dimanche 26 avril 2009

L’eau du robinet rencontre l’engouement des français

L'eau du robinet, après avoir été longtemps critiquée, fait aujourd'hui l'objet d'une attention particulière dans l'esprit des français: sa qualité est enfin reconnue.
Selon un récent sondage de la Sofres, les Français seraient de plus en plus nombreux à boire de l'eau du robinet plutôt que de l'eau en bouteille, une tendance qui ne fait que s'accentuer depuis 2008.D'après l'étude, 71% des Français déclarent boire de l'eau du robinet au moins une fois par semaine, contre 67% en 2008. Et seulement 52% affirment consommer au moins une fois par semaine de l'eau en bouteille, soit 4 points de moins qu'en 2008 (56%). De plus, trois Français sur quatre (77%) se disent « satisfaits » de la qualité de l'eau du robinet, tandis que 22% se déclarent « insatisfaits », pas de changement depuis 2008.

Ce sondage indique également que l'eau du robinet est jugée « sûre » par 83% des Français, un chiffre qui croît de 2 points par rapport à 2008, le meilleur résultat jamais obtenu depuis la mise en place de ce baromètre.
L'édition 2009 de cette étude a été effectuée lors d'entretiens en face à face, du 2 au 23 décembre, auprès d'un échantillon représentatif de 1967 individus de 18 ans et plus.

samedi 25 avril 2009

Le CICR lutte au Zimbabwe pour améliorer l’accès à l’eau

Au Zimbabwe, la qualité de l’eau distribuée ainsi que sa quantité ont baissé ces dernières années, en raison de la situation économique difficile et d’autres problèmes auxquels le pays doit faire face. À cause du manque de pièces de rechange essentielles, d’outils, de matériel et de compétences techniques pour assurer son entretien, le réseau d’approvisionnement en eau est en très mauvais état. L’absence d’accès à l’eau potable est en grande partie responsable de l’épidémie de choléra dont nous avons parlé fréquemment et demeure une composante essentielle dans la lutte contre la propagation de la maladie.

C’est dans ce contexte qu’en novembre 2007, le CICR a débuté une collaboration avec la Zimbabwe national water authority (service national des eaux) pour remettre en état la station de traitement de l’eau de Harare. Jusqu’à une date récente, ce service était responsable de la station de traitement de l’eau Morton Jaffray – la principale station de pompage d’eau de Harare, située à environ 40 km de la ville – et de la gestion des systèmes de distribution d’eau et des réseaux d’égouts du pays. Ces tâches relèvent désormais du conseil municipal de Harare.

Le soutien du CICR est centré sur la station Morton Jaffray, qui approvisionne en eau quelque 2,5 millions d’habitants de Harare et des environs. L’année dernière, il a fait don de pompes à eau essentielles, de matériel destiné à vérifier la qualité de l’eau et d’outils. Elle fournit un appui et un savoir-faire techniques à l’atelier d’entretien auquel font appel la station et le système central de distribution d’eau.

Le rôle de l’institution est de concourir à leur remise en état par une aide matérielle et technique. Pour l’instant, seul le point principal de traitement de l’eau bénéficie de cet appui. À terme, le réseau de distribution nécessitera une révision complète, afin de rétablir un approvisionnement en eau suffisant, sur le plan de la qualité et de la quantité, pour les habitants de la ville et des régions avoisinantes.

Paul-Henri Bourlon, un ingénieur « eau et habitat » du CICR, affirme : « Cette initiative donne une forte impulsion aux efforts que déploient les autorités pour remettre en état la station de pompage centrale de Harare. » Un agent de l’État partage cet avis : « La coopération avec le CICR a permis à la station de continuer à fonctionner et pourrait, à l’avenir, changer la vie de centaines de familles. »

La remise en état de la station Morton Jaffray est une tâche colossale pour les autorités du Zimbabwe. Il faudra du temps avant que la contribution du CICR n’ait des retombées dans les foyers.

En apportant son concours à l’amélioration de l’approvisionnement en eau du Zimbabwe, le CICR contribue, entre autres, à freiner la propagation du choléra. L’institution lutte aussi directement contre la maladie. Elle coordonne ses activités avec la Croix-Rouge du Zimbabwe, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les unités d'intervention d'urgence des Sociétés nationales de la Croix-Rouge pour aider les autorités sanitaires à prêter assistance aux personnes touchées dans différentes régions du pays.

vendredi 24 avril 2009

Développement de la desalinisation en Israël


Avec un objectif d’accroissement de la quantité d’eau potable produite par dessalement de 25% par an, soit 57 millions de mètres cubes supplémentaires, Israël veut passer le cap des 300 millions de m³ d’eau potable dessalée d’ici à la fin 2010.
Un accord vient d’être signé avec les trois sociétés de dessalement qui opèrent en Israël: Veolia, Maris et H2ID.
Veolia a construit et exploite l’usine de dessalement d’Ashkelon; il s’agit de la plus grande usine au monde de dessalement d’eau de mer utilisant la technologie membranaire d’osmose inverse. Sa capacité de production actuelle est de 108 millions de m3 d’eau potable par an.
Maris, qui a construit l’usine de Palmahim, et le consortium israélien H2ID, qui a fabriqué et qui exploite les installations de désalinisation de Hédéra, se sont aussi engagés à accroître leur production d’eau potable de 25% d’ici à l’année prochaine.
Parallèlement à l’accroissement de la production des installations existantes, le Ministère israélien des Finances a lancé un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle usine de dessalement à Sorek, d’une capacité annuelle de 150 millions de m³. Plus que jamais, Israël mise sur cette technologie pour solutionner la crise de l’eau auquel il est confronté, sur fond de tensions géopolitiques liées aux partage de la resource avec les palestiniens et les états voisins. De quoi justifier que le pays vient d’être reconnu leader mondial du traitement de l’eau recyclée lors de la Conférence internationale de l’Eau à Istanbul.

jeudi 23 avril 2009

Accès à l’eau en RDC : objectif 40%

Le gouvernement de la République démocratique du Congo veut porter à 40% en 2012, contre 26% en 2008, le taux de desserte de la population en eau potable, a déclaré mardi le ministre du Plan, Olivier Kamitatu, à l'ouverture d'une session de trois jours sur l'eau à Kinshasa.
"Les programmes d'investissements et de réformes, dont le financement est assuré pour un total de 500 millions USD, vont relancer le développement du secteur et permettre d'étendre l'accès à l'eau potable à plus de 40% de notre population d'ici 2012", a affirmé M. Kamitatu, également président du Comité national d'action de l'eau et de l'assainissement (CNAEA).
Le CNAEA a pour mission d'optimiser les actions de coordination dans le secteur de l'eau et de l'assainissement en RDC où en 2008, le taux de desserte en eau potable était de 26%.
Mais cette eau distribuée par la Régie des eaux (Régideso) n'est pas toujours potable, en raison notamment d'un défaut d'utilisation de chlore pour l'assainir. Pour plus de sureté, les consommateurs la font souvent bouillir.
M. Kamitatu a salué la contribution, dans ce domaine, des partenaires extérieurs notamment la Banque mondiale (285 millions USD), la Banque africaine de développement (110 millions USD) et la coopération allemande (45 millions d'euros soit environ 60 millions USD).
"Dans les régions forestières où l'eau est abondante, il s'agit avant tout de sécuriser la qualité en protégeant les ressources', a-t-il précisé.
La RDC possède un important réseau hydrographique, constitué de nombreux fleuves et lacs.

Source AFP

mardi 21 avril 2009

Le Crédit Mutuel distingue deux lycéennes pour un projet de traitement de l'eau au Sénégal

La banque Crédit Mutuel a organisé au niveau national, une opération intitulée “un coup de pouce du Crédit Mutuel pour faire germer vos projets”. Il s’agissait, pour les élèves d'établissements agricoles de présenter un projet réalisé dans le cadre de leurs études.

C’est l’institut Sandar, lycée d’enseignement Général et d’Agrotechnologie situé à Limonest (Rhône-Alpes) qui se verra verser les 1000 euros réservés au projet vainqueur. Faustine Chilliet et Sylvie Clappier, classe de BTSA Gestion et maîtrise de l’eau 2 ème année, ont été récompensées pour leur action d'étude, et de réalisation d'un projet nommé KADABIO, d'épuration de l'eau dans un village du Sénégal.

 “Dans le cadre du Projet d’Information et de Communication (PIC) à réaliser en deuxième année de BTS Agricole en Gestion et Maîtrise de l’eau, nous sommes deux étudiantes à nous être intéressées à la demande émanant de l’école du village de Kabadio en Casamance, au Sénégal : sensibiliser des jeunes élèves aux problèmes d’hygiène liés à l’eau et aux différentes maladies transmissibles par cette dernière. Ce projet, nous l’avons élaboré avec l’association IEFR (Il Etait une Fois une Rencontre) basée à Villefranche-sur-Saône" ont expliqué les deux lycéennes.

Après s’être intéressées à la partie théorique du projet, les lycéennes ont  pris l’initiative de concrétiser leur action en installant deux systèmes d’épuration d’eau (Miniwata) destinés à l’hygiène quotidienne, l’un pour l’école, l’autre pour la maternité.

Un grand brav-eau aux lauréates !

dimanche 19 avril 2009

Pollutions sauvages : il faut punir !


C’est une affaire comme il en arrive malheureusement toutes les semaines dans nos campagnes ; un acte de vandalisme écologique, passé presque inaperçu, dont les auteurs ne seront jamais retrouvés. Dans la région d’Epernay, la propriété de la famille Splingart est traversée par le Sourdon, un ruisseau qui prend sa source au-dessus de Saint-Martin-d'Ablois et qui court à travers le village avant de rejoindre le Cubry.
Depuis plusieurs années, cette famille élève des poissons, dans les étangs et bassins creusés sur son terrain et alimentés par le Sourdon. Le fils, Olivier, vend des truites pour les concours de pêche. Ce sont ses parents qui s'occupent des poissons pendant ses déplacements professionnels.
« Mardi dernier, comme tous les soirs, j'ai sorti les chiens et j'en ai profité pour enlever les choses qui bouchent la grille, là où l'eau du ruisseau part dans la pêcherie », raconte M. Splingart. « J'ai vu un poisson qui sautait et se retournait à la surface. Je me suis tout de suite dit, il y a quelque chose de mauvais dans l'eau. » Il se dirige vers la pêcherie, où toutes les grosses truites sont en train de flotter, à l'agonie. Le lendemain, il repêche avec son épouse, près de 200 kilogrammes de truites mortes. À cinq euros le kilo de truite, le préjudice est de 1.000 euros pour l'entreprise familiale. « Il n'y a aucune assurance pour ce genre de dommages, c'est perdu », explique le couple, avec amertume.
Un produit chimique de nettoyage ou de jardinage, versé dans le ruisseau en amont de la pisciculture est sûrement à l'origine de cette perte.
Un gros manque à gagner
Si elles meurent avant d'être pêchées, les truites sont évidemment invendables. « Les poissons sont morts la gueule ouverte, le polluant est sûrement une substance qui raréfie l'oxygène dans l'eau, suppose M. Splingart. Les plus petites truites ont survécu. La personne responsable a dû déverser un tel produit en grande quantité, pour que, malgré la dilution, il y ait autant de poissons morts. »
La gendarmerie s'est rendue sur les lieux le lendemain mais il était déjà trop tard pour effectuer des prélèvements et analyser l'eau.
Personne n'a le moindre indice sur le produit qui aurait pu tuer les truites et ni sur son origine.
« Il y a des gens qui prennent le ruisseau pour une poubelle », s'insurge Mme Splingart. « C'est honteux. »
« On y retrouve des cannettes de bière, des sacs en plastique, des bouteilles… On a même vu une tête de veau ! Les gens devraient davantage respecter la nature », ajoute son époux.
D'où est venu le produit polluant, les Splingart ne le savent pas, mais ils aimeraient faire savoir qu'il y a une pisciculture en aval du village, qui récolte tout ce qu'on jette dans la rivière.
La même mésaventure en septembre dernier
« C'est arrivé dans la nuit, à 22 heures, ce n'est pas un accident, quelqu'un a volontairement versé quelque chose dans l'eau, en toute discrétion. Ce n'est pas malveillant, nos truites n'étaient sûrement pas visées. ». « Cette fois-là, le polluant était visible, l'eau était devenue bleu verte », se rappelle M. Splingart.
Mais là encore la gendarmerie n'avait rien pu faire.
« Il faut que ça cesse, affirme Mme Splingard. Ce n'est pas seulement une perte économique pour l'entreprise, c'est révoltant d'un point de vue écologique. En plus, nos chiens boivent dans le ruisseau aussi. »

Le caractère anecdotique de cette triste histoire ne doit pas cacher une incongruité judiciaire choquante : en France, l’incendie de forêt volontaire, en l’absence de victime, est puni de 20 ans de réclusion et 200 000 euros d’amende (article 322-6 du code pénal). La pollution d’un cours d’eau n’expose qu’à une contravention de 5ème classe de 1500 euros au plus.

jeudi 16 avril 2009

Lancement de l’étude de l’Afssa sur les polychlorobiphényles (PCB)

L'étude dite « d'imprégnation » de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), en partenariat avec l'Institut de veille sanitaire (InVS) vise à savoir si les consommateurs de poissons de rivière ont été plus exposés aux PolyChloroBiphényles (PCB) que l'ensemble de la population. Alors qu'elle devait débuter en novembre dernier et livrer ses premiers résultats en juillet 2010, elle n'aura finalement démarré qu'en avril. Cette enquête implique 900 foyers de pêcheurs amateurs sur 6 zones de pêche contaminées ou non par les PCB , commentent dans un communiqué l'Afssa et InVS.

Les deux organismes ont été chargés, dans le cadre du plan national d'actions sur les PCB lancé par les ministères chargés de l'Ecologie, de l'Agriculture et de la Santé, de réaliser une étude sur l'exposition et l'imprégnation par les PCB des consommateurs adultes, de poissons de rivière, principalement les pêcheurs et leurs conjoints. L'objectif : mesurer l'imprégnation des consommateurs de poissons de rivière dans des secteurs où une pollution a été identifiée et à les comparer à l'imprégnation de populations non exposées. Réalisée sur 4 sites présentant différents niveaux de contamination aux abords de certaines portions de la Somme, du Rhône, de la Moselle, du Rhin et de la Seine ainsi que sur deux sites témoins non contaminés des bords de la Loire et de la Garonne, l'étude porte sur 900 personnes qui ont été sélectionnées de manière aléatoire à partir des listes des adhérents des Associations agréées de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA).
Les teneurs sanguines en PCB et les habitudes de consommation alimentaire des participants, consommateurs et des non consommateurs de poissons de rivière, vont être analysées. En parallèle, le niveau de contamination des poissons de ces zones sera mesuré. Les collectes et analyses des données devraient durer plusieurs mois et permettront d'aboutir à des recommandations quant aux fréquences de consommation sans danger pour l'Homme. Celles-ci seront définies selon les espèces de poisson et par population cible et seront disponibles en février 2011, précise l'Afssa.

Rappelons qu'en réponse à la mise en évidence en 2005 d'une pollution de grande ampleur du Rhône par les PCB, la commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire de l'Assemblée nationale avait confié à Philippe Meunier, député du Rhône, le soin de faire le point sur la portée de la crise et l'ampleur de ses répercussions sanitaires, économiques, sociales et écologiques. Présenté le 25 juin dernier à l'Assemblée nationale, le rapport d'information mettait en relief l'inadaptation des structures administratives à la gestion de crise. Eu égard au précédent épisode de pollution des années 1980, force est de constater que l'administration s'est quelque peu laissée surprendre par la crise survenue à compter de 2005, pouvait-on lire dans le rapport. De manière à faire réagir les pouvoirs publics face aux risques sanitaires liés à cette pollution, le WWF et l'Association Santé-Environnement Provence (ASEP), constituée de 300 médecins de la région avaient lancé leur propre étude sur l'impact de la pollution aux PCB dans le Rhône.

Les PCB n'existent pas à l'état naturel. Ils ont été produits par l'Homme dans les années 30 en raison de leur grande stabilité thermique et leurs caractéristiques électriques avant d'être interdits progressivement dans les années 80 au regard de leurs impacts néfastes sur l'environnement et la santé. Peu solubles dans l'eau, peu biodégradables et bioaccumulables, les PCB rejetés dans l'environnement se fixent dans le temps sur les matières en suspension et les sédiments des cours d'eau. Ils contaminent ensuite par ingestion la chaîne alimentaire, des crustacés aux poissons dans lesquels ils s'accumulent via les tissus graisseux. L'homme risque alors d’être contaminé à son tour par l'ingestion de produits pollués. L'homme est exposé aux PCB essentiellement par la consommation de produits gras d'origine animale : poissons, viandes et produits laitiers , explique l'InVS. 
Si une exposition accidentelle de courte durée aux PCB n'a pas de conséquence grave, une exposition chronique même à faible dose présente divers effets néfastes chez l'animal, notamment des effets cancérogènes. Ils ont d'ailleurs été classés en tant que substances probablement cancérogènes pour l'homme. Les effets chroniques des PCB peuvent être également des dommages du foie, des effets sur la reproduction et sur la croissance.

Les techniques de dépollution étant encore au stade de la recherche, la dépollution n'est pas encore au programme. Plusieurs travaux de recherche sur les eaux douces et les eaux marines sont en cours au sein de différents établissements privés ou publics. Le pôle de compétitivité Axelera a obtenu notamment un budget de 12 millions d'euros pour étudier cinq des technologies de dépollution : le dragage et le criblage pour identifier la fraction concernée par la pollution aux PCB, le confinement sur site, les méthodes d'absorption, le traitement thermique et les approches biologiques. Ces dernières consistent à mettre au point un réacteur permettant de développer des bactéries spécifiques mais également de déterminer comment sélectionner des champignons ou des bactéries dans le milieu pour activer la dégradation des polluants. L'ensemble des techniques sera testé sur deux plates-formes expérimentales : l'Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon et une seconde pouvant accueillir de gros volumes de sédiments sera mise en place dans le sud de Lyon. Ce programme de recherche doit durer trois ans et aboutir à la définition de 13 nouvelles technologies de traitement et 14 outils et méthodes pour maîtriser les PCB et autres polluants aquatiques.

lundi 13 avril 2009

Le poisson-robot qui détecte la pollution des fleuves

Des scientifiques britanniques travaillent sur un modèle de poisson-robot capable de se déplacer de façon autonome pour détecter les sources de pollution en milieu aquatique, a indiqué jeudi la société qui pilote le projet.

Le poisson, long d'environ 1,5 mètre et qui ressemble à une carpe, sera équipé de détecteurs chimiques pouvant identifier des sources de pollutions, telles que des fuites de carburant provenant de navires ou des produits chimiques dilués dans l'eau, selon la société de conseil BMT Group Ltd.

Le poisson-robot, conçu par des chercheurs de l'Université d'Essex (est de l'Angleterre) n'est pas télécommandé mais dispose de ses propres capacités de navigation. Il doit retourner à son port d'attache toutes les huit heures, quand il a épuisé ses batteries.

Cinq poissons-robots de ce modèle doivent être mis à l'eau dans le port de Gijon, dans le nord de l'Espagne, dans le cadre d'un projet de recherche piloté par la Commission européenne.

Conçu par l'équipe du professeur Huosheng Hu de l'université d'Essex, le poisson-robot, d'un coût de 20.000 livres, peut se déplacer à une vitesse maximum d'un mètre par seconde.

"Nous concevons ces poissons de façon à ce qu'ils soient capables de détecter des changements dans l'environnement d'un port et de reconnaître des signes précoces de dispersion de la pollution, par exemple pour détecter une petite fuite dans un bateau", a relevé Huosheng Hu qui prévoit que ces robots seront opérationnels à la fin 2010.

"L'espoir est que cela puisse prévenir des rejets potentiellement dangereux dans la mer, avant que des fuites non détectées ne s'aggravent avec le temps", a souligné M. Hu.

"Si utiliser des bancs de poissons-robots pour détecter la pollution dans les ports semble sortir tout droit de la science-fiction, il y a des raisons très pratiques pour choisir cette forme", a souligné Rory Doyle, directeur de recherche scientifique chez BMT Group.

"Avec des poissons-robots, on copie un modèle créé par des millions d'années d'évolution qui est incroyablement efficace", a-t-il déclaré.


Source : AFP


vendredi 10 avril 2009

Le cercle infernal de l’instabilité politique en Guinée-Bissau

80% de l’eau de Bissau, la capitale bissau-guinéenne, est contaminée par des bactéries nocives. Les habitants sont habitués aux épidémies de choléra et autres maladies diarrhéiques mortelles, et les bailleurs ne peuvent financer d’importants projets de construction d’infrastructures tant que la stabilité du pays ne peut être garantie.

La dernière épidémie de choléra, qui a couru de novembre 2008 à février 2009, a fait au moins 225 morts et touché quelque 14 000 personnes, la plupart dans la capitale. Si la gravité des dernières épidémies a incité certains bailleurs à investir davantage malgré l’incertitude politique qui subsiste, la plupart d’entre eux restent réticents. L’instabilité politique, marquée par les coups et contre-coups d’Etat et les assassinats politiques, contribuent à empêcher l’Etat de pouvoir assurer les services les plus essentiels, dans l’ensemble du pays.

" Le pays est touché par une instabilité continuelle ", a déclaré Silvia Luciani, directrice du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) en Guinée-Bissau. " Cela ne permet pas de mettre en place des systèmes d’infrastructures à grande échelle. Pour attirer les gros bailleurs, il faut pouvoir garantir une longue période de stabilité… On ne peut pas installer des canalisations d’eau en un mois ". Les maladies diarrhéiques comptent parmi les principales causes de mortalité et de morbidité infantiles en Guinée-Bissau, pays qui affiche le cinquième taux de mortalité infantile le plus élevé du monde, puisque près d’un enfant sur cinq y meurt avant l’âge de cinq ans. La plupart des familles de la capitale puisent leur eau dans des puits de surface qu’elles creusent elles-mêmes, souvent dangereusement près des latrines, et la croissance démographique observée dans la capitale ne fait qu’aggraver cette situation, a expliqué Mme Luciani à IRIN.

A cela s’ajoute l’impossibilité de rentabiliser les investissements : des systèmes de facturation de l’eau et de l’électricité ont été mis en place, mais ils ne fonctionnent pas correctement, selon Cesario Sa, directeur des Services d’eau et d’électricité (EAGB) de Bissau, car les ressources pour rentabiliser ces investissements manquent en amont : " Dans bien des cas, nous ne sommes pas en mesure de percevoir les recettes de l’approvisionnement en eau, faute de ressources financières ou de capacités ".

La Commission européenne vient d’approuver un projet d’un budget de 3,9 millions de dollars, visant à renforcer les capacités du ministère de l’Energie et des ressources naturelles dans le domaine de la gestion de l’eau, ainsi que l’octroi de la somme de 3,9 millions de dollars, pour continuer d’aider à la bonne gestion de l’eau en milieu rural. La Banque mondiale est sur le point de commencer à construire des réservoirs d’eau à Bissau, et d’installer 24 kilomètres de canalisations d’eau, pour un coût de près de six millions de dollars.

" Il y a une volonté d’améliorer l’eau et l’assainissement ", se félicite Mme Luciani de l’UNICEF. " Si la situation reste calme, d’autres interventions de ce type pourront être entreprises ". Pour Jose Antonio Borges, un habitant de Bissau, la population ne peut plus se permettre d’attendre. " La Guinée-Bissau est confrontée à une crise électrique depuis 1998. Mais cette année, c’est la crise hydrique qui est la plus grave car elle touche tout le monde dans le pays… On peut accepter la crise énergétique, mais sans eau, on ne peut pas vivre ".


lundi 6 avril 2009

Pollution acide industrielle en Nouvelle Calédonie



Des centaines de poissons et de crustacés sont morts en Nouvelle-Calédonie, suite à une fuite d'acide sulfurique à l'usine de traitement de nickel du Brésilien Vale Inco, en phase de tests, ont indiqué vendredi les autorités locales.

"L'évaluation précise de l'impact de cette fuite est en cours. Mais il est certain que le creeks (rivières) du sud sont l'habitat d'un grand nombre d'espèces endémiques et protégées", a déclaré Christophe Obled, directeur de l'Environnement de la Province sud.

Après l'incident, un PH2, témoin d'une très forte acidité, a été relevé en plusieurs points du cours d'eau.

Plusieurs centaines de poissons et de crustacés ont été retrouvés morts à la surface de l'eau et sont en cours d'identification. Selon le comité autochtone Rheebu Nuu, la fuite est allée jusqu'à la mer où des mulets morts ont été découverts.

L'usine d'une capacité de 60.000 tonnes de nickel doit être inaugurée en milieu d'année et se situe en bordure d'une baie à la biodiversité exceptionnelle et fragile

Mercredi, un joint défectueux a entraîné une importante fuite à l'unité de production d'acide sulfurique, qui doit servir au traitement chimique du nickel.

Selon l'industriel, entre 1.000 et 5.000 litres se seraient déversés mais certaines sources, citées par le journal Les Nouvelles Calédoniennes, font état d'une quantité "vingt à trente fois supérieure".

Mécontent d'avoir été tardivement averti de cet incident, Philippe Gomes, président de la Province sud, a en outre révélé vendredi qu'un bassin de rétention était en réparation.

"La province condamne la poursuite des essais de l'usine d'acide au moment même où les dispositifs de sécurité étaient en réfection", a indiqué M.Gomés

La collectivité entend obtenir des sanctions pénales et des réparations "pour les dommages sur le patrimoine environnemental".

Vale Inco, troisième groupe minier mondial, a arrêté l'unité d'acide "jusqu'à nouvel ordre".

Le WWF (Fonds mondial pour la nature) a de son côté demandé le retrait de l'autorisation d'exploitation accordée à l'industriel.

Tout le chantier de ce site industriel a été émaillé de multiples polémiques avec les populations locales, en raison de ses risques pour l'environnement.

En septembre dernier, le climat s'était apaisé après la conclusion d'un pacte, prévoyant le versement sur 30 ans d'environ 85 millions d'euros par Vale Inco, pour le développement durable.

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