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mercredi 14 avril 2010

Ban Ki-Moon choqué par la catastrophe écologique de la Mer d’Aral

Selon un communiqué diffusé ce week-end par le service d’information des Nations Unies, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit choqué dimanche de constater les dégâts environnementaux causés à la mer d'Aral qu'il a survolée dimanche en hélicoptère en compagnie du premier ministre ouzbèke, Shavkat Mirziyoyev.
« Il est clair que c'est l'une des pires catastrophes environnementales du monde. J'ai été choqué », a dit M. Ban. « Cela m'a laissé un profond sentiment de tristesse qu'une mer puisse disparaître de la sorte ».
Il y a cinquante ans, la mer d'Aral était le quatrième plus grand lac de la planète. La superficie du lac a été réduite de 70% principalement à cause du détournement de l'eau des rivières qui s'y jetaient pour des projets d'irrigation agricole.
« C'est un témoignage flagrant de ce qui arrive lorsque nous gaspillons nos ressources communes, lorsque nous négligeons l'environnement, lorsque nous gérons mal l'environnement », a déclaré Ban Ki-moon.
Le Secrétaire général a aussi constaté combien la réduction de la surface du lac touchait directement des « millions de personnes qui ont perdu leurs moyens de subsistance ». « Nous devons travailler collectivement. C'est une responsabilité collective, une responsabilité partagée par les peuples de la région et partagée par les nations du monde ».
Le Secrétaire général a réaffirmé que l'ONU était prête à aider les pays d'Asie Centrale pour résoudre ce problème et améliorer la situation environnementale de la mer d'Aral.
« Nous devons sauver cette planète », a-t-il conclu.
Source : Service d’information des nations unies

samedi 13 février 2010

La Mer d'Aral, moins d’eau et plus de sel

Située au milieu d’une zone désertique, la mer d’Aral devait son existence à la confluence de deux fleuves, l’un venant de l’est, le Syr-Daria, l’autre du sud, l’Amou-Daria. Ces deux fleuves alimentaient une mer grande, à l’origine, comme deux fois la Belgique.
Le niveau a commencé à baisser dans les années 1960, avec la mise en place de grands plans d’irrigation visant à développer la culture du riz au Kazakhstan et du coton en Ouzbékistan. Les planificateurs soviétiques ont décidé en 1959 de cultiver 2,5 millions d’hectares de terres vierges supplémentaires. Il leur a fallu prélever 60 % du débit des deux fleuves alimentant la mer d’Aral.
À l’époque, les Soviétiques ont imaginé de détourner les fleuves de Sibérie vers l’Asie centrale pour compenser cette perte en eau. Mais le projet a été abandonné en 1986, à la demande de Mikhaïl Gorbatchev. La mer d’Aral s’est trouvée avec un déficit d’approvisionnement. D’autant que les canaux d’irrigation ne sont pas étanches et perdent jusqu’à 50 % de l’eau qu’ils transportent. En 1960, la mer d’Aral recevait de 50 à 120 milliards de mètres cubes d’eau par an. Aujourd’hui, elle n’en reçoit plus que cinq à dix milliards.
La baisse du niveau de l’eau a transformé la région. Une lagune est apparue, coupant quasiment la mer en deux, et créant la « Grande » et la « Petite Aral ». Les cartes de la région continuent à indiquer la présence de la mer dans des zones qui ne sont plus que du sable. Le climat est devenu plus sec. L’emploi massif d’engrais pour les cultures a entraîné une pollution des eaux au phosphate. Les habitants, qui consomment cette eau, sont victimes de maladies rénales et de cancers. La mortalité infantile, dans la région, est quatre fois plus élevée que dans le reste de l’Asie centrale.
Les poissons ont quasi disparu dans cette mer polluée et devenue trop salée. De plus, le vent disperse le sel apparu à la surface des nouvelles terres émergées. Cela a provoqué la diminution des aires de pâturage. Les habitants qui le peuvent ont choisi de partir, tandis que le désert gagne du terrain.
La mer est à cheval sur deux pays : le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. La frontière passe au milieu des eaux. Un plan de sauvetage global exigerait la coopération des deux pays, or les relations entre les deux gouvernements sont difficiles.
Pour augmenter le débit de l’eau remplissant l’Aral, il faudrait assurer l’étanchéité des canaux d’irrigation et diminuer les surfaces cultivées. L’Ouzbékistan, moins riche en pétrole et en gaz que ne l’est le Kazakhstan, n’est pas prêt à renoncer à la culture du coton, qui fait vivre des régions entières.
Aujourd’hui, plus personne ne croit à la possibilité de revenir à la situation des années 1960. La partie basse de la mer, la « Grande Aral », semble condamnée. Le Kazakhstan concentre ses efforts sur la « Petite Aral », qui se trouve entièrement sur son territoire. C’est ici seulement que de grands travaux ont permis d’enrayer le processus de désertification.
Le plan de sauvetage a consisté à fermer, par une digue de 30 mètres de large, la partie nord de la mer, de façon à retenir les eaux du Syr-Daria. Ainsi, le niveau de l’eau a pu monter de 12 mètres dans la « Petite Aral ». Une nouvelle digue doit permettre de monter, un peu plus au nord, le niveau de quatre mètres supplémentaires. Il faudra aussi construire un canal pour alimenter cette partie de la mer. On aura ainsi une mer d’Aral à trois niveaux, séparés par des écluses, afin de permettre la circulation des bateaux.
Les travaux entrepris par le Kazakhstan ont permis de ramener l’eau dans des zones où elle avait disparu depuis vingt ans. Cela permet, au final, de sauver une partie qui correspond à 15 % de l’ancienne surface de la mer d’Aral. Mais cela ne doit pas faire oublier que, dans le même temps, tout le reste de l’ancienne mer d’Aral, soit 85 % de la surface, reste en danger, menacé de disparition totale. Et les populations qui y vivent ont ainsi une épée de Damoclès au-dessus de la tête...
source : http://www.la-croix.com/Une-mer-fermee-victime-d-un-amenagement-mal-reflechi/article/2406953/55401

mercredi 6 mai 2009

Le problème de la Mer d’Aral posé sur fond de tensions transfrontalières

La mer d'Aral est en cours d'assèchement. Entre 1960 et 2008, elle a perdu 90% de son volume. Durant cette même période, sa salinité est passée de 1 à 100 g/l (rappelons pour mémoire que la concentration moyenne de l’eau de mer est de 35g/l). En 2007 il ne restait plus que trois lacs représentant 10% du bassin de la mer qui était autrefois une masse d'eau unique et l’accroissement de la salinité a tué pratiquement toute trace de faune et de flore.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué la décision des pays riverains de la mer d'Aral de débattre de la gestion de l'eau, notamment face aux changements climatiques.

Dans un rapport au Conseil de sécurité sur le Fond international pour sauver la mer d'Aral, qui se réunit à Almaty, au Kazakhstan, le Secrétaire général se dit encouragé de ce qu'une telle question écologique soit discutée au plus haut niveau.

« Le Fonds international a une position idéale pour faciliter le développement de solutions bénéfiques durables entre pays d'Asie centrale », y affirme-t-il, soulignant que « toute discussion sur la mer d'Aral doit reconnaître la menace croissante des changements climatiques ».

« Les Nations Unies considèrent que la volonté des dirigeants à trouver des solutions mutuelles dans ce domaine est extrêmement importante », a déclaré à cet égard le représentant spécial du Secrétaire général pour l'Asie centrale et chef du Centre régional pour la diplomatie préventive de la région, Miroslav Jenca, qui participait au sommet d'Almaty.

Toutefois, le sommet consacré aux moyens de partager les ressources hydrauliques de l'Asie centrale s'est achevé au Kazakhstan sur un profond désaccord entre les cinq dirigeants de la région, l'une des plus arides du monde.

Autrefois exutoire naturel de deux greands fleuves, l’Amou-Daria et le Syr-Daria, issus des montagnes du Tian Shan , du Pamir et de l’Hindu Kuch, la mer d’Arla a subit la volonté des autorités soviétiques de faire de l’Asie centrale la principale région cotonnière de l’URSS (la culture du coton est encore l’unique source de revenu d’une partie des 58 millions d’habitants). A cause de l’augmentation des prélèvements pour l’agriculture irriguée, les apports des 2 fleuves ont rapidement baissé. Ainsi, le partage de l’eau est devenu une question litigieuse dans cette partie du monde. 
Les querelles centrées sur l'eau se sont intensifiées ces dernières années en raison de fluctuations climatiques très fortes, marquées par des hivers exceptionnellement froids, des inondations et des sécheresses destructrices.
Ces différends, considérés comme un facteur d'instabilité, inquiètent les pays occidentaux qui considèrent l'Asie centrale comme un élément de leur voie de ravitaillement de rechange pour les troupes de l'Otan déployées dans l'Afghanistan voisin.
Le thème officiel, la disparition progressive de la mer d'Aral, fut de fait l’occasion d'aborder ouvertement le problème de la répartition transfrontalière de l'eau.
La principale pierre d'achoppement a précisément été l'ordre du jour de la réunion des présidents du Kazakhstan, du Tadjikistan, du Turkménistan, du Kirghizistan et de l'Ouzbékistan.
Le Kirghizistan et le Tadjikistan, pays pauvres recélant d'importantes ressources hydrauliques, ont cherché à profiter de la réunion pour formuler des griefs nationaux concernant l'usage de l'eau.
L'autre camp, représenté par l'Ouzbékistan et le Kazakhstan, principales puissances économiques régionales et grands consommateurs d'eau, s'est évertué à limiter toutes les discussions au sujet moins épineux de la mer d'Aral.
Des propos incisifs du président kirghize Kourmanbek Bakiev, centrés sur des pénuries d'énergie et la nécessité de construire de nouvelles centrales électriques, ont fait réagir avec colère son homologue ouzbek, Islam Karimov, qui a insisté pour qu'on s'en tienne à la mer d'Aral.
A l'époque soviétique, la distribution de l'eau était gérée par des planificateurs de Moscou qui supervisaient un système transfrontalier complexe consistant notamment à troquer de l'eau contre de l'électricité. Système qui s'est effondré avec l'URSS.
Les dirigeants d'Asie centrale sont conscients que la stabilité de leur région multiethnique dépend de l'accès à l'eau, mais aucun accord ne semble en vue.
Le symbole le plus évident du problème est que la mer d'Aral ne s’est pas asséchée toute seule : après avoir été le quatrième lac du monde, elle s'est rétrécie de 90% sous l'effet des détournements d'eau décidés à Moscou pour des projets d'irrigation en Ouzbékistan.
La Russie, qui tient à jouer un rôle dans le traitement du problème régional de l'eau, n'était cependant pas invitée à la réunion.

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