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samedi 10 avril 2010

L'OMS et l'UNICEF font le bilan sur les questions de l'eau potable et de l'assainissement

Dans un rapport conjoint publié le 15 mars 2010, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) soulignent que les cibles établies pour 2015 par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en matière d'accès à l'eau potable sont atteignables mais que celles relatives à l'assainissement réclamaient davantage d'efforts.
« Nous reconnaissons tous l'importance vitale de l'eau et de l'assainissement pour la santé humaine et le bien-être, ainsi que leur rôle en tant que moteur du développement », a déclaré le Dr Maria Neira, Directrice du Département de la santé publique et de l'environnement de l'OMS.
« La question est maintenant de déterminer la manière d'accélérer les progrès vers la réalisation des OMD et surtout, la façon de franchir une nouvelle étape pour atteindre finalement la vision d'un accès universel », a-t-elle ajouté.
Avec 87% de la population mondiale utilisant des sources d'eau potable, soit environ 5,9 milliards de personnes, le monde est sur la bonne voie pour atteindre ou même dépasser la cible établie dans le cadre des OMD, explique le rapport conjoint intitulé 'Des progrès sur l'assainissement et l'eau potable'.
Toutefois, avec près de 39% de la population mondiale vivant sans installations sanitaires améliorées, soit plus de 2,6 milliards de personnes, le rapport souligne que la communauté internationale n'atteindra pas l'objectif en matière d'assainissement pour près d'un milliard de personnes, si la tendance n'est pas inversée.
L'une des évolutions positives en la matière est la baisse de la pratique la plus risquée en matière d'assainissement, à savoir la défécation en plein air. Cette pratique est sur le déclin dans le monde entier, avec 168 millions de personnes en moins qui y ont recours depuis 1990. Toutefois, elle est encore répandue dans le sud de l'Asie, où on estime qu'elle concerne 44% de la population.
Ce rapport fournit l'image la plus claire à ce jour de l'utilisation actuelle des installations améliorées d'assainissement et des sources améliorées d'eau potable dans le monde. Le rapport est destiné à aider les décideurs, les donateurs, les agences gouvernementales et les organisations non gouvernementales à décider ce qui doit être fait et où concentrer leurs efforts pour atteindre les OMD.
« Nous devons non seulement nous concentrer sur la réalisation des OMD en matière d'eau et d'assainissement, mais aussi sur la nécessité de les réaliser de manière équitable, en veillant à partager les succès remportés avec les groupes les plus vulnérables et les personnes difficiles à atteindre », a déclaré le Dr Tessa Wardlaw, Chef des statistiques et du suivi de l'UNICEF.
Alors que la population mondiale est à peu près également répartie entre les zones urbaines et rurales, la grande majorité des personnes qui n'ont pas accès à l'eau et à l'assainissement vivent en milieu rural.
En effet, sur dix personnes sans installations sanitaires de base, sept sont des habitants des zones rurales. Pour l'accès à l'eau potable, cette proportion atteint huit personnes sur dix. La pauvreté entraîne un écart équivalent.
« Il ne nous reste que cinq ans avant 2015 et une intensification importante des efforts et des investissements dans l'assainissement est nécessaire aujourd'hui », a déclaré Robert Bos, Coordinateur eau, l'assainissement, hygiène et santé à l'OMS.
L'eau insalubre et les carences en matière d'assainissement et d'hygiène causent la mort de près de 1,5 millions d'enfants de moins de cinq ans chaque année et affectent en premier lieu les femmes et les filles.
« Avec près de 884 millions de personnes qui vivent sans accès à l'eau potable et environ trois fois plus qui ne bénéficient pas d'installations sanitaires de base, il est nécessaire pour nous d'agir maintenant, ensemble », a déclaré Clarissa Brocklehurst, Chef de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène de l'UNICEF.
Source : OMS / UNICEF

lundi 23 mars 2009

Déclaration finale du forum mondial de l’eau et premier bilan


Le premier constat à tirer de cet événement de première importance est un constat de frustration : peut-être à cause de la crise financière, le forum mondial a insuffisamment pu attirer l’intérêt du grand public, et créer « l’onde de choc » que nous espérions, en vue d’une prise de conscience des problématiques liées à l’eau. La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, a jugé dimanche "choquant" ce manque de mobilisation politique au niveau international sur la question de l'eau. On ne peut que la rejoindre : "il est choquant de voir que, pour la première cause de mortalité dans le monde, il n'y a pas plus de mobilisation politique", a-t-elle déclaré à l'AFP de retour du 5e Forum mondial de l'eau, qui s'est achevé dimanche à Istanbul. "Il faudrait que les politiques s'impliquent beaucoup plus sur le sujet", a-t-elle ajouté, tout en se félicitant que la France se soit "particulièrement mobilisée" à Istanbul.
Mme Jouanno et le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, ont participé aux débats de ce Forum, qui a rassemblé plus de 25.000 personnes. Il s'est achevé dimanche sur une déclaration affirmant notamment la nécessité d'améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement à travers le monde, mais ne retenant pas la notion de "droit à l'accès à l'eau", réclamée par nombre d'ONG et plusieurs pays, dont la France. A ce sujet, le sénateur français Jean-François Legrand, qui animait à Istanbul un collège d'environ 300 parlementaires originaires de près de 90 pays, a jugé la déclaration ministérielle "incolore, inodore et sans saveur". Le Partenariat français pour l’eau a aussi « déploré » que la notion de droit à l’eau ne figure pas dans la déclaration finale, ce qui montre le soutien large que l’idée obtenait, puisque le Partenariat rassemble 33 membres, parmi lesquels des ONG (Action contre la faim, Secours catholique, Coalition Eau des ONG…), des entreprises (Veolia et Suez par l’intermédiaire de la FP2E – Fédération des entreprises professionnelles de l’eau…), les organisation représentantes des collectivités territoriales, les agences de l’eau, etc.
En ce qui concerne la "diplomatie de l'eau", la déclaration est aussi décevante. Or, compte tenu de l’accroissement prévu du stress hydrique, il faut s’attendre à une concurrence pour cette ressource vitale dans le futur. Comme le notait le rapport de l’ONU présenté lors du lancement du forum, "les conflits liés à l'eau peuvent survenir à tous les niveaux (…). Des conflits locaux liés à l'irrigation sont fréquents [...], des conflits se produisent aussi au niveau des cours d'eau transfrontalier". Sur ce point, la France est mobilisée : elle avait annoncé avant le forum sa volonté de voir ratifier la convention des Nations Unies sur les cours d'eau transfrontaliers. Adoptée en 1997, elle n'est à ce jour pas entrée en vigueur, faute d'avoir atteint la barre des 35 ratifications nécessaires. On peut la lire ici.
La déclaration ministérielle finale, non contraignante, énumère un certain nombre d'engagements : faire des économies d'eau, en particulier dans le domaine agricole, lutter contre la pollution, des cours d'eau comme des nappes phréatiques. Elle affirme en outre la nécessité de collecter et de traiter les eaux usées, au-delà de l'indispensable accès aux toilettes.

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