Affichage des articles dont le libellé est Italie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Italie. Afficher tous les articles

jeudi 4 mars 2010

Campagne pour l’eau du robinet en Italie

En Italie, une nouvelle campagne vient d’être lancée par les écologistes et les maires : ‘Imbrocchiamola’ qui vise à inciter à la consommation de l’eau du robinet.
En effet, les italiens sont les plus grands consommateurs d’eau minérale en Europe. Il y a diverses raisons à cela : d’une part, il y a quelques dizaines d’années, des scandales sur la qualité de l’eau du robinet ont incité à se tourner vers l’eau en bouteille, mais surtout, d’autre part, les entreprises du secteur ont vu là une possibilité de développement énorme et les campagnes publicitaires ont été – et sont toujours – très importante. On a constaté, en 20 ans, quasiment une multiplication par quatre des budgets publicitaires et en conséquence, une consommation qui a doublé.
A tel point que, par exemple, il est extrêmement mal vu de demander une carafe d’eau au restaurant.
Un collectif de maires, appuyé par des militants écologiques tente donc de faire prendre conscience aux italiens de l’impact environnemental des bouteilles en plastique tout en prônant les qualités de l’eau du robinet.
Les maires ont lancé un ‘manifeste de l’eau du maire’ et la campagne Imbrocchiamola cherche à réunir de plus en plus de restaurateurs qui acceptent de servir des carafes d’eau. Pour l’instant, on en compte plus de 1600 dont certains qui en font même étalage en apposant une vignette sur leur vitrine.
Mais cela suffira-t-il à renverser les habitudes et les préjugés qui restent coriaces

dimanche 28 février 2010

Pollution du fleuve Pô : une nouvelle forme de criminalité écologique ?

Dans la nuit de mardi, les vannes de plusieurs cuves d’une ancienne raffinerie de la Lombarda Petroli, à Villasanta , sont ouvertes provoquant le déversement de plusieurs milliers de m3 de pétrole dans le Lambro (en latin son nom signifie clair, c'est-à-dire «fleuve aux eaux limpides»), un des effluents du fleuve Pô*. En quelques heures les efforts consentis depuis plusieurs années pour rétablir la qualité des eaux de cet effluent ont été réduit à néant et la dérive de la nappe de pétrole sur plusieurs centaines de kilomètres laisse craindre le pire pour les cours d’eau italiens.
La raffinerie transformée en dépôt de carburant, classée SEVESO jusqu’en 2009 ne semble pas avoir bénéficiée de toutes les attentions nécessaires à sa neutralisation environnementale. Ce site quasiment à l'abandon, devait être réhabilité dans le cadre d'une opération immobilière, mais n'aurait normalement pas dû abriter de telles quantités de pétrole sans une surveillance adaptée. Est-il utile de rappeler que sont dénommés SEVESO les sites industriels représentant un certain niveau de risque. Si cet évènement n’était pas aussi affligeant et grave d’aucun pourraient certainement trouver « drôle » le fait qu’à nouveau ce soit la région de Lombardie qui est touchée par cette catastrophe environnementale. En effet, le qualificatif commun de SEVESO résulte des mesures réglementaires qui ont été prises pour la sécurisation des sites industriels à risque suite à la catastrophe qui avait touché la ville de SEVESO en Lombardie en juillet 1976 provoquant une catastrophe environnementale…Malheureusement la mémoire se perd et dès que l’événement se tasse on oublie…
Mais qui pourrait avoir la prétention de dire qu’il fallait le prévoir, qui de normalement constituer peut penser que l’on peut volontairement commettre un acte de cette nature ? Acte volontaire, cela semble indéniable d’après les éléments d’enquête déjà recueillis, cependant les auteurs ont ils mesurer l’ampleur de leur acte et si c’est le cas sommes nous face à une nouvelle forme de criminalité, le crime écologique ?
Cependant, l’Italie n’en est pas encore au stade du bilan et des conclusions. Aujourd’hui, elle concentre ses efforts sur les actions qui permettront de « limiter » l’ampleur de cette pollution. En effet, les prévisions montrent que si les mesures misent en œuvre ne sont pas suffisamment efficaces, la nappe de pétrole qui dérive actuellement sur le Pô, après avoir parcouru le cours du Lambro atteindra l’Adriatique d’ici 3 ou 4 jours causant sur son passage de terribles dégâts à la faune et la flore. D’après les associations environnementales ce sont déjà des centaines d’oiseaux (hérons, canards, cormorans) et des milliers de poissons (anguilles, mulets…) qui se sont trouvés piégés par cette pollution.
Selon Romano Pagnotta, directeur du Conseil national de la Recherche « il faudra des années avant que le Lambro puisse retrouver les conditions initiales d’un point de vue biologique ». De plus, comme le souligne R. Pagnotta « en plus des éléments qui flottent et peuvent être prélevés, il y a des parties qui se solidifient et qui vont aller se déposer au fond de l’eau et se sédimenter ».
Jeudi après-midi, alors que la nappe se trouvait à mi-chemin entre Crémone et Mantoue, à la hauteur de Parme, après avoir parcouru environ 200 km.De son côté, le chef de la protection civile italienne, Guido Bertolaso, assurait que dans les prochaines 24 heures la plus grande partie de la nappe devrait être récupérée et que les pompiers et les techniciens mobilisées seraient en mesure de récupérer tout le reste avant que la nappe n’arrive à la hauteur de Ferrare et donc au delta du Pô.
"Les interventions les plus lourdes sont prévues dans la zone de Piacenza, où l'on espère que la partie la plus concentrée et épaisse de la nappe pourra être arrêtée avant qu'elle n'atteigne notre territoire", grâce à l'installation de barrières rigides, a expliqué M. Ferrari. Des barrières du même type ont été installées au niveau de l'île de Serafini, près de Crémone.
De son côté, la Vénétie, située plus en aval, s'est préparée à l'arrivée de la marée noire en postant deux embarcations en travers du fleuve pour tenter de récupérer un maximum de pétrole.
"Nous devons faire le maximum pour prévenir et limiter les dommages à l'environnement, mais aussi les éventuelles retombées sur les activités économiques et touristiques dans le delta du Pô, sur la mer Adriatique, une zone unique pour sa beauté et ses délicats équilibres" écologiques, a déclaré le responsable pour la pêche en Vénétie, Isi Coppola.
Le quotidien des italiens est d’ores et déjà affecté par cette catastrophe puisque bien que les autorités aient assuré que l'eau restait potable dans la région, plusieurs provinces ont pris des décrets interdisant la pêche et la navigation sur les parties affectées du fleuve. Dans le même temps, la dérive de la nappe dans la province de Parme, laissant craindre un risque de contamination de l'eau dans la première région agricole d'Italie.
L'organisation agricole « Coldiretti » a toutefois assuré que la sécurité de la chaîne alimentaire n'était pas menacée par cette fuite d'hydrocarbures car la production agricole est faible à cette période de l'année. De plus, les fortes pluies sur la région de Parme dernièrement garantissent que l'eau du Pô ne sera pas nécessaire pour assurer l'irrigation des terres. L'organisation ajoute que les pluies prévues dans les prochains jours vont contribuer à diluer la pollution et disperser les résidus. Pourtant cette dilution pourrait être plus inquiétante que rassurante puisque l’augmentation du niveau des eaux du Pô peut également signifier que les hydrocarbures risquent de se propager à d'autres affluents et rivières, provoquant des dégâts plus étendus.
* Le Pô (en italien Po, en latin Padus) est le plus important fleuve italien tant par sa longueur, 652 km, que par son bassin hydrographique qui couvre 71 057 km², soit 1/4 du territoire national de l'Italie. Il traverse notamment les villes de Turin, Crémone et Plaisance. Il prend sa source à Pian del Re à 2 022 m d'altitude, dans les Alpes occidentales, et se jette dans l’Adriatique, en formant un vaste delta de 380 km² débutant à proximité de Ferrare, où le Pô se divise en trois branches: Le Pô principale (au nord de Ferrare), depuis Ferrare en Pô de Volano et Pô di Primaro, pour former le Delto du Pô. Le Pô principal se subdivise alors en cinq bras secondaires : le Pô de Maestra, le Pô de la Pila, le Pô des Tolle, le Pô de Gnocca et le Pô de Goro. Actuellement le Pô est navigable sur 389 km depuis le débouché du Tessin jusqu'à la mer.
Pour aller plus loin : lire l'article du 3 janvier 2010 : Faits et chiffres sur le bassin de la rivière Pô

dimanche 3 janvier 2010

Faits et chiffres sur le bassin de la rivière Pô (Italie)

Le bassin du Pô génère près de 40% du PIB national italien grâce à l'industrie intensive et d'autres activités économiques.
Le bassin du Pô s'étend des Alpes à l'ouest jusqu'à la mer Adriatique à l'est et couvre une superficie de 74,000 km2. Tandis que 5% du bassin se trouve en Suisse et en France, la majeure partie est située dans le nord de l'Italie. C'est là où le bassin est le plus important, son canal principal le plus long (650 km) et son débit le plus grand.
On trouve quelque 16 millions d'habitants dans le bassin du Pô (en 2001), et il s'étend sur 24% du territoire de l'Italie. Les régions du Piémont, de la Vallée d'Aoste, de la Ligurie, la Lombardie, la Vénétie, l’Émilie-Romagne et la Toscane se trouvent partiellement ou complètement en son sein, tout comme la Province autonome de Trento.
Les précipitations moyennes varient entre un maximum de 2.000 mm dans la chaîne alpine à un peu moins de 700 mm dans les plaines orientales, avec une moyenne annuelle de 1.100 mm.
Les relevés météorologiques indiquent que le nombre total de jours de pluie en Italie a diminué de 14% de 1951 à 1996. La baisse était plus prononcée en hiver. La quantité de précipitations a également diminué, surtout dans le centre et le sud de l'Italie. En outre, pendant la même période, des sécheresses persistantes se multiplient. Des tendances similaires ont été observées dans le bassin du Pô. La pluviométrie annuelle moyenne a diminué de 20% depuis 1975 et le débit annuel moyen à Pontelagoscuro, près de l'extrémité inférieure de la rivière, a baissé de 20% à 25%.
Le montant des ressources d'eau douce disponible dans le bassin du fleuve Po est estimé à 77,7 milliards de m3.
L'agriculture dans le bassin du fleuve Po est très développée, ce qui représente plus de la moitié de l'utilisation des terres dans le bassin. En fait, avec 30.000 km2, il est la plus grande surface cultivée en Italie et représente 36% de la production agricole du pays. En conséquence, l'agriculture a la plus forte demande en eau de tous les secteurs dans le bassin avec le retrait de près de 17 milliards de m3 par an. Environ 11.000 km 2 de la surface cultivée est irriguée, presque exclusivement (87%) par des cours d'eau de surface.
Le bassin du Pô est aussi urbanisé et abrite 28% de la population de l'Italie. La Lombardie, le Piémont et l'Emilie-Romagne sont les régions les plus peuplées et ont une concentration importante d'activités économiques.

lundi 22 juin 2009

Italie - Publication du Blue Book 2009

En Italie, le « Blue Book 2009 » a récemment proposé une «radiographie de la consommation de l’eau par les familles italiennes et du service hydrique intégré». Il a été présenté lors de la conférence internationale de l’Association Internationale de l’Eau (IWA) dans le cadre du séminaire H2Objectif 2000.

Selon ce rapport, publié par l’Institut de recherche Utilitatis en collaboration avec l’Association nationale des autorités et organismes de l’environnement (Anea), en 2008, l’Italie fait partie des pays où le prix de l’eau et des services hydriques est le moins élevé.

En revanche, il existe une forte diversité entre les villes : les « tarifs de l’eau les plus élevés sont à Agrigente, en Sicile - 200 m3 d’eau pour 440 euros par an et les plus bas à Milan - 103 euros par an. » Le rapport compare également les prix du m3 d’eau dans des grandes métropoles mondiales, telles que Buenos Aires, Hong Kong, Miami, Berlin, Zurich, Paris, Bruxelles, Helsinki.

Enfin, pour faire face aux besoins, l'investissement au cours des 30 prochaines années devrait être de 2,02 milliards de dollars par année.

En effet, selon le rapport, « 15% des Italiens ne sont pas raccordés au réseau de canalisation et que 30% manquent de services d’assainissement. » Les participants ont donc qualifié cette situation d’« urgente » et « nécessitant des investissements privés immédiats. »

Annuaire RSS Fluxenet