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jeudi 6 mai 2010

Les franciliens plébiscitent l'eau du robinet

Le Syndicat des Eaux d'Ile-de-France (SEDIF) a mis en place depuis cinq ans un observatoire de la qualité du service public de l'eau, qui mesure le taux de confiance et de satisfaction des usagers. Les résultats des enquêtes montrent une bienveillance croissante des Franciliens à l'égard de leur eau.
L'Observatoire, géré par TNS Sofres, vient de publier en effet des résultats de sondages selon lesquels 95% des personnes interrogées déclarent avoir confiance dans le service de l'eau et plus de 90% d'entre eux s'en disent satisfaits. Dans le détail, on notera que plus de 80% des usagers sont satisfaits du goût de l'eau et plus de 95% de sa qualité sanitaire.
Logiquement, la consommation d'eau du robinet est en hausse, selon le SEDIF : en 2006, 46% des Franciliens la buvaient quotidiennement, ils sont 57% aujourd'hui.
Ces bons résultats sont largement imputables, selon l'enquête, à la meilleure connaissance des consommateurs du métier de fournisseur d'eau.
Source : Territorial.fr

samedi 30 août 2008

L'eau que nous buvons et l'air que nous respirons...

La question de la délégation du service public de l’eau ou de la gestion directe par la collectivité de ce service déchaîne, comme on l'a vu encore dernièrement à Paris, des passions surprenantes et des discours frisant parfois l'irrationnel, symptômes d'enjeux symboliques forts et rarement nommés. L'eau, que l'usage associe souvent à l'air comme un autre élément nécessaire à la vie, est par là-même investie d'une trompeuse image d'abondance et de gratuité, comme s'il nous restait de lointains et bien fictifs ancêtres la nostalgie d'un état de nature où toutes les ressources auraient été immédiatement et largement disponibles : notre imaginaire n'a pas intégré que le transport de l'eau, son conditionnement pour l'usage humain, l'assainissement de nos rejets nécessitent une infrastructure considérable, génèrent des coûts, et que la ressource se raréfiant, il faudra à terme mettre en oeuvre des procédés de traitement de plus en plus complexes. Pour l'heure, il est encore possible, avec beaucoup d'irréalisme, de se réfugier dans des mythes collectivistes et d'attribuer les difficultés à quelques boucs émissaires (le Grand Capital, le Chinois, le Réchauffement, voire la collusion maligne des trois...) Mais l'heure vient où il faudra, selon un vocable cher aux apôtres de la socialisation tous azimuts, « faire l'analyse concrète de la situation concrète » (Lénine). Il n'est pas à exclure qu'une telle prise de conscience, à laquelle certains de nos compatriotes répugnent violemment, suscite des réactions dont les paniques ayant suivi les chocs pétroliers dans les années 70 ne donnent qu'une faible idée. Quelques repères me semblent alors devoir être gardés à l'esprit lorsqu'on aborde la question de l'eau, tant d'un point de vue quantitatif que qualitatif :

- Les tensions, du plan international au niveau local, proviennent principalement d'une raréfaction attendue de la ressource ; d'un point de vue macro-économique, si l'on admet le rapport basique de corrélation inverse entre le facteur prix et la consommation, c'est la hausse du prix de l'eau qui est la plus à même d'en garantir la préservation et la disponibilité. Partant, l'augmentation substantielle de la facture des usagers, contre laquelle se cristallisent pourtant nombre de revendications, apparaît comme la nécessité première d'une gestion éco-responsable (nous attendons toujours de voir un mouvement écologiste réclamer le passage à un tarif de 5 euros le mètre-cube, comme ce fut le cas pour le litre d'essence). Bien entendu, tout un système de solidarité entre les usagers démunis et les usagers aisés reste à penser pour que ce tarif reste socialement acceptable : là-dessus, l'exemple de nombreux pays en voie de développement, qui ont mis en place une politique de tarification favorable aux petits consommateurs, pourrait être suivi. Reste qu'une eau chère (qui n'est pas, contrairement à l'idée reçue, l'apanage d'un système de délégation de service public plus que d'une régie) devient pour tous ce qu'elle doit être, ce qu'elle est dans la nature, c'est-à-dire un bien précieux.

- La qualité de l'eau doit être, partout, la priorité non négociable de toute organisation régissant l'accès à la ressource. La question politique n'est donc pas de savoir s'il faut remettre les clés de la gestion de l'eau à des entreprises privées, ou s'il faut collectiviser telle ou telle partie de l'activité. L'enjeu est de mettre en place un système de gouvernance permettant la transparence et l'audit extérieur nécessaires à une gestion parfaitement fiable, ce qui implique la distinction entre l'opérateur et le contrôleur d'une part, la possibilité de mettre en concurrence l'opérateur d'autre part.

Nous ne sommes pas, on l'aura compris, de ceux qui promeuvent une gestion purement libérale de l'eau (il y aurait d'ailleurs à dire sur le mésusage du terme de privatisation, qui ne correspond à aucune réalité dans la distribution d'eau en France) : en tant que cette question s'articule aux préoccupations de santé publique, elle demeure ordonnée de plein droit au politique. Mais il importe de reconnaître, au sein d'un débat dépassionné, les avantages objectifs des différents modèles économiques, en renonçant à agiter les fantoches éculés d'une extrême gauche qui se cherchent de nouveaux spéculateurs empoisonneurs, et à motiver des comportements de consommation irresponsables.

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