de l'actualité de l'eau... mais très prosaïquement, quelle eau boire ? « Eau du robinet, eau de source, eau minérale naturelle, plate ou gazeuse ? Toutes les eaux de boisson ont leurs qualités... et parfois leurs défauts », indique dans Nutinews hebdo le Pr Léon Guéguen, directeur de recherche honoraire de l’INRA. Une fois qu’on les connaît, tout est affaire, de goût et de prix : les eaux minérales sont 100 à 200 fois plus chères et les eaux de source 40 à 100 fois plus chères que l’eau du robinet !
Souvent injustement suspectée, l’eau du robinet est probablement le produit alimentaire le plus surveillé ! Les contrôles sont fréquents et rigoureux, les accidents extrêmement rares. L’eau du robinet répond à des normes de potabilité très strictes. Elle est désinfectée et protégée durant son parcours. Sa minéralisation varie selon les régions, mais elle n’est jamais excessive, toujours inférieure à 1.500 mg par litre. Sa teneur en nitrates est réglementée à 50 mg par litre et contrairement à une idée reçue (qui sert d’argument publicitaire pour certaines eaux en bouteille) même le dépassement de cette norme est inoffensif pour les adultes ! Si elle n’entraîne pratiquement aucun risque sanitaire, le goût de l’eau du robinet laisse parfois à désirer :dans certaines zones de distribution, la note chlorée est parfois un peu forte. On conseille alors de mettre l’eau en bouteille et de la laisser un peu ouverte au réfrigérateur et d’y glisser quelques feuilles de menthe ou d’y ajouter un demi citron pressé
L’eau de source a les mêmes limites de minéralisation que l’eau du robinet et ne peut donc mettre en avant de « propriétés minérales » particulières. Elle n’a pas l’obligation d’une composition constante : une bouteille de la même marque peut avoir une composition variable suivant l’eau de source utilisée. Les acheteurs ne savent généralement pas que l’eau de source peut avoir des sources variées...
L’eau minérale est dite naturelle, ce qui ne veut pas dire sans traitement : sa composition peut en effet être modifiée après captage, dans le but de modifier sa teneur en minéraux ou de la gazéifier avec du gaz carbonique. En principe, elle doit avoir des « caractéristiques propres susceptibles d’exercer des effets bénéfiques sur la santé », selon la définition du ministère de la santé. Les eaux minérales sont très diverses et se distinguent surtout par leur minéralisation plus ou moins forte. Certaines peuvent aider à compléter l’apport de sels minéraux dans une alimentation carencée. D’autres ne sont pas plus riches en minéraux que l’eau du robinet ou l’eau de source, voire même moins riches, et ne peuvent guère alléguer d’effets sur la santé. D’autres enfin sont si fortement minéralisées qu’elles demandent des précautions d’emploi, en rapport avec le reste de l’alimentation quotidienne : l’excès en tout peut être nuisible !
En cas d’abus, une eau très riche en sodium pourrait favoriser l’hypertension. Une eau très riche en sulfates, la fuite urinaire du calcium. L’excès de fluor peut être cause de lésions osseuses et dentaires : une trop forte consommation d’eau fluorée peut être plus nocif que bénéfique. L’excès de magnésium a des effets laxatifs et on le soupçonne même de pouvoir favoriser des accidents respiratoires. Les eaux plates ou gazeuses à faible ou moyenne minéralisation ne posent pas de problème. Mais une quinzaine de marques d’eau minérale demanderaient des précautions d’emploi.
L’Académie de médecine estime nécessaire d’améliorer l’étiquetage des eaux minérales pour le rendre plus clair et plus lisible, avec la mention éventuelle de caractéristiques particulières et si nécessaire une mise en garde contre une consommation régulière ou excessive.
source : Nutrinews hebdo

Le dessalement de l'eau de mer présente l'avantage de pouvoir être mis en œuvre à des échelles industrielles très différentes, en adaptant les unités de production à des besoins allant de ceux d'une métropole à ceux d'une petite communauté. Témoin, le gouvernement de l'île Maurice qui s'engage dans la construction de petites infrastructures pour répondre aux besoins de petites îles de l'archipel.
On prévoit ainsi la construction de petites stations de dessalement d’eau de mer pour un coût global de 1,5 million de dollars sur l’île Rodrigues, qui fait face à d’immenses problèmes d’approvisionnement en eau potable.
Selon le commissaire pour l’agriculture et les ressources hydrauliques de Maurice, les 2 usines dont la capacité est de 250 m3 chacune devraient être opérationnelles en mai prochain.
Il a été également décidé de réaliser des forages et de construire des retenues sur les fleuves pour récupérer les eaux qui se déversent dans la mer.
L’ouvrage des auteurs britanniques Hedger et Cacouris « Courants séparés ? Adapter la gestion des ressources en eau au changement climatique » montre grâce à des recherches empiriques menées au Niger et dans le Nord Est du Brésil comment l’adaptation au changement climatique peut être intégré au management de l’eau de telle sorte qu’il profite aux populations les plus pauvres et vulnérables.
Ces pistes de développement trouvent un écho récent au plan international par la conférence ministérielle panafricaine « Eau pour l'agriculture et l'énergie en Afrique : les défis du changement climatique », qui a rassemblé des ministres et hauts responsables de 53 pays africains à Syrte en Lybie, et s’est conclue par une déclaration qui engage les participants à « promouvoir la mise en valeur des eaux en Afrique pour exploiter tout le potentiel agricole et hydroélectrique du continent. » Selon cette Déclaration finale, « la mise en œuvre de programmes intégrés sur l'eau, l'agriculture et l'énergie pour renforcer le développement durable de l'Afrique devrait être considérée comme une priorité. » La conférence a été organisée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le gouvernement lybien, en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment l'Union Africaine (UA), le Conseil des ministres africains pour le développement de l'eau, la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission économique pour l'Afrique.
Le Conseil économique et social édite un rapport consacré à l’eau
Le CES vient de publier un rapport de Marie-José Kotlicki sur les activités économiques dans le monde liées à l’eau. La gestion de l'eau, tant en France qu'au niveau mondial, est une question majeure.
Si le rapport constate que la ressource en eau est globalement suffisante, il rappelle cependant que 1,5 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable, compte tenu de son inégale répartition.
Il analyse l'enjeu stratégique et économique de l'eau (consommation des usagers, particuliers, industriels et agriculteurs, accroissement de la demande à l'international, réduction des inégalités de répartition de la ressource, déséquilibre entre l'offre et la demande).
Il présente les acteurs de la gestion de l'eau et les modes de gestion (régie ou gestion directe, Délégation de service public en France, privatisation), les entreprises spécialisées, les acteurs institutionnels.
Il décrit les activités économiques liées à l'eau, notamment les industries (forage, captage, traitement, distribution, assainissement...), l'hydroélectricité, la récupération des eaux de pluie, le marché des eaux minérales, la recherche, tant publique que privée.
Il conclut sur les atouts, les faiblesses et les perspectives du modèle français et évoque l'aide au développement dans laquelle l'eau reste l'enjeu principal.
Nous en ferons très prochainement un compte rendu.
En attendant, il est possible de le télécharger ici.