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samedi 6 mars 2010

Un iceberg de la taille du Luxembourg se détache de l'Antarctique

Un gigantesque iceberg de la taille du Luxembourg s'est détaché du glacier Mertz, en antarctique de l'Est, ce qui pourrait avoir à terme un impact sur la circulation océanique profonde, selon une étude publiée le 26 février.
Ce bloc de glace de 2.250 km2, d'une épaisseur moyenne d'environ 400 mètres, s'est détaché le 12 ou 13 février, selon les images satellites utilisées pour cette étude réalisée par une équipe de chercheurs français et australiens.
"Cette langue de glace était déjà presque cassée. Elle ne tenait plus que par un fil", a expliqué Benoit Legresy, chercheur au Laboratoire d'études en géophysique et océanographie spatiales, à Toulouse (sud-ouest de la France).
Cette rupture s'explique par le cycle naturel du glacier qui développe une langue de glace "qui pousse d'un peu plus de 1 km par an sur l'océan", souligne le chercheur français. "Je pense qu'il n'y pas d'impact direct du réchauffement sur ce cas-là, mais cela offre un laboratoire unique pour identifier les mécanismes à l'œuvre", ajoute-t-il.
"Pour la première fois, nous aurons des informations détaillées sur le cycle complet d'un vêlage (lorsque qu'un glacier libère un iceberg): avant, pendant et après", souligne-t-il.
Depuis qu'il s'est détaché, l'iceberg s'est déplacé, avec un autre, baptisé B9B, vers une polynie, poche d'eau libre au milieu de la banquise. Grâce au vent qui refroidit la surface de l'océan, les polynies sont des zones de formation de banquise. Or quand l'océan gèle, les cristaux de sel sont expulsés, les polynies concentrent donc des masses d'eau très froides et très salées, donc denses, qui vont descendre mécaniquement en profondeur et contribuer au "tapis roulant" de la circulation des océans.
Si les gigantesques icebergs restent sur cette zone, ils pourraient, en agissant comme des "couvercles", bloquer la production de cette eau dense et modifier, à terme, les ressorts de la circulation océanique, expliquent les chercheurs.
Le cheminement de ces gigantesques icebergs pourrait également avoir un impact notable sur la biodiversité: les polynies sont en effet des lieux de concentration de nourriture pour les oiseaux et mammifères marins, notamment les manchots empereurs.
Ainsi, une modification significative de l'environnement marin pourrait avoir des conséquences importantes sur la colonie de manchots empereurs de Pointe Géologie, à proximité de la base Dumont d'Urville.
Source : AFP

mercredi 3 mars 2010

Quand les méduses prendront la place des manchots en Antarctique

La hausse des températures dans les océans entourant l'Antarctique pourrait conduire au remplacement des manchots par les méduses.
Les résultats d'une grande enquête sur la vie marine en Antarctique révèlent que la fonte des glaces provoque la disparition du krill, aliment principal des pingouins, qui est progressivement remplacé par de minuscules crustacés : les copépodes.
Ces copépodes mesurent à peine un demi-millimètre de long et sont trop petits pour les manchots mais idéals pour les méduses et autres prédateurs tentaculaires.
Huw Griffiths, biologiste marin du British Antarctic Survey (BAS), a déclaré que cette situation, pourrait sérieusement affecter la survie des manchots :
''Ces animaux marins ont passé des millions d'années, à s’adapter au froid dans les eaux de l'Antarctique et ils sont très sensibles au changement. Les océans polaires sont riches en biodiversité, mais si les espèces sont incapables de se déplacer ou à s'adapter aux nouvelles conditions, ils pourraient à terme disparaître.
''Les copépodes sont 120 fois plus petit que le krill, ce qui va inévitablement affecter toutes la chaine alimentaire qui en découle.
''Les manchots, oiseaux marins, les baleines ne peuvent se nourrir que de grosses proies. Mais les créatures à tentacules - comme les méduses – ont la capacité de capturer de petits animaux. De plus, ce type de prédateur préfère les environnements plus chauds. Il y a déjà un nombre énorme de méduses, mais elles ne sont pas encore trop envahissantes, mais leur nombre risque d’augmenter jusqu'à devenir un groupe dominant. ''
Toute diminution des glaciers aura donc inévitablement une incidence sur l'équilibre délicat de la chaîne alimentaire marine de l'Antarctique. De plus, pour les animaux tels les manchots qui vivent sur la banquise fondante, une hausse des températures influera également réduire la taille de leur aire de reproduction.
Source : Telegraph
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