Affichage des articles dont le libellé est disponibilité eau. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est disponibilité eau. Afficher tous les articles

lundi 9 août 2010

Qu'est-ce que le stress hydrique ?


Selon l’ONU, le stress hydrique correspond à un approvisionnement en eau inférieur à 1700 mètres cubes par habitant et par an. Chaque année, il s’évapore plus d’eau qu’il n’en tombe sur les océans. A l’inverse, il tombe plus d’eau qui ne s’en évapore sur les continents. La vapeur océanique se transforme donc en pluie sur les continents, ce qui permet d’approvisionner les cours d’eau qui constituent des réserves. Cependant, bien que la quantité d’eau disponible sur la planète soit stable, elle varie selon les régions.
Les régions arides d’Afrique du Nord et du Sud, l’Australie, le Moyen-Orient et le centre du continent eurasiatique ont un bilan hydrique négatif, alors que les autres régions ont un bilan annuel positif. Même dans les régions ayant un bilan positif sur l’année, l’apport en eau peut être très différent en fonction des saisons. Les pays au bilan hydrique positif peuvent puiser dans leurs réserves lors des périodes sèches, alors que les pays au bilan négatif risquent l’épuisement de leurs ressources. Il faut se souvenir que selon les Nations Unies, 40% des terres émergées sont menacées par la désertification.

Au cours du XXe siècle, la population mondiale est passée de 1,7 milliards d'individus en 1900 à plus de 6 milliards en l'an 2000. Mais alors que la population triplait, la consommation en eau de l'humanité était multipliée par plus de six, soit une augmentation deux fois plus importante. La consommation mondiale d’eau est d’environ 3800 kilomètres cubes d’eau douce par an. Aujourd’hui, 1/3 de la population mondiale vit en situation de stress hydrique.
9 pays (Brésil, Canada, Chine, Colombie, Etats-Unis, Inde, Indonésie, Pérou, Russie) possède 60% des réserves d’eau douce mondiales. Environ 40 000 kilomètres cubes d’eau douce s’écoulent chaque année sur Terre ce qui, pour 6 milliards d’habitants, devrait représenter 6600 mètres cubes d’eau douce à chacun. On estime qu’avec l’augmentation de la population, ce volume devrait chuter à 4800 d’ici 2025. De plus, si la tendance actuelle de consommation se poursuit, entre la moitié et les 2/3 de la population mondiale seront en situation de stress hydrique d’ici 2025.
D’un pays à l’autre, les situations peuvent donc être très dissemblables. Ainsi, par exemple, entre la bande de Gaza, en Palestine, très pauvre en eau douce (59 mètres cubes par habitant et par an), et l'Islande, où la ressource est pléthorique (630 000 mètres cubes par habitant et par an), le rapport est de un à dix mille. De plus, tandis que l'Asie, qui concentre près de 60 % de la population mondiale, ne dispose que de 30 % des ressources mondiales disponibles en eau douce, l'Amazonie, qui ne compte que 0,3 % de la population du globe, possède 15 % de ces ressources. Le manque d'eau est structurel dans le vaste triangle qui s'étend de la Tunisie au Soudan et au Pakistan, c’est–à-dire dans plus de 20 pays d'Afrique du Nord et du Proche-Orient : chaque habitant y dispose en moyenne de moins de 1 000 mètres cubes d'eau douce par an, une situation dite de « pénurie chronique ». » Il existe également des inégalités au sein d’un même pays : par exemple, en Espagne, la région de Barcelone est proche de l’état de stress hydrique. La consommation d’eau dans une région est d’ores et déjà considérée comme un indicateur de développement humain.
Des rencontres internationales sur l’eau ont lieu depuis 20 ans ; cependant, elles n’ont pour le moment pas permis de prendre des mesures concrètes. En 1977, à la conférence de Mar del Plata, l’eau a été déclarée « bien commun » ; depuis la conférence de Dublin en 1992, elle est un « bien économique ». De nombreux pays partagent leurs ressources en eau avec les pays frontaliers ; le stress hydrique pourrait donc soit engendrer de graves conflits, soit renforcer la coopération internationale.
Les nappes souterraines se renouvellent très lentement et sont menacées d’épuisement en raison de l’intensification de leur exploitation (+144% aux Etats-Unis en 30 ans, +300% en Arabie Saoudite en 10 ans).
L’irrigation consomme 70% des prélèvements d’eau dans le monde. La résolution du problème de l’eau passe donc par une meilleure gestion de cette technique.
L’enjeu de l’accès à l’eau potable va également devenir crucial en raison de l’augmentation de la population dans les pays les moins développés. Selon l’ONU, l’eau pourrait devenir d’ici 50 ans un bien plus précieux que le pétrole. Le réchauffement climatique aggrave l’inégalité de la situation. Des efforts importants peuvent être réalisés pour permettre d’économiser l’eau. Par exemple, en Afrique, 40 à 60% de l’eau d’irrigation est gaspillée par en raison de fuites et de l’évaporation. On estime qu’économiser 13% de la consommation d’eau agricole permettrait d’épargner l’équivalent de la consommation domestique mondiale. Ces économies peuvent passer par la réduction des fuites et l’utilisation de nouvelles techniques d’irrigation qui sont déjà répandues dans les zones arides, en particulier en Israel. De même, en France, 15 à 25% de l’eau consommée dans un immeuble est perdue dans des fuites. Cela peut monter jusqu’à 50 ou 70% dans les pays en développement. pays en développement, comme Le Caire ou Mexico, les fuites dans les réseaux publics de distribution peuvent représenter jusqu'à 50 à 70 % de l'eau distribuée. Pour faire des économies, l’entretien et la réfection des réseaux et des installations domestiques sont donc indispensable. L’eau peut également être économisée par le recyclage.

Sources : CNRS
Annuaire RSS Fluxenet